y a
le jour
il
y a
la nuit
ah oui
c'est vrai
j'avais encore failli oublier ! ...
mais
ça va
je vais y arriver
marcher
quand les autres marchent
courir
quand je veux
après les trains
après tout
dormir
à peu près
quand ils dorment
ou pas
selon les cas
poser
mes sacs
là où
je suis bien
et respirer
disparaître
réapparaître
apprendre
à entendre
tous ces mots
à propos de moi
jamais entendus auparavant
apprendre
à recevoir
après avoir dû tant lutter
pour me protéger
apprendre
à être apprivoisée
ne voir aucun obstacle
n'entendre aucun reproche
dans quelle dimension suis-je entrée ?
Monday, March 24, 2014
Sunday, March 23, 2014
Qu'
est ce
qui a changé ?
un vague sentiment de
déjà vu
en revenant sur internet
alors qu'en moi
tout est bousculé
agréablement
les mots sont étonnants
toujours les mêmes
en moi
certes
et pourtant
qu'est-ce qui fait
que je me promène
là ?
tellement différente d'avant
tellement fidèle à moi-même
miroir
miroir
dis-moi
si je suis la même
oui
en plus heureuse
cependant
qui a changé ?
un vague sentiment de
déjà vu
en revenant sur internet
alors qu'en moi
tout est bousculé
agréablement
les mots sont étonnants
toujours les mêmes
en moi
certes
et pourtant
qu'est-ce qui fait
que je me promène
là ?
tellement différente d'avant
tellement fidèle à moi-même
miroir
miroir
dis-moi
si je suis la même
oui
en plus heureuse
cependant
Thursday, March 20, 2014
Quand
j'arrive
au travail
ce jeudi matin
les petits s'écrient,
me reconnaissant :
"a peinture?!?"
et ça me fait du bien
la directrice de la crèche m'annonce qu'on fera l'atelier de l'après-midi au soleil
et celui du matin
dans la maison
quand je dis au revoir
en fin de journée
ils tentent de dire Ingrid
et j'entends des "Ingring" au loin
me saluant
bref
je suis allée bosser
aujourd'hui
et j'ai aimé
beaucoup
beaucoup
beaucoup
et voilà !
au travail
ce jeudi matin
les petits s'écrient,
me reconnaissant :
"a peinture?!?"
et ça me fait du bien
la directrice de la crèche m'annonce qu'on fera l'atelier de l'après-midi au soleil
et celui du matin
dans la maison
quand je dis au revoir
en fin de journée
ils tentent de dire Ingrid
et j'entends des "Ingring" au loin
me saluant
bref
je suis allée bosser
aujourd'hui
et j'ai aimé
beaucoup
beaucoup
beaucoup
et voilà !
Tuesday, February 11, 2014
Feu
mon grand-père
a dit un jour
perplexe
qu'il ne savait pas ce qu'on allait faire de moi
et je sais
oui
je sais
qu'il arrive régulièrement
que telle ou telle personne
se trouve
dans une situation
où il ou elle ne sait pas ce qu'il ou elle va faire de moi
j'ai une capacité
à me retrouver dans ces situations
où je suis
comme un cheveu
dans la soupe
et ça dérange un brin
alors moi
je souris
parce que je suis comme ça
j'attrape
le sourire
comme d'autres le fou-rire
et je le promène
- je sers peut-être à ça -
aujourd'hui
j'en ai attrapé un
très rare
alors je l'ai pris
par devers moi
certains résidents de la maison de retraite
m'ont dit
peu après
qu'ils aimaient venir peindre avec moi
parce que j'ai un beau sourire
et
le soir
sur le quai de la gare
quelqu'un m'a dit
"vous avez un beau sourire"
oui
je suis ainsi faite
je ne sais faire que ça
je circule
avec ce que j'ai là
a dit un jour
perplexe
qu'il ne savait pas ce qu'on allait faire de moi
et je sais
oui
je sais
qu'il arrive régulièrement
que telle ou telle personne
se trouve
dans une situation
où il ou elle ne sait pas ce qu'il ou elle va faire de moi
j'ai une capacité
à me retrouver dans ces situations
où je suis
comme un cheveu
dans la soupe
et ça dérange un brin
alors moi
je souris
parce que je suis comme ça
j'attrape
le sourire
comme d'autres le fou-rire
et je le promène
- je sers peut-être à ça -
aujourd'hui
j'en ai attrapé un
très rare
alors je l'ai pris
par devers moi
certains résidents de la maison de retraite
m'ont dit
peu après
qu'ils aimaient venir peindre avec moi
parce que j'ai un beau sourire
et
le soir
sur le quai de la gare
quelqu'un m'a dit
"vous avez un beau sourire"
oui
je suis ainsi faite
je ne sais faire que ça
je circule
avec ce que j'ai là
Monday, February 03, 2014
Mon
dentiste
ce héros
est parvenu
ce matin
à me filer un fou rire tonitruant
à force de raconter des conneries
tandis qu'il m'endormait la gencive
en urgence
que voulez-vous !
je suis cernée par les pitres
qui me font hurler de rire - ou d'autre chose -
oui, oui...
il y a pire, comme vie
quel dévouement !
quel sacerdoce !
moi, je suis clouée au sol
face à ceux qui me font décoller à tout instant
ce héros
est parvenu
ce matin
à me filer un fou rire tonitruant
à force de raconter des conneries
tandis qu'il m'endormait la gencive
en urgence
que voulez-vous !
je suis cernée par les pitres
qui me font hurler de rire - ou d'autre chose -
oui, oui...
il y a pire, comme vie
quel dévouement !
quel sacerdoce !
moi, je suis clouée au sol
face à ceux qui me font décoller à tout instant
Saturday, February 01, 2014
Un
jour
on se rend compte
en se croisant du regard
dans la glace
qu'on a mis un legging à losanges
avec une chemise à carreaux
et que donc
on pourrait tout aussi bien replonger sous la couette illico
sauf qu'il y a scouts
qu'on conduit la petite
qui ne veut pas encore faire le trajet avec ses frères
et là on croise
son aîné
sourire immense
lumineux
un instant de grâce
sourire qu'on n'avait pas aperçu depuis des siècles
(c'est-à-dire un an, voire deux)
on s'en va
comme une souris
pour pleurer en chemin
toutes les larmes
de joie
que l'on a encore en soi
on se rend compte
en se croisant du regard
dans la glace
qu'on a mis un legging à losanges
avec une chemise à carreaux
et que donc
on pourrait tout aussi bien replonger sous la couette illico
sauf qu'il y a scouts
qu'on conduit la petite
qui ne veut pas encore faire le trajet avec ses frères
et là on croise
son aîné
sourire immense
lumineux
un instant de grâce
sourire qu'on n'avait pas aperçu depuis des siècles
(c'est-à-dire un an, voire deux)
on s'en va
comme une souris
pour pleurer en chemin
toutes les larmes
de joie
que l'on a encore en soi
Friday, January 31, 2014
Souventes
fois
réalité dépasse la fiction
ainsi
hier
dans un bus 4
j'ai croisé une mère et sa tribu
blonde décolorée
et tribu blonde naturelle
avec plein de prénoms en "on"
comme Jason, Madison, Brandon
etc
la sus-dite répondant au téléphone
traita son interlocuteur d'handicapé
pour reprendre ensuite
le cours d'une conversation
tout à fait naturelle
et moi
je ne me demande pas
à quoi elle passait ses après-midis
pendant une dizaine d'années
mes rejetons porteraient-ils des noms de vedette ?
hé oui
tous victimes
à commencer par moi
mon aîné est affublé du patronyme d'un humoriste bavarois
ma seconde arbore le prénom d'une certaine Mademoiselle Carton
quant aux autres
c'est moins clair
nous fûmes sans doute influencés par des courants divers
un prénom latin
un prénom hébreu
trois prénoms latins et un germanique
le pire qui eût pu arriver
c'est qu'une des filles se fût nommée Calista
mais cela ne fut point
je n'ai eu que des garçons à cette époque-là !
c'est bien joli de rire des passagers d'un bus
quand on porte soi-même le prénom d'une célébrité
qui a fait rêver maman et papa
(bon, je préfère m'appeler Ingrid que Sandra,
c'était la proposition de papa, refusée par maman,
merci !
papa avait des intuitions prémonitoires
j'imagine
je me suis bien passée de ce prénom
surtout avec sa prononciation du "n" appuyé)
voilà
c'est tout pour le moment
juste pour dire que prendre le bus, c'est quelquefois très étonnant
et ça réfléchir sur soi
réalité dépasse la fiction
ainsi
hier
dans un bus 4
j'ai croisé une mère et sa tribu
blonde décolorée
et tribu blonde naturelle
avec plein de prénoms en "on"
comme Jason, Madison, Brandon
etc
la sus-dite répondant au téléphone
traita son interlocuteur d'handicapé
pour reprendre ensuite
le cours d'une conversation
tout à fait naturelle
et moi
je ne me demande pas
à quoi elle passait ses après-midis
pendant une dizaine d'années
mes rejetons porteraient-ils des noms de vedette ?
hé oui
tous victimes
à commencer par moi
mon aîné est affublé du patronyme d'un humoriste bavarois
ma seconde arbore le prénom d'une certaine Mademoiselle Carton
quant aux autres
c'est moins clair
nous fûmes sans doute influencés par des courants divers
un prénom latin
un prénom hébreu
trois prénoms latins et un germanique
le pire qui eût pu arriver
c'est qu'une des filles se fût nommée Calista
mais cela ne fut point
je n'ai eu que des garçons à cette époque-là !
c'est bien joli de rire des passagers d'un bus
quand on porte soi-même le prénom d'une célébrité
qui a fait rêver maman et papa
(bon, je préfère m'appeler Ingrid que Sandra,
c'était la proposition de papa, refusée par maman,
merci !
papa avait des intuitions prémonitoires
j'imagine
je me suis bien passée de ce prénom
surtout avec sa prononciation du "n" appuyé)
voilà
c'est tout pour le moment
juste pour dire que prendre le bus, c'est quelquefois très étonnant
et ça réfléchir sur soi
Wednesday, January 29, 2014
Mademoiselle
Huitième
est un peu comme ça !
j'adore la voir s'élancer sur le sol lisse
du centre commercial pour se rouler au sol
dans sa cape en laine
se relever
recommencer
interminablement
et je dois retenir son aînée
de la réprimander
je lui dis
tu sais
ce serait un problème si moi je le faisais
mais qu'elle le fasse
ça va
laisse-la
ah bon, tu as tel âge !
et elle me vieillit d'un an, systématiquement...
(NB Quand on fait un enfant, que ce soit à 20 ou à 37 ans, on se trouve inévitablement face à des remarques sur son âge. On est "vieille!" (mais "papa est trèèèès vieux", quant à lui! Ouf, j'ai de la chance, là!)
En attendant, j'entraîne son regard jeune sur sa petite soeur...
Faudrait pas qu'elle s'interdise de faire des folies...
Sunday, January 26, 2014
Un
souvenir étonnant
est remonté à la surface
hier
quand j'errais dans un supermarché
c'est cette prof de maths
que j'ai eue
au collège
de 11 à 13 ans
Mme Fougnies
était enjouée
dans mon souvenir
elle bougeait beaucoup
elle était animée
elle n'avait pas
à se plaindre
de mes notes
mais
le plus fou
c'était
la manie
qu'elle avait
de me masser
les cheveux
et la tête
lorsque je n'avais pas fait de tresses
lorsqu'elle passait derrière moi
elle ne pouvait s'empêcher
de plonger les mains dans mes cheveux
déjà longs à ce moment-là
pour les triturer à qui mieux mieux
quand j'y repense
mon cuir chevelu se détend instantanément
et dire qu'on interdit aux profs de toucher leurs élèves
on ne sait pas ce que l'on perd parfois
à force d'interdire aux gens d'écouter leurs élans
des doigts
est remonté à la surface
hier
quand j'errais dans un supermarché
c'est cette prof de maths
que j'ai eue
au collège
de 11 à 13 ans
Mme Fougnies
était enjouée
dans mon souvenir
elle bougeait beaucoup
elle était animée
elle n'avait pas
à se plaindre
de mes notes
mais
le plus fou
c'était
la manie
qu'elle avait
de me masser
les cheveux
et la tête
lorsque je n'avais pas fait de tresses
lorsqu'elle passait derrière moi
elle ne pouvait s'empêcher
de plonger les mains dans mes cheveux
déjà longs à ce moment-là
pour les triturer à qui mieux mieux
quand j'y repense
mon cuir chevelu se détend instantanément
et dire qu'on interdit aux profs de toucher leurs élèves
on ne sait pas ce que l'on perd parfois
à force d'interdire aux gens d'écouter leurs élans
des doigts
Friday, January 24, 2014
Dans
ma vie
maintenant
surprise
au programme : des ateliers de portage dans trois langues en collaboration avec de belles personnes
dans un lieu où je me sens bien...
des ateliers de massage-bébé dans deux langues aussi, au même endroit...
et je ne sais ce qui me procure le plus grand bonheur
ou plaisir
est-ce le fait de faire tout cela à cet endroit ?
avec ces personnes ?
ou dans ces langues-là ?
Sunday, January 19, 2014
Monday, January 06, 2014
Ce
matin
à 9h11
je me suis retrouvée
enfermée
dans la cour de l'école
de mes petits
bon d'accord
ils ne sont pas petits
mais
comment dire ?
ceux-là ne me dépassent pas encore en taille
il faudra bien qu'un jour
j'arrête
de les appeler
"mes petits"
ce sera peut-être
un point de repère utile...
enfin
j'étais enfermée
dans la cour de récréation
quand un instituteur
accourt
pour me libérer
(je conduis souvent
ma plus jeune
à la dernière minute, aux alentours de 9h
c'est rare que je me retrouve
dans l'impossibilité de sortir)
avant qu'il ne m'ouvre
j'ai réfléchi
à la classe
dans laquelle j'aurais pu aller passer du temps aujourd'hui
peut-être en 6ème primaire
vu que je n'y suis jamais allée
(parfois on est condamné à redoubler
parfois on est projeté ailleurs brutalement
sans avoir eu le temps de comprendre
ce qui s'était passé)
mais
il m'a ouvert la grille
et je me suis échappée
à 9h11
je me suis retrouvée
enfermée
dans la cour de l'école
de mes petits
bon d'accord
ils ne sont pas petits
mais
comment dire ?
ceux-là ne me dépassent pas encore en taille
il faudra bien qu'un jour
j'arrête
de les appeler
"mes petits"
ce sera peut-être
un point de repère utile...
enfin
j'étais enfermée
dans la cour de récréation
quand un instituteur
accourt
pour me libérer
(je conduis souvent
ma plus jeune
à la dernière minute, aux alentours de 9h
c'est rare que je me retrouve
dans l'impossibilité de sortir)
avant qu'il ne m'ouvre
j'ai réfléchi
à la classe
dans laquelle j'aurais pu aller passer du temps aujourd'hui
peut-être en 6ème primaire
vu que je n'y suis jamais allée
(parfois on est condamné à redoubler
parfois on est projeté ailleurs brutalement
sans avoir eu le temps de comprendre
ce qui s'était passé)
mais
il m'a ouvert la grille
et je me suis échappée
Thursday, January 02, 2014
Tuesday, December 31, 2013
Je
Pina Bausch
vous souhaite
de vivre
les expériences
que vous avez besoin
de vivre
et d'en comprendre
chaque pas
Saturday, December 28, 2013
Ecrire
parce que
je ne sais pas faire
autrement
parce que
j'exprime
ce que je ressens
vis
traverse
comme je respire
parce que la langue
que dis-je
les langues
les mots
sont pour moi
tant de chants
et les langues
dans une seule
avantage
des déménagements
s'il en est
je vois
celui-là
c'est la connaissance
intrinsèque
des variantes
d'une même mélodie
avec des bémols
par-ci
des dièses par-là
des mots qui se comprennent
et ceux
qui ne voyagent pas
langue
unie
désunie
langue
qui ne se comprend
que lorsque l'on gomme
les différences
pour en venir
à l'essentiel
ce qui passe
à travers
les champs de betterave
la Champagne
et tous les fleuves
qui se trouvent
sur le chemin parcouru
langue
ma langue
est en petits morceaux
que je colle
doucement
que je gomme
pour être comprise
ici
ou
là
ou que je ne gomme pas
langue
qui se parle avec les accents
qui a le tonus
le chant
de son sol
langue
transmise
à mes enfants
qui
comme moi
ont pour accent
un mélange
indéfinissable
qui fait quelquefois croire
qu'ils sont d'ailleurs
alors que non
au fond
langue
celle qui se travaille
comme on cisèle
au marteau
fin
langue
de mon coeur
et de mes mains
qui courent
sur le clavier
comme
on court
sur celui d'un piano
langue
qui s'écrit
avec toute la précision
dont je suis capable
parce que
c'est mon exigence intérieure
c'est mon angoisse suprême
torturer la langue
cela ne se fait pas
les phrases
se modèlent en douceur
se lisent
à foison
encore
et encore
jusqu'à
ce que
satisfaction
ou
tout au moins
justesse
s'en suive
langue
qui signale mes pas
mes départs
mes envols
mes trains
mes arrivages
mes sauf-conduits
traversées
mes élans
mes envies
et puis
il y a
l'obsolescence
de la négation
du renoncement
la conscience acquise graduellement
du pouvoir de quelques mots
tapés en un instant
mots qui changent tout
qui disent
mots nus
qui désagrègent
quelquefois
le silence
le temps
je ne sais pas faire
autrement
parce que
j'exprime
ce que je ressens
vis
traverse
comme je respire
parce que la langue
que dis-je
les langues
les mots
sont pour moi
tant de chants
et les langues
dans une seule
avantage
des déménagements
s'il en est
je vois
celui-là
c'est la connaissance
intrinsèque
des variantes
d'une même mélodie
avec des bémols
par-ci
des dièses par-là
des mots qui se comprennent
et ceux
qui ne voyagent pas
langue
unie
désunie
langue
qui ne se comprend
que lorsque l'on gomme
les différences
pour en venir
à l'essentiel
ce qui passe
à travers
les champs de betterave
la Champagne
et tous les fleuves
qui se trouvent
sur le chemin parcouru
langue
ma langue
est en petits morceaux
que je colle
doucement
que je gomme
pour être comprise
ici
ou
là
ou que je ne gomme pas
langue
qui se parle avec les accents
qui a le tonus
le chant
de son sol
langue
transmise
à mes enfants
qui
comme moi
ont pour accent
un mélange
indéfinissable
qui fait quelquefois croire
qu'ils sont d'ailleurs
alors que non
au fond
langue
celle qui se travaille
comme on cisèle
au marteau
fin
langue
de mon coeur
et de mes mains
qui courent
sur le clavier
comme
on court
sur celui d'un piano
langue
qui s'écrit
avec toute la précision
dont je suis capable
parce que
c'est mon exigence intérieure
c'est mon angoisse suprême
torturer la langue
cela ne se fait pas
les phrases
se modèlent en douceur
se lisent
à foison
encore
et encore
jusqu'à
ce que
satisfaction
ou
tout au moins
justesse
s'en suive
langue
qui signale mes pas
mes départs
mes envols
mes trains
mes arrivages
mes sauf-conduits
traversées
mes élans
mes envies
et puis
il y a
l'obsolescence
de la négation
du renoncement
la conscience acquise graduellement
du pouvoir de quelques mots
tapés en un instant
mots qui changent tout
qui disent
mots nus
qui désagrègent
quelquefois
le silence
le temps
Saturday, December 21, 2013
Saturday, December 14, 2013
Être
né
ne suffit pas
il faut encore croître
encore
et
encore
et c'est plus facile
si l'on est accompagné
de personnes
particulières
qui vous accompagnent
à leur manière
pour ma part
je jouis
de la bénédiction
d'une présence
très spéciale
un être
qui illumine
tout sur son passage
un être
qui a le sourire
aux lèvres
des mots tendres
et enthousiastes
toujours
de l'enthousiasme à revendre
une femme exceptionnelle
épanouie
sur tous les plans
professionnel
familial
et personnel
il se trouve que ma marraine
habite le quartier
où j'ai loué mon atelier
ce qui me donne
à maintes reprises
l'occasion
de croiser
ma fée
qui
- même
sous la pluie -
sourit
et
resplendit
quelqu'un qui m'a laissé croire
depuis tant de temps
que je pouvais
croire
au bonheur
merci
Thursday, November 28, 2013
Oui
J'ai osé voler
la photo de profil
d'une amie
qui fut aussi ma doula
pour l'arrivée de Number 8
Elle m'a fait penser
à cette naissance
et la précédente
la présence autour de moi
de ma tribu
a réellement compté
l'un m'a massé pendant le travail avant la naissance
de ses deux petites soeurs
une autre est venue me soutenir
à l'un je me suis agrippée
pour mettre au monde debout
mon plus gros bébé
une fille
et
s'ils ont du mal
avec ce que je suis devenue aujourd'hui
et ne me parlent pas actuellement
nous avons vécu des choses fortes ensemble
je les en remercie
quand maman accouche à la maison
et reçoit des massages grandioses
ça la transforme
parfois ça provoque des mutations étranges
pourvu qu'un jour on se retrouve
l'ancrage dans le sol
à l'air libre
les quatre pattes dans l'eau
pour pousser ma toute petite dehors
me sont restés
et j'ai bousculé plein de choses
en moi
j'ai tant appris en accouchant
j'ai failli écrire
mettant bas
nous les mères avons de ces moments d'initiation
où nous redevenons primales
ça provoque de grands changements parfois
puissent mes enfants
vivre des mutations de ce genre
ils connaissent déjà les ingrédients
ils sont tombés dedans
quand ils étaient petits
vivez sauvages
si j'ai pu vous apprendre ça
je suis déjà au paradis
Saturday, November 23, 2013
C'
est officiel
je n'ai plus de petit garçon
mon tout petit
a bien grandi
et cet après-midi
ma toute petite
entre chez les scouts
enfin, les baladins
ça en fait 7 sur 8
en uniforme le samedi
ils sont fous mes
se rouler dans la boue
se chercher dans les bois
allez-y
rentrez tout crottés
dansez
dansez
dansez
Friday, November 01, 2013
En
pagaille
cette semaine
émotions positives violentes
me tombent dessus
sans coup férir
il y a ce matin où je me suis rendue au tribunal
et où j'ai eu du mal à parvenir au palais de justice
tant ma respiration était difficile
de joie
je venais de trouver un courrier dans la boîte aux lettres
courrier qui m'indiquait de bonnes nouvelles
arrivant à un point nommé
que je n'imaginais même pas
j'avais été avertie de cela
mais le voir
c'est mieux que le croire !
et donc je suffoquais et titubais de joie
le lendemain soir, ma petite insiste pour reprendre plusieurs fois de la soupe
et pour que je lui réchauffe le reste le lendemain matin
elle est du genre à hurler "je veux des carottes" au supermarché
comme d'autres demandent du chocolat
(qu'elle demande aussi)
j'avais réussi mon assaisonnement et la répartition des légumes
un mystère non élucidé actuellement !
le jour d'après, nous nous rendons à une fête
d'Halloween dans le quartier d'une amie et de sa fille
et j'y croise une personne qui me reconnaît et que je resitue
tout doucement
elle est venue à un atelier de portage il y a 12 ou 13 ans
elle garde des bébés et est connue dans le quartier pour sa balader
avec un bébé devant et un bébé derrière
sa fille me raconte qu'elle a des centaines d'écharpes
et moi je suis émue
sur sa porte, il est écrit "bienvenue aux bébés allaités"
elle est extraordinaire
le même jour
en rue
j'ai croisé
quelqu'un que j'aime
il m'a vue
je l'ai vu
j'ai eu les larmes aux yeux de voir passer mon grand
je pense aussi aux amis sincères qui sont autour de moi
alors que je démarre des projets personnels
ça me fait chaud au coeur d'être entourée comme ça
et tant d'autres émotions positives violentes que je ne peux relater ici
je crois que c'est une bombe qui explose dans ma vie
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