Monday, September 04, 2006

moudre soi-même son café

ça dégage des arômes particuliers

faire une vraie purée
écrasée sans électricité
ça vous réchauffe

cuire soi-même son eau
chaque fois que l'on a besoin d'eau chaude

c'est marrant
très, très répétitif
jamais terminé

entre vaisselles
bains
bassines
seaux d'eau

jamais terminé

cette aventure
de quelques mois
prend fin dans quelques jours

et m'aura permis de recueillir les confidences
de plus d'une amie
qui me dit
qu'elle aussi
dernièrement
elle a vécu un temps sans eau chaude
au robinet
simplement

je ne l'ai pas si mal vécu
me laver à l'eau glacée en été
ça a son charme
ça vous fouette et vous met d'aplomb

je me réjouis toutefois
de pouvoir bientôt
prendre quelques bains chauds
au fil des jours d'hiver
avec une huile de bain
qui a ma prédilection

à l'inverse
j'ai vécu
il y a des années
une période avec eau chaude au robinet
mais sans baignoire ni douche
je crois que cela m'a davantage minée

à une époque, j'évaluais
la richesse à
la possibilité
de s'acheter des chaussures
lorsqu'on en a besoin
sans regarder le prix
- je ne m'estimais pas riche -

actuellement
je mets la barre un peu plus haut

je ne pourrais pas vivre
sans les câlins de mes petits
et leurs mots amoureux
leurs analyses sur le monde
leurs désirs de se teindre en bleu
de se laisser pousser les cheveux
et les discussions amusées
avec l'homme
qui me les a faits
(oui, rien qu'un)

le luxe
c'est le temps
la respiration

alors là oui
je me vautre dans le luxe
et la tasse de café avec mon amour
faite sans percolateur
a un goût d'aventure
de vacances
de lenteur

au creux
du quotidien

Wednesday, August 02, 2006

allô?

si vous m'appelez
il se peut que nous soyons interrompus

ou

si vous appelez
sachez que vous interrompez peut-être

un enfant
qui tente de me faire un récit
de m'expliquer qu'il a vu une nouvelle araignée
tisser une toile au plafond - dans la cour - dans l'escalier

qui interrompt qui?
mystère

qui commence le premier?

à quelle heure est-il décent d'appeler quelqu'un?

si ça sonne à minuit,
je sais qui c'est.
je sais pour qui c'est ici.

si ça somme à huit heures du matin
le dimanche
je ais aussi qui c'est.
et je sais pour qui c'est.

les extrêmes sont
dans notre nature
les milieux aussi.


accrochée à mon téléphone
je navigue
entre vous et nous
nous et vous

vous ne dérangez jamais
vous êtes souvent priés
de discuter avec un petit
qui souhaite vous dire bonjour

vous croirez parfois
qu'ils sont tous tout près de moi
en train de crier
alors qu'il n'en est rien du tout

vous croirez parfois que je suis seule
alors qu'ils sont tous autour de moi
ou presque

le téléphone donne une image
bien surprenante de la famille

bien surprenante de la patience
de la famille aussi

le téléphone reflète les personnes
genre de questions posées
ouvertes
fermées
respirantes
hachées

le téléphone me plait lorsqu'il se fait surprise
pas lorsqu'il sonne
tel un métronome
chaque semaine
le même jour
la même heure
pour se dire peu de choses

j'aime le téléphone qui écoute
et surprend
en douceur
respirant

ouvert
doux
patient

qui écoute ce que je lui dis
et ne tourne pas le couteau dans une plaie
si je me retrouve suffisamment
en confiance
pour lui faire des confidences

je prends le téléphone
si je suis confiante

si je vois l'autre bout du fil
ouvert
patient
doux
bienveillant
rigolant

j'ai envie de douceur

se tirer par les cheveux

et sortir des flots
des pleurs

des peurs
et des envies

Monday, July 31, 2006

Aufhebung

fi de ma colère
et de ma tristesse

je choisis la joie
bébé contre moi
quand elle ne rampe pas

on me dit
"elle est tout le temps calme comme ça?"

euh... ben oui!
je me demande pourquoi.

Ah oui, c'est vrai
les gens n'ont pas l'habitude
de voir un bébé porté-nénété-dorloté en paix
mille excuses!!! hihi

je disais donc
Aufhebung

car

au-delà de ma colère
vive
pendant des années
(j'étais très ronchon, enfant, à la maison
et souriante à l'extérieur)
de ma tristesse
(que j'aimerais faire des câlins
avec ma maman)

hop
je saute

je me dis

que lorsque je câline
ma petite, mes petits

c'est à eux que je le fais
c'est une chose

outre cela
je fais un choix
je me visualise
bébé
dans mes bras
ou dans d'autres bras

pour tenter de comprendre
et
pour me faire des câlins
pour me faire du bien
à moi, dans le présent

je soigne mon bébé intérieur
encore un peu sauvage
paumé
pas tout à fait apprivoisé

mon bébé intérieur
craint le silence
les yeux qui ne parlent pas
les phrases arrêtées en plein vol
et qui ne se terminent pas

je vais l'emmener
- consciemment-
dans notre lit, ce soir
et
autant de soirs qu'il le voudra
car
mon bébé intérieur
a encore peur dans le noir

il aimerait être touché
doucement
être contenu
bercé
aimé pour ce qu'il est

ceci étant et
sans vouloir confondre mon histoire
et celle de mes petits

je m'en vais câliner
mon bébé intérieur
avec mon gai troupeau
de grimpeurs-téteurs

et le visualiser
- oui -
grandi
paisible
aimé pour ce qu'il est

ne perdant plus son énergie
à ronchonner

mais

cueillant le jour
vraiment

n'errant plus dans
le no man's land
qui mêle confusément
passé et futur
et ne touche pas au présent

je visualise ce bébé-moi
vivant
grandi
au présent

respirant

et j'emporte
en mon coeur
les petits bébés
intérieurs
des personnes
qui m'ont fait naître

personnes
peu câlinées
aimées conditionnellement
chantagement
envoyées à la cave
à coups de pied
nourries toutes les X heures
et abandonnées seules
dans un lit qui ne berce pas

pauvres petits bébés
intérieurs
pas réconciliés

venez
on va bien se marrer

Saturday, July 22, 2006

oui, pourquoi, au fait?

"pourquoi la volonté?"
parle de naissance

mais si je le lis
en revoyant
mon enfant qui lit

il s'agit d'un mouvement
apparenté

présence
juste ce qu'il faut
sans intervention
inutile

savoir
s'en tenir

savoir aimer
sans casser l'autre
avec ce qu'on
projette
sur ce qu'il est
sur ce qu'il fait

assumer
sa propre vie

laisser l'autre
trouver son mouvement
à lui

paradoxe du contact
étroit
garant d'une
si grande liberté

paradoxe
de la connaissance
intime

du lien
qui permet
de partir
venir
partir
venir
respiration de vie

plus

BRU
c'est
BRICE DE NICE

m'explique Link
3 ans (bientôt 4)

il fait le lien

et là
surprise
ce n'est pas un logo
célèbre
qu'il a reconnu

avec un jaune ou un rouge pétants

non

juste des majuscules

bigrement
observateur
ce link

------------

échange avec un baladin
de six ans

"tu veux qu'on lise un livre ensemble?"
je le retrouve souvent seul
concentré
devant une BD
montrant
un petit indien
ou un petit suisse à la fière mèche blonde
ou devant un magazine

"non"
me répond-il
"je préfère lire dans ma tête".

offert

cette semaine
à ma grande fille

un "journal de classe"
(appellation belge,
pour un cahier
plus ou moins équivalent
à "cahier de texte"
en France)

structuré comme un agenda
une page par jour

couverture
cartonnée
papier recyclé
avec un arbre vert
dessiné
sur la couverture

un journal
appelé à être
bien vivant

un "journal de classe"
pour ne pas aller en classe
et ne pas y noter de devoirs

mais

y prendre
des notes
sur le parcours
effectué
au fil des jours

de cette
année
d'instruction
en famille

qui démarre

Wednesday, July 19, 2006

pourquoi la volonté?

trouvons-nous
l'ame soeur
lorsque nous la cherchons?

Parvenons-nous
à allaiter
lorsque nous le voulons?
Désir ou volonté?
Ingrid Bayot nous explique
que vouloir allaiter n'est pas toujours une aide
pour y parvenir.
Ou que cette volonté n'est certainement pas
un moyen suffisant pour y parvenir.
http://www.co-naitre.net/lire01.htm


Notre bébé vient-il
le plus facilement
lorsque nous le poussons?
http://www.projetdenaissance.com/categorie-634002.html


Pouvons-nous
un jour
laisser les choses
se faire
lorsque le fruit
est mûr
le laisser venir
sans toujours mettre de mots
sur le moment présent?


Pouvons-nous réapprendre
à soutenir autrui
sans forcément parler
sans vraiment regarder
en écoutant respirer
en faisant semblant
de dormir

dans un coin

apaiser en étant apaisé(e)

adopter un regard
une posture
qui parle de confiance
lorsque tout va bien
afficher la confiance
sur chaque centimètre carré
de notre visage
et de nos non-mots?

laisser vivre
le corps
qui se sépare
d'un autre
plus petit

rangés
les félicitations
les encouragements
les regards tendus

soufflez
soufflez
un petit vent
doux et frais

apprenons la présence
la vraie

Monday, July 17, 2006

Flickr

This is a test post from flickr, a fancy photo sharing thing.

Wednesday, July 12, 2006

la photo ne s'affiche pas

c'est une photo

montrant une posture
ouverte

bras tendus vers le ciel
ouverts

une photo colorée
avec un bébé
(ben tiens!)

je vous la montrerai
une autre fois

une photo
qui se voulait utile

une photo
illustrant le futur mode d'emploi
d'un porte-bébé

une photo
de porte-bébé chinois brodé traditionnel
prise dans la campagne

pour des parents porteurs
des villes
en porte-bébés pas brodés

une photo prise
un beau jour
de détente
avec les enfants

une journée
de respiration
une journée
d'inspiration

comme il en existe

parfois

quand tout vous semble
clair

bien plus clair

léger
bien plus léger

qu'avant

quand vous avez tourné
des pages
que vous avez passé
de lourds chapitres

et que vous arrivez
aux passages
subtils d'un roman

là où
l'auteur
file ses métaphores
en douceur


et vous rappelle
par quelques allusions
par quels chapitres
il vous a fait passer

par quelles humeurs
quelles images
par quels mots
il vous a fait saliver

il vous a donné l'envie
d'entrer
dans une histoire

alors
vous êtes entré

un pied
puis l'autre
vous avez oublié de
poser des petits cailloux
derrière vous
et vous ne pouvez plus
faire demi-tour

ce n'est pas la peine
d'essayer

de bébé en bébé
de porte-bébé
en porte-bébé
de rencontre
en rencontre

j'ai découvert
tellement de choses
qu'il me serait impossible
de revenir en arrière

comment ai-je pu être
autre?
je me le demande

l'Auteur
- merci, l'auteur! -
m'emmène
plus loin qu'ici
je le sens bien

où tu m'emmènes?
je ne sais pas
l'Auteur
déjà
a d'autres idées
sages ou folles
- c'est pareil -
dans son sac
je le sens

filons
alors
filons
la métaphore
allons où les bébés
m'emportent

il paraît que les bébés
vous prolongent la vie
le quotidien à leurs côtés
nous entraîne
et nous garde vivants

ce soir
j'aime
la danse
des enfants

qui roulent sur le sol
inventent des histoires
et viennent m'embrasser
- ooops! la joue droite mouillée -

que l'être humain est beau
quand il n'est pas en peur

que l'être humain est beau
quand il habite sa chair
et qu'il la laisse danser

peu importe sa forme
son trait

ce qui m'importe
c'est sa chaleur

tout au fond
tout au coeur

lorsque je la perçois
je réponds et je vis

inspiration

Quelles sont les personnes qui me donnent de l’inspiration ?

Celles qui parlent avec douceur aux petits enfants et aiment les prendre sur leurs genoux.
Qui savent les écouter.
Celles qui sourient, qui rient, qui pleurent.
Qui racontent des histoires.

Les personnes qui ne donnent pas d’importance exagérée aux richesses matérielles et à leur apparence, mais ont su trouver ce qui les rendait belles : quelles couleurs leur vont, sur elles, chez elles.

Les personnes qui encouragent et voient le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide et vous encouragent sans pour autant tenter de vous conditionner à atteindre un but fixé par elles.
Les personnes qui font clairement la différence entre leur vie et la vôtre et ne se projettent pas dans ce qu’elles perçoivent de votre quotidien.

Les personnes qui me surprennent parce qu’elles sont ouvertes aux gens et ne cessent pas d’apprendre et d’essayer de comprendre.

Les personnes libres qui ne cherchent pas à faire du chantage psychologique avec autrui.
(Elles savent bien que cela est totalement inefficace).

Les personnes qui touchent mes enfants sans les caresser comme des petits chiens.
Les personnes qui acceptent que chacun ait un ressenti personnel, une route personnelle.
Les personnes dont on a nié le ressenti, qui ont lutté pour se reconnecter à leur ressenti propre et pour trouver leur chemin et qui ne tentent pas d’imposer leur chemin à autrui en niant le ressenti d’autrui à leur tour.

Les personnes vivantes
les personnes qui bougent
m'inspirent

les personnes qui savent être claires et non-violentes
franches et rondes
tranchantes et rafraîchissantes
accueillantes
aimantes

m'inspirent
et me donnent confiance

Monday, July 10, 2006

mille rires

j'ai dans ma tête
les rires
d'un vieux monsieur
qui n'y voyait plus guère
sur la fin
de sa vie
et qui pourtant chantait
et qui pourtant riait

j'ai dans la tête
le rire cristallin
de ma chère tante
qui un jour
un beau jour?
réussit dans la Meuse
ce qu'elle avait
maintes et maintes fois
de mille et une façons
entrepris

je crois
que là-bas
de l'autre côté du miroir
on doit rire beaucoup
aussi

ou alors: où sont-ils passés?

je crois qu'ici-bas
il est possible de rire d'à peu près tout
surtout face aux problèmes
face aux difficultés

le rire
le rire
bouge
il est mouvement
le rire
est son
il est vivant

j'ai longtemps eu
un rire tonitruant
ça m'est légèrement passé

j'allais voir les copains
jouer leurs spectacles
ça mettait de l'ambiance
ça entraînait les rires
de toute une salle

j'aimais rire très fort
c'était comme une fêlure
c'était terriblement bon
parce que ça faisait mal
peut-être?...

ce besoin de bruit
pour tuer le silence
pour tuer le vide
pour tuer la peur
pour tuer le manque

je crois qu'il y a mille rires
chacun a son histoire
sans doute

chaque rire d'une personne
peut être différent

ce qui me terrifie
c'est quand une personne
ne répond pas
rien de rien
avec son visage
comme si je n'existais pas

juste devant elle

j'ai appris
des expressions
plus subtiles maintenant
entre le rien et le plein
l'immobile et le vivant
le muet et le tonitruant

j'ai longtemps reçu
l'immobile et muette
expression
d'un visage
qui attendait que moi
petite
je sois impeccable

impeccable je ne suis pas
pas impeccable je resterai
c'est certain
tout en me battant
jour après jour
contre moi-même
pour être un tant soit peu
impeccable et normale
danc ce monde qui vous jauge
à votre degré de normalité
apparente
c'est pas grave
du moment que c'est dans l'image

j'ai souvenir d'une maman gaie
qui riait beaucoup
avec ses copines
ah! que j'aimais son rire!
que j'aimais son visage en mouvement
rayonnant!
je ne vois plus ce visage
il n'est plus gai pour moi
mais pour d'autres, oui

aujourd'hui je suis triste
car je le rends triste ce visage

je gaffe sans cesse
je ne suis pas impeccable
je ne suis pas muette
je ne suis pas silencieuse
immobile
t'inquiète
je suis trop compliquée en tant que fille
qui a fait profession de s'occuper de maternité
qui prend un tel plaisir à faire et à élever des bébés
bébés dont je ne me sens nullement esclave
bébés qui me font découvrir tant de facettes de la vie

non
une maman n'est pas nécessairement une esclave
et
un enfant peut garder
pendant des années
un élan spontané vers sa maman
même si les rencontres font mal
si mal

c'est beau
ou c'est triste
tout ce temps de gâchis
quelquefois

entre rêves déplacés
l'impossible adéquation entre les rêves de l'un à l'autre
et ce que chacun devient

l'impossible adéquation entre ce que je découvre
le bonheur de voir jouer un enfant
mon insouciance s'il ne veut pas terminer son assiette
mon désir de le respecter dans les choses qu'il ressent

ma terreur de petite fille
quand tu répètes
que la vie ça fait mal
que c'est moche
et qu'on doit s'y habituer

résidus de manqués

assez
de ces activités
auxquelles je ne comprends rien
parce que tu les prenais totalement en charge
à la maison

ces activités
qu'on ne m'a jamais fait partager
aimer

je ne sais pas cultiver un potager
si jarrose une plante
je la noie
ou je la brûle - c'est selon -

j'ai de beaux diplômes
mais je passe pour une handicapée
et personne ne peut comprendre
autour de moi
que j'ai peur de noyer une plante
peur de l'arroser trop fort
il est des handicaps qui ne se voient pas

je ne sais pas tapisser
en peinture, j'en mets trois fois trop
je veux que ça se voie
je n'ai pas la mesure des choses
parfois, je ne sens pas

on y arrivera peut-être
à se rencontrer
qui sait?
à rire encore
ensemble

tu vois
j'ai grand besoin de toi

pas besoin d'être aveugle
amoureux
ou schizo
pour rire tout son saoûl

pas besoin d'attendre
que quelqu'un tire sa révérence
pour oser
se prendre
un furtif instant
dans les bras

il suffit d'être en vie
c'est pas dur
et c'est tout

merci intervilles, merci fort boyard

grâce à vous
nous voilà
à deux
en amoureux
sur la terrasse
devisant
de ceci
de cela

tandis que
nos rejetons
se délectent
de vos jeux

c'est vrai
j'aimais
jeux sans frontières
lorsque j'étais petite

mais
c'est un peu passé
j'avoue
c'est bruyant
trop bruyant

je laisse cela au passé
et aux enfants

car j'ai
à présent
un compagnon
avec qui échanger

l'été est un moment
particulier de l'année
où nous jouissons
davantage
du temps
disponible
pour discuter
le soir, la nuit
en horaire décalé

intervilles
fort boyard
ou pas

mais
quand c'est ça
c'est radical
on s'échappe
c'est comme ça...

Friday, July 07, 2006

ça en fait 7

un papa
une maman
et
sept enfants
à la maison
depuis sept jours

pour commencer
le septième mois de l'année
(2006)

que de nervosité
que de difficultés
à être au diapason

que de tris
rangements
que de résolutions

que d'envies
d'attentes
que d'espoirs

que de plaisir
à faire ensemble
du vélo
simplement

prendre un verre
en plein air
dans un endroit
éloigné d'une route

c'est possible
parfois
de se sentir admis
quand on a beaucoup d'enfants

sentiment rare et cher
de se sentir
simplement non gênants
en tant que grande famille

sentiment d'être juste
un petit peu différents
parmi d'autres familles
venues avec leurs enfants

de pouvoir être là
à peu de frais
et de prendre du bon temps

------------

je veux juste être là
avec notre mode de vie
imparfait
qui se cherche
doucement

je voudrais que ces enfants
nos enfants
puissent échapper
à des choses éluctables
omniprésentes
dont certaines sont fâcheuses

me voilà donc en quête
d'une alimentation
sans sucre raffiné
le sucre raffiné
faisant divers ravages
dont je voudrais bien
que nos enfants puissent se passer

il y a les dents
c'est une chose
il y a d'autres raisons de santé
d'équilibre d'humeur

de paix
de bien-être
en somme

Thursday, July 06, 2006

mon bébé porté


photo de Sandrine Fraikin
toi et moi
dans le même bateau
pour quelques mois
quelques années plutôt
au rythme des saisons
des rencontres
des mots
au rythme des repas
des vaisselles
et autres voyages
en train
à pied
en vélo
mon bébé porté
qui chantes
quand tu poses ta tête
au creux de mon épaule
mon bébé porté
qui découvres
l'exploration
qui reviens vers moi
lorsque tu souhaites
revenir
mon bébé
petite rose
cerise sur mon gâteau

Saturday, July 01, 2006

il me dit bonjour

il se lève
il descend au salon

passe derrière moi
en train de faire un E-mail urgent

passe sa main dans mon dos
et me dit "bonjour maman"

il tète un petit coup
puis
s'en va découper un melon

m'apporte un morceau
un gros
parce que "tu es assez grosse pour manger un gros bout"

et un minuscule pour sa mini soeur

"quand-même en triangle, parce qu'il est petit"


petit déjeuner de vacances
et si ça durait + que 2 mois, tout ça?

Friday, June 30, 2006

Une écharpe perdue, une écharpe retrouvée


Je croyais avoir égaré une écharpe
(aurait-elle disparu lors d'un atelier?)

Hé non...

Un petit événement
s'est produit aujourd'hui

Pauline (presque 13 ans) a rangé sa chambre
l'écharpe est réapparue

elle avait emmené sa petite soeur
pour jouer dans sa chambre
confortablement installée dans l'écharpe

et avait complètement oublié
de me la rendre

Sunday, June 25, 2006

errance ou transhumance?

je suis en errance
transhumance

sauterai-je du train en marche?
irai-je brouter ailleurs
l'herbe qui me fait vivre?

irai-je poser ailleurs
pénates, théière, coussins, porte-bébés?

chaque année
a ses mouvances
chaque jour change la vie

certains jours
vous rappellent
ces piqûres
qui furent vives

un joli papillon qui riait
bat de l'aile
et me pique

désolée
je ne suis
pas fan du picotage

alors

je me suis remise
à chauffer de l'eau
de grandes marmites
grand nettoyage d'été

alors

faisons le point
surtout, ne pas oublier
de ne pas cesser de battre des ailes
et surtout
de sourire
surtout quand ça fait mal

trier
trier
les choses
qui me font du bien
ou qui me font mal

papillon
c'est toi-même qui me l'as appris

ne pas oublier
de ne pas désapprendre à pédaler

ah
bouger son popotin

Friday, June 23, 2006

impec

hé non
je ne suis pas impec
j'ai des fêlures
et je ne crois pas
à leur maquillage

fêlures
sur la peau
dans le coeur
c'est pareil

mes fêlures
mes parures
pas impec
pas proprettes

je fais le pari
de ne pas chercher de péri
pour les fêlures de ma vie
pas de médocs
et pas d'alcool

juste
la peau
et
les mots

la peau
perméable
à ce que tu dis
les mots
qui reflètent
comment
tu me touches

quelquefois
les larmes
parce que
je ne les retiens pas

parce que
parfois
j'ai mal des mots
de l'absence de mots
de l'absence
de la présence absente

mal des fêlures
qui piquent
sous la larme
qui repasse
juste là où ça ne faisait plus mal

quelques larmes de rappel
impec
pour retrouver ce mal
ces fêlures qui font que je vis
que je cherche

que j'aime qui me fait
réouvrir ces fêlures
en me disant des mots
qui me ahurissent

quand la douleur
sert de relation
quand la fatigue
distend les mots
quand nous ne nous
disons pas l'essentiel
les mots tombent
à côté de la plaque
et ils font mal

Tuesday, June 20, 2006

ça te botte

de jouer
simplement
avec une botte
en caoutchouc
de ton grand frère

ça botte ta grande soeur
d'écrire un mail
à sa grand-mère
pour convenir
d'un rendez-vous
et là, elle est attentive
aucune faute de frappe,
d'orthographe
ou d'aucune autre sorte
ne doit rester
elle veut que ça brille
que ce soit net
pour mamy

ça botte ton grand-frère
de faire du pain
de pétrir la pâte
gaiement
sur la table
énergiquement
dans l'air

et de nous l'offrir
lorsqu'il est cuit

que c'est bon
méga-bon
quand c'est pour du vrai

que ton grand frère me dit
"maman, tu es méga-belle"
tandis que j'essaie des pinces colorées
dans mes cheveux mi-longs
poivre et sel
ça ne ressemble à rien
il m'embrasse tendrement

hmmmmmmmmm
méga-bon
le bisou
pas virtuel du tout!

Monday, June 19, 2006

je prends encore le train

Je dédie ce texte à IvdP,
qui vit loin de toute gare,
et dont la voiture s'est plantée ce jour.
As-tu songé, ma chère,
à faire du vélo
avec un bébé sur le dos
et deux petits dans une charrette attachée derrière?
Les transports en commun
ont un petit quelque chose de chaleureux
que l'on ne trouve nulle part ailleurs...

oui, encore
je prends le train

je reviens
ce soir
mes trois petits sont endormis
dans ce train

qui n'en finit pas
d'être en retard

il pleut
il pleut
il pleut beaucoup ce soir
heureusement, la vue est superbe

une ligne de chemin de fer
qu'il ne faut prendre que lorsqu'on a le temps
comme quand on choisit de faire un tricot avec des torsades
faut aimer
et avoir bien le temps

il parait que le tricot, cela rend authentique
(comprendra qui pourra)
je crois que je m'y remettrai
quand moins de petits
me grimperont dessus
voilà...


j'étais dans ce train
nous allions arriver à destination
mes trois petits dormaient
(et mon aîné avait raté le train
avec lequel il aurait dû me rejoindre)
je n'aurais pas été dans ce pétrin
- c'est clair -
puisqu'il sait porter ses petits frères et soeur
on aurait alors pu se les répartir calmement
sans trop se surcharger
mais là!...

que faire?

je fouille mon sac
rempli de porte-bébés
pour une séance-photo
que nous avons improvisée
aujourd'hui
au soleil

ah!
les porte-bébés brodés du Laos

va pour les porte-bébés brodés

une petite devant
dans un porte-nouveau-né
un grand de trois ans et demi
dans le dos
dans un porte-bébé
tous deux brodés!!!

quel confort
était-ce dû aux broderies?
évidemment que non
mais on peut tout de même
émettre des hypothèses
de temps en temps

la broderie
rémunérée de façon équitable
ce n'est tout de même pas pareil
que de la broderie faite par maman
mais c'est joli quand-même

installation acrobatique
à côté d'adolescents
affalés sur leur banquette
qui ne remarquent pas
que ça me faciliterait la tâche
qu'ils m'aident un tout petit peu

je parviens à installer mes petits
totalement relâchés
puisqu'endormis
vaille que vaille

juste avant de descendre
je demande à une dame de rentrer le bras ballant
de mon grand endormi
dans la poche de son porte-bébé

elle ne saisit pas
c'est clair
et s'apprête à lui rentrer le bras par le côté de la poche et non par au-dessus
- cela ne m'avance guère -
donc, je fais marche arrière
et décline poliment
l'aide que j'ai pourtant sollicitée

leurs deux corps
entre lesquels
je me trouve prise en sandwich
(suis-je la farce ou le dindon?)
s'équilibrent étonnamment bien
pas de tension
je marche d'un pas léger
sur le quai de la gare ultramoderne
que l'on nous construit

suis-je ultramoderne
avec mes grands bébés
si bien équilibrés
sur mon corps en motion

ou suis-je dépassée?
juste ethnique
folle
inconsciente
parce que mes petits n'auront pas soupé
à l'heure où les petits de leur âge soupent
avant d'aller au lit, au bain, au rituel du soir (c'est selon)

avec mon grand bonhomme
qui se réveille doucement
et qui marche à mes côtés
j'avance

c'est beau
une gare
le soir

Sunday, June 18, 2006

ah! ces enfants portés...

pour Z. et N.


transportés
emportés

qui ont même l'audace
d'enlacer
d'embrasser
leur instituteur
leur institutrice

ici on remercie
là on dit ouhlala, il ne faut pas...

qui sont ces enfants
échappés d'une écharpe

que d'aucuns qualifient

d'anormalement chaleureux?


quel accueil vont-ils
trouver chez ceux qui recevront
leur chaleureuse affection?

enfants aimés-aimants
enfants contenus-confiants
enfants surprenants et déterminés

poussins

qui avez grandi

tout contre votre maman
votre sourire, votre sérénité puissent-t-ils se révéler extrêmement contagieux

au creux de ma main

elles sont douces
rondes
nues
au vent

au creux de ma main

elles me donnent
la fraîcheur
la chaleur
la simplicité
de ta présence

au creux de ma main

elles me disent
que tu es là
que nous sommes
l'une et l'autre
confiantes

attentives ou pas
mais présentes
et
prêtes à vivre ensemble
d'éventuels ratés
dans la communication

ma petite

Sunday, May 14, 2006

message reçu

Pour se jour pas comme les autres je te dit :Bonne fête maman
Quand tu me donne un bisou, je m’envole

Saturday, May 13, 2006

question

quand peut-on faire confiance à ce qu'exprime un enfant?
quand peut-il sentir que vous lui faites confiance?
quand appréciera-t-il un accueil chaleureux?


il n'y a pas de temps à perdre
car


la tendresse invite la tendresse
la confiance construit la confiance


et chat échaudé craint l'eau froide

installer nos chaussettes

Cette installation de Christian Boltanski
(descendez dans la page, vous allez trouver)
fait remonter
à la surface
une idée récente
une piste
d'installation
pour la masse
de chaussettes esseulées
qui attend
dans notre maison
une petite soeur
qui n'est pas loin
sans doute...
mais
comment accrocher
notre collection
de chaussettes
par taille
par couleur
chaussettes industrielles
et faites maison
par maman
par la grand-maman de maman
chaussettes par couleurs
en dégradés sur un mur
chaussettes
soyez-en sûres
je vais trouver

mamans chercheuses, papas qui avancent pas à pas

elles sont là
des bambins plein les bras
le porte-bébé
la maison
(c'est selon)

bref: elles sont là

me disent
en paix
leur souhait
de ne pas conduire ce petit
à l'école

me disent
leurs interrogations

une vague rafraîchissante de jeunes mamans
de jeunes papas
pensent différemment

ouvrent les portes
des possibles
pour des enfants

accompagnés
aimés
pas à pas

je suis toute émue
de voir cet amour
jaillir

de voir cet élan serein
serein
si serein
chez ces parents

pour qui
confiance
n'est pas un vain mot

confiance en toi
et
confiance en moi

confiance en nous
parce que nous
nous connaissons si bien
nous nous aimons tant
que nous nous sentons prêts
à vivre cet amour
au jour le jour

en nous soutenant

vocalises

tu chantes
je te propose le pot
et nous chantons ensemble

vocalises pour pipi
vocalises pour caca

vocalises lorsque tu sens
que tu es prête à éliminer

alors chantons ensemble
la douce chanson

toi
sur le pot
sur mes cuisses
toi

tout contre moi

toi qui me réapprends
le chemin du chant
que j'avais fait taire en moi
il y a longtemps

Wednesday, May 10, 2006

pas courageuse

pour Sandrine et Tallulah
pour Ingrid et Marceau
et pour qui voudra de ces mots

ne dites pas à une mère combien elle est courageuse

est-ce courageux d'être mère?

c'est totalement
fou
culoté
incompréhensible
mystérieux
pas raisonnable
imprévisible
vivant

cela vous cueille
à tout bout de champ

la douleur
est parfois là

quelquefois, elle est là souvent

l'amour-qui-bondit-comme-l'eau
est plus fort que tous les microbes
et tous les petits travers du corps
qui mènent souvent à l'hôpital

l'amour est tout petit
mais c'est lui le plus fort

Wednesday, May 03, 2006

J'ai rendez-vous

avec des parents qui désirent apprendre à porter leur enfant
avec des sages-femmes qui accompagnent la naissance sur la pointe des pieds


rendez-vous que j'aime!


avec des enfants qui lisent des livres à leurs petits frères
avec des personnes qui ont des rêves plein la tête à lancer en l'air
pour que fleurissent quelques-unes de leurs idées

dans des livres
des chansons
des danses


rendez-vous que je chéris!


avec des blogs témoignant de transformations, guérisons, ou d'un quotidien attendri et attentionné (entre deux pétages de plomb de derrière les fagots)


rendez-vous que je bénis!

Pétage de plombs: je t'aime
tu me fais mal
je te sens bien déferler
tu me remets d'applomb


rendez-vous qui me ramène à moi-même!

et

ce soir

j'ai rendez-vous
avec

mon amoureux

adieu tout le reste
adieu
à très bientôt

(pas à très vite)

non

à très bien - tôt

tout de suite

tantôt

pourquoi pas un rendez-vous à nous deux (+ bébé)?

Saturday, April 29, 2006

Des mots doux

Si le monde n'est qu'une scène
et les mots des mots d'hommes

le spectacle vaut peut-être la chandelle
d'être joué jusqu'au bout...

si nous sommes bancals
et si nous apprenons le B A BA de la tendresse
bien plus tard que ce qui aurait pu être

si nous apprenons la confiance
au détour d'une rencontre
quand on nous enseignait
la moquerie
la crainte

que rien ne nous empêche de cueillir
l'instant qui vient

pleinement

ici

maintenant!

Monday, April 24, 2006

Quand y en a pour deux...

Un autre petit habitant de la maison dit volontiers qu'il boit du "lait débile".

Une autre ne dit encore rien: elle tète
Elle a souvent un pied appuyé sur mon sein.
Au moment où sa langue sort pour happer l'aréole, son pied se pose sur moi. CONTACT !

Sunday, April 23, 2006

Quand tu tètes...

Entendu ce matin, au lever du lit:

Quand je tète, y a un max de lait qui fonce dans ma bouche.

(un habitant de la maison)

Monday, April 10, 2006

Lieber Valentin

Lieber Geliebter !

Weinend nehme ich den Federhalter in meine Hände und schreibe Dir.

Warum hast Du so lange nicht geschrieben, wo Du doch neulich geschrieben hast, dass Du mir schreibst, wenn ich Dir nicht schreibe.

Mein Vater hat mir gestern auch geschrieben.

Er schreibt, dass er Dir geschrieben hätte. Du hast mir aber kein Wort davon geschrieben, dass er Dir geschrieben hat.

Ich schließe mein Schreiben und hoffe, dass Du mir nun endlich einmal schreibst, sonst ist dies mein letztes Schreiben, welches ich Dir geschrieben habe.

Verzeih mir die schlechte Schrift. Ich bekomme immer den Schreibkrampf vom Schreiben.

Du bekommst natürlich nie den Schreibkrampf, weil Du nie schreibst.

Gruß und Kuss,

Deine N.N.
(Karl Valentin)



Tandis que je répétais encore et encore ce monologue devant lui,
ton père cherchait de nouvelles excuses pour me faire recommencer.
Cela me rassurait. Je n'avais encore jamais joué.

J'ignorais que par Karl Valentin,
j'allais rencontrer un homme
plus soucieux de l'il-y-a-ité de ce qu'Il y a
que de quoi que ce soit d'autre.
J'ignorais que ce Monsieur,
qui chantait "le déserteur" à tue-tête
tout en effectuant ses corvées
pendant son service
dans la police militaire,
qui passa autant d'années
dans autant de facultés,
j'ignorais que ce Monsieur
serait si peu avare de ses Enfants.

J'allais être ravie!

J'ignorais - mais lui savait -
que les mots sont bien peu de choses.
Ou c'est peut-être qu'il s'en méfie.

En a-t-il peur, des mots,
pour qu'il en dise tant sans jamais se livrer?

A la maternité - car tu es né dans une maternité! -
où il grilla nerveusement quelques cigarettes
en compagnie d'un ami comédien qui passait par là,
avant de se retrouver, à mes côtés,
manquant de s'évanouir, mais me soutenant,
lui, Homme, tentant de remplacer
auprès de moi
la Communauté des Femmes
qui m'avait laissée partir accoucher
comme on part se faire voler
la plus belle partie de soi-même.

Pendant notre séjour dans une chambre
ouverte aux quatre vents,
où mes hormones
et des informations bizarres sur ta santé
eurent tôt fait d'entraîner le ravage
de mes pauvres yeux de maman...
il te lisait Hegel quand, entre deux tétées,
il m'arrivait de te poser
dans un petit lit de plexy
dont l'utilisation que j'en faisais
déjà, l'âme me fendait.

Il a trop de respect pour l'autre
pour se prendre au sérieux
et tâche, en tout temps,
de faire des acrobaties
qui font l'autre sourire.


Déjà, tu lui ressembles, Valentin.

Sunday, April 02, 2006

il est interdit d'interdire de porter les petits bébés

le nourrisson ne doit pas d'habitude être porté dans les premiers temps, seulement si c'est nécessaire. Le meilleur endroit, le plus sain, est son petit lit propre et chaud.

Ses os sont encore trop délicats et trop mous pour donner au corps la tenue nécessaire et le porter trop tôt ne peut lui être que nuisible, mais, à partir du moment où bébé essaye, de lui-même, de lever la tête et de redresser le buste, on peut le soulever et le porter de temps à autre. Le corps de l'enfant doit, par un emmaillotement bien conditionné, recevoir un léger soutien et sa petite tête doit être soutenue un peu.

A peu près vers le 4° mois, l'enfant sain, développé normalement, peut redresser la tête et n'a plus besoin de soutien. Son corps également est devenu un peu plus fort, mais le port trop fréquent est autant que possible à éviter, car l'enfant s'y habituerait et voudrait être porté constamment.

Si l'enfant crie, on s'informera de la cause et on éloignera celle-ci autant que possible, mais en aucun cas on ne portera l'enfant, au contraire, on le remettra dans son lit.

Si l'enfant est porté souvent, il est absolument nécessaire qu'il soit porté convenablement et ne reçoive pas de dommages par une mauvaise position.

E. Kienzler, Médecine et Hygiène Populaire à la portée de tous,
Editions Sopal, Strasbourg, 1938, pp. 625-626.


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le nourrisson ne doit pas nécessairement être posé
dans les premiers temps.

Sa maman, son papa ont le droit d'écouter ce qu'ils perçoivent dans ce qu'exprime leur bébé,
ce qu'ils ressentent aussi.

Le meilleur endroit, le plus sain, est le buste de sa maman
ou celui de toute autre personne qui l'aime.
--------------

la tendresse


Ce n'est pas parce qu'on n'est pas mort de manque de tendresse
ce n'est pas parce qu'on n'a pas appris à en donner
à en recevoir

qu'il est trop tard
pour la vivre

-------------
Son dos est encore trop arrondi pour être déroulé
et lui bien trop petit pour être isolé brutalement.

Le poser immédiatement n'est pas la seule façon de faire.
Nul n'est besoin d'attendre que bébé fasse les choses de lui-même
pour lui permettre de les vivre.

L'enfant apprend à se tenir et à se mouvoir au contact d'une personne vivante.

A peu près vers le 4° mois, l'enfant porté non seulement tient sa tête
(il la tient depuis longtemps),
mais il sort ses bras du porte-bébé.

Il tient son corps.
Il aime le contact, la présence, l'attention.
C'est un très grand plaisir pour lui.
Cela le rend heureux.
Il n'est pas né pour pleurer mais bien pour sourire et rire.

Il n'y a pas de crainte à avoir face à un enfant qui s'attache à sa mère.
Il peut accompagner sa mère partout où elle va, si sa mère et son entourage comprennent l'importance de la relation qui se joue à ce moment-là.

L'enfant attaché s'en ira gaiement, un beau jour.

L'enfant qui pleure appelle à l'aide.
Il a confiance.
Il est vrai.
Il a le droit d'être en colère.


il est absolument nécessaire de retirer les

absolument
trop tôt
de temps à autre
nécessairement
devoir
nuisible

en aucun cas
on ne donnera d'ordre et de consignes aux (futurs) parents

my name is not Helen, but I am an helen fourmentian

je ne suis pas Hélène
et toi tu es Petrus
(pas Paulus)

mon corps
mes hanches
mes seins
dont un travaille à temps plus que complet
tandis que l'autre
s'épanouit à temps partiel

le miroir est là

quoi qu'il en soit

je me suis mis en tête
une pelisse

- si douce -

qui désormais me protège
de regards dépourvus de tendresse
que je pourrais me jeter à moi-même

sur ce corps
qui me transporte
quoi qu'il arrive

les relations sont justes
quand le regard est doux
franc
souriant

comme celui de Petrus Paulus à Hélène Fourment

objet de ses caresses
et
mère de ses enfants

Thursday, March 23, 2006

aux éclats

décidément

la communication

par le pipi

est intense!

ce soir

dans le train

Bruxelles-Liège

ma petite fille

de 7 mois

a ri aux éclats

tandis qu'elle faisait pipi

dans les toilettes

du train...

elle adore

les miroirs des toilettes

les fenêtres

les rayons de soleil

les lumières dans la nuit aussi...

Sunday, March 12, 2006

poser les armes

après une approche
du sein
tout armé

Link
accepte
de poser
épée et bouclier

la tétée
avec un héros
tout équipé
ne me tente guère

le voilà désarmé
ses jambes rentrent sous mon T-shirt
il se détend

je suis
le repos du guerrier
qui s'endort
tout contre ma peau

en rêvant
de succès guerriers !?!

je demande au jeune héros
à quoi il pense
il m'envoie
un petit regard en coin
que j'aime

"le nènè!"

ainsi
se côtoient
dans l'imaginaire

les aventures
des jeux
d'enfants

les plaisirs délicieux de la tétée

la découverte de la lecture
la joie de compter

l'action
et
la détente

le chaud
et
le froid

les outils
et
les câlins

les exploits
et
l'après exploits

fatiguée et contente

du chemin parcouru

Petite Soeur

à deux jours de tes sept mois
à force de ronger un morceau de banane
un bout de pain
un morceau de mon durum

voici ton premier
caca qui pue
aussitôt essuyé

ma petite fille
première avec laquelle
je pratique l'hygiène naturelle

déjà
avec ton frère
j'avais pu constater
avec quel bonheur
il jouait
à longueur de journée

avec ce qui,
pour ses grands frères,
restait toute la journée enfermé
dans des couches

toi
petite fille
tu ne joues pas encore
avec toi-même
mais je dois constater
quelle place cette partie de ton corps
peut jouer

j'aime avoir tes douces fesses
au creux de mes mains
je ne touche pas au reste
mais je vois

combien c'est joli
et grand

ce qui reçoit
actuellement
la seule caresse du vent

vivement le printemps
l'été

tu es belle
partout
en tout temps

Saturday, March 11, 2006

Grande Soeur

petite, c'étaient les bottines rouges
le petit chapeau à fleurs

plus tard, elle s'est mise
à combiner les fringues
d'une surprenante,
séduisante façon

à présent, Grande Soeur détonne
parmi des porteurs de Marques Passe-Muraille
qui trouvent le violet flashy
la couleur pas tendance
les écarts perso pas réglos

Grande Soeur,
n'aie pas peur

tu n'es pas
ne seras jamais
Passe-Muraille

tu es Toi

surtout, ne change pas
pour ceux-là

Friday, March 10, 2006

joli bouquet

une famille
comme un bouquet

des fleurs de toutes tailles
de toutes couleurs

fleurs d'ici
fleurs d'ailleurs

s'épanouissant
chacune à son rythme

en partance
pour divers soleils

certaines repartent vers l'ailleurs
encore fraîches

ce bouquet respire la vie

qui va
qui vient

qui n'a pas peur
d'aimer

des petits
laissés au bord du chemin

pour les choyer
jour après jour
comme les plus belles fleurs du jardin

un tank sèche sous ma table

Il est rentré de l'école
avec l'idée en tête
de créer un char
pour le carnaval de l'école
- c'est demain -

a embarqué ses trois petits frères
dans le projet

est allé chercher
une grande caisse
dans le garage
l'a vidée
(il le fallait!)

a bien énervé
Grand Frère
Grande Soeur
qui se prennent pour la police
face à ce petit monde

Grand Frère et Grande Soeur
se sont pris une remarque:
"dis-lui que tu n'es pas d'accord,
mais ne t'énerve pas,
ce n'est pas la peine"
Ca, ça les énerve plus encore !!!

Grand Frère a fait ses bagages
pour son week-end scout
Grande Soeur est allée jouer ailleurs


il a mis ses petits frères en caleçon,
pour éviter de salir trop de vêtements d'un coup
- je le lui ai demandé, mais je crois
que, pour lui, ça devait se passer comme ça -

je n'ai pas voulu regarder la scène
- je faisais l'autruche devant l'ordinateur -
je me suis contentée de rester tout près
un tas de linge à replier
qui passait justement par là
sur une table
entre eux et moi
m'a permis de ne pas avoir à assister à
la scène de peinture à huit mains nues
d'une grosse grosse caisse
- je restai zen, du coup!!! -

et hop!

me voilà avec un tank
énorme
en carton
couvert de gouache violette
qui sèche
sous ma table

il y a des écoutilles
bien sûr
parce qu'il veut inviter
ses copains à défiler demain
dans son tank
dans le cortège du carnaval

ses copains vont venir avec des bombes
qui lancent des sortes de chewing-gum bizarres
on en vend à l'école - mystère ! -

on peut les suivre
aux traces de pieds nus
en peinture violette
sur mon carrelage
du tank
à la salle de bains...

une machine de vêtements
plus tard

(ooooooooooooh! je n'ai pas"crisé"
qu'est-ce qui m'arrive?
irais-je bien???)

faut-il vraiment
que j'aille voir
la salle de bains?

un lutin m'a dit
que la baignoire
était tout sale
mais qu'ils l'avaient
très bien frottée après!!!!

(je crois bien que j'irai voir ça demain...)

je suis Link

du haut de tes trois ans
tu t'habilles de vert
tandis que ton grand frère
se déplace
en faisant des bruits
"hop" "hop" "hop"
comme fait le personnage
qui saute à l'écran

sans cesse
tu vas chercher
dans la cuisine
des "épées"
dont tu as grand besoin
pour aller de l'avant

j'ai tenté de t'expliquer
que ces "épées"
qui n'en sont pas
sont dangereuses
si tu cours et sautes avec elles

mais (chance!)

l'argument esthétique te touche
- immanquablement -
"elles ne sont pas belles, ces "épées" "
t'ai-je dit, "on ira en chercher une jolie ensemble, c'est promis"

et vous poursuivrez fièrement
vos aventures
vêtus de vert

sautant
"hop" "hop" "hop"
tels des lutins
poursuivant dans la jungle
leurs belles aventures

Saturday, March 04, 2006

tiens-toi droit

me dit Anne Sylvestre dans la chanson

n'oublie pas le fil

qui te relie

par le haut

à l'essentiel

et tes pas

qui te soutiennent


tiens-toi droit
si tu t'arrondis
t'auras l'air d'une arche

tiens-toi droit
si tu t'arrondis,
j'aurai l'air de quoi?

l'enfant se modèle-t-il
selon ses parents
ou
selon les images
de lui-même
que l'on lui envoie?

au quotidien
quel est le problème?
surveiller l'enfant
ou se surveiller soi
pour moins
le "cabosser"
"casser"
"fliquer"
"contrôler"?

cesser de lui faire sentir
qu'il a a priori tort
qu'il n'a pas de voix

ne plus jamais revoir
devant moi
des adolescents
qui ne prennent pas la parole
de peur de commettre une erreur
et qui aimeraient tant que je les laisse en paix
que je ne devance plus leur désir d'apprendre
si vivant

si je suis attentive, ils affichent leur désir
ah! ne pas passer à côté de ces instants-là

est-ce de ce genre de personnes
que nous voulons peupler notre terre?

des personnes qui ne disent pas ce qu'elles pensent
mais ce qui est attendu de celui ou celle
chargée d'évaluer leur activité?

les jeunes élèves
ou
les professionnels de tout âge
tombent dans ce dialogue faux

mais où voulons-nous aller comme ça?

ces PERSONNES sont-elles heureuses
dans ce qu'elles font
du matin au soir
de l'été au printemps?

où vont-elles chercher
l'énergie
la motivation
pour avancer sur leur chemin?

pourquoi suis-je en train de faire
ce que je fais
à cet instant?

comment ai-je attendu
tant de temps
avant de me rendre compte
à quel point
le jeu vidéo auquel jouent mes enfants
est gai et plein d'humour?
une journée improvisée nous remplit de surprises?
les personnes qui me regonflent d'énergie
sont avec moi, par tous les temps?
si je veux que mes enfants aillent bien,
j'ai intérêt à savoir, moi, ce qui me fait du bien
ce qui leur fait du bien
et ce qui nous fait du bien à nous tous aussi...

qui sont ceux et celles dont la pensée me regonfle d'énergie?

qui sourit contre vents et marrées
et surfe sur les vagues,
le sourire aux dents?

là, oui
je peux me tenir droite
ces personnes
en pensée
comme autant de pétales autour de moi

je vais

je vole

telle un certain baron
en panne de secours
pouvait s'extraire de l'onde
en se tirant par les cheveux

autant en emportent les enfants...

Equipée de cette corolle, je parviendrai peut-être, avec une poignée de personnes, à former
un "village" autour de ces enfants,
pour qu'ils se sentent bien. Je vais ouvrir les fenêtres, les portes...

être , nombreux , proches , sereins
à leurs côtés

ne pas
leur demander
de faire le beau
de donner la papatte
pour obtenir
un sucre
en retour
dans la main

vivre , tout simplement , sans regarder sans cesse le compteur d'apprentissages comptés et quantifiés

redevenir humains avec nos enfants
leur présenter la confiance intrinsèque que l'on n'a peut-être pas reçue
se sentir "plein" malgré le vide
reconquérir le lien à ce que l'on ressent intérieurement
lien passé sous silence
réapprendre à communiquer par d'autres vecteurs que le verbe
réapprendre à prendre le temps
être
ici et maintenant
dans le réel
au-delà du virtuel
dans l'instant présent

Thursday, March 02, 2006

diversification

ma fille me propose
un nouveau type de diversification:

un coup de mâchouillis
sur ma racine de violette pour toi

un coup de mâchouillis
sur ma racile de violette pour moi

histoire qu'on se fasse les dents en même temps... ?


je ne vais pas redevenir un bébé
mais peut-être pouvons-nous
redécouvrir le plaisir
de certaines sensations partagées?

un jour
une dame
m'avait dit
qu'enseigner le portage
tel qu'il se pratique en Afrique
n'allait
pas du tout
dans le sens de l'intégration

et elle m'avait raconté
en se moquant
qu'une dame
originaire d'Afrique du Nord
s'était entêtée à coudre toute une après-midi avec son bébé
sur le dos
au lieu d'accepter de le confier
à la garderie
proposée
à un autre étage de leur atelier d'insersion

(ben oui,
pourquoi diable insérerait-on les bébés???)

si un adulte ne peut se faire
de nouvelles dents
en mâchouillant une racine

il peut peut-être apprendre
à regarder plus loin que le bout de ses réflexes
(c'est clair, il faut défusionner les mères au foyer de leurs bébés!!!)

et

peut-être
apprendre
que l'intégration
ne veut pas forcément dire acculturation

que la femme à quatre bras est belle
et si vivante!!!
elle a deux jolis bras en coton
et aussi deux autres en chair et en os

marathon baby

non contente des désormais rituels
pipis
dans les toilettes du train
Liège-Bruxelles-Liège
ou encore
Liège-Paris-Liège

ma fille
a fait
cette semaine
un joli petit pipi au Forem
et
ce matin
un pipi-caca (100% lait maternel s'il vous plaît!!!)
aux toilettes de mon syndicat

ma fille de 6 mois
marque son parcours
de bébé-qui-accompagne-maman-partout
dans ses démarches
pour sortir
du statut
de ménagère

et visite les toilettes des administrations
qu'il convient de visiter
quand on a derrière soi neuf années d'intérims
dans l'enseignement
et cinq années dans la "ménagerie"

quiconque me connait un tant soit peu
sait pertinemment
que je ne suis pas du tout qualifiée pour ce titre de ménagère

mais
c'est vrai

je fais bien la vaisselle à la main

ça détend
en attendant d'être moins
"grimpée dessus" par des singes en tous genres
et d'avoir à nouveau les bras libres pour me remettre au tricot

aaaaaaaahhh les jolies chaussettes à rayures
que je vais leur faire
le soir à la chandelle
lorsque je serai vieille!!!


j'affectionne
de pousser sur les boutons
de mon lave-linge,
j'avoue!!!
ça tourne tout seul
c'est magique!!!

donc, moi = ménagère, mais plus pour longtemps!
Kafka, me voilà!!!

- je reçois ce jour une lettre
nous avons des erreurs dans votre dossier
nous nous permettons de vous renvoyer un formulaire de réinscription
n'oubliez pas d'indiquer au dos du formulaire
vos données d'occupation
ou le motif pour lequel vous ne travaillez pas
pourriez-vous nous renvoyer ces documents par retour du courrier
(voir coordonnées ci-dessous)?
en cas de modification de votre situation de travail
ou de votre statut de sécurité sociale
(chômage, maladie, pension, etc....),
nous vous demandons de prendre immédiatement contact
avec nos services
par écrit ou par téléphone.
si vous désirez des informations complémentaires,
vous pouvez prendre contact
avec notre centre de services
ou avec le service cotisations
cordiales salutations

argggggggggh

combien de temps faut-il
pour que je me transforme
officiellement
en "formatrice et employée travaillant en compagnie de son bébé" ?

combien de visites administratives encore ?

combien de petits pipis de bébé
dans des toilettes d'administration ?

avant de rendre ce trophée
ce titre
que je ne mérite pas

it's a long way, baby!

Wednesday, March 01, 2006

ici

il y a
un homme mince au grand nez qui aurait pu
être mime, danseur, acrobate, prof de maths,
avocat, mais
qui est un papa,
metteur en scène d'une maison bien pleine...

un grand chevelu,
coiffé d'un bob,
qui crée des jeux vidéo


une jeune fille
qui veut dessiner des vêtements
haute couture
et
avoir des bébés, accoucher sans péridurale,
voire à la maison, (suivant lesmoments)
et les allaiter
et les porter longtemps, longtemps...

un amoureux de la nature,
apprenti cuisinier,
ex-fan de dinosaures

un lutin mystérieux, cachotier,
qui me demande de lui lire des Claude Ponti le soir
- j'ignore quels sont ses projets -
au fond de son cartable
il a une carte postale
que je lui ai envoyée
lorsqu'il était en classes vertes
c'est une maman zèbre qui fait un câlin
à son bébé zèbre
il me dit qu'il la regarde à l'école
quand il sent que ça va lui faire du bien


un garçon robuste,
plus jeune de deux ans et demi,
qui fait presque la taille du lutin mystérieux,
lui aussi lecteur de Claude Ponti
et
passionné de mollécules, de magma, de cerveau...
il ne va pas à l'école

un schtroumpf qui compte sur les doigts de sa main:
"maman, E. et moi",
"maman, E. et moi"
et qui s'est mis à parler après la naissance d'E. :
"y a un bug",
ou encore
"pas maaaaaaaaaaaaaaaaaal !!!!!!"
il ne va pas à l'école non plus

il dit que je vais à " l'école des bébés "

et puis il y a E.,
qui répartit son temps
entre de nombreuses micro-tétées,
quelques essais
avec
ce que maman mange
(je sucotte,
je touche avec ma bouche,
beurk, beurk,
mais j'aime ça)
des passages sur le pot,
(quelle détente!)
des tests de porte-bébés,

tandis que maman veille devant l'ordinateur

et

il y a l'Ordinateur

Quand il tombe en panne,
quand il crashe,
quand il y a un bug,

il octroie généreusement quelques jours de repos à maman!

dans trois semaines

tu vas avoir six ans
avec le printemps

nous avons fait une promenade
aujourd'hui

nous sommes allés voir une amie
et son bébé

joli bébé
bébé
métisse

en chemin,
je t'ai expliqué
que le bébé
avait un papa noir
et
une maman blanche


arrivés là-bas,
tu t'es mis à expliquer
à cette amie
que tu avais une maman blanche
et un papa blanc

elle a ri

tu as joué tout près de sa petite fille
tu lui as montré des jouets
tu lui as joué de la musique

tu l'as portée dans tes bras
elle a un mois
tu étais très à l'aise
tu lui parlais aussi

sa maman t'a dit qu'elle savait bien que tu avais des petits frère et soeur
et qu'elle n'avait pas de crainte
qu'elle savait que tu te débrouillais très bien

je te souhaite de croiser de nombreuses personnes
comme elles
sur ton chemin

Sunday, February 19, 2006

imprévu


étais-tu
prévu?
imprévu?

impromptu

nous avons cru te faire exprès

déjà
en moi

tu te nichais

m'as-tu donné
envie de toi
par ta présence
ou des hormones
de ton cru?

nous t'avons donné
le prénom d'un vieil oncle
qui riait et chantait
lorsque plus rien n'allait

il a terminé sa vie
en ne voyant plus rien
que l'amour

Friday, February 10, 2006

sans contact

je suis loin
sans nouvelles

comment vont mes poussins?

il m'a fallu six heures
pour arriver ici

d'habitude
il m'en faut trois

dans deux jours
je serai là

bien au chaud
dans le lit

où mes petits poussins
déjà
passent cette nuit

je me réjouis
du petit massage du soir

mes mains
sur son dos
mains apaisées
dos accueillant

comme si
la confiance
nous était
revenue

reçois
par mes mains
petites mains
pauvres mains

la joie
que j'éprouve
enfin

d'être ici

maintenant

relâchée

raccommodée


même
si l'ici et le maintenant
d'après-demain soir
est encore plus tentant!

si j'ai pu m'en aller
calmement
- moi que chaque départ angoisse -

c'est peut-être
qu'à présent
je commence à réunir
le puzzle de moi-même

dans une enveloppe
toute petite enveloppe

une enveloppe lovée

Tuesday, February 07, 2006

il croyait que je n'étais pas suivie

oui
il croyait ça
mon papa

il croyait
que je faisais
mes bébés
comme ça

loin de tout contrôle

pourtant

je voyais
une sage-femme
et même parfois
un gynécologue
de temps à autre

un qui ne vous tracasse pas
pour des riens

j'étais détendue
j'étais si bien

j'aime tellement être enceinte!!!!!!!

faut-il déranger outre mesure un bébé et une mère qui vont bien?

il croyait que je n'étais pas suivie
puisque j'accouchais là où presque personne n'accouche
chez nous:
chez moi

c'est que
la visite
d'une sage-femme à la maison
avec laquelle on boit une tasse de thé
avec laquelle on papote de tout et de rien
qui vous fait juste ce qu'il faut de petits examens
comme un prétexte pour vous rendre visite

c'est peu compréhensible

c'était un suivi
simple
tout simple

un suivi
par un être humain

je t'ai vue

tu entrais
tu sortais

je t'ai vue
dans ma tête

ta tête
entrait
sortait

j'ai cru
ENFIN
j'ai cru

que TOI
mon bébé
tu passerais
facilement

ma peur
de te laisser passer
soudain
était envolée

comment
ai-je
eu peur?

comment
cette terreur
s'est-elle
envolée?

mystère

elle
m'avait parlé
de visualisation

et c'est
sans doute
comme ça
que tu as pu passer

elle a cru
que j'y arriverais

et moi

j'y ai cru
aussi

TOI
ma fille
mon grand bébé

soi-disant
post terme
mais pourtant
si fraîche
rose
coiffée

mon bébé
de l'été

Monday, January 30, 2006

encore

photo Corinne Alexandre
te revoilà
sans cesse
tournée
vers moi
tu cherches
inlassable
téteuse
tu t'empresses
doucement
et tu bois
moi
à force
de nous tourner
l'une
vers l'autre
toujours
il va
être
difficile
de
ne
pas
nous
rencontrer
pour de vrai

sous le pull

photo Corinne Alexandre

pas besoin d'allumer
ni d'éteindre d'ailleurs

sous mon pull
le soleil
de mon bébé
est clair obscur

très sombre
pour commencer
le vois-tu
mon bébé?
le sens-tu?
tu l'accroches
le griffes
le goûtes
le mâchouilles
et
tu t'endors dessus

peu à peu
il blanchit
le repère
rétrécit

sous mon pull
ni vu ni connu
la grande aréole
s'envole
et rend sa place
à mademoiselle
l'aréole rikiki

cependant

mademoiselle
l'aréole
n'est plus
une vraie demoiselle

elle est
comme qui dirait
vrillée
froncée
se resserre
si elle est en froid

se détend
s'il fait chaud

et moi
je regarde
ma bébée
téter
telle un tournesol

même les yeux fermés


un de mes grands m'a dit ce matin que je sentais le lait

mes enfants
faits de lait
ont en eux cette odeur

donnez-leur des solides
ou un autre lait
votre odeur quitte leur corps

redonnez-leur
à nouveau
uniquement
votre lait

votre odeur
à nouveau
émane
de
tous
leurs
pores

Saturday, January 21, 2006

instantané

attrappé

tu as déjà bougé

tu prends ta place

tu changes

sans cesse

de place

de posture

d'altitude

d'attitude

d'activité

d'intérêt

de tonicité

sur moi

sur lui

sur elle

sur nous, quoi...

Friday, January 20, 2006

ta place

accoudée au comptoir

soupe et photo de Sandrine Fraikin
lait et bébé faits maison
à mon bébé nouveau
beau joli lait nouveau
à maman poivre et sel
soupe chaude
présent - présence
d'une amie

milk bar dans le noir

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

Wednesday, January 18, 2006

milk bar dans l'herbe

milk bar

une carte d'elle

une carte
écrite
manuscrite
par la poste
par-dessus l'océan

oui!

je l'ouvre

elles sont là: petites lettres rondes
je vous connais par coeur

vous m'avez fait réviser tant de notions auxquelles j'étais quasi imperméable
je retenais péniblement les mots que vous formiez

aujourd'hui
il me reste
le plaisir
de vous lire

mots écrits soigneusement à la main par l'amie
qui me laissait photocopier ses cours
car les miens étaient bien trop fouillis
trop fouillis trop fouillis trop fouillis trop fouillis trop fouillis...

une chute

une sortie
un envol

que sais-je

j'aime les romans

qui

par belle
ou
par laide

vous proposent
en passant

un tournant dramatique

par une fenêtre

pour entrer
pour sortir

qu'importe

le lieu est peu commun

il demande un élan
vers le plein
vers le vide
vers quelqu'un
une envie
un projet
un oubli
un besoin
un désir

appel
d'air

ou
de
rien

enjambez
gaiement
ces fenêtres

dans la tête

joyau

espace vert
au centre
un joyau
de brique et de bois
de verre
qu'on ne voit pas
en venant par devant

contourner

cette masse
dessinée
est ouverte
- en fait -

d'abord
tourner autour
jusqu'à trouver
l'entrée

une petite porte

aux mesures
des premiers
occupants
de ce lieu



porte ouverte
passée
entrez

la lumière se glisse
jusqu'à vous
des côtés

caresse les tapis
les fauteuils

et contourne vos pieds

laissez-vous guider
imaginez

oui

il aurait pu
vous dessiner

non pas un mouton

mais une maison

FLW

pour que vous puissiez
vous Y habiter

fenêtre

elle s'ouvre
se ferme
s'entrouvre
cogne dans le vent

la fenêtre
changeante
qui
va de toi à moi

prudente

je marche à tâtons

j'ai peur
qu'il ne fasse froid
dans ton regard
pour moi

j'ai peur
que ton visage
ne soit
fermé pour moi

que tu ne me laisses
sur le rebord
de la fenêtre
de ton regard

qui n'est pas là pour moi

pour qui est-il?

veux-tu ouvrir
un jour
pour moi
cette fenêtre

ou

continueras-tu
à faire semblant
et à te persuader
que le semblant
c'est presque vrai

qu'attends-tu
de moi, ton enfant,
à part qu'il attende
une chaleur de toi

et si cette chaleur
personne
personne
personne
ne te l'a donnée

non
tu ne dois pas t'inquiéter

mais tu peux

la trouver

si tu cherches

Saturday, January 14, 2006

tu freines dans la descente

tu freines
prudente

attaquant
la descente

tu passes
au-dessus
de mon épaule
et attaques
vaillante

la glissade
le long de mon dos

tes tout petits orteils
accomplissent leur boulot

distribution alléatoire

le hasard a voulu
que j'arrive

petite fille
voulue

dévolue
à
l'improbable
réalisation

de projets

qui n'étaient
pas les miens
et auxquels
je ne comprends
à peu près rien

qui me font
me sentir
souvent
inadéquate

comment être
adéquate

lorsque les projets
sont inappropriés

?

être décalée
ouf!
- respirer -

cache-cache

sur mon dos
dans un pagne

tu joues à cache-cache

je ne te vois pas

petit regard complice
lancé à une personne
d'un côté

et de l'autre?

tu te retournes
vers l'autre
côté

éclates de rire

qu'as-tu échangé
avec ces personnes?

je ne sais pas

pas vu
pas pu


juste senti
que c'était bon

que c'est TA vie

Friday, January 13, 2006

bisou

photo Sandrine Fraikin

je ne sais pas encore très bien qui tu es

et

je cherche

jour après jour

à te connaître

je me fais à nouveau

au corps

d'un nouveau-né

c'est toi

chevelue

longue

pommettes hautes

yeux bridés

surprenants

yeux

- je t'ai crue trisomique -

regard rieur

---

j'ai lu trop de bouquins

et me demande

si nous avons pris le temps

de nous imprégner

l'une de l'autre

à ta naissance

notre naissance

non, mes yeux n'ont pas plongé dans les tiens

je t'ai plongée dans mon peignoir

et

nous avons migré

vers un lieu

de repos

toi

qui n'es pas née

dans ma chambre


rendez-vous

photo Corinne Alexandre
j'ai rendez-vous
avec toi
avec moi
nous
eux
elles

suspense

viendras-tu le jour dit?
en retard?
vraiment tard?

gagné...

quinze jours en retard
tu es là

au beau milieu de l'été

un jour
précédé
et
suivi
de semaines
passées en famille

dans notre maison

tu t'es glissée

c'est votre dernier?

sept?

quelle horreur!!!


sept?

heureuse femme!!!


sept?

c'est mon compte

c'est ton compte



en actions

émotions



cette année

ma fille

ma fille
n'est plus ma fille
mais me première fille

car

une nouvelle petite fille
est arrivée

avant cette arrivée

j'ai
heureusement
compris

combien

j'avais

regardé

ma fille

comme

on regarde souvent

les filles

j'ai rangé mon regard

j'en ai sorti un autre

ma fille

ma fille chérie

est jolie

je souhaite respecter ses goûts

pour s'habiller

respecter ses envies

son ressenti

l'encourager

sur les chemins

qu'elle souhaîte explorer

car cela

c'est SA vie

si elle est mienne

je souhaîte

que ce soit

par

mes massages

ma façon de démêler ses cheveux

et pas par ma façon

paumée

de me chercher

de me battre

indéfiniment

contre des moulins à vent

heureusement

ma fille

ma jolie fille

pose le pied au sol comme une africaine

elle a le rythme dans le sang

elle habite son corps

elle écoute et exprime

ce qu'elle ressent

quand elle le souhaîte

sans crainte

de représailles

ou

de nous blesser

nous

ses parents

grand frère



mon grand frère

m'emmène faire pipi

au-dessus du lavabo

et

fait avec moi

le signe

"pipi"

en langue des signes américaine



je me marre!

s'il croit que je vais prévenir

chaque fois

il se gourre

mais je crois qu'il commence

à se débrouiller

avec

mes signaux

quand je me tortille

ou bien que je grogne

avec le timing

et aussi l'intuition

et puis

bien sûr

s'il m'emmène

me promener

à proximité du lavabo

il doit s'attendre

à ce que

cela suscite

chez moi

une petite envie

de faire

un petit pipi!!!

oh! comme elle est éveillée!!!

oui

elle est en contact

presque continu avec moi ou un autre membre de notre famille

j'ai l'immense joie de l'élever tout en étant entourée

un peu plus entourée

par nos grands

à chaque nouveau bébé

tandis que se retire

l'entourage

un peu perdu

qui observe

notre façon

d'élever les enfants.

Nos petits bénéficient

un peu

d'un entourage élargi

vivant

avec lequel

je ne dois pas me cacher

pour pratiquer l'hygiène naturelle

ou

moucher mon bébé

à l'africaine

(un petit coup

d'aspiration

avec ma bouche

et je recrache)



il faut tellement

tellement de temps

pour apprendre

à faire

les choses

très simplement!

heureusement

nous avons

un peu de temps

pour jouir

de

chaque

instant

présent

langage du corps

je sais
c'est en mémoire

les mots

"tu sais bien qu'on t'aime"
"on a tout fait pour toi"
"tu ne manques de rien"

moi

perdue

mon corps

n'a pas reçu

de message

correspondant

pour corroborer

cette hypothèse

avec laquelle

je suis

pourtant

prête à travailler

et

perdue

dans la nuit

dans les jours

la petite fille en moi

cherche

cherche

son papa

sa maman

n'en peut plus de chercher

un simple message

mettant en jeu

quelques synapses

au lieu

d'un néocortex

qui n'y comprend de toute façon plus rien

Wednesday, January 11, 2006

de part en part

traversé
de vagues
de flux

de froids
et
de chaleurs

mon corps
vague
vogue

vibre
existe

au fil des bébés
dont il est
la demeure

le perchoir
la mangeoire

un pont pour
s'envoler

ce qu'ils savent
qu'ils peuvent
y trouver

ils viennent
le (re) chercher

existais-je avant?
oui
- sans doute -

tout était différent

je n'étais pas sur terre
pas dans moi

leur père
et mes enfants
ont fait de moi

une personne
sur terre

qui cherche

je ne désespère pas
d'y voir clair
un jour,
peut-être...

c'est gai

Sunday, January 08, 2006

bouger




voyager
avec un enfant

est une chose sage

qui vous réserve
des surprises
au passage

un sourire


l'accompagnement

d'une grossesse

d'une naissance

par des personnes

qui savent sourire

est un bienfait

pour toute la vie

de cet enfant

précieux

qui arrive

et

dans ce que l'on fait

le plus important

c'est la façon

qu'on a

de le faire

mon ballon

mon ballon
dans sa housse
faite maison

était prêt si jamais
je souhaitais
l'employer

pour accoucher

je m'en vais
l'employer

pour plein de
non-accouchements

on ne sait jamais
les découvertes

que demain
nous réserve

1

2

3

bain



moi dans l'eau

toi dans l'eau

dans moi

tu me diras quand tu seras prête?

je suis prête

si c'est le bon jour

viens

si c'est une fausse alerte

t'inquiète

je suis bien

rien à voir




accoucher

avec ou sans

lumière

?



la sérénité au fond de moi
est bien plus importante que la lumière

je n'ai pas besoin de lumière
je n'en ai pas envie non plus

je reste centrée

tout au fond de moi

branchée sur ce qui fait que je suis moi

les sensations que j'aime le plus au monde

non

n'allumez pas trop fort
ne me parlez pas

ne me faites pas changer de position

je changerai bien, moi

je le sentirai

mon bébé me dira

où aller

comment

me tenir

me pencher

m'accrocher



et si je perds pied

soyez là

mais

dans la brèche

ne vous engoufrez pas

colmatez

dites-moi

"oui"

que je sente

que vous êtes là

paisibles

attentifs

ne me brusquez pas

ce que vous me faites à moi

vous le faites à mon bébé

malgré les apparences

nous sommes encore ensemble

pour un petit bout de chemin

l'un en l'autre

connectés



alors

merci

n'allumez pas

messages capillaires

Quand j'avais 12 ans moi aussi
la même chevelure
ma prof de maths
passait près de moi
et elle me massait
malaxait
tortillait
les cheveux
en tous sens.
Je ne sais pas comment c'est venu
nous n'en avons
jamais
parlé
mais c'était bon!!!

grande soeur

lieu de passage

mon nez dans tes cheveux

je puise
ta chaleur

ton odeur

toute ta présence
s'engoufre
pour
descendre
dans mon corps

et

jusqu'au bout de mes doigts
jusqu'au bout de mon être

tu es en moi

Saturday, January 07, 2006

moi veux ta peau ma peau toucher



merci M. Laurent Voulzy

7, c'est la fête!!!

garçon

fille

garçon

garçon

garçon

garçon

fille!!!

tu n'as pas encore de nom

dans les bras

les fausses alertes pour la naissance de ce bébé
m'ont beaucoup aidée

nous avons répété

les glaçons délicieux dans le congélateur (au thé, au jus, à ce que j'aime!!!)
les petits plats à grignoter tandis que je "trempe" dans l'eau
les massages aux chevilles, aux pieds, sur les points sensibles
pour soutenir les contractions
un tissu indien devant moi à la fenêtre
la musique que j'aime à fond (à fond comme j'aime)
un éclairage agréable, avec ombres et lumières

- les petits faisaient "boîte de nuit " à mes côtés
les grands alloaient et venaient
ma grande fille s'est assise près de moi
j'étais heureuse de partager ces moments avec elle

et

la photo

devant moi, la photo

Nina est là, dans son ancien jardin
nous ramassons peut-être des oeufs dans le jardin
- je ne sais pas -
quel âge ai-je sur cette photo?
presqu'un an je crois
c'est le printemps

son regard est sur moi et je suis dans ses bras

sur cette photo, je me suis concentrée

plusieurs fois

et le jour J, je l'avais complètement intégrée
elle était en moi
plus besoin de l'accrocher au mur
oh non

dans ma tête, Nina
tu me portes depuis si longtemps
et
dans mes contractions aussi
tu me portais

je savais très bien
que tu étais partie
que je n'étais plus cette toute petite fille

mais quand-même...

tu étais là
j'étais dans tes bras
mes contractions étaient là
le bain chaud
le robinet
auquel je m'accrochais
le mur
sur lequel j'appuyais mon front
et que je respirais

l'huile de bain au parfum vert et frais
le pommeau de douche chaud sur le bas de mon dos

entre les contractions, je souriais
je lâchais tout, tête, épaules
joues

au début
je me suis massé le visage
front
sourcils
paupières
nez joues
grande bouche
tour d'oreille
lobes d'oreille
et
menton

une contraction

j'inspire: je passe dans ma tête le prénom de V.
j'expire: le prénom de P.
j'inspire: le prénom d'A.
j'expire: le prénom de Na.
j'inspire: le prénom de J.
j'expire: le prénom de Ni.

(j'ai alors six enfants dont je connais le nom)

trois fois

puis sourire
lâcher tout

et, pendant que je lâche tout
mon grand-père tourne autour de nous
tenant un parapluie qu'il fait tourner au-dessus de lui

je danse sur le rock à fond, toujours dans les bras de Nina

que ce moment est doux

pour la première fois,
je vis une naissance sans me rebeller
je veux être là où je suis

avec Nina

Nina
qui a accouché deux fois
à l'hôpital
- il y a bien longtemps -
puis plein de fois à la maison

Nina qui a fait un choix
que j'ai refait longtemps après

il a suffi d'une discussion


Nina
j'ai dans ma chambre une lingère
qui était dans ta chambre lorsque tu accouchais

j'aime
m'arrêter devant cette lingère
un bébé - ou deux... - sur moi

les bébés continuent à naître, Nina
je n'ai pas tous pu te les présenter
mais
l'amour que tu m'as offert
je le leur donne
c'est une joie

grand-mère
à l'écoute
de petits enfants
si variés...

j'aime ta présence

transsensorialité

Je me suis surprise
à sentir
ce parfum
lavande-citron
que JoAnn utilisait
dans l'huile
pour me masser

et

c'était comme si j'y étais
sur la table
dans ce petit cabinet
clair
chauffé
entourée de coussins de balles de sarrasin
avec mon gros ventre chaud

et JoAnn me massait

ah! les bonnes choses ne finissent jamais de faire du bien!!!

Friday, January 06, 2006

Aimer
être mère

s'étonner chaque jour
de ce qu'ils savent faire

un signe de la main pour dire "je fais pipi!" à presque 5 mois

un massage à maman pendant qu'elle à des contractions dans la bain à dix ans

et... un pain qui croustille, fait à la main...

proposer des jeux pour la veillée en famille

trouver ce petit siège qui est impeccable pour aller devant le grand, pour un massage assis,lorsque l'envie nous vient...

les courses, à pied, toi et moi, le bébé et les enfants qui ont envie de nous accompagner

parler de tout et de rien

être là, dans ce jour qui se déroule sous nos pas

qui ne doit pas nécessairement être stressant

qui est autrement, plein d'humour, avec toi qui aimes être papa



Pourquoi tout ceci?

Pour aller au-delà d'une division intérieure
Inventer une famille
Me reconnecter à ce que je ressens
Et puis vivre

j'apprends

Ne pas prévoir

Bébé est là, bien là.
Mon manuscrit est enfin envoyé...

ce qui me revient en tête après cette naissance, il y a bientôt 5 mois?


ne pas prévoir


quand
comment

laisser naître ce bébé

comment vais-je me positionner?

je le sentirai à ce moment-là

veiller à laisser grand ouvert le champ des possibilités
entre chambre et salle de bains
entre la solitude et la présence des enfants, à côté de moi

lorsque l'on fait l'amour, est ce que l'on prévoit d'avoir des spectateurs-déconcentreurs qui entrent et sortent de la pièce tandis que se joue la rencontre avec un être cher?

qui invite-t-on à cette fête?

des personnes discrètes

chères

douces

qui apportent un soutien

et leur compétence

la manière d'être (de ne pas être) là est primordiale.