Wednesday, April 08, 2009

petite précision...

je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien et je ne trouve pas, ce matin, de chanson sur Youtube, qui traduise cela

Tuesday, April 07, 2009

temporarily out of action

rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien Killer Queen rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien rien

Sunday, April 05, 2009

le temps qu'elle ait des ailes



photo Sandrine Fraikin

Saturday, April 04, 2009

charnière

qui grince

celle
de ces journées

passées à partager
quelques petites choses
que je sais

ces échanges
pleins et ronds
nourris des expériences
des désirs, des actions

de chacune
des personnes
présentes

journées
mises en âme
aussi
par de toutes petites personnes
actives
ou
dans la détente

que j'aime
ces journées

de partage

passées
toutes en rond
assises sur ces matelas
ces monts de coussins

à jouer avec
mille et un porte-bébés
à s'entraîner
à les utiliser
à ressentir
le langage de bébé
à en expliquer
avec des mots simples
l'utilisation

journées

sont-elles passées ?

dois-je ranger
cette collection ?

lui dessinerai-je un avenir
en flight cases
et expos ?

puisque
ces journées
n'ont plus
que peu
d'inscriptions

que ferai-je
ces jours
que je passais alors

avec tant de plaisir

à entendre les mots
et les questions

saurai-je dépasser
cette tristesse immense
qui fait
que toute cette expérience

je ne peux
désormais
la tranmettre
qu'autrement

sur papier

la faire grandir
qu'en dehors
de ces rencontres
aussi


qu'il avait été dur
le passage sur papier
avec
quelques dessins
seulement

il me fallait alors
renoncer aux photos
aux couleurs
aux mouvements
aux sons

pour donner à sentir
ce que j'avais senti
ou que d'autres
me disaient
sentir


les vecteurs sont nombreux


c'est le printemps
je suis en deuil
de ces jours
que j'aimais

journées de formation

il me reste une date

et après ?

serai-je à la hauteur
du temps
immense
libre

de toute une semaine
pour écrire

vraiment?

comme chacun
de mes
changements
de cap

celui-ci
me bouscule
me tente
désespère
ravit

de seconde en seconde


et


oui


(j'avoue)

il me reste
l'une ou l'autre
idée
dans un coin de ma tête



à mettre en formeS

Thursday, April 02, 2009

raccroche

raccroche
ben oui

je me raccroche
aux mots
(à la musique
et
aux couleurs)

ici
ce sont les mots

bien agréable

je lessive
mes maux
et mes heurs
en mots

et hop
ça ressort
en couleurs
et léger

ça me va

Wednesday, April 01, 2009

seconde

une
deux
trois


il faut
quelques secondes

pour
retrouver
un esprit
clair

je vois
je lis
j'entends
des préoccupations

je partage
des moments

j'accompagne
- si possible -
l'un ou l'autre
un temps

cela faisait un moment
que je n'avais plus peur

mais
je l'ai entrevue
cette semaine

la voilà revenue

j'avais perdu l'habitude
ne vivais plus heure par heure
jour par jour
ou semaine par semaine

je vivais
sereine

répit
de quelques mois
appréciés

une pause
légère
comme des vacances

que nous n'avons pas prises
depuis des années

mais que compense
un temps
intéressant à vivre

que ce rythme change
cela m'a surprise

j'ai cru revoir
la porte
qui s'ouvre
sur
la douleur

Tuesday, March 31, 2009

équilibriste

qui
sur son fil

passe
repasse

ne court plus gaiement
n'abandonne plus non plus totalement

passe
repasse

présent
chaque jour

pas tout à fait gaiement
ni vraiment de guerre lasse

c'est un équilibriste
qui aimerait tellement
être heureux d'être content

mais ça
il ne peut pas

le médoc
qui protège
des accidents

il le protège aussi
d'être vraiment content

phase

descendante ?
je ne sais pas

l'énergie manque
alors
je cherche

un peu de rire
un peu d'humour
un peu beaucoup

pour que je bouge

je ne sais pas
où trouver la chaleur

jamais connu une telle fatigue
auparavant

j'attends
les résultats

puisqu'on m'a
pris du sang

pour y tester
des dizaines
d'allergènes

que pourrai-je
manger
pour trouver
de l'énergie?

depuis des mois
c'est ma question

Monday, March 30, 2009

un pied devant l'autre

la fatigue est là
le nez est encombré
un bébé dort sur mon dos
je vais peut-être arriver

à mettre
un pied
devant l'autre

et à reprendre le fil
de mes activités

presque midi
il pourrait aussi être 8 heures

je suis
sur mode "lent"
aujourd'hui
pour faire quoi que ce soit

même sur le clavier
je surveille mes doigts
pour qu'ils ne trébuchent pas

ordi plein de virus
m'empêche de faire
une des rares choses
que je sache faire

et me voilà
squattant
celui-ci

pour dire "bonjour"
de l'autre côté
du miroir
ou
de la fenêtre

devant la porte d'entrée
il y a plein de soleil
mas je resterai là
aujourd'hui

avec ma bonne humeur
mon rhume
et mes pas

en avant
un
puis l'autre

vers



là où je vais

Saturday, March 28, 2009

un jour comme ça

en couleurs

parce que
sans ça
je meurs

à manger
- un peu -

qui le fera
aujourd'hui?
on verra

et des câlins
- beaucoup -

j'aurais pu
les mettre en premier
et aussi en dernier
et entre les repas
et pendant
- pour les tétées -

un jour comme ça

à écrire
un peu

à n'importe quelle heure
un peu n'importe quoi
parce que
les mots
sonnent

et

que
j'aime

lorsqu'ils font écho

Friday, March 27, 2009

ma plus belle

je la lui avais donnée
pour qu'elle l'accompagne
la journée
au bureau

elle était grande
elle était belle
elle tenait la route

en équilibre
en matière
et en couleurs

elle était paisible
élancée
ma toile

hop
elle fut balancée
comme chose inutile
comme si elle était du chinois

elle aterrit ailleurs
plutôt en douceur
elle poursuit sa vie


on ne sait pas toujours bien
où l'on est apprécié

et on fait des cadeaux
précieux
en se trompant de personne

cela arrive
vite
quand on n'a
vraiment
aucune langue commune

Tuesday, March 24, 2009

que faire ?

de cette partie
de moi

qui a tenté
sans cesse

de trouver grâce aux yeux
d'une personne

qui me manipulait
ou qui tentait de le faire

que faire de l'énergie que cela
a pris
semaine après semaine
sur 40 années ?

je regarde mes ailes
sont-elles endommagées
d'avoir été mal vues
ou si mal regardées ?
de n'avoir servi qu'à moitié?

car je ne devais pas voler trop loin
trop haut
trop fort
et je devais aller
où il voulait que j'aille


elles sont là
et peuvent voler
faire ce pour quoi elle m'ont été données

que j'ai à découvrir
encore

et d'abord, elles sont belles, mes ailes!

une!

j'en reviens pas
j'ai eu une idée
ce matin

mon cerveau
se réveillerait-il
enfin?

j'ai hiberné l'hiver

pas question
que j'hiberne

plus longtemps

Monday, March 23, 2009

2

elle en a

2

comme son frère
le plus jeune

2

bleu
foncé

elle est
précise

concentrée

active

ce n'est pas un bébé

c'est autre chose

quelqu'un d'autre


encore

Sunday, March 22, 2009

mystère

d'envie

qui pousse
qui passe

se transforme

ou retrouve
une forme

connue

non assumée



jusqu'ici

Friday, March 20, 2009

pas concentrée

fatiguée

j'attends
que ça passe

que l'énergie
me recentre

forcer
je ne peux pas

et si
j'étais
positivement
déconcentrée?

et si c'était bon
pour moi?

fiers

allez savoir
pourquoi

on est fier
ou pas

on a honte
ou pas

sentiments étranges
pour moi

mes enfants sont fiers
et contents
de leur père

un être étrange
venu de pas très loin

les enfants aiment les vivants

Saturday, March 14, 2009

trop

de mots de mots de mots de mots de mots de mots de mots de mots de mots

tuent
un peu
les choses


aussi


je me propose
ce soir
de faire "léger"


et de ne déposer
ici
que quelques lignes

que
dans cinq minutes
vous aurez complètement oubliées

comme un rhinocéros cuirassé qui
lorsqu'il a une idée
une pensée
se met à courir
de joie
et qui
dans l'instant
oublie
tout
absolument
tout

de cette idée


ne rien dire
ne rien raconter

juste poser
quelques lignes

et remercier
mes amis zen
qui prennent le temps
d'être là
vraiment


qui m'aident
à lever le pied

moi
bien trop emballée
ces dernières années
moi
qui atterris
lentement


et réapprends
à rire

Friday, March 13, 2009

self service

elle a pigé le truc
attrape mon T-shirt
le soulève
avec soin

bientôt
elle se sert
toute seule


elle bouge
chaque jour
la répartition

des gestes
qui lui sont utiles

nous nous fondons encore
l'une en l'autre
et
il faut être fort
pour nous voir séparées

mais
déjà
elle dirige sa main
la mienne l'accompagne
se retire
et veille

cerise sur le gâteau

Monday, March 02, 2009

pas cinq mois

pas cinq mois
et déjà

en pleine nuit
elle s'assied
dans le noir
près de moi
elle ne veut pas dormir


parfois décalées
on se retrouve
bien
un peu
quand-même
le temps d'une tétée
qui nous endort
toutes deux


et si j'ai de la force
elle dort sur mon dos
et si je suis molle
elle dort sur mes genoux


elle est encore en moi
mais attaque
à deux dents
la banane
que je mange


de ses yeux
elle voudrait
avaler
ce qu'elle voit

de sa bouche
elle goûte

de ses mains
elle s'accroche
très fort
à ma tresse

des fois
que je la laisserais en route

histoire d'un bébé
lourd
et fort
qui m'est arrivé
alors que j'aspirais
à tant de légèreté


bébé
né en dehors
de ce qui se nomme
"programme"
mais bien dans
ce qui ressemble
à une histoire
d'amour


encore un petit tour
encore maman
d'un tout petit bébé
et
dans six mois
maman
d'un étudiant


qui souhaite
se pencher
sur la science
de la vie


que va-t-il découvrir?
que va-t-il y comprendre?


s'il est prêt
à s'asseoir
dans le noir
pour penser


la profondeur du noir
est belle
à contempler

autant s'y arrêter

Saturday, February 28, 2009

lent

j'aime
un pas
doux
léger
énergique
qui laisse respirer

un pas
qui s'arrête
puis
qui repart

qui écoute
qui respire avec

qui entend

un pas
qui n'assène rien

qui vit avec
sans marteler

j'aime
la lenteur
qui traverse
les vents
et
les marrées

qui tient bon
ou
s'envole
et
aterrit
plus loin


j'aime
les gens
d'ici
qui vont
à pas lent

où ils veulent aller

en souriant
et
sans vous bousculer

Friday, February 27, 2009

I was born to...

kill
hate
control
and
dominate



but

I
somehow
refused
to play the game

and


followed
the
astonishing
milky way

my yellow brick road


I even learnt
from my mistakes
some
very very big



I tried
to open
my eyes
my ears


I tried
in the dark
to revert
to something
that was written

in me
or
up there?


things
I grew up
without

things
I never saw
never heard of



I was born to disappoint
some

never mind

Sunday, February 22, 2009

petit plongeoir

je veux être un petit
plongeoir

plutôt qu'un grand
trop haut
d'où on a peur de se lancer

un tout petit plongeoir
qui change de hauteur
quand ils changent de taille
de rêves et de dimension


petit plongeoir
descend
petit plongeoir
remonte
et puis
descend encore
et re
à volonté

pour qu'ils puissent
plonger

à l'instant
qu'ils souhaitent

dans les eaux
qu'ils aiment

coeur content
pas cassé

Saturday, February 21, 2009

la porte

est-elle fermée?
as-tu gardé
les clés?

Tuesday, February 17, 2009

jury central

et ça repart
ce vendredi
direction la capitale
et premier examen de la deuxième session
au jury central

pour
grande fille

qui valide deux ans d'instruction en famille

deux ans pour se poser
deux ans pour se remettre
et
pour se reconstruire


une année au collège
fût-il petit
quand on s'habille en couleurs
parmi les passe-murailles
ça peut faire très très mal


voir la douleur de qui
reçoit les quolibets
l'a beaucoup émue

sans parler
de la bêtise
qui l'a prise
elle-même
en pâture


et de l'impossibilité
pour des adultes attentifs
de faire la différence


face au malaise de la lâche masse
qui a besoin
pour vivre
de broyer l'un ou l'autre
au quotidien


deux ans
nous ont permis
de retrouver
péniblement
une communication douce
puis
une grande chaleur


deux ans
qui lui ont permis
de repartir
sereine

vers une académie
où il fait bon porter
toutes les couleurs qu'elle aime

Friday, February 13, 2009

pour Estelle et Soline

une étoile
ça file

en 24 heures
tout près de nous
l'une
toute petite
s'en est allée
et une autre
plus petite
est arrivée

premier enfant
attendu
tant de temps

l'une envolée
l'autre arrivée

être parent
c'est être prêt à tout
tout le temps

drôle de métier
faiseur
lanceur d'étoiles
sans qui les étoiles ne riraient
ne danseraient
pas autant

on aimerait les voir danser longtemps
tellement longtemps

c'est si bon de couver une petite étoile

Tuesday, February 10, 2009

il n'y a pas d'oeuf sans poule

une mère est plurielle
du soir au matin
et du matin au soir

elle est là
la mère
la multi-bras
les pieds nus dans la terre

ne la montez pas
sur un piédestal

elle n'est pas que mère
avant cela
elle est femme

ne dites pas trop de mots
n'en faites pas trop

gardez-la bien au chaud
au fond de votre coeur
là, elle n'aura pas froid

Sunday, February 08, 2009

araignée

il m'appelle
il est dans son bain

bientôt 9 ans

il a vu une araignée
elle lui fait peur

ou plutôt

il n'en a pas vu
mais
il se dit
qu'il se pourrait
qu'une araignée
descende du plafond

vu qu'il est décoré
de toiles
magnifiques

qui s'accrochent
aux poutres

qui n'ont pas été
camouflées

par un faux plafond

tout d'abord
je lui dis
"mais non,
ce n'est rien"

je ravale ma salive
je pige

"écoute
s'il y en a une
qui arrive
tu m'appelles

et je te défendrai
de toutes mes forces
elle ne pourra rien te faire"

je le laisse patauger
gaiement

j'espère qu'il retiendra
ma seconde réponse
plutôt que la première

réponse automatique
clône de tant de réponses
entendues à mes peurs

à mes insomnies
d'enfant
d'adolescente
terrifiée dans le noir

qu'il sache
qu'il a le droit d'avoir peur
de la dire
d'être accompagné
le temps qu'il lui faudra

qu'on ne s'en moque
SURTOUT pas

qu'il ne sera pas seul
face à cette araignée

qu'elle ne gagne pas
qu'elle n'est pas
appelée
à régner

sous ce toit
où j'ai six fois accouché

pour que partent
en leur temps
des enfants
sereins
de chez moi

Saturday, February 07, 2009

j'ignorais

que mes enfants
ont besoin
que je les prenne dans les bras
chaque jour

peu importe
s'ils marchent
s'ils tètent
s'ils se sont peint le corps en bleu
s'ils rentrent à la maison
le pantalon troué
les chaussures pleines de boue
s'ils se teignent en rouge
ou s'ils se sont fait taxer leur ordinateur portable en rue

j'ignorais
qu'ils ont besoin d'entendre
chaque jour
que je les aime
et
qu'ils ont besoin
que je sois présente
vraiment
dans la vie en vrai

pas toujours entre deux trains
ou deux projets trop lourds
trop fous
ou trop stressants



j'ignorais

qu'on n'a jamais
jamais fini
d'être là pour eux


j'ignorais
mais j'apprends

mais pourquoi comprend-on
les bases
au bout de tant de temps?

Wednesday, February 04, 2009

humeur "j'aime le web!"

je souris

car le net
me rend des amis
que le temps et
les changements de carrière
paternels
avaient emportés
loin
si loin

amies
amis
déclarés
ou discrets

si bons à lire
à rencontrer

lorsqu'ils m'ouvrent
leur porte

aujourd'hui

Tuesday, February 03, 2009

finies les conserves !

je ne fais plus
de conserves

avec les douleurs

je parle
je dis " aïe ! "
si l'on me fait mal


je ne laisse
pas traîner
le désordre
dans ma tête
dans mon corps


je ne suis pas gentille
non
je ne le suis plus


je tente
simplement
d'être
honnête avec moi-même

Friday, January 30, 2009

sans voix

oui
je suis sans voix
et je hurle
en silence
je fais des grimaces énormes
je me tords en tous sens
pour évacuer ma hargne

lorsqu'au téléphone
j'entends
quelqu'un
dont le rôle serait plutôt
de m'entendre lorsque je lui offre
ma confiance

me dire
que mon ressenti
n'est pas intéressant
face à la masse,
toujours face à la masse
LA masse

dieu!

il m'en a fallu du temps
pour comprendre
que l'on pouvait
avoir
un comportement
personnalisé
vis-à-vis de quelqu'un

et que
même!
c'est chose assez normale
en général

et
en particulier
envers son enfant

j'ai longtemps ignoré ce que cela pouvait bien être

et me voilà
encore hier

hurlant en silence
dans le téléphone
sourd
qui me disait
que mon cas
est hautement
inintéressant


ah!
que j'aimerais
être capable
d' oublier
que ce gouffre
existe
tout près de moi
et qu'il s'ouvre
de temps en temps
sans prévenir

pour me dire
que je ne suis
personne de spécial
pour quelqu'un
pour qui je devrais l'être

Wednesday, December 17, 2008

petite réflexion

faire la fête
est un plaisir
et doit
absolument
fondamentalement
intrisèquement
le rester
le devenir
le redevenir
(c'est selon)

la présenter
comme
un devoir
un dû
un enjeu
diplomatique

une source
certaine
de conflits
de luttes
de pouvoir
c'est trop
triste

c'est un peu (beaucoup)
priver l'autre
du plaisir de participer

et c'est parfois
à se demander
si
sous la couette
on n'est pas
plus en paix
qu'endimanché
tendu
crispé
à se surveiller
autour d'une tablée

qui a mis ses coudes où?
qui n'a pas terminé son assiette?

là où on voudrait
on a très envie
on désire
avoir du plaisir
à se réunir
et à partager
un bon petit repas
simplement

Wednesday, December 10, 2008

comprendre

petite, s'il était là
je n'avais pas le droit de pleurer
d'être triste
ou pas d'accord

je DEVAIS être heureuse


plus grande
si je m'éloignais
il me faisait sentir
que je suivais une pente
dangereuse
(laquelle? mystère...)


on lui a carrément laissé
le champ bien libre
on l'a laissé faire
comme s'il me soutenait
tout en cisaillant
discrètement
peureusement
mes ailes



cette alchimie désastreuse
a-t-elle fait de moi
l'enfant ronchonnant
dont on m'a tant parlé
à l'époque?

on me disait
(et même Saint Nicolas m'écrivait)
que si je ronchonnais moins
je serais plus jolie

bref, en plus de râler sec,
je n'étais pas jolie

c'était dit!


je sentais
lentement
monter une colère
qui m'a envahie
et que l'on entretient
encore
quelquefois



je pense
que j'étais triste
et que je sautais
sur toute occasion
d'être gaie
follement gaie
j'avais soif de joie,
de pleurs,
d'avoir le droit de ressentir tout ça


j'avais soif de moments
où l'on ne serait pas
à côté de la plaque
avec moi


tout ça
parce que
les émotions étaient tabou
lorsqu'il était là


je grandissais
comme je pouvais
une vue sur le monde
tronquée à souhaît
vue triste
pas vraie
sur l'origine
vers laquelle je revins

car je voulais comprendre

allez
après cela
comprendre ce qui se passe en vous

en quarante ans
vous ne comprendriez pas

tout est bien emmêlé
ficelé
embobiné
malsain à souhaît

il faut de la patience
de l'amour
tout plein

et rien d'autre, surtout

merci bien!

Tuesday, December 09, 2008

allô?

je suis sur un fil

et l'abîme
m'appelle
et me dit

j'ai tous tes fichiers
tout tout tout
tes archives
tes projets
tes brouillons
la (peut-être ex-) future réédition de ton livre
à refaire

C'est pas grave, hein?
me dit-il

comme ce directeur d'école
qui un jour
m'avait dit

je vous retire 14 heures de cours
ça ne vous dérange pas, hein?

cerise sur le gâteau:
les photos
de tes enfants
que tu n'as pas sauvées sur CD
et que
de crash en crash
tu récupères - ou pas -
ou en partie
et que tu transfères

non, tu ne transfères pas
ton amour les transfère pour toi

miracle: il a porté l'objet du litige
dans un atelier
au lieu de rester sur le qui-vive
plusieurs jours et nuits

là, il ne peut rien
sur ce coup-là
tout semble bien fermé
verrouillé


au secours

Saturday, December 06, 2008

go slow

Hathor l'a écrit et dessiné
http://www.thecowgoddess.com/2008/12/05/go-slow/

Un petit tour en vélo
voire même à pieds

youhouuuuuuuuu!!!

surtout ne pas aller trop vite
le moment en serait gâché

il s'agit d'arriver le dernier
la dernière
mais pas trop tard tout de même

ou juste à temps

mais d'aller lentement

un art que j'apprivoise
lentement

car je suis mal élevée!
et ralentir me prend énormément de temps

Sunday, November 30, 2008

envie

envie de dire merci

tout simplement

parce que

j'ai croisé récemment
la route d'une sage-femme
singulière

qui m'a appris le sens profond de ce mot

tout petit

et si vrai
si l'on y prend garde

merci

parce que personne n'avait jamais touché
massé
mon ventre rond
comme elle l'a fait

personne n'avait jamais
approché
mon ventre avec tact
et douceur
comme elle l'a fait
cet été
cet automne

elle a parlé à mon bébé
elle m'a parlé de lui
enfin, d'elle...
il lui semblait que
nous nous entendions bien
ce bébé et moi-même

je confirme...
entre nous ça colle!!!
tout chaudement
tout doucement

puis

après la naissance
de ma fille

elle m'a encore massée
plusieurs fois

elle a fait résonner
vibrer
mon utérus
avant qu'il ne s'efface
à tout jamais
au coeur
de mon corps

elle a remercié
pour ce ventre
qui a si bien porté
huit bébés
au fil de ces années


enfin,
j'ai rencontré le sens du mot

merci

et ce mot a enfin un sens
au plus profond de moi
autour de moi

j'ai senti
j'ai reçu
tellement de soutien
chaleureux
il n'y avait que cela
autour de moi, de nous
pour accueillir cette petite fille
inespérée


personne pour me dire que je ressentais
ce qu'il ne fallait pas ressentir

juste des personnes justes
vraies
pour faire ce voyage
un peu dingue

celui de la naissance d'un petit

Friday, November 28, 2008

j'ai des ailes, j'ai des ailes, j'ai des ailes...

voilà, c'est dit!

Sunday, November 16, 2008

babygown

vous connaissez?

c'est une robe
longue
pour bébé
ou
un long T-shirt
qui va jusqu'aux chevilles


très pratique pour l'hygiène naturelle
ou simplement les caresses
sur les jambes, le ventre, le dos de bébé


à rayures
à toutes petites fleurs (c'est adorable! merci tout plein, Cécile!!!!)

il y a plein de variantes possibles

mais pourquoi donc n'en ai-je eu que pour mon huitième enfant?
c'est tellement bon...

Saturday, November 15, 2008

pas avec n'importe qui

réveil d'un songe
noyé de pleurs

pour rire de tout
de rien
de presque rien

envie de rire de tout
avec lui

Monday, November 10, 2008

fait!

depuis le temps
que je sentais
sur moi
peser
sans que cela soit dit

le risque
de me rendre coupable
de rendre malheureuse
une personne qui avait
tellement voulu
- m'a-t-elle dit -
ma naissance

j'ai porté
pendant quarante ans
le poids
du risque
que la vie quotidienne
comporte
de rendre
malheureux
un parent
qui demande
d'une façon embrouillée
quelque chose
d'impossible
à une personne
qu'il déclare aimer
mais qu'il ne voit même pas
qu'il regarde en vitesse
car
la vie est tellement pleine de responsabilités
la vie est tellement triste que
son enfant devient invisible
et lui fait un affront
d'oser être
qui il est

après avoir porté
ce fardeau
voilà
je l'ai posé


je ne sais
finalement
pas


si la personne susdite
est enfin
heureuse?
malheureuse?
de ce pas que j'ai pris

je crois que
tout le temps
que j'ai porté cela
elle m'a fait sentir
que je ne la satisfaisais pas
que je la satisferais jamais
elle en était persuadée

j'espère qu'elle est enfin contente
que j'aie donné confirmation à ce
sentiment
indubitable

last but not least

que
moi aussi
je serais une traître
et que je ne me montrerais pas à la hauteur
de ce défi


de malade

et
c'est vrai

je préfère
me choisir mes défis
mes folies

à chacun la sienne!


n'aimant pas les règles du jeu
décrit plus haut

je préfère
de loin
et
puisqu'il me faut
(que c'est bête!)
choisir
vivre
volontairement
liée
à quelqu'un
qui me laisse pleinement libre
et aime tout particulièrement

lorsque ça
bouge
bouge
bouge

Saturday, October 25, 2008

en place

un enfant
remet de l'ordre dans la vie
d'abord en bousculant tout
il se niche en vous
sur invitation
ou au coeur d'un cataclysme
peu lui importe
il est là
bercé

il apprend
à connaître
son environnement
bien avant de voir le jour



bien là
il réinvente
la couleur du présent



le dodo nu en peau à peau
ne coûte rien
sinon juste un peu d'imagination


le peau à peau
le jour
sous les vêtements
sur le ventre
ou
sur le dos

permet de poursuivre
et de préciser
un dialogue
à peine entamé

Saturday, October 18, 2008

chercher


photo Sandrine Fraikin
chercher la lumière

c'est
avant tout
bouger

sentir
écouter

quelle position
permettra
à
petite lumière

d'avancer

encore

bouger

s'arrêter

bouger

s'arrêter

écouter

respirer

écouter

qui est là
près de moi

qui respire
réellement
avec moi

me soutient
me retient
doucement

et m'attire
gentiment

vers cette lumière

chaque jour
je ris, je pleure
en grande fan
de Louise Labbé


mais je souffle enfin

car une douleur
continue
répétée
insupportable
que je supportais
s'est arrêtée

miracle

je ne m'épuise plus
à chercher
à l'éviter
l'expliquer
la contrecarrer


il y a de l'air
il y a de la lumière

ici
accoucher ne permet pas
de mettre au monde que des bébés
on peut renaître
aussi
dans l'aventure
se retrouver

Thursday, October 16, 2008

nue


photo de Sandrine Fraikin
la peau
nous habille
et nous lie
rien ne s'immisce entre nous
prends bien ton temps
sous mon T-shirt
de vivre un peu comme avant
un peu comme bientôt
ton corps contre le mien
ta peau sur ma peau
mon bébé nu

Sunday, October 12, 2008

lux

lumière

c'est toi

LUCIE


le luxe

c'est la douceur
d'un accompagnement
infiniment doux
présent bienveillant
animal

plein d'amour

et rien que ça
autour de cette naissance
pendant quelques petits jours

sur la planète "maison"

bienvenue aux doux
aux souriants
qui passent la porte
le pied léger

bon vent
aux tristes
ceci n'est pas pour eux

Sunday, September 28, 2008

terminée

terminée la grossesse
les petites contractions résonnent dans mon bassin
envie d'un pommeau de douche tout contre
d'eau bien chaude
d'ouvrir le toboggan
pour ce petit dauphin
mais
je ne le peux pas
et j'attends son signal
à lui, à elle
pour nous envoler ensemble

Monday, September 08, 2008

crisis over

le cher petit est désormais un jeune étudiant en famille
qui apprend l'anglais avec l'aide des Monty Pythons
la lecture avec des livres sur la relaxation
et pour les maths
son père s'en charge: la recherche du manuel qui sera digne de son rejeton est lancée ! ...

sa Mimi, directrice d'école à la retraite,
se documente pour rafraîchir ses souvenirs
et l'accompagner dans sa découverte de la lecture
par une méthode syllabique gestuelle qu'elle a autrefois
expérimentée avec un public différent

j'ai trouvé de très grandes pastilles d'aquarelle
qui se déclinent en douze couleurs
et s'emboîtent dans un support sur mesure
facile à manipuler

pastilles
qui me permettent
d'envisager les envies inopinées de peinture de mes petits
sans stress
sans cri

bye bye les grandes bouteilles de gouache qui me faisaient criser
- surtout lorsque mon troupeau les confondait avec
mes grandes bouteilles d'acrylique et abîmait irrémédiablement
ses vêtements


la lessive bio vient parfaitement à bout des taches d'aquarelle
un bain ou deux ont raison des envies intempestives de se peindre
le corps
- vous savez, cette furieuse envie qui prend les peintres en herbe
lorsque vous avez le dos tourné et qu'ils peignent depuis un petit moment ...

ces pastilles sont un charmant médicament, décidément!


j'envoie des pensées douces
à celles et ceux qui m'offrent leur présence
leur tendresse
leur écoute
leur amitié
leur silence affectueux

j'apprends à surtout me connecter à elles et eux

je savoure la conversation
que je pressentais passionnante
d'un petit garçon qui n'a pas sa langue dans sa poche
sa tendresse au vestiaire
son énergie dans les talons

je ne suis pas en reste

une jeune demoiselle
de trois ans
qui adore chanter les voyelles
et nouer son porte-bébé chinois
comme bon lui semble
- je dois apprendre à ne pas intervenir dans sa façon de le nouer!!! -
égaie mes jours


je ne vais pas vous écrire huit romans aujourd'hui
je m'arrête à deux pour ce soir

Sunday, August 31, 2008

1st september crisis

minuit
l'heure du repos?

taille crayons, gommes, sacs à dos sont en place
pour les paires de chaussures, ça devrait coller
mais ce n'est pas sûr

ce qui est sûr
c'est que je me vide de mon eau
par en haut
là où je suis verte et grise à la fois
suivant la lumière

faut-il conduire ce petit
en collectivité
pour qu'il y apprenne
une vie
en grand nombre
au pas cadencé?

je suis déchirée

Wednesday, August 13, 2008

une porte étroite

L'enfant passe
par une porte
étroite

à sa naissance


elle est étroite
la porte
étrange

non pas celle de chair
que lui offre sa mère

mais celle
plus subtile encore
de la confiance

que ses parents
vont
ou ne vont pas
lui faire

au moment de sa naissance

et pour la suite


car il est bien lourd de faire sentir
à son enfant
qu'il doit d'abord mériter cette confiance
et que demain
peut-être
on la lui fera

demain
c'est quand demain?

demain n'arrive jamais
des fois

malentendu
immonde
qui veut
que l'enfant
croie
que c'est sa faute
à lui
si on ne lui
fait pas confiance

si on ne tient pas compte
de son ressenti
tout en lui déclarant
haut et fort
le contraire

lavage de cerveau
permanent
récurent
incessant
à se taper la tête au mur
plus d'une fois

Wednesday, August 06, 2008

attachement

Reçu de Mimi:

Deux personnes avaient adopté un lionceau.
Ils n'ont pu le garder, vu sa taille, et l'ont ramené, une fois adulte,
en Afrique,

afin qu'il y vive une vraie vie de lion.

Ils y sont retournés un an après l'avoir laissé.

On leur avait dit que le lion ne les reconnaîtrait pas....

http://www.cyberthing.net/video-play.php?id=105

Sunday, August 03, 2008

molécule

à quoi ça tient?


à la lecture d'un roman d'Alexandre Jardin
à un changement de médoc qui a subitement rendu son énergie à mon homme
au retour de mes petits-grands de leurs camps dans la verdure
à une rencontre plaisante qui a égayé mon après-midi

à un air de frais dont se pare notre maison
à ma résolution de ne jamais cesser de bousculer la vie
à ma non-demande à mes enfants de s'encombrer d'une responsabilité quant à mon bonheur

à mes changements d'humeur répétitifs
mes hauts
mes bas
et à l'homme qui supporte et apprécie cela - selon les moments - depuis presque 20 ans

à ma rage lorsque l'on me dit que l'on me connait et que l'on se conduit en mort vis-à-vis de moi
que l'on me considère malade
alors que je couve un petit, simplement
que l'on s'enquiert de ma santé
comme si je me résumais à un corps en banqueroute, détraqué, épuisé
comme si l'on n'attendait que ma chute, inéluctable, tant mon chemin déçoit ceux qui attendent je ne sais quoi de moi, depuis tant de temps, de façon, ma foi, touchante de naïveté

comme la petite princesse de Tony Ross,
je ne veux pas être gentille, affectueuse, propre, courageuse, bonne nageuse, intelligente et en bonne santé
je veus être grande
et je le suis déjà
semble-t-il

n'ayons crainte de bousculer gaiement ceux qui nous supplient tacitement depuis quarante années de surtout les ménager, car ils vont mourir bientôt, disent-ils
si c'était pour me demander de poser sans bouger pour des photos convenues, figées,
pourquoi m'avoir tant voulue?
pourquoi encore tenter de me déterminer?

je n'ai pas voulu ce bébé qui arrive avec ma tête
et pourtant, je l'accueille presque chaque jour avec joie
petit invité surprise trouvera sa place à notre table,
on se poussera un peu
j'invente déjà des projets pour lui et moi, pour lui et nous
il est bien là, il nage en paix

une femme sage m'a demandé l'autre jour, alors que je la consultais, comment je me sentais
surprise, je me suis sentie regardée comme une personne et non comme un gros bide
dans tous les sens du terme

alors
elle me toucha le ventre
avec des mains chauffées d'une huile
doucement odorante

après m'en avoir demandé
avec vérité
l'autorisation


dans une douceur qui m'était
jusqu'alors inconnue
dans des mains aguerries
à la discipline médicale

le chemin jusqu'à son petit bureau de consultation
là-bas
dans la campagne
fut bien tortueux, ma foi
bien long en temps
en étapes


pour aboutir
à une rencontre simple

je passai
tant d'années
à ramasser
un à un
des cailloux

telle un petit poucet
largué dans une jungle
parce qu'il faut savoir se battre dans la vie

j'avais eu beau
vouloir fermer mes oreilles
oui, surtout, absolument, les fermer
au secours...
à la philosophie
du darwinisme paternel
qui croyait que quelques mots
régulièrement répétés à mes oreilles

allaient me faire touver des solutions
concrètes
moi, élevée en chambre à la froide mamelle des Gaffiot, Larousse et autres Langenscheidt
pâles représentants de ce qu'ils sont sensés vous donner à goûter
comme le son d'une cloche fait saliver des chiens
conditionnés à associer
tintement et morceau de viande
oui, j'avais le tintement
je n'avais pas la viande
heureusement qu'un jour, elle m'a trouvée,
pleine de synapses
de neurotransmetteurs
d'hormones
et de chaleur

moi
prête à jouer ma huitième et ultime représentation de
"la baleine"
mon metteur en scène désirant changer
non de distribution
mais de dramaturgie

prête à lancer encore quelques années
de jets
si plaisants à laisser s'écouler

prête encore à servir de perchoir,
de jambes
pour un tout-petit
qu'il se sente grand

et même disponible
si des petits enfants
un jour
veulent user de mes jambes pour marcher
gaiement
de mes genoux
pour sauter en l'air
ou s'arrondir
doucement

à quoi ça tient?

Sunday, July 27, 2008

Comme une fleur



photo Sandrine Fraikin






sérénité

plaisir

temps qui passe doucement

été à la maison

- comme d'habitude -

et

joie

d'apprendre

à considérer

certaines manifestations

de la présence

de ce petit (grand)

en moi

autrement


contraction

mise sous tension (terme belge, apparemment)

envisagée sous l'angle du plaisir

donné à moi

par ce petit

qui fait toc,toc

à la porte

de la vie à l'air



choix


de considérer

ce temps

de contraction

non pour me contracter

mais

au contraire

pour jouir d'un moment

de détente sereine



après avoir visualisé

maintes et maintes fois

que la tête de l'enfant que j'attendais

passerait comme une fleur

eh bien

elle est passée

mon plus gros bébé

avec une immense douceur

à tel point que je n'ai pas réalisé

qu'elle passait


alors

me dis-je

pourquoi ne visualiserais-je pas

celui ou celle-ci

- nous ne lui avons pas demandé de nous dévoiler son intimité,

on a le temps pour ça -

comme petit amour

qui me fait et me fera du bien

tout simplement?

Quand dans la vie
on se borne à éviter
douleur ou problèmes
on risque tout bonnement
de passer
à côté du meilleur -
qui ne demande qu'à être imaginé.
Weltanschauung
pas si abstraite que ça
tu composes chaque particule de nos vies.
Tant qu'à rejeter pessimisme
fatalisme
et collier au cou,
autant plonger dans plaisir et joie.

Wednesday, July 02, 2008

tiédeur

je te hais

tiédeur
qui fais
que l'air
est difficile à trouver

à six mois de grossesse

je ne sais déjà plus comment me mettre
pour respirer

tiédeur
dans la vie

je te connais
je te fuis

absence d'oxygène
d'élan
quelle que soit la saison

tu n'es pas mon amie

tiédeur

tu me fais autant penser
aux programmes trop remplis
qu'aux programmes vides

trop de tension
de fuite
ou
absence de vision

la lenteur vivante
forte
rythme en-dessous de la moyenne
qui se veut active

n'est pas la tiédeur
qui étouffe
et fait manquer d'air

la vie qui bat vraiment
pleinement

avance

parfois vite
parfois lentement

respire

j'aime

Friday, June 13, 2008

Le jour de l'année qui est fait pour souffler

journée caffard
fatigue
brouillard
affalée
besoin de m'agiter

hier, le jour de mes 40 ans,
j'ai fait du rangement
pour me vider la tête
de trop de temps passé devant l'ordinateur

papiers classés
dans l'armoire de mes 40 ans
bien classés pour redémarrer
un petit peu plus en ordre qu'avant

journée finie autour de gâteaux
et de petits cadeaux
d'une grande carte
avec 9 signatures
(on a un peu aidé certains,
je crois...)

coups de téléphone
d'ici ou là
pour me dire
des choses
parfois très belles
en prenant le temps

journée bouclée
avec le sourire

objectif atteint: ma tête est vidée
je peux redémarrer

parce qu'il y a des mots
qui attendent d'être corrigés
pour partir en mise en page
et qu'ils n'attendent pas
- tout de même ! -

il y a peu, inscription au chômage
et là, le monsieur coche une case: "écrivain"
sur un formulaire et me demande de signer.

Tiens tiens... Il commencerait à y avoir des formulaires
avec des cases dans lesquelles je rentre - un peu?

Thursday, May 15, 2008

les mots justes

ne sont pas ceux qui viennent de la tête
mais ceux qui viennent du coeur et du corps

les mots justes

prennent parfois des détours énormes
avant d'arriver à bon port

et de n'être tout simplement plus que des actes
posés dans l'instant présent

surpris monsieur mon mari
en flagrant délit de ne pas protester
lorsque des enfants se mettent
à squatter notre pied de lit (ou pied de matelas)
avec force couettes, coussins en tous genres
et cela depuis quelques jours déjà

le temps change bien les gens
monsieur papa n'aurait pas laissé faire ça
il y a quelques années de cela
il se serait empressé de remballer les intrus
en recherche d'histoires lues sous la couette
et d'endormissements et réveils tout près
de papa et maman

je vais de surprise en surprise
lors de cette discussion nocturne

puisqu'il me dit que je peux tenter l'ief
avec Link, bientôt 6 ans
et qu'il est ouvert à ce que je l'aide à croire
que ce projet est possible pour nous
ici et maintenant

moi, j'avais besoin d'une autorisation,
ne souhaitant plus me placer
en situation de forcing;
je craignais qu'il prenne un nouvel essai
de la chose comme une agression contre lui



en retour il me demande de considérer
école et ief sur le même pied
puisque nos enfants investissent
ces deux domaines actuellement

It's a long way, babe...
La vie à deux, c'est les montagnes russes,
ou les hauteurs ardennaises...
Bientôt vingt ans que l'on tente de s'accorder.
Et que la chanson change, encore et encore.
Le voyage en vaut la chandelle.

Et les mots, c'est juste... lorsque c'est fidèle à soi-même.

Sunday, April 06, 2008

monts et toutes petites merveilles

chez nous
il y a
en ce moment

une montagne de linge propre
qui attend d'être rangée
et qui a dépassé
en altitude
celle de linge à lessiver

je n'en reviens pas!!!

mes yeux rouges
qui picotent
non pas d'avoir pleuré
mais juste
d'avoir chopé
une conjonctivite

j'aime mieux ça!!!

plus de petites chaussures
rangées
dans leur casier
que de paires
dépareillées
en vadrouille
à travers la maison

je respire un peu...

une montagne de chaussettes
esseulées
qui traverse un système
implacable
et permanent
de tri
et d'appareillage
sans pareil

ça fait des années que j'attendais ça!!!

une penderie
pour les vestes
et les manteaux
dans laquelle mon troupeau
pense enfin à aller chercher
de quoi se vêtir
avant de sortir

on a longtemps survécu sans cela...

et
dans la cour
trois vieilles machines à laver
et mille autres bazars
à envoyer à la ferraille

prochaine jubilation?
qui sait?

Sunday, March 30, 2008

Pirouette

Cacahuète
Boucle tordue, fermée
C'est un huit
Une farce

Un petit poisson
locataire pour lequel je vide des boîtes de sardines
(Il m'aura fallu tant de temps pour apprendre à me gaver de petits poissons de haute mer,
de bananes, de citrons... dans de telles circonstances).

Huit petites mailles
Quatre fois
Sur quatre aiguilles
Numéro deux
C'est pas bien gros
C'est pour l'automne
Le temps des fruits
Des fruits bien mûrs

Notre ultime petit

(Monsieur mon Fournisseur a pris sa décision!)


Des chaussettes bariolées
Oui
Envie aussi
De lui en faire
Des noires
Des grises
Et
Faut-il le dire?
Des Framboise

La Couleur



Une boucle se boucle
Pour moi qui avais bien cru
en rester à Sept

Chiffre superbe
Irréductible
Mais qui - on le constate - se complète
parfois en huit


L'année du huit
J'en aurai cinq fois huit


Jetterai-je
aux orties
- enfin -
ce malaise
ce renoncement
cette négation
de ce que je ressens,
cet élan
vers la couleur
à laquelle je souhaitais
consacrer mon âme
et mon temps à 18 ans?


A force de côtoyer
des personnes
douées de l'intelligence du coeur,
personnes qui voient
et qui parlent
juste
et chaudement

me voilà en dedans
- comme un huit -
toute retournée
retrouvée
rassemblée

Dieu qu'il faut du temps
pour distinguer ce qui est raisonnable
de ce qui ne l'est pas
et être
- enfin -
ici et maintenant
et pas hier, pas demain,
ou là où l'on croirait qu'il est bon que je sois.

Dieu qu'il faut du temps
pour s'entendre avec soi,
se parler, s'écouter et vraiment s'aimer.

Sunday, March 23, 2008

Involution

Comme juste après une naissance
je suis convalescente

je me resserre
me contracte
je retrouve ma place

bien au chaud
entre deux petits
la nuit
tout contre moi serrés
je reprends des forces

comme après une tempête
qui aurait pris quinze ans
à dire "au fait, je m'appelle Dépression, et toi?"
je la salue qui devient petit vent
et nous perturbe encore
juste pour dire encore un peu son nom.

Et moi, quel est mon nom?
Encore à inventer.
Nouvelle peau, nouvelle vie...
Plus centrée
Moins bavarde

Je trouve la terre ferme
Assez confortable
Au final

Elle m'accueille
Elle nous prend
Toi et moi

Un pied devant l'autre
C'était avant
C'est maintenant

Pourvu qu'on danse

Thursday, February 14, 2008

éponge

J'absorbais
j'absorbais
irrémédiablement
j'absorbais
petite ou grande
depuis toujours
j'absorbais

parfois
je réagissais
en colère
sans savoir vraiment
que je sauvais ma vie

ensuite
j'ai fait tampon
imbibé
résolu
tampon de survie

exposée
surexposée
que j'ai été
à un pessimisme
malade
que jamais
nul ne nommait
que je ne pouvais
nommer


dont je ne suis
je crois
qu'une pauvre réaction
allergique
dont les boutons
éclosent
encore et encore
vers l'air
vers le haut
tandis que je suis
tirée vers le bas
par le poids
de l'éponge
imbibée
alourdie

réaction allergique
au morbide
qui se cachait
tapi
dans notre vie
bien-comme-il-fallait
quand j'étais petite

je suis une réaction
qui fait tampon
une fine strate
une petite étape

héritage triste
goût du morbide
respiré toute petite
fascination de la mort
des blessures
et incapacité à être dans le présent
je les connais

je suis leur allergie

je cherche l'atterrissage
ici et maintenant
tout le temps

Wednesday, February 06, 2008

piège

Beaucoup d'événements deviennent des secrets parce que ceux qui les ont vécus pensent qu'il serait indigne d'en parler à leurs proches, en particulier à leurs enfants, et que s'ils le faisaient, ils risqueraient de perdre le respect de leurs enfants. Ils ont peur que leurs confidences dégradent la bonne image qu'ils pensent nécessaire que leurs enfants aient d'eux: l'image de parents parfaits et ne commettant aucune erreur. Souvent, l'existence du secret est ainsi motivée par l'idée que nous nous faisons de ce que doit être un père, une mère, une famille, ... c'est-à-dire un père, une mère ou une famille parfaits. Or de tels comportements ne sont pas seulement générateurs de secrets. Ils enferment également les enfants dans le carcan d'un idéal pesant, auquel ceux-ci éprouveront plus tard la nécessité de se conformer en toutes circonstances. Ainsi, vouloir cacher à ses enfants les erreurs qu'on a pu commettre contribue non seulement à les exclure d'une partie de notre vie, mais aussi à les emprisonner dans la nécessité de se conformer à des idéaux excessifs. Cet emprisonnement provoque fatalement chez eux une tendance à cacher à leurs parents leurs erreurs et leurs questions. Ils veulent ainsi correspondre à l'image d'eux qu'ils pensent souhaitée par leurs parents, image calquée sur le modèle de celle que leurs parents leur ont imposée d'eux : des êtres parfaits...



Le problème est que, dans ce souci de perfection, plus personne ne communique ses sentiments et ses pensées réelles. Et le désespoir de l'adolescence n'en est que plus grand.


Extrait de Secrets de famille: mode d'emploi, Quand et comment faut-il en parler?, de Serge Tisseron, Marabout, première édition : Editions Ramsay, Paris, 1996.
pp. 59-60

Saturday, January 26, 2008

vider la maison

c'était il y a deux ans

nous avions rendez-vous
nous
les petits-enfants

pour vider la maison
de nos grands-parents

j'ai choisi des édredons
sous lesquels j'avais bien dormi

des petits foulards en soie
que j'avais tant vus
au cou de ma grand-mère

une petite sacoche
avec,
dedans
un mouchoir en papier
qui portait encore
la marque de son rouge à lèvres
lorsqu'elle les pinçait
après s'être maquillée

j'avais redouté ce moment
finalement, il fut bon
gai
vivant

chaque chose repartait
reprenait du service
s'en allait en voyage
sur un nouveau chemin

les grandes marmites
dans une famille nombreuse
(on se demande bien laquelle)
et les petites casserolles
dans une famille à deux enfants

j'ai même éclaté de rire
lorsque ma cousine m'a proposé
ces casserolles qui, chez nous,
ne permettraient de cuire que de la sauce
pour notre régiment
tellement elles étaient petites
aussi petites que celles que j'utilisais
dans ma chambre d'étudiante
pour manger seule ou avec quelqu'un

(ah zut, shut! je n'étais pas sensée manger avec quelqu'un
dans cette chambre-là
je sens que je vais décevoir quelqu'un...
mais peut-être qu'il s'y fera
- et il n'a plus le choix! -
quand on a une fille
ce n'est pas pour la maintenir sous cloche!!!)

ah!
vider la maison

vaste projet que celui-là
difficile après un décès, un départ, un arrêt
difficile aussi lorsqu'on est tous bien là
que la vie continue
mais que l'ordre, la raison, l'organisation
défient la raison


vider
quel sens cela a-t-il?
sortir des objets qui mangent de la place
pour les faire rentrer peu de temps après
et avoir l'impression d'avoir accompli un travail
brasser de l'air
c'est tellement important
on se sent bien vivant
mais qu'est-ce que l'on fait?

vider
compter
transférer
redistribuer
soupeser
élaguer

faire du vide autour
ordonner avec soin les outils essentiels
pour la vie quotidienne
nourriture spirituelle
tout ce qui a un sens
pour aller où l'on va


compter les accessoires
en vérifier la liste
les ranger dans les malles
entre deux représentations

panser ses plaies
regarder ce qui bouge
quand il n'y a plus d'action

voir ce qui bouge bien
vraiment bien
ce qui donne envie de bouger
tellement c'est joli quand ça bouge

- et lire les petits mails qui, la nuit, tombent, remplis de lumière !

Friday, January 11, 2008

recherche

pistes
informations
comme ici
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1025382.html
infos
comme mardi 15 janvier à 21h: soirée Thema sur Arte

détente
et
tension


vont et viennent

traitement radical
contre la crainte du jugement d'autrui
avancer, surtout
avancer
et sortir d'ici

au-delà du bien et du mal
la paix
existe peut-être

l'énergie
est là
voisine
du manque de sommeil

les réponses
aux enfants
me sortent
vives
fortes

là où ils attendent
des câlins

je ferme plus facilement
le bouton
de mes pantalons
avantage
de la perte d'appétit
(s'il en est)


c'est par où la sortie?
un paquet d'aller-simples
s'il vous plaît


de l'air

de l'air

de l'air

Thursday, January 03, 2008

sur le bas-côté

au printemps
nous nous sommes fait refaire
des lunettes
toi et moi

finies ces années
sans paire
sans rien
vieilles paires cassées
où il n'y avait
pas le temps
ni
la possibilité
de les remplacer

sans voiture
je n'avais plus trop
besoin de lunettes

(mais si, quand-même,
mais la gestion
du manque
passe par de ces argumentations
internes!)

qui m'étaient principalement utiles pour conduire
et lire les plaques
de loin
en chemin

mais en rue
tout de même
mes lunettes me manquaient

alors
au printemps
nous sommes allés
- enfin -
nous faire refaire
des lunettes

depuis...
trois paires me permettent
d'en avoir
en permanence
une localisée
aux branches non brutalisées
par des petites mains

je revois de loin
et
j'en reviens...

à présent
je recule pour voir
là où je suis
car ma vision de près
n'était pas trop au point
comme un peintre recule

besoin de temps
surtout
besoin de coeur
de beaucoup
de patience
pour contempler
qui j'aime
et qui
souffre
tout près de moi

mystère camionette

il y a
quelque part
entre chez nous et Paris

notre camionette

nous l'avions achetée il y a deux ans et demi
une réplique de la précédente
une occasion

las!
elle est tombée en panne
après quelques mois seulement
hors frontières
et elle y est toujours

frais de rapatriement
résolument
hors de notre portée

la belle tient-elle encore?
serait-elle réparable?

il nous faut enquêter
et
tirer au clair
cette histoire

Wednesday, January 02, 2008

être voisin

derrière notre maison
il y a une petite cour
il y a un petit jardin
et derrière le jardin
il y a une annexe

dans laquelle
se rangent
nos rêves
cassés
ou entassés

des livres que l'on aime
des meubles à évacuer

des bouts d'un peu tout
en désordre
à ordonner

boîtes
de prépas
de cours
que je ne donnerai
peut-être plus jamais

textes d'auteurs
allemands
et autres
poèmes
quelques rayons
pondus par des auteurs de théâtre
etcaetera
etcaetera

il y a du rangement
à faire
dans la cour
le jardin

une table de ping-pong
qui a besoin
d'être remontée

du bric-à-brac à évacuer
histoire
que monsieur notre voisin
nous dise
un jour
à nouveau
"bonjour!" en souriant
comme il le faisait autrefois

il y a du rangement à faire
dans l'annexe

pour évacuer
trier
pousser les choses
remettre de la chaleur
préparer un espace
pour un boys band
que je connais bien
et qui veut se mêler
de faire du métal

pour des répétitions
de théâtre

pour des pinceaux
en mal de peinture
peut-être
(qui sait?)

il y a ces livres
en mal de bibliothèque
en mal d'être feuilletés
du fond d'un lit douillet
ou bien sur une plage

il y a cette attente
de nos rêves
qui sont là
un peu oubliés
qui attendent
à moitié endormis
que nous soyons
enfin
prêts

à être clairs avec nous-mêmes
avec monsieur notre voisin
avec les enfants

être notre voisin
n'est pas une histoire simple
on entend des enfants
s'exprimer
tantôt d'une façon relevée
tantôt comme des charretiers
(ils ont développé de vastes compétences!)
sans oublier un écho de naissances
et puis, étonamment, pas beaucoup de pleurs de bébés
bizarre bizarre d'être notre voisin!!!

le tout est de remonter ses manches
de faire un pas, deux pas
de reprendre la route
du dehors
de l'air

ce chemin qui nous sépare
de qui nous sommes

reste à construire de nos mains
une bibliothèque qui dise
aux livres que l'on aime
"venez habiter avec nous, ici
nous avons envie que vous soyez là avec nous
venez vous faire feuilleter par nos enfants
après avoir été feuilletés par nous"

il y a un moment
où l'on peut
peut-être
cesser d'être
juste
à côté de soi-même

pour entrer
finalement
dans le vif du sujet
et être pleinement soi

juste soi
en équilibre
ou dans un état voisin

Monday, December 31, 2007

passagère

depuis longtemps
sans que j’en aie eu conscience
se niche
sous mon toit
une personne étrange

qui tantôt reste calme
ne se manifeste pas
tantôt s’ingénie à perdre les outils
les papiers
fait des trous dans les murs
et ne les répare pas
démarre mille choses
ne les achève pas
et déboule parfois
en crise que je peux
aujourd’hui qualifier de maniaque

(il y a peu de temps que j’ai ce mot-là)

j’ai vécu très longtemps
dans mon histoire
sans en saisir le fil
ou du moins un des fils qui,
sans cesse,
vient détricoter ce que les autres tissent

cette année-là
j’ai eu l’impression
de dormir à côté d’un mort
c’était indescriptible

comment je suis restée ?
je ne sais pas

accrochée à un rayon
de lumière
j’ai tenu bon

puis

nous avons tâtonné
lentement
cherché
cherché
longtemps

cette personne à nos côtés
passagère clandestine
non identifiée

elle
n’a pas sa chaise à notre table
mais elle est là
qui m’envoie au dehors ou vers des fenêtres comme celle-ci
vers un ailleurs riant et agréable
un ailleurs sans trou et sans déchirure
un ailleurs accueillant, serein
un lieu que je n’ai pas

elle décuple mes forces
m’envoie pas monts, par vaux
dans des lieux insolites
loges, maisons de maître, bureaux, salle de danse, de jeu
lieux garnis de chaises raides, de tapis de mousse bien minces, de grands blocs ramollis,
de matelas garnis
lieux aux accueils divers dont j’ai même eu la clé, quelquefois

elle décuple mes forces et parfois
aussi
elle m’envoie
à mon grand regret
dans des intérieurs douillets
visites
dont il me faut bien du temps
pour me remettre
tant le choc est profond
elle décourage
ceux qui,
autrefois,
nous rendaient visite

et je vis sur la corde raide

mon cardiologue met le doigt sur ma difficulté, content :
trop de naissances et trop d’allaitements
mais c’est simplement de sommeil dont je manque
de sérénité
je m’use
ma tête tourne depuis
un ou deux ans
je craque

le sommeil en allé
le sommeil suspendu
la tête qui ne comprend pas
qui cherche dans la nuit
qui vient s’immiscer dans ma vie
semer l’angoisse et l’énergie
l’énergie insatiable
celle qui se nourrit des blessures

son nom est composé
il y a maniaque
il y a dépression aussi
mais on dit bipolaire maintenant

il va encore m’en falloir du temps
pour comprendre mon histoire
notre histoire
entre moi, toi, et ton double
qui te paralyse
t’empêche de parler
et t’enferme dans un tunnel profond
dont je ne peux résolument pas t’aider à te tirer

depuis qu’elle a un nom
(ou plutôt deux)
elle me fait moins peur

déjà je sens
que tu retrouves un tout petit peu
de clarté
de sourire
et parfois
nous rions

je te sens présent

difficile pour toi
d’accepter
que tu vas prendre
ces médicaments
jusqu’au bout
de ta vie

difficile pour moi
de me dire
que toi et moi
c’est avec elle
nécessairement

soulagement de comprendre
que lorsqu’on s’appelait
c’était souvent
un très long silence
un appel

des centaines d’appels
pour se dire
qu’on était là
au bout du fil

mais qu’on ne pouvait pas trouver la formule
les mots
sur ce que l’on ne comprenait pas

vie d’angoisse
corde raide
tout le temps

enthousiasme
énergie
usure

et puis il y a le nom, les noms de la passagère
alors
à nouveau
un avenir ouvert



Friday, December 07, 2007

Tuesday, December 04, 2007

mère

http://www.bluffton.edu/womenartists/ch10(20c)/modersohnnursing.jpg

mère
sorcière

mangeoire
feu
repos

signifié
signifiant
référent

issue
ouverture
offerte

monture
point de vue
plongeoir

mère

Sunday, November 25, 2007

16 ans

il éclate de rire
il m'invite
à venir voir
avec lui
la fin d'un feuilleton

je m'étonne
et m'exécute

et j'écoute
les répliques
qu'il souligne
en me les répétant

chapelet de poncifs
qu'égrène cet épisode
d'un feuilleton américain
exclusivement WASP
ou presque
des années cinquante

ou

(c'est lui qui me le dit)
comment voir la vie en
compliqué
et en bons sentiments


je suppose que
dans pas longtemps
il regardera plus
la mise en scène
que l'histoire

les plans où les acteurs
parlent sans rien faire
ou font sans rien dire

est-ce que ça l'énervera
comme ça énerve son papa?

j'aime ce décalage
pas désabusé
amusé
rieur
chez mon fils,
notre fils

à qui nous n'avons pas essayé
de faire gober trop d'évidences
mais bien mieux
de toujours regarder
si les choses simples
ne sont pas, de plus près,
plus complexes qu'elles ne semblent

complexes, belles, changeantes, intéressantes

déjà, il était revenu
riant
d'un voyage
où on lui avait dressé des vues sur la vie
pareilles à des recettes
il m'avait fait son analyse
synthèse fine et circonstanciée

il sait que la vie c'est plus riche que des sentences

que les personnages de la vie sont ronds
pas plats comme des omelettes fades
qui rampent sous les mots.

Friday, November 09, 2007

libération?

Merci Cécile pour ce mot juste et merci à une "adulte intense"
qui m'a ouvert les yeux sur cette qualité d'une part,
et sur son acceptabilité d'autre part.

Pleurer dans le genre "chutes du Niagara" ou rire uniquement à gorge déployée
être à peu près totalement incapable de fermer les yeux le jour
(sauf en cas d'épuisement phénoménal ou de grossesse)
ou de faire la grasse matinée sous la couette
toujours être en mouvement, en réaction

travailler le jour
et travailler la nuit

ne pas savoir ce que le terme "pause" veut dire
ou alors "pause forcée"
quand les forces s'en sont allées

une nature intense

la libération pour moi fut qu'une personne m'ait nommé cette condition
que nous partageons...

Depuis, je suis légère.
Je me sens autorisée à être comme je suis.
Je peux comprendre - sans avoir plus envie de poser une foule de questions sur le passé -
que mes proches n'y aient souvent pas compris grand chose.
Depuis, je pense que le sentiment que j'avais eu longtemps de ne pas être pleinement acceptée telle que j'étais devait être légitime. Point.

Ca cicatrise à vitesse grand V, cette légitimation.


Une trop grande sensibilité qui fait que, le soir, au lieu de me coucher, je couchais, je couche des mots dans des cahiers, sur un clavier, ou que je dépensais tout mon argent de poche en pots de peinture - qu'allait-on bien pouvoir faire de moi? Hein?

Feu un de mes grands-pères m'a dit un jour que j'étais trop sensible.
Je me souviens, le jour de son enterrement, j'étais très loin, très loin de là, à donner une formation au portage, pour transmettre quelques gestes, quelques mots qui, à leur tour, voyageraient. C'était bien comme ça.

Ils l'ont enterré, au printemps, sous la neige.

J'aurais été bien incapable d'une oraison funèbre.
Trop tôt pour moi pour prononcer devant une assemblée
(ce que j'avais fait avec joie pour son épouse, ma grand-mère, quelques mois plus tôt)
des mots doux pour parler de non-douceur,
d'amour qui ne sait que taquiner et faire pleurer les femmes.
Il m'a aussi dit un jour que j'étais une bonne laitière, et il m'a fait rire.
Ses bêtes n'avaient pas le temps d'allaiter leurs petits.
Pas le temps pour ces choses, pour l'essentiel...
Chez lui, les heures de biberon des bébés étaient calculés pour que les hommes soient servis à l'heure où ils le voulaient.
Fallait que ça roule. Et ça roulait.
J'ai pourtant le souvenir d'une toute petite fille qui le faisait danser,
grand-père devenu gâteau avec les années.
Qu'ils étaient beaux, tous les deux, en train de faire la ronde.
Les petites filles de deux ans ont tout pour vous faire fondre.

Moi, j'ai eu le tort de le faire grand-père pour la première fois,
puis arrière grand-père pour la première fois,
et il a eu à chaque fois bien du mal à passer le cap.
Il semblerait que je sois un cap difficile à passer...


J'ai perdu cette année-là ma confiance dans le mot "famille".
J'ai vu, une fois de plus, le froid qui se lève sur le nid éparpillé
lorsque la Mère est partie.
Pendant des mois, j'ai eu peur de ce froid qui s'était levé.

J'ai compris, de chaque côté, que lorsque la Mère s'en va, sa tendresse ne reste pas forcément.
La Mère, la Grand-Mère, qui vous aime comme vous êtes, même si elle ne vous comprend pas, même si elle vous passe la main devant les yeux lorsque vous rêvassez, qui vous emmène à la messe à 7h du matin et avec qui vous faites les courses, bras-dessus-bras-dessous, pendant les vacances, cette Grand-Mère qui ne vous demande rien sinon d'être heureuse, parce que ses rêves à elle, elle sait très bien que ce sont les siens,
Grand Mère qui s'émerveille tout simplement devant vos pas, quels qu'ils soient ...

J'ai eu bien froid cette année-là.
La même année, mes poussins ont perdu leur Grand-Papa.
Curieuse année où mes enfants et moi perdons un ou deux de nos grands-parents.

Curieuse année où une petite fille nous est née, en plein été, coiffée, à la maison, après quatre garçons.

Il y a des années,
il y a des mots
qui changent beaucoup
surleur passage.

Sunday, November 04, 2007

Recherches dans le noir

Auriez-vous l'idée de faire des recherches dans le noir pour faire des économies d'électricité?
Eh bien, allez y voir...
Spirou m'en a parlé (il est d'ailleurs sorti sur papier recyclé, vous avez vu?) .
Je cesse de googler, je vais désormais blackler sur www.blackle.be .
Puis j'ai reçu mon numéro de Mothering sur papier recyclé, lui aussi...
(Sur www.mothering.com , vous pouvez vous abonner à la version internet, si vous pensez beaucoup aux arbres...) Ce magazine est superbe.
J'ai lu dans un journal imprimé sur papier pas recyclé que mes grands-parents lisaient lorsqu'ils étaient encore de ce monde que la lecture des sept tomes de Mister Harry Potter pouvait constituer une thérapie sur la sortie de l'enfance. Est-ce grâce à la lecture du septième tome en juillet (précédée de celle des six autres, un par un, dans l'ordre, et dans la langue) que je me sens bien à présent? Mystère... et boule de gomme! Aurais-je enfin cessé de chercher dans mon miroir d'Erised ce que j'ai tout au fond de moi: une solide capacité à accepter mon sort, mon jonglage avec l'intensité qui fait vibrer mon quotidien, du rire aux larmes, de la paix à la rage. Me recyclerais-je enfin?

A moi, la nuit, non pas les troubles du paradoxal loup garou gentil, mais plutôt, pour l'instant, les joies de la lecture de Tobie Lolness, hélas en deux volumes seulement!

Et de l'écriture, pour un mag que j'aime, qui est, lui, imprimé sur papier recyclé depuis le début: www.grandirautrement.com .

A nous les joies du recyclage d'une maison (aurons-nous un jour terminé? peut-être lorsque les enfants seront tous grands?) On ne s'improvise pas fourmi quand on est une cigale; on ne s'improvise pas sédentaire lorsqu'on est nomade par essence.

Savez-vous que les nomades ne sont pas ceux que l'on croit? Que les sédentaires sont plus mouvants qu'eux, qu'ils quittent souvent leur région d'habitation pour partir s'établir très loin du lieu qui les a vu naître, tandis que les soi-disant nomades reviennent régulièrement aux mêmes endroits, sur de vastes étendues. Ils ont une foultitude de repères et connaissent les moindres recoins des régions qu'ils arpentent encore et encore. Ils épuisent moins les ressources de la terre.

A nous de nous recycler sans cesse, d'apprendre chaque jour de nouvelles petites choses.
Je me demande juste si ce post a un sens. Je cherche... souvent je tournicote et je cherche encore; la balade vous plaît?

Saturday, October 06, 2007

déjà

ça fait cette semaine
14 ans
déjà

qu'une personne
me dit

après que j'eus
lâché
mon plus petit bébé
(3 kilos et demi)

"vous avez bien géré "ça"
sauf les vingt dernières minutes:
vous avez perdu les pédales"

yes
j'avais perdu les pédales
je n'accouche pas
néocortex branché
je dansais
sur la table d'accouchement
et à la fin
la danse s'est faite
toute seule
sans que mon esprit
soit plus consulté

j'ai été emportée
je serais incapable de vous conter
cette naissance
par le détail

désolée

et

quatre années et quatre jours plus tard plus tard
j'ai été heureuse

qu'un autre bébé
attende patiemment
que l'anniversaire de sa grande soeur
soit fêté
avant de pointer
le bout de son nez

enfant
du tournant
avant un grand virage

avec lequel j'ai goûté
aux joies du portage agrippé
vraiment

enfant en écharpe
en Tonga
porté
savouré
allaité

enfant
enfant enfin plus léger

j'ai retrouvé des jambes
retrouvé une liberté
que j'avais oubliée

avec un grand tissu
bien tissé
une folie
que j'ai osée

dix ans de portage
découvertes
rencontres

j'ignorais où cela me mènerait

je l'ignore encore
ce fil pas entièrement déroulé

il court encore
comme cet enfant

Tuesday, October 02, 2007

solidaires?

lorsque je vivais loin d'ici
je voulais revenir

connaître
mon pays

qui me semblait autre
que celui où je vivais

autre parce que moins imprégné de compétition
de concours et de sélection

autre parce que plus serein
avec des mots plus simples
et peut-être
plus simple à vivre au quotidien

pays contradictoire
multilingue
incompréhensible
pour qui n'est pas d'ici

pays où
j'ai
peu à peu
réappris
ce que c'est que le calme

à vivre au jour le jour
et à goûter la vie


www.sauvonslasolidarite.be