Monday, February 25, 2008
Saturday, February 16, 2008
Thursday, February 14, 2008
éponge
J'absorbais
j'absorbais
irrémédiablement
j'absorbais
petite ou grande
depuis toujours
j'absorbais
parfois
je réagissais
en colère
sans savoir vraiment
que je sauvais ma vie
ensuite
j'ai fait tampon
imbibé
résolu
tampon de survie
exposée
surexposée
que j'ai été
à un pessimisme
malade
que jamais
nul ne nommait
que je ne pouvais
nommer
dont je ne suis
je crois
qu'une pauvre réaction
allergique
dont les boutons
éclosent
encore et encore
vers l'air
vers le haut
tandis que je suis
tirée vers le bas
par le poids
de l'éponge
imbibée
alourdie
réaction allergique
au morbide
qui se cachait
tapi
dans notre vie
bien-comme-il-fallait
quand j'étais petite
je suis une réaction
qui fait tampon
une fine strate
une petite étape
héritage triste
goût du morbide
respiré toute petite
fascination de la mort
des blessures
et incapacité à être dans le présent
je les connais
je suis leur allergie
je cherche l'atterrissage
ici et maintenant
tout le temps
j'absorbais
irrémédiablement
j'absorbais
petite ou grande
depuis toujours
j'absorbais
parfois
je réagissais
en colère
sans savoir vraiment
que je sauvais ma vie
ensuite
j'ai fait tampon
imbibé
résolu
tampon de survie
exposée
surexposée
que j'ai été
à un pessimisme
malade
que jamais
nul ne nommait
que je ne pouvais
nommer
dont je ne suis
je crois
qu'une pauvre réaction
allergique
dont les boutons
éclosent
encore et encore
vers l'air
vers le haut
tandis que je suis
tirée vers le bas
par le poids
de l'éponge
imbibée
alourdie
réaction allergique
au morbide
qui se cachait
tapi
dans notre vie
bien-comme-il-fallait
quand j'étais petite
je suis une réaction
qui fait tampon
une fine strate
une petite étape
héritage triste
goût du morbide
respiré toute petite
fascination de la mort
des blessures
et incapacité à être dans le présent
je les connais
je suis leur allergie
je cherche l'atterrissage
ici et maintenant
tout le temps
Wednesday, February 06, 2008
piège
Beaucoup d'événements deviennent des secrets parce que ceux qui les ont vécus pensent qu'il serait indigne d'en parler à leurs proches, en particulier à leurs enfants, et que s'ils le faisaient, ils risqueraient de perdre le respect de leurs enfants. Ils ont peur que leurs confidences dégradent la bonne image qu'ils pensent nécessaire que leurs enfants aient d'eux: l'image de parents parfaits et ne commettant aucune erreur. Souvent, l'existence du secret est ainsi motivée par l'idée que nous nous faisons de ce que doit être un père, une mère, une famille, ... c'est-à-dire un père, une mère ou une famille parfaits. Or de tels comportements ne sont pas seulement générateurs de secrets. Ils enferment également les enfants dans le carcan d'un idéal pesant, auquel ceux-ci éprouveront plus tard la nécessité de se conformer en toutes circonstances. Ainsi, vouloir cacher à ses enfants les erreurs qu'on a pu commettre contribue non seulement à les exclure d'une partie de notre vie, mais aussi à les emprisonner dans la nécessité de se conformer à des idéaux excessifs. Cet emprisonnement provoque fatalement chez eux une tendance à cacher à leurs parents leurs erreurs et leurs questions. Ils veulent ainsi correspondre à l'image d'eux qu'ils pensent souhaitée par leurs parents, image calquée sur le modèle de celle que leurs parents leur ont imposée d'eux : des êtres parfaits...
Le problème est que, dans ce souci de perfection, plus personne ne communique ses sentiments et ses pensées réelles. Et le désespoir de l'adolescence n'en est que plus grand.
Extrait de Secrets de famille: mode d'emploi, Quand et comment faut-il en parler?, de Serge Tisseron, Marabout, première édition : Editions Ramsay, Paris, 1996.
pp. 59-60
Le problème est que, dans ce souci de perfection, plus personne ne communique ses sentiments et ses pensées réelles. Et le désespoir de l'adolescence n'en est que plus grand.
Extrait de Secrets de famille: mode d'emploi, Quand et comment faut-il en parler?, de Serge Tisseron, Marabout, première édition : Editions Ramsay, Paris, 1996.
pp. 59-60
Saturday, January 26, 2008
vider la maison
c'était il y a deux ans
nous avions rendez-vous
nous
les petits-enfants
pour vider la maison
de nos grands-parents
j'ai choisi des édredons
sous lesquels j'avais bien dormi
des petits foulards en soie
que j'avais tant vus
au cou de ma grand-mère
une petite sacoche
avec,
dedans
un mouchoir en papier
qui portait encore
la marque de son rouge à lèvres
lorsqu'elle les pinçait
après s'être maquillée
j'avais redouté ce moment
finalement, il fut bon
gai
vivant
chaque chose repartait
reprenait du service
s'en allait en voyage
sur un nouveau chemin
les grandes marmites
dans une famille nombreuse
(on se demande bien laquelle)
et les petites casserolles
dans une famille à deux enfants
j'ai même éclaté de rire
lorsque ma cousine m'a proposé
ces casserolles qui, chez nous,
ne permettraient de cuire que de la sauce
pour notre régiment
tellement elles étaient petites
aussi petites que celles que j'utilisais
dans ma chambre d'étudiante
pour manger seule ou avec quelqu'un
(ah zut, shut! je n'étais pas sensée manger avec quelqu'un
dans cette chambre-là
je sens que je vais décevoir quelqu'un...
mais peut-être qu'il s'y fera
- et il n'a plus le choix! -
quand on a une fille
ce n'est pas pour la maintenir sous cloche!!!)
ah!
vider la maison
vaste projet que celui-là
difficile après un décès, un départ, un arrêt
difficile aussi lorsqu'on est tous bien là
que la vie continue
mais que l'ordre, la raison, l'organisation
défient la raison
vider
quel sens cela a-t-il?
sortir des objets qui mangent de la place
pour les faire rentrer peu de temps après
et avoir l'impression d'avoir accompli un travail
brasser de l'air
c'est tellement important
on se sent bien vivant
mais qu'est-ce que l'on fait?
vider
compter
transférer
redistribuer
soupeser
élaguer
faire du vide autour
ordonner avec soin les outils essentiels
pour la vie quotidienne
nourriture spirituelle
tout ce qui a un sens
pour aller où l'on va
compter les accessoires
en vérifier la liste
les ranger dans les malles
entre deux représentations
panser ses plaies
regarder ce qui bouge
quand il n'y a plus d'action
voir ce qui bouge bien
vraiment bien
ce qui donne envie de bouger
tellement c'est joli quand ça bouge
- et lire les petits mails qui, la nuit, tombent, remplis de lumière !
nous avions rendez-vous
nous
les petits-enfants
pour vider la maison
de nos grands-parents
j'ai choisi des édredons
sous lesquels j'avais bien dormi
des petits foulards en soie
que j'avais tant vus
au cou de ma grand-mère
une petite sacoche
avec,
dedans
un mouchoir en papier
qui portait encore
la marque de son rouge à lèvres
lorsqu'elle les pinçait
après s'être maquillée
j'avais redouté ce moment
finalement, il fut bon
gai
vivant
chaque chose repartait
reprenait du service
s'en allait en voyage
sur un nouveau chemin
les grandes marmites
dans une famille nombreuse
(on se demande bien laquelle)
et les petites casserolles
dans une famille à deux enfants
j'ai même éclaté de rire
lorsque ma cousine m'a proposé
ces casserolles qui, chez nous,
ne permettraient de cuire que de la sauce
pour notre régiment
tellement elles étaient petites
aussi petites que celles que j'utilisais
dans ma chambre d'étudiante
pour manger seule ou avec quelqu'un
(ah zut, shut! je n'étais pas sensée manger avec quelqu'un
dans cette chambre-là
je sens que je vais décevoir quelqu'un...
mais peut-être qu'il s'y fera
- et il n'a plus le choix! -
quand on a une fille
ce n'est pas pour la maintenir sous cloche!!!)
ah!
vider la maison
vaste projet que celui-là
difficile après un décès, un départ, un arrêt
difficile aussi lorsqu'on est tous bien là
que la vie continue
mais que l'ordre, la raison, l'organisation
défient la raison
vider
quel sens cela a-t-il?
sortir des objets qui mangent de la place
pour les faire rentrer peu de temps après
et avoir l'impression d'avoir accompli un travail
brasser de l'air
c'est tellement important
on se sent bien vivant
mais qu'est-ce que l'on fait?
vider
compter
transférer
redistribuer
soupeser
élaguer
faire du vide autour
ordonner avec soin les outils essentiels
pour la vie quotidienne
nourriture spirituelle
tout ce qui a un sens
pour aller où l'on va
compter les accessoires
en vérifier la liste
les ranger dans les malles
entre deux représentations
panser ses plaies
regarder ce qui bouge
quand il n'y a plus d'action
voir ce qui bouge bien
vraiment bien
ce qui donne envie de bouger
tellement c'est joli quand ça bouge
- et lire les petits mails qui, la nuit, tombent, remplis de lumière !
Friday, January 11, 2008
recherche
pistes
informations
comme ici
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1025382.html
infos
comme mardi 15 janvier à 21h: soirée Thema sur Arte
détente
et
tension
vont et viennent
traitement radical
contre la crainte du jugement d'autrui
avancer, surtout
avancer
et sortir d'ici
au-delà du bien et du mal
la paix
existe peut-être
l'énergie
est là
voisine
du manque de sommeil
les réponses
aux enfants
me sortent
vives
fortes
là où ils attendent
des câlins
je ferme plus facilement
le bouton
de mes pantalons
avantage
de la perte d'appétit
(s'il en est)
c'est par où la sortie?
un paquet d'aller-simples
s'il vous plaît
de l'air
de l'air
de l'air
informations
comme ici
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1025382.html
infos
comme mardi 15 janvier à 21h: soirée Thema sur Arte
détente
et
tension
vont et viennent
traitement radical
contre la crainte du jugement d'autrui
avancer, surtout
avancer
et sortir d'ici
au-delà du bien et du mal
la paix
existe peut-être
l'énergie
est là
voisine
du manque de sommeil
les réponses
aux enfants
me sortent
vives
fortes
là où ils attendent
des câlins
je ferme plus facilement
le bouton
de mes pantalons
avantage
de la perte d'appétit
(s'il en est)
c'est par où la sortie?
un paquet d'aller-simples
s'il vous plaît
de l'air
de l'air
de l'air
Thursday, January 03, 2008
sur le bas-côté
au printemps
nous nous sommes fait refaire
des lunettes
toi et moi
finies ces années
sans paire
sans rien
vieilles paires cassées
où il n'y avait
pas le temps
ni
la possibilité
de les remplacer
sans voiture
je n'avais plus trop
besoin de lunettes
(mais si, quand-même,
mais la gestion
du manque
passe par de ces argumentations
internes!)
qui m'étaient principalement utiles pour conduire
et lire les plaques
de loin
en chemin
mais en rue
tout de même
mes lunettes me manquaient
alors
au printemps
nous sommes allés
- enfin -
nous faire refaire
des lunettes
depuis...
trois paires me permettent
d'en avoir
en permanence
une localisée
aux branches non brutalisées
par des petites mains
je revois de loin
et
j'en reviens...
à présent
je recule pour voir
là où je suis
car ma vision de près
n'était pas trop au point
comme un peintre recule
besoin de temps
surtout
besoin de coeur
de beaucoup
de patience
pour contempler
qui j'aime
et qui
souffre
tout près de moi
nous nous sommes fait refaire
des lunettes
toi et moi
finies ces années
sans paire
sans rien
vieilles paires cassées
où il n'y avait
pas le temps
ni
la possibilité
de les remplacer
sans voiture
je n'avais plus trop
besoin de lunettes
(mais si, quand-même,
mais la gestion
du manque
passe par de ces argumentations
internes!)
qui m'étaient principalement utiles pour conduire
et lire les plaques
de loin
en chemin
mais en rue
tout de même
mes lunettes me manquaient
alors
au printemps
nous sommes allés
- enfin -
nous faire refaire
des lunettes
depuis...
trois paires me permettent
d'en avoir
en permanence
une localisée
aux branches non brutalisées
par des petites mains
je revois de loin
et
j'en reviens...
à présent
je recule pour voir
là où je suis
car ma vision de près
n'était pas trop au point
comme un peintre recule
besoin de temps
surtout
besoin de coeur
de beaucoup
de patience
pour contempler
qui j'aime
et qui
souffre
tout près de moi
mystère camionette
il y a
quelque part
entre chez nous et Paris
notre camionette
nous l'avions achetée il y a deux ans et demi
une réplique de la précédente
une occasion
las!
elle est tombée en panne
après quelques mois seulement
hors frontières
et elle y est toujours
frais de rapatriement
résolument
hors de notre portée
la belle tient-elle encore?
serait-elle réparable?
il nous faut enquêter
et
tirer au clair
cette histoire
quelque part
entre chez nous et Paris
notre camionette
nous l'avions achetée il y a deux ans et demi
une réplique de la précédente
une occasion
las!
elle est tombée en panne
après quelques mois seulement
hors frontières
et elle y est toujours
frais de rapatriement
résolument
hors de notre portée
la belle tient-elle encore?
serait-elle réparable?
il nous faut enquêter
et
tirer au clair
cette histoire
Wednesday, January 02, 2008
être voisin
derrière notre maison
il y a une petite cour
il y a un petit jardin
et derrière le jardin
il y a une annexe
dans laquelle
se rangent
nos rêves
cassés
ou entassés
des livres que l'on aime
des meubles à évacuer
des bouts d'un peu tout
en désordre
à ordonner
boîtes
de prépas
de cours
que je ne donnerai
peut-être plus jamais
textes d'auteurs
allemands
et autres
poèmes
quelques rayons
pondus par des auteurs de théâtre
etcaetera
etcaetera
il y a du rangement
à faire
dans la cour
le jardin
une table de ping-pong
qui a besoin
d'être remontée
du bric-à-brac à évacuer
histoire
que monsieur notre voisin
nous dise
un jour
à nouveau
"bonjour!" en souriant
comme il le faisait autrefois
il y a du rangement à faire
dans l'annexe
pour évacuer
trier
pousser les choses
remettre de la chaleur
préparer un espace
pour un boys band
que je connais bien
et qui veut se mêler
de faire du métal
pour des répétitions
de théâtre
pour des pinceaux
en mal de peinture
peut-être
(qui sait?)
il y a ces livres
en mal de bibliothèque
en mal d'être feuilletés
du fond d'un lit douillet
ou bien sur une plage
il y a cette attente
de nos rêves
qui sont là
un peu oubliés
qui attendent
à moitié endormis
que nous soyons
enfin
prêts
à être clairs avec nous-mêmes
avec monsieur notre voisin
avec les enfants
être notre voisin
n'est pas une histoire simple
on entend des enfants
s'exprimer
tantôt d'une façon relevée
tantôt comme des charretiers
(ils ont développé de vastes compétences!)
sans oublier un écho de naissances
et puis, étonamment, pas beaucoup de pleurs de bébés
bizarre bizarre d'être notre voisin!!!
le tout est de remonter ses manches
de faire un pas, deux pas
de reprendre la route
du dehors
de l'air
ce chemin qui nous sépare
de qui nous sommes
reste à construire de nos mains
une bibliothèque qui dise
aux livres que l'on aime
"venez habiter avec nous, ici
nous avons envie que vous soyez là avec nous
venez vous faire feuilleter par nos enfants
après avoir été feuilletés par nous"
il y a un moment
où l'on peut
peut-être
cesser d'être
juste
à côté de soi-même
pour entrer
finalement
dans le vif du sujet
et être pleinement soi
juste soi
en équilibre
ou dans un état voisin
il y a une petite cour
il y a un petit jardin
et derrière le jardin
il y a une annexe
dans laquelle
se rangent
nos rêves
cassés
ou entassés
des livres que l'on aime
des meubles à évacuer
des bouts d'un peu tout
en désordre
à ordonner
boîtes
de prépas
de cours
que je ne donnerai
peut-être plus jamais
textes d'auteurs
allemands
et autres
poèmes
quelques rayons
pondus par des auteurs de théâtre
etcaetera
etcaetera
il y a du rangement
à faire
dans la cour
le jardin
une table de ping-pong
qui a besoin
d'être remontée
du bric-à-brac à évacuer
histoire
que monsieur notre voisin
nous dise
un jour
à nouveau
"bonjour!" en souriant
comme il le faisait autrefois
il y a du rangement à faire
dans l'annexe
pour évacuer
trier
pousser les choses
remettre de la chaleur
préparer un espace
pour un boys band
que je connais bien
et qui veut se mêler
de faire du métal
pour des répétitions
de théâtre
pour des pinceaux
en mal de peinture
peut-être
(qui sait?)
il y a ces livres
en mal de bibliothèque
en mal d'être feuilletés
du fond d'un lit douillet
ou bien sur une plage
il y a cette attente
de nos rêves
qui sont là
un peu oubliés
qui attendent
à moitié endormis
que nous soyons
enfin
prêts
à être clairs avec nous-mêmes
avec monsieur notre voisin
avec les enfants
être notre voisin
n'est pas une histoire simple
on entend des enfants
s'exprimer
tantôt d'une façon relevée
tantôt comme des charretiers
(ils ont développé de vastes compétences!)
sans oublier un écho de naissances
et puis, étonamment, pas beaucoup de pleurs de bébés
bizarre bizarre d'être notre voisin!!!
le tout est de remonter ses manches
de faire un pas, deux pas
de reprendre la route
du dehors
de l'air
ce chemin qui nous sépare
de qui nous sommes
reste à construire de nos mains
une bibliothèque qui dise
aux livres que l'on aime
"venez habiter avec nous, ici
nous avons envie que vous soyez là avec nous
venez vous faire feuilleter par nos enfants
après avoir été feuilletés par nous"
il y a un moment
où l'on peut
peut-être
cesser d'être
juste
à côté de soi-même
pour entrer
finalement
dans le vif du sujet
et être pleinement soi
juste soi
en équilibre
ou dans un état voisin
Monday, December 31, 2007
passagère
depuis longtemps
sans que j’en aie eu conscience
se niche
sous mon toit
une personne étrange
qui tantôt reste calme
ne se manifeste pas
tantôt s’ingénie à perdre les outils
les papiers
fait des trous dans les murs
et ne les répare pas
démarre mille choses
ne les achève pas
et déboule parfois
en crise que je peux
aujourd’hui qualifier de maniaque
(il y a peu de temps que j’ai ce mot-là)
j’ai vécu très longtemps
dans mon histoire
sans en saisir le fil
ou du moins un des fils qui,
sans cesse,
vient détricoter ce que les autres tissent
cette année-là
j’ai eu l’impression
de dormir à côté d’un mort
c’était indescriptible
comment je suis restée ?
je ne sais pas
accrochée à un rayon
de lumière
j’ai tenu bon
puis
nous avons tâtonné
lentement
cherché
cherché
longtemps
cette personne à nos côtés
passagère clandestine
non identifiée
elle
n’a pas sa chaise à notre table
mais elle est là
qui m’envoie au dehors ou vers des fenêtres comme celle-ci
vers un ailleurs riant et agréable
un ailleurs sans trou et sans déchirure
un ailleurs accueillant, serein
un lieu que je n’ai pas
elle décuple mes forces
m’envoie pas monts, par vaux
dans des lieux insolites
loges, maisons de maître, bureaux, salle de danse, de jeu
lieux garnis de chaises raides, de tapis de mousse bien minces, de grands blocs ramollis,
de matelas garnis
lieux aux accueils divers dont j’ai même eu la clé, quelquefois
sans que j’en aie eu conscience
se niche
sous mon toit
une personne étrange
qui tantôt reste calme
ne se manifeste pas
tantôt s’ingénie à perdre les outils
les papiers
fait des trous dans les murs
et ne les répare pas
démarre mille choses
ne les achève pas
et déboule parfois
en crise que je peux
aujourd’hui qualifier de maniaque
(il y a peu de temps que j’ai ce mot-là)
j’ai vécu très longtemps
dans mon histoire
sans en saisir le fil
ou du moins un des fils qui,
sans cesse,
vient détricoter ce que les autres tissent
cette année-là
j’ai eu l’impression
de dormir à côté d’un mort
c’était indescriptible
comment je suis restée ?
je ne sais pas
accrochée à un rayon
de lumière
j’ai tenu bon
puis
nous avons tâtonné
lentement
cherché
cherché
longtemps
cette personne à nos côtés
passagère clandestine
non identifiée
elle
n’a pas sa chaise à notre table
mais elle est là
qui m’envoie au dehors ou vers des fenêtres comme celle-ci
vers un ailleurs riant et agréable
un ailleurs sans trou et sans déchirure
un ailleurs accueillant, serein
un lieu que je n’ai pas
elle décuple mes forces
m’envoie pas monts, par vaux
dans des lieux insolites
loges, maisons de maître, bureaux, salle de danse, de jeu
lieux garnis de chaises raides, de tapis de mousse bien minces, de grands blocs ramollis,
de matelas garnis
lieux aux accueils divers dont j’ai même eu la clé, quelquefois
elle décuple mes forces et parfois
aussi
elle m’envoie
à mon grand regret
dans des intérieurs douillets
visites
dont il me faut bien du temps
pour me remettre
tant le choc est profond
elle décourage
ceux qui,
autrefois,
nous rendaient visite
et je vis sur la corde raide
mon cardiologue met le doigt sur ma difficulté, content :
trop de naissances et trop d’allaitements
mais c’est simplement de sommeil dont je manque
de sérénité
je m’use
ma tête tourne depuis
un ou deux ans
je craque
le sommeil en allé
le sommeil suspendu
la tête qui ne comprend pas
qui cherche dans la nuit
qui vient s’immiscer dans ma vie
semer l’angoisse et l’énergie
l’énergie insatiable
celle qui se nourrit des blessures
son nom est composé
il y a maniaque
il y a dépression aussi
mais on dit bipolaire maintenant
il va encore m’en falloir du temps
pour comprendre mon histoire
notre histoire
entre moi, toi, et ton double
qui te paralyse
t’empêche de parler
et t’enferme dans un tunnel profond
dont je ne peux résolument pas t’aider à te tirer
depuis qu’elle a un nom
(ou plutôt deux)
elle me fait moins peur
déjà je sens
que tu retrouves un tout petit peu
de clarté
de sourire
et parfois
nous rions
je te sens présent
difficile pour toi
d’accepter
que tu vas prendre
ces médicaments
jusqu’au bout
de ta vie
difficile pour moi
de me dire
que toi et moi
c’est avec elle
nécessairement
soulagement de comprendre
que lorsqu’on s’appelait
c’était souvent
un très long silence
un appel
des centaines d’appels
pour se dire
qu’on était là
et je vis sur la corde raide
mon cardiologue met le doigt sur ma difficulté, content :
trop de naissances et trop d’allaitements
mais c’est simplement de sommeil dont je manque
de sérénité
je m’use
ma tête tourne depuis
un ou deux ans
je craque
le sommeil en allé
le sommeil suspendu
la tête qui ne comprend pas
qui cherche dans la nuit
qui vient s’immiscer dans ma vie
semer l’angoisse et l’énergie
l’énergie insatiable
celle qui se nourrit des blessures
son nom est composé
il y a maniaque
il y a dépression aussi
mais on dit bipolaire maintenant
il va encore m’en falloir du temps
pour comprendre mon histoire
notre histoire
entre moi, toi, et ton double
qui te paralyse
t’empêche de parler
et t’enferme dans un tunnel profond
dont je ne peux résolument pas t’aider à te tirer
depuis qu’elle a un nom
(ou plutôt deux)
elle me fait moins peur
déjà je sens
que tu retrouves un tout petit peu
de clarté
de sourire
et parfois
nous rions
je te sens présent
difficile pour toi
d’accepter
que tu vas prendre
ces médicaments
jusqu’au bout
de ta vie
difficile pour moi
de me dire
que toi et moi
c’est avec elle
nécessairement
soulagement de comprendre
que lorsqu’on s’appelait
c’était souvent
un très long silence
un appel
des centaines d’appels
pour se dire
qu’on était là
au bout du fil
mais qu’on ne pouvait pas trouver la formule
les mots
sur ce que l’on ne comprenait pas
vie d’angoisse
corde raide
tout le temps
enthousiasme
énergie
usure
et puis il y a le nom, les noms de la passagère
mais qu’on ne pouvait pas trouver la formule
les mots
sur ce que l’on ne comprenait pas
vie d’angoisse
corde raide
tout le temps
enthousiasme
énergie
usure
et puis il y a le nom, les noms de la passagère
alors
à nouveau
un avenir ouvert
Friday, December 07, 2007
Tuesday, December 04, 2007
mère
http://www.bluffton.edu/womenartists/ch10(20c)/modersohnnursing.jpg
mère
sorcière
mangeoire
feu
repos
signifié
signifiant
référent
issue
ouverture
offerte
monture
point de vue
plongeoir
mère
mère
sorcière
mangeoire
feu
repos
signifié
signifiant
référent
issue
ouverture
offerte
monture
point de vue
plongeoir
mère
Sunday, November 25, 2007
16 ans
il éclate de rire
il m'invite
à venir voir
avec lui
la fin d'un feuilleton
je m'étonne
et m'exécute
et j'écoute
les répliques
qu'il souligne
en me les répétant
chapelet de poncifs
qu'égrène cet épisode
d'un feuilleton américain
exclusivement WASP
ou presque
des années cinquante
ou
(c'est lui qui me le dit)
comment voir la vie en
compliqué
et en bons sentiments
je suppose que
dans pas longtemps
il regardera plus
la mise en scène
que l'histoire
les plans où les acteurs
parlent sans rien faire
ou font sans rien dire
est-ce que ça l'énervera
comme ça énerve son papa?
j'aime ce décalage
pas désabusé
amusé
rieur
chez mon fils,
notre fils
à qui nous n'avons pas essayé
de faire gober trop d'évidences
mais bien mieux
de toujours regarder
si les choses simples
ne sont pas, de plus près,
plus complexes qu'elles ne semblent
complexes, belles, changeantes, intéressantes
déjà, il était revenu
riant
d'un voyage
où on lui avait dressé des vues sur la vie
pareilles à des recettes
il m'avait fait son analyse
synthèse fine et circonstanciée
il sait que la vie c'est plus riche que des sentences
que les personnages de la vie sont ronds
pas plats comme des omelettes fades
qui rampent sous les mots.
il m'invite
à venir voir
avec lui
la fin d'un feuilleton
je m'étonne
et m'exécute
et j'écoute
les répliques
qu'il souligne
en me les répétant
chapelet de poncifs
qu'égrène cet épisode
d'un feuilleton américain
exclusivement WASP
ou presque
des années cinquante
ou
(c'est lui qui me le dit)
comment voir la vie en
compliqué
et en bons sentiments
je suppose que
dans pas longtemps
il regardera plus
la mise en scène
que l'histoire
les plans où les acteurs
parlent sans rien faire
ou font sans rien dire
est-ce que ça l'énervera
comme ça énerve son papa?
j'aime ce décalage
pas désabusé
amusé
rieur
chez mon fils,
notre fils
à qui nous n'avons pas essayé
de faire gober trop d'évidences
mais bien mieux
de toujours regarder
si les choses simples
ne sont pas, de plus près,
plus complexes qu'elles ne semblent
complexes, belles, changeantes, intéressantes
déjà, il était revenu
riant
d'un voyage
où on lui avait dressé des vues sur la vie
pareilles à des recettes
il m'avait fait son analyse
synthèse fine et circonstanciée
il sait que la vie c'est plus riche que des sentences
que les personnages de la vie sont ronds
pas plats comme des omelettes fades
qui rampent sous les mots.
Friday, November 09, 2007
libération?
Merci Cécile pour ce mot juste et merci à une "adulte intense"
qui m'a ouvert les yeux sur cette qualité d'une part,
et sur son acceptabilité d'autre part.
Pleurer dans le genre "chutes du Niagara" ou rire uniquement à gorge déployée
être à peu près totalement incapable de fermer les yeux le jour
(sauf en cas d'épuisement phénoménal ou de grossesse)
ou de faire la grasse matinée sous la couette
toujours être en mouvement, en réaction
travailler le jour
et travailler la nuit
ne pas savoir ce que le terme "pause" veut dire
ou alors "pause forcée"
quand les forces s'en sont allées
une nature intense
la libération pour moi fut qu'une personne m'ait nommé cette condition
que nous partageons...
Depuis, je suis légère.
Je me sens autorisée à être comme je suis.
Je peux comprendre - sans avoir plus envie de poser une foule de questions sur le passé -
que mes proches n'y aient souvent pas compris grand chose.
Depuis, je pense que le sentiment que j'avais eu longtemps de ne pas être pleinement acceptée telle que j'étais devait être légitime. Point.
Ca cicatrise à vitesse grand V, cette légitimation.
Une trop grande sensibilité qui fait que, le soir, au lieu de me coucher, je couchais, je couche des mots dans des cahiers, sur un clavier, ou que je dépensais tout mon argent de poche en pots de peinture - qu'allait-on bien pouvoir faire de moi? Hein?
Feu un de mes grands-pères m'a dit un jour que j'étais trop sensible.
Je me souviens, le jour de son enterrement, j'étais très loin, très loin de là, à donner une formation au portage, pour transmettre quelques gestes, quelques mots qui, à leur tour, voyageraient. C'était bien comme ça.
Ils l'ont enterré, au printemps, sous la neige.
J'aurais été bien incapable d'une oraison funèbre.
Trop tôt pour moi pour prononcer devant une assemblée
(ce que j'avais fait avec joie pour son épouse, ma grand-mère, quelques mois plus tôt)
des mots doux pour parler de non-douceur,
d'amour qui ne sait que taquiner et faire pleurer les femmes.
Il m'a aussi dit un jour que j'étais une bonne laitière, et il m'a fait rire.
Ses bêtes n'avaient pas le temps d'allaiter leurs petits.
Pas le temps pour ces choses, pour l'essentiel...
Chez lui, les heures de biberon des bébés étaient calculés pour que les hommes soient servis à l'heure où ils le voulaient.
Fallait que ça roule. Et ça roulait.
J'ai pourtant le souvenir d'une toute petite fille qui le faisait danser,
grand-père devenu gâteau avec les années.
Qu'ils étaient beaux, tous les deux, en train de faire la ronde.
Les petites filles de deux ans ont tout pour vous faire fondre.
Moi, j'ai eu le tort de le faire grand-père pour la première fois,
puis arrière grand-père pour la première fois,
et il a eu à chaque fois bien du mal à passer le cap.
Il semblerait que je sois un cap difficile à passer...
J'ai perdu cette année-là ma confiance dans le mot "famille".
J'ai vu, une fois de plus, le froid qui se lève sur le nid éparpillé
lorsque la Mère est partie.
Pendant des mois, j'ai eu peur de ce froid qui s'était levé.
J'ai compris, de chaque côté, que lorsque la Mère s'en va, sa tendresse ne reste pas forcément.
La Mère, la Grand-Mère, qui vous aime comme vous êtes, même si elle ne vous comprend pas, même si elle vous passe la main devant les yeux lorsque vous rêvassez, qui vous emmène à la messe à 7h du matin et avec qui vous faites les courses, bras-dessus-bras-dessous, pendant les vacances, cette Grand-Mère qui ne vous demande rien sinon d'être heureuse, parce que ses rêves à elle, elle sait très bien que ce sont les siens,
Grand Mère qui s'émerveille tout simplement devant vos pas, quels qu'ils soient ...
J'ai eu bien froid cette année-là.
La même année, mes poussins ont perdu leur Grand-Papa.
Curieuse année où mes enfants et moi perdons un ou deux de nos grands-parents.
Curieuse année où une petite fille nous est née, en plein été, coiffée, à la maison, après quatre garçons.
Il y a des années,
il y a des mots
qui changent beaucoup
surleur passage.
qui m'a ouvert les yeux sur cette qualité d'une part,
et sur son acceptabilité d'autre part.
Pleurer dans le genre "chutes du Niagara" ou rire uniquement à gorge déployée
être à peu près totalement incapable de fermer les yeux le jour
(sauf en cas d'épuisement phénoménal ou de grossesse)
ou de faire la grasse matinée sous la couette
toujours être en mouvement, en réaction
travailler le jour
et travailler la nuit
ne pas savoir ce que le terme "pause" veut dire
ou alors "pause forcée"
quand les forces s'en sont allées
une nature intense
la libération pour moi fut qu'une personne m'ait nommé cette condition
que nous partageons...
Depuis, je suis légère.
Je me sens autorisée à être comme je suis.
Je peux comprendre - sans avoir plus envie de poser une foule de questions sur le passé -
que mes proches n'y aient souvent pas compris grand chose.
Depuis, je pense que le sentiment que j'avais eu longtemps de ne pas être pleinement acceptée telle que j'étais devait être légitime. Point.
Ca cicatrise à vitesse grand V, cette légitimation.
Une trop grande sensibilité qui fait que, le soir, au lieu de me coucher, je couchais, je couche des mots dans des cahiers, sur un clavier, ou que je dépensais tout mon argent de poche en pots de peinture - qu'allait-on bien pouvoir faire de moi? Hein?
Feu un de mes grands-pères m'a dit un jour que j'étais trop sensible.
Je me souviens, le jour de son enterrement, j'étais très loin, très loin de là, à donner une formation au portage, pour transmettre quelques gestes, quelques mots qui, à leur tour, voyageraient. C'était bien comme ça.
Ils l'ont enterré, au printemps, sous la neige.
J'aurais été bien incapable d'une oraison funèbre.
Trop tôt pour moi pour prononcer devant une assemblée
(ce que j'avais fait avec joie pour son épouse, ma grand-mère, quelques mois plus tôt)
des mots doux pour parler de non-douceur,
d'amour qui ne sait que taquiner et faire pleurer les femmes.
Il m'a aussi dit un jour que j'étais une bonne laitière, et il m'a fait rire.
Ses bêtes n'avaient pas le temps d'allaiter leurs petits.
Pas le temps pour ces choses, pour l'essentiel...
Chez lui, les heures de biberon des bébés étaient calculés pour que les hommes soient servis à l'heure où ils le voulaient.
Fallait que ça roule. Et ça roulait.
J'ai pourtant le souvenir d'une toute petite fille qui le faisait danser,
grand-père devenu gâteau avec les années.
Qu'ils étaient beaux, tous les deux, en train de faire la ronde.
Les petites filles de deux ans ont tout pour vous faire fondre.
Moi, j'ai eu le tort de le faire grand-père pour la première fois,
puis arrière grand-père pour la première fois,
et il a eu à chaque fois bien du mal à passer le cap.
Il semblerait que je sois un cap difficile à passer...
J'ai perdu cette année-là ma confiance dans le mot "famille".
J'ai vu, une fois de plus, le froid qui se lève sur le nid éparpillé
lorsque la Mère est partie.
Pendant des mois, j'ai eu peur de ce froid qui s'était levé.
J'ai compris, de chaque côté, que lorsque la Mère s'en va, sa tendresse ne reste pas forcément.
La Mère, la Grand-Mère, qui vous aime comme vous êtes, même si elle ne vous comprend pas, même si elle vous passe la main devant les yeux lorsque vous rêvassez, qui vous emmène à la messe à 7h du matin et avec qui vous faites les courses, bras-dessus-bras-dessous, pendant les vacances, cette Grand-Mère qui ne vous demande rien sinon d'être heureuse, parce que ses rêves à elle, elle sait très bien que ce sont les siens,
Grand Mère qui s'émerveille tout simplement devant vos pas, quels qu'ils soient ...
J'ai eu bien froid cette année-là.
La même année, mes poussins ont perdu leur Grand-Papa.
Curieuse année où mes enfants et moi perdons un ou deux de nos grands-parents.
Curieuse année où une petite fille nous est née, en plein été, coiffée, à la maison, après quatre garçons.
Il y a des années,
il y a des mots
qui changent beaucoup
surleur passage.
Sunday, November 04, 2007
Recherches dans le noir
Auriez-vous l'idée de faire des recherches dans le noir pour faire des économies d'électricité?
Eh bien, allez y voir...
Spirou m'en a parlé (il est d'ailleurs sorti sur papier recyclé, vous avez vu?) .
Je cesse de googler, je vais désormais blackler sur www.blackle.be .
Puis j'ai reçu mon numéro de Mothering sur papier recyclé, lui aussi...
(Sur www.mothering.com , vous pouvez vous abonner à la version internet, si vous pensez beaucoup aux arbres...) Ce magazine est superbe.
J'ai lu dans un journal imprimé sur papier pas recyclé que mes grands-parents lisaient lorsqu'ils étaient encore de ce monde que la lecture des sept tomes de Mister Harry Potter pouvait constituer une thérapie sur la sortie de l'enfance. Est-ce grâce à la lecture du septième tome en juillet (précédée de celle des six autres, un par un, dans l'ordre, et dans la langue) que je me sens bien à présent? Mystère... et boule de gomme! Aurais-je enfin cessé de chercher dans mon miroir d'Erised ce que j'ai tout au fond de moi: une solide capacité à accepter mon sort, mon jonglage avec l'intensité qui fait vibrer mon quotidien, du rire aux larmes, de la paix à la rage. Me recyclerais-je enfin?
A moi, la nuit, non pas les troubles du paradoxal loup garou gentil, mais plutôt, pour l'instant, les joies de la lecture de Tobie Lolness, hélas en deux volumes seulement!
Et de l'écriture, pour un mag que j'aime, qui est, lui, imprimé sur papier recyclé depuis le début: www.grandirautrement.com .
A nous les joies du recyclage d'une maison (aurons-nous un jour terminé? peut-être lorsque les enfants seront tous grands?) On ne s'improvise pas fourmi quand on est une cigale; on ne s'improvise pas sédentaire lorsqu'on est nomade par essence.
Savez-vous que les nomades ne sont pas ceux que l'on croit? Que les sédentaires sont plus mouvants qu'eux, qu'ils quittent souvent leur région d'habitation pour partir s'établir très loin du lieu qui les a vu naître, tandis que les soi-disant nomades reviennent régulièrement aux mêmes endroits, sur de vastes étendues. Ils ont une foultitude de repères et connaissent les moindres recoins des régions qu'ils arpentent encore et encore. Ils épuisent moins les ressources de la terre.
A nous de nous recycler sans cesse, d'apprendre chaque jour de nouvelles petites choses.
Je me demande juste si ce post a un sens. Je cherche... souvent je tournicote et je cherche encore; la balade vous plaît?
Eh bien, allez y voir...
Spirou m'en a parlé (il est d'ailleurs sorti sur papier recyclé, vous avez vu?) .
Je cesse de googler, je vais désormais blackler sur www.blackle.be .
Puis j'ai reçu mon numéro de Mothering sur papier recyclé, lui aussi...
(Sur www.mothering.com , vous pouvez vous abonner à la version internet, si vous pensez beaucoup aux arbres...) Ce magazine est superbe.
J'ai lu dans un journal imprimé sur papier pas recyclé que mes grands-parents lisaient lorsqu'ils étaient encore de ce monde que la lecture des sept tomes de Mister Harry Potter pouvait constituer une thérapie sur la sortie de l'enfance. Est-ce grâce à la lecture du septième tome en juillet (précédée de celle des six autres, un par un, dans l'ordre, et dans la langue) que je me sens bien à présent? Mystère... et boule de gomme! Aurais-je enfin cessé de chercher dans mon miroir d'Erised ce que j'ai tout au fond de moi: une solide capacité à accepter mon sort, mon jonglage avec l'intensité qui fait vibrer mon quotidien, du rire aux larmes, de la paix à la rage. Me recyclerais-je enfin?
A moi, la nuit, non pas les troubles du paradoxal loup garou gentil, mais plutôt, pour l'instant, les joies de la lecture de Tobie Lolness, hélas en deux volumes seulement!
Et de l'écriture, pour un mag que j'aime, qui est, lui, imprimé sur papier recyclé depuis le début: www.grandirautrement.com .
A nous les joies du recyclage d'une maison (aurons-nous un jour terminé? peut-être lorsque les enfants seront tous grands?) On ne s'improvise pas fourmi quand on est une cigale; on ne s'improvise pas sédentaire lorsqu'on est nomade par essence.
Savez-vous que les nomades ne sont pas ceux que l'on croit? Que les sédentaires sont plus mouvants qu'eux, qu'ils quittent souvent leur région d'habitation pour partir s'établir très loin du lieu qui les a vu naître, tandis que les soi-disant nomades reviennent régulièrement aux mêmes endroits, sur de vastes étendues. Ils ont une foultitude de repères et connaissent les moindres recoins des régions qu'ils arpentent encore et encore. Ils épuisent moins les ressources de la terre.
A nous de nous recycler sans cesse, d'apprendre chaque jour de nouvelles petites choses.
Je me demande juste si ce post a un sens. Je cherche... souvent je tournicote et je cherche encore; la balade vous plaît?
Saturday, October 06, 2007
déjà
ça fait cette semaine
14 ans
déjà
qu'une personne
me dit
après que j'eus
lâché
mon plus petit bébé
(3 kilos et demi)
"vous avez bien géré "ça"
sauf les vingt dernières minutes:
vous avez perdu les pédales"
yes
j'avais perdu les pédales
je n'accouche pas
néocortex branché
je dansais
sur la table d'accouchement
et à la fin
la danse s'est faite
toute seule
sans que mon esprit
soit plus consulté
j'ai été emportée
je serais incapable de vous conter
cette naissance
par le détail
désolée
et
quatre années et quatre jours plus tard plus tard
j'ai été heureuse
qu'un autre bébé
attende patiemment
que l'anniversaire de sa grande soeur
soit fêté
avant de pointer
le bout de son nez
enfant
du tournant
avant un grand virage
avec lequel j'ai goûté
aux joies du portage agrippé
vraiment
enfant en écharpe
en Tonga
porté
savouré
allaité
enfant
enfant enfin plus léger
j'ai retrouvé des jambes
retrouvé une liberté
que j'avais oubliée
avec un grand tissu
bien tissé
une folie
que j'ai osée
dix ans de portage
découvertes
rencontres
j'ignorais où cela me mènerait
je l'ignore encore
ce fil pas entièrement déroulé
il court encore
comme cet enfant
14 ans
déjà
qu'une personne
me dit
après que j'eus
lâché
mon plus petit bébé
(3 kilos et demi)
"vous avez bien géré "ça"
sauf les vingt dernières minutes:
vous avez perdu les pédales"
yes
j'avais perdu les pédales
je n'accouche pas
néocortex branché
je dansais
sur la table d'accouchement
et à la fin
la danse s'est faite
toute seule
sans que mon esprit
soit plus consulté
j'ai été emportée
je serais incapable de vous conter
cette naissance
par le détail
désolée
et
quatre années et quatre jours plus tard plus tard
j'ai été heureuse
qu'un autre bébé
attende patiemment
que l'anniversaire de sa grande soeur
soit fêté
avant de pointer
le bout de son nez
enfant
du tournant
avant un grand virage
avec lequel j'ai goûté
aux joies du portage agrippé
vraiment
enfant en écharpe
en Tonga
porté
savouré
allaité
enfant
enfant enfin plus léger
j'ai retrouvé des jambes
retrouvé une liberté
que j'avais oubliée
avec un grand tissu
bien tissé
une folie
que j'ai osée
dix ans de portage
découvertes
rencontres
j'ignorais où cela me mènerait
je l'ignore encore
ce fil pas entièrement déroulé
il court encore
comme cet enfant
Tuesday, October 02, 2007
solidaires?
lorsque je vivais loin d'ici
je voulais revenir
connaître
mon pays
qui me semblait autre
que celui où je vivais
autre parce que moins imprégné de compétition
de concours et de sélection
autre parce que plus serein
avec des mots plus simples
et peut-être
plus simple à vivre au quotidien
pays contradictoire
multilingue
incompréhensible
pour qui n'est pas d'ici
pays où
j'ai
peu à peu
réappris
ce que c'est que le calme
à vivre au jour le jour
et à goûter la vie
www.sauvonslasolidarite.be
je voulais revenir
connaître
mon pays
qui me semblait autre
que celui où je vivais
autre parce que moins imprégné de compétition
de concours et de sélection
autre parce que plus serein
avec des mots plus simples
et peut-être
plus simple à vivre au quotidien
pays contradictoire
multilingue
incompréhensible
pour qui n'est pas d'ici
pays où
j'ai
peu à peu
réappris
ce que c'est que le calme
à vivre au jour le jour
et à goûter la vie
www.sauvonslasolidarite.be
Thursday, September 27, 2007
semaine folle
il y a des semaines
où
votre petit se casse la figure
le tout premier jour
où il devient un baladin
où vous faites face à l'incompréhension
d'une infirmière en pédiatrie
qui vous aperçoit en train de réconfoter
ce petit de 4 ans et demi
au sein
(ouf! une nuit d'observation
et puis plus rien)
j'avais oublié que je n'étais vraiment pas normale
vous retombez sur votre vielle copine
qui vous dépanne
et qui vous rappelle
que dans quelques jours
elle joue au théâtre
vous retrouvez tout à coup le chemin
du théâtre
où vous avez roulé votre bosse
des années
parce que
pour la première fois depuis des lustres
la mystérieuse envie ne vous a pas
encore une fois
joué des tours
autour des deux ans de bébé
vous voilà légère
pour aller au théâtre
encore et encore
suivie d'une rangée de canards à vélo
une fois, deux fois, trois fois
c'est si bon de voir le même spectacle plusieurs fois
et ça repart
quand
votre "petit"
(qui a rasé sa crête jaune
entre festival et examen de passage
- les cheveux verts, ça tourne au jaune, oui...)
est emmené en sortie par sa prof
dans ...
le centre d'information
où vous avez fait SON test de grossesse
quand il était tout mini mini
et que personne autour de vous
sauf son papa et cette amie
ne semblait se rendre compte
que vous étiez adulte ou presque
et depuis longtemps taraudée par une mystérieuse envie ...
où
lâchement abandonnée par les vôtres
vous allez en rendez-vous chez votre psy
avec une demoiselle de deux ans
qui refuse les duplos que la dame lui propose
mais qui finalement se délecte des magazines de la salle d'attente
et vous permet de vider tout de même un peu votre sac
où
c'est stop ou encore
et vous retenez votre souffle
vous ne dormez pas
tellement le tournant est fort
et vous vous réveillez
VIVANTE
pas en bisbrouille avec votre maman (ça fait bizarre, ça fait un bon moment, maintenant!
- coucou maman!)
où
votre petit se casse la figure
le tout premier jour
où il devient un baladin
où vous faites face à l'incompréhension
d'une infirmière en pédiatrie
qui vous aperçoit en train de réconfoter
ce petit de 4 ans et demi
au sein
(ouf! une nuit d'observation
et puis plus rien)
j'avais oublié que je n'étais vraiment pas normale
vous retombez sur votre vielle copine
qui vous dépanne
et qui vous rappelle
que dans quelques jours
elle joue au théâtre
vous retrouvez tout à coup le chemin
du théâtre
où vous avez roulé votre bosse
des années
parce que
pour la première fois depuis des lustres
la mystérieuse envie ne vous a pas
encore une fois
joué des tours
autour des deux ans de bébé
vous voilà légère
pour aller au théâtre
encore et encore
suivie d'une rangée de canards à vélo
une fois, deux fois, trois fois
c'est si bon de voir le même spectacle plusieurs fois
et ça repart
quand
votre "petit"
(qui a rasé sa crête jaune
entre festival et examen de passage
- les cheveux verts, ça tourne au jaune, oui...)
est emmené en sortie par sa prof
dans ...
le centre d'information
où vous avez fait SON test de grossesse
quand il était tout mini mini
et que personne autour de vous
sauf son papa et cette amie
ne semblait se rendre compte
que vous étiez adulte ou presque
et depuis longtemps taraudée par une mystérieuse envie ...
où
lâchement abandonnée par les vôtres
vous allez en rendez-vous chez votre psy
avec une demoiselle de deux ans
qui refuse les duplos que la dame lui propose
mais qui finalement se délecte des magazines de la salle d'attente
et vous permet de vider tout de même un peu votre sac
où
c'est stop ou encore
et vous retenez votre souffle
vous ne dormez pas
tellement le tournant est fort
et vous vous réveillez
VIVANTE
pas en bisbrouille avec votre maman (ça fait bizarre, ça fait un bon moment, maintenant!
- coucou maman!)
Monday, September 24, 2007
la solution
la solution
est-elle de protester
de trépigner
ou de chanter?
http://fr.youtube.com/watch?v=TSO0fcZp5Ms&mode=related&search=
est-elle de protester
de trépigner
ou de chanter?
http://fr.youtube.com/watch?v=TSO0fcZp5Ms&mode=related&search=
Friday, September 07, 2007
toc toc
c'est qui?
c'est lui
et je l'entends qui chante
des textes de Brassens
avec grande fille
école à la maison avec papa
- avec maman, non, ça ne colle pas -
manger - dormir - chanter
pédaler
qu'y a-t-il de mieux?
et je les vois
vivre ça
sous mes yeux
comme un homme
parfois
souhaite être enceint
et ne le peut pas
je ne peux faire l'école à la maison
les garçons y vont, à l'école
et je reste là
mon désir en berne
mes cahiers entre les jambes
mes rêves au placard
encore une fois
même si je suis là
non, ça ne compte pas
tout est pris en charge
tandis que je reprends mon boulot
boulot que j'aime
me suis bien reposée
ça repart, mon kiki
une année à l'envers
manger pour vivre?
vivre pour manger?
à l'école
j'ai joué cette scène
en face de moi, un garçon bon vivant, rieur
me donnait la réplique
moi, toute à mon angoisse de ne pas faire d'erreur
moi, j'étais avare de moi
je mesurais mes mots, mes mouvements
ma vie
lui, il avait raison, de rire en toute saison
moi, je pensais qu'il était impérieux de ne faire aucun pli,
aucun participe passé mal accordé,
aucune confusion entre infinitif et participe,
quelle folie! (je n'y aurais même pas pensé)
je croyais que l'école me mènerait avec assurance à ...
à quoi?
je n'en savais absolument rien
à une absolue non-confiance en moi
à une suite sans goût de remplacements insensés
qui ont eux-mêmes suscité des remplacements à d'autres intérimaires
non casés
comme moi
quelle mascrade
jolis mots enseignés
vivre - manger
manger - vivre
si j'ai remis quelque chose à l'endroit
mon travail me rend heureuse
je souhaite que mes enfants
reprennent la place de choix
que l'on travaille côte à côte
que l'on apprenne
que l'on explore ensemble
sans eux, j'ai tellement moins d'énergie
c'est comme dans l'allaitement
le contact avec eux suscite ma production
et cet été
lorsqu'ils étaient presque tous partis au camp
j'étais une chose molle
sans énergie
la vie que vous donnez vous donne la vie
c'est lui
et je l'entends qui chante
des textes de Brassens
avec grande fille
école à la maison avec papa
- avec maman, non, ça ne colle pas -
manger - dormir - chanter
pédaler
qu'y a-t-il de mieux?
et je les vois
vivre ça
sous mes yeux
comme un homme
parfois
souhaite être enceint
et ne le peut pas
je ne peux faire l'école à la maison
les garçons y vont, à l'école
et je reste là
mon désir en berne
mes cahiers entre les jambes
mes rêves au placard
encore une fois
même si je suis là
non, ça ne compte pas
tout est pris en charge
tandis que je reprends mon boulot
boulot que j'aime
me suis bien reposée
ça repart, mon kiki
une année à l'envers
manger pour vivre?
vivre pour manger?
à l'école
j'ai joué cette scène
en face de moi, un garçon bon vivant, rieur
me donnait la réplique
moi, toute à mon angoisse de ne pas faire d'erreur
moi, j'étais avare de moi
je mesurais mes mots, mes mouvements
ma vie
lui, il avait raison, de rire en toute saison
moi, je pensais qu'il était impérieux de ne faire aucun pli,
aucun participe passé mal accordé,
aucune confusion entre infinitif et participe,
quelle folie! (je n'y aurais même pas pensé)
je croyais que l'école me mènerait avec assurance à ...
à quoi?
je n'en savais absolument rien
à une absolue non-confiance en moi
à une suite sans goût de remplacements insensés
qui ont eux-mêmes suscité des remplacements à d'autres intérimaires
non casés
comme moi
quelle mascrade
jolis mots enseignés
vivre - manger
manger - vivre
si j'ai remis quelque chose à l'endroit
mon travail me rend heureuse
je souhaite que mes enfants
reprennent la place de choix
que l'on travaille côte à côte
que l'on apprenne
que l'on explore ensemble
sans eux, j'ai tellement moins d'énergie
c'est comme dans l'allaitement
le contact avec eux suscite ma production
et cet été
lorsqu'ils étaient presque tous partis au camp
j'étais une chose molle
sans énergie
la vie que vous donnez vous donne la vie
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