Thursday, November 28, 2013

Oui



J'ai osé voler
la photo de profil
d'une amie
qui fut aussi ma doula
pour l'arrivée de Number 8

Elle m'a fait penser
à cette naissance

et la précédente

la présence autour de moi
de ma tribu
a réellement compté

l'un m'a massé pendant le travail avant la naissance
de ses deux petites soeurs

une autre est venue me soutenir

à l'un je me suis agrippée
pour mettre au monde debout
mon plus gros bébé
une fille

et

s'ils ont du mal
avec ce que je suis devenue aujourd'hui
et ne me parlent pas actuellement

nous avons vécu des choses fortes ensemble
je les en remercie

quand maman accouche à la maison
et reçoit des massages grandioses

ça la transforme
parfois ça provoque des mutations étranges

pourvu qu'un jour on se retrouve

l'ancrage dans le sol
à l'air libre

les quatre pattes dans l'eau
pour pousser ma toute petite dehors

me sont restés

et j'ai bousculé plein de choses

en moi
j'ai tant appris en accouchant
j'ai failli écrire
mettant bas

nous les mères avons de ces moments d'initiation
où nous redevenons primales

ça provoque de grands changements parfois

puissent mes enfants
vivre des mutations de ce genre

ils connaissent déjà les ingrédients
ils sont tombés dedans
quand ils étaient petits

vivez sauvages

si j'ai pu vous apprendre ça
je suis déjà au paradis




Saturday, November 23, 2013

C'


est officiel
je n'ai plus de petit garçon

mon tout petit
a bien grandi

et cet après-midi
ma toute petite
entre chez les scouts
enfin, les baladins

ça en fait 7 sur 8
en uniforme le samedi

ils sont fous mes petits !

se rouler dans la boue
se chercher dans les bois
allez-y
rentrez tout crottés

dansez
dansez
dansez













Friday, November 01, 2013

En



pagaille
cette semaine

émotions positives violentes
me tombent dessus
sans coup férir

il y a ce matin où je me suis rendue au tribunal
et où j'ai eu du mal à parvenir au palais de justice
tant ma respiration était difficile
de joie
je venais de trouver un courrier dans la boîte aux lettres
courrier qui m'indiquait de bonnes nouvelles
arrivant à un point nommé
que je n'imaginais même pas

j'avais été avertie de cela
mais le voir
c'est mieux que le croire !
et donc je suffoquais et titubais de joie


le lendemain soir, ma petite insiste pour reprendre plusieurs fois de la soupe
et pour que je lui réchauffe le reste le lendemain matin
elle est du genre à hurler "je veux des carottes" au supermarché
comme d'autres demandent du chocolat
(qu'elle demande aussi)
j'avais réussi mon assaisonnement et la répartition des légumes
un mystère non élucidé actuellement !


le jour d'après, nous nous rendons à une fête
d'Halloween dans le quartier d'une amie et de sa fille
et j'y croise une personne qui me reconnaît et que je resitue
tout doucement
elle est venue à un atelier de portage il y a 12 ou 13 ans
elle garde des bébés et est connue dans le quartier pour sa balader
avec un bébé devant et un bébé  derrière
sa fille me raconte qu'elle a des centaines d'écharpes
et moi je suis émue
sur sa porte, il est écrit "bienvenue aux bébés allaités"
elle est extraordinaire

le même jour
en rue
j'ai croisé
quelqu'un que j'aime
il m'a vue
je l'ai vu
j'ai eu les larmes aux yeux de voir passer mon grand

je pense aussi aux amis sincères qui sont autour de moi
alors que je démarre des projets personnels
ça me fait chaud au coeur d'être entourée comme ça

et tant d'autres émotions positives violentes que je ne peux relater ici
je crois que c'est une bombe qui explose dans ma vie





Tuesday, October 22, 2013

La



vie
est
mystère

pourquoi
retrouver là
dans le placard
de la  cuisine
juste sous l'évier

des tasses identiques
à celles
dans lesquelles je buvais
enfant

mon cacao chaud
au retour de l'école
quand il faisait froid?

Hein,
pourquoi?

Dans ce lieu
où je suis entourée
de doux dingues
comme  moi

Au fond,
pourquoi pas ?


Wednesday, October 09, 2013

Mademoiselle



5 ans
depuis hier

descend
et prend

mon sein droit
mon sein gauche

"et après, moi veux l'ordi!"

Sunday, October 06, 2013

Toi



dont le prénom
signifie
"Dieu a donné"

toi qui vins
comme un magnifique cadeau

qui fais partie
de mes enfants
éclos début octobre

- une fournée
spéciale
plurielle
où le féminin gagne -

toi
qui m'appris
tant de choses

et qui déclarais
que tu cesserais de téter à 5 ans
- ce que tu ne fis pas, évidemment -

toi
qui cherches
ta route

toi
qui la trouves

dans
le désordre
de la vie

je cherche
ton cadeau

ton meilleur ami
me dit qu'une nouvelle épée
te ferait plaisir

je réfléchis

ce serait bien
d'aller la choisir ensemble
un de ces jours

pour tes 16 ans et quelques jours
pardi



Friday, October 04, 2013

Aujourd'

photo Sandrine Fraikin

hui

j'ai vu
sur les routes
plusieurs voitures
marquées
à l'arrière
d'un D

à la première,
je me dis
"oh! une voiture danoise"
à la cinquième,
je me dis
"y a beaucoup de danois
sur les routes aujourd'hui"
puis
je réfléchis...

"toi, t'es fatiguée"

je perds
mon allemand
- temporairement, j'ose imaginer -
à force d'aménager
cet atelier




Wednesday, October 02, 2013

Il



y a
vingt ans
ce soir

tu naquis

ma toute petite
mon plus petit bébé

gentiment
j'ai accouché
couchée
à la maternité

pour la dernière fois

la violence était encore là

sans doute
tu m'as donné foi en moi

foi
dans la possibilité de faire autrement

alors
tu comprends pourquoi
tes deux petites soeurs

ne savent pas ce qu'est
une maternité

elles sont nées
d'une maman

pas gentiment couchée là
sur le dos

mais
aujourd'hui

on s'en fout
un peu
de tout ça

te voilà partie


toi aussi

je crois qu'il y a
place
pour nous
deux
au même endroit

peut-être même
qu'on se croisera

peut-être même
qu'on se parlera

merci pour cette carte postale
de Ron Mueck que tu m'as offerte

j'y tiens beaucoup
elle m'accompagne

il y a tant d'étapes dans la vie


Sunday, September 29, 2013

Pondre

photo Sandrine Fraikin

un blog
parce que
c'est la saison

faire un agenda
parce que
ça passe par là

rédiger
dans la concision

boucler ça
cette semaine
ce serait bien


Wednesday, September 11, 2013

Ici


Collégiale Sainte-Croix,  chef d'oeuvre en péril, Liège

point de Legos
dans des Louboutin

mais
ce matin
au lever

des origami
dans mes Birkenstock

c'est beaucoup plus doux

Monday, September 09, 2013

Les


gros camions
sont des signes
sur ma route

je me souviens d'un autocar de hollandais
place Royale
qui arborait la troisième partie de mon nom
- j'ai perdu la photo -

l'autre jour
je suis tombée
nez à nez
avec le camion de cette entreprise de jardinage

je me suis dit
OK
yapluka

aller chercher
les outils
pinceaux
feuilles
peinture de réserve

un jardin d'âme
ça se remplit d'herbes
sages et folles

Tuesday, August 20, 2013

La




mystérieuse
envie

d'être
ta maman

fut une évidence
lorsque j'eus 14 ans

avant ça, j'ai cru que j'allais entrer au couvent - une évidence -
comme une habitude
(je crois que j'y ai passé quelques vies, avant)

mais

dans cette vie, il y eut une plus grande évidence
être ta maman

toi

tu serais
multiple
tu serais nombreux

pourquoi?

(on me demande souvent pourquoi
et toi aussi
tu te le demandes)

est-ce en moi
consciemment
ou
dans mon inconscient
que résident les raisons de votre venue?

je sais que je t'ai désiré
longtemps avant que tu sois là

et le petit pull rayé multicolore
que vous avez tous porté
a été tricoté par moi
longtemps avant que le premier arrivé
n'ait pointé le bout de son nez

c'était un désir fort
dévorant

comme si je m'étais retenue de faire des enfants
pendant de nombreuses vies

pour vous accueillir
en celle-ci,
passionnément


sache que je ne te verrai jamais comme un ennemi

j'ai joué à ce jeu avant
mon propre père m'a prise pour son ennemie
il a cru que mes moindres faits et gestes s'adressaient à lui
se dressaient contre lui

grâce à cette expérience,
je sais qu'il n'en est rien avec toi

je t'aime
quoi qu'il advienne
comme tu es
et comme tu chemines


il a fallu que j'apprenne
à m'aimer
à me respecter
j'ai mis du temps pour ça

j'aurais aimé apprendre ça
avant ton arrivée
il en fut autrement

sans doute
m'as-tu aidée
par ta venue
par tout ce que nous avons partagé

tu m'as mise
face à moi-même
merci pour cela
mon enfant

en ayant appris cela
et en continuant ce chemin patiemment,
j'ai bien plus de force qu'avant
et cette force
est aussi là pour toi

au cas où tu en aurais besoin
dans ton cheminement à toi
surtout
n'hésite pas

je suis là pour toi
même si je ne suis pas tout à fait
la même qu'avant










Monday, August 19, 2013

Avancer


Sunday, August 18, 2013

Dans




la bulle

démarrer
encore
et
encore

pour rire



Thursday, August 15, 2013

Enterrer



des livres

ou plutôt
les libérer

les envoyer
se faire recycler

parce qu'ils sont inutilisables

leur dire au revoir
en quelques clichés

démonter la prison de papier
dans laquelle
je m'étais enfermée

page après page

Tuesday, August 13, 2013

Il




y a huit ans
moins un jour
je goûtais
avec délectation
un grand verre
d'huile de ricin

en mode prépa
pour l'anniversaire demain


Sunday, August 11, 2013

Je


huile etc sur toile, 2012

crois que
je suis amoureuse
de la vie

Saturday, August 10, 2013

Je






ne sais pas si je dois, si je suis capable de choisir une partie de mon corps pour la distinguer du reste. J’aime tout, sauf la dent qui me manque sur le côté et que je compte remplacer dès que j’en aurai la possibilité. J’aime tout. C’est comme ça.

Ado, j’évitais les sandales pour ne pas montrer mes orteils, j’ignore pourquoi.  A 16 ans, je m’habillais de façon plutôt féminine. A 17 et pour plusieurs années, je me suis subitement camouflée sous trois épaisseurs de pulls, cheveux subitement raccourcis – quelqu’un était passé par là, de façon malsaine et totalement déplacée. Face à la prédation, il est prudent de se camoufler. Maman me reprochait de ne pas la laisser me toucher. J’étais bien en peine de lui expliquer le phénomène dont je n’avais pas conscience. La conscience remonte à la surface quand on y est prête, souvent longtemps après. Entretemps, je me suis enlaidie, longtemps.

Pendant ma vie de femme mariée, je me suis vêtue comme un sac : T-shirts ras-du-cou, pull et jeans en soldes choisis à la va-vite, mal taillés, très colorés - c’était ma priorité, le seul truc que je m’accordais. J’ai taillé mes beaux cheveux longs avant la naissance de mon second enfant, et je les ai laissés repousser plus de dix ans après. En fait, je me suis niée, je ne me suis pas vue. Mon ex-époux ne favorisait pas l’installation de miroirs dans notre maison, ni celle d’un éclairage suffisant. Donc je ne me suis quasiment pas regardée, pas vue pendant vingt ans. Pas besoin de me maquiller : je n’en ai jamais ressenti l’envie. Toujours pas aujourd’hui, où j’ai retrouvé de longs cheveux qui descendent plus bas que ma taille, avec des mèches blanches que j’affectionne particulièrement. J’aime mes jambes et, dans ma réconciliation avec mon image de moi, peu après ma séparation, j’ai pratiqué la jupothérapie - ainsi que sa petite sœur, la porte-jarretelle-thérapie. Après la jupothérapie, je m’adonne à présent à la courte-robe-thérapie, celle qui montre mes jambes et mes genoux aussi.  Moi qui allaitais mes aînés par en-dessous de mes T-shirts, j’allaite ma huitième par au-dessus, dans des décolletés ou de jolis tops d’allaitement. Les boutiques de vêtements de seconde main et le troc m’ont permis de tester toutes sortes de styles, moi qui n’avais jamais, au grand jamais trouvé le mien.

Voilà ce qui m’a amenée à découvrir ma féminité, après 40 ans, tout doucement. Ce qui m’amène à m’aimer. Mon ventre a porté huit bébés et ce qui le balafre, ce n’est pas une cicatrice de césarienne, mais bien celle d’une péritonite : quand on ne s’écoute pas, la vie vous envoie des messages détournés. Me voilà enfin aimée par moi, avec mon ventre plein d’amour qui a donné tous ces petits/immenses fruits.  Me voilà enfin en train de m’aimer et d’apprendre, dans le mouvement, à aimer mon corps. A lui offrir une bague  - offrir un cadeau à mon corps, c’est exceptionnel, pour moi.  Donc me voilà, moi. Voilà l’enveloppe que je trimballe depuis 45 ans. Avec des gestes réflexes hérités de la toute petite fille que j’étais. Même si chacune de mes cellules a été remplacée entretemps. C’est moi qui me regarde – et c’est ça qui est neuf, je crois – après avoir vécu auprès de personnes aux yeux desquelles j’étais transparente. Je ne suis plus transparente. J’ai perdu mes kilos de maman arrondie et je me suis enfin regardée. Pas pour chercher des défauts, comme à l’adolescence. Je me regarde et je me trouve belle, je trouve beaux mes seins qui descendent généreusement vers la bouche ou la main qui les veut et mon ventre qui a abrité tous ces êtres en devenir.  Si vous faites passer des âmes ici-bas, il faut bien que leur corps se fasse quelque-part.

J’aime que l’on me voie et je jouis de n’être pas transparente. De ne plus vivre en ennemie, en résistance, à proximité de personnes qui ne me voient pas. Je vais mieux.


Ce que j’aime avec mon corps, c’est qu’enfin il respire. Il est libéré d’un poids immense, de cette oppression catastrophique. C’est peut-être cela que j’aime le plus en moi : la respiration fluide d’aujourd’hui, à l’opposé de toute cette existence passée à me forcer à respirer, à me moucher parce que j’avais le nez encombré, et les souvenirs lourds de cette pneumonie où j’avais peur de ne pas finir la journée. La difficulté de respirer, que ce soit pour des raisons psychologiques, relationnelles et/ou mécaniques (bye bye les produits laitiers, vous avez fini de m'étouffer !) rappelle en moi l’angoisse. Ouf ! C’est passé. Que j’aime respirer ! Que j’aime exister.

Friday, August 09, 2013

Nous




peut téter où on veut?
Oui, mon amour.

Tuesday, August 06, 2013

Cinq



heures du mat'
et...

le texte
de mon flyer
"tombe"
tout à coup