Tuesday, June 26, 2018

Paralysie

Peur
Pleurs

Oui je sais
J’ai encore  beaucoup de travail sur moi
À effectuer

Plaies béantes
Qu’on entr’ ouvre avec peu, très peu

Marchez-moi sur le coeur
J’ai l’habitude, hélas
Ou plutôt je ne l’ai pas
Je revis à chaque fois l’écrasement total
L’anéantissement de moi par tout et n’importe quoi

Quand je me dis que je suis prête à ouvrir ma coquille
Il me tombe un marteau sur la tête

Dois-je rester dedans ?
M’enfermer toujours ?
Me restreindre à communiquer
Du dedans
Et éviter le danger, le vivant ?

La sidération encore m’étreint
Je suis perdue
Comme un éternel retour

Au commencement
Il y a eu la sidération
Par la personne en qui tu avais toute confiance

Fichu cerveau
Cerveau qui ne comprend rien
Qui se déglingue à analyser la confusion
La négligence
Et qui voudrait bien s’arracher

Ne pas confondre
Surtout
Ne plus jamais confondre
La source
et l'occasion du réveil de la plaie


Friday, November 20, 2015

Si

vous saviez
à quel point la pensée
est puissante

vous choisiriez chaque mot
chaque pensée
avec autant de minutie
que lorsque vous vous préparez
devant le miroir
avant de revoir
quelqu'un
qui vous amène
à être au top de vous-même


tout est énergie
tout est dans l'air

et personne
je dis bien absolument personne
ne peut vous prendre une idée
quelle qu'elle soit

parce que si vous l'avez
c'est qu'elle est là
suspendue
jusqu'à ce que certains
certaines
l'expriment
la manifestent
lui donnent forme matérielle
la rendent palpable
manipulable à foison

rien n'est à vous
tout flotte
tout circule
tout complote
absolument
en toute amitié

tout est là
pour jouer
et rejouer
sans cesse
les jeux nécessaires
à votre avancement
à l'apprentissage

comme on apprend à marcher
à tenir une cuiller
à reconnaître un goût
ou à humer un parfum familier
comme on dialogue en contact
dans une chaleur qui fait du bien

le jeu
c'est d'oser
tels des fous
revenir encore se frotter
à cette illusion

et d'être surpris
surprise
encore et encore
parce qu'on est là pour du neuf
pas pour retenir les leçons
mais apprendre encore
en s'y frottant vraiment

l'être n'est pas là pour comprendre
mais pour interpréter
pour donner sa version
d'une chanson sans cesse rechantée

tout est choix
à chaque instant
la pensée

Thursday, November 19, 2015

Quand

 photo Sandrine Fraikin

tu envoies à tout va un message
pour proposer des ateliers
à plein de gens
et qu'au bout de longs mois
tu reçois
"madame, nous sommes intéressés".

Friday, October 09, 2015

Sur



photo Sandrine Fraikin 
 
huit ouistitis
ça m'en fait trois aujourd'hui
qui ont tété chacun sept ans

en parallèle avec
le précédent
et/ou le suivant

numéro huit a rejoint désormais
numéro quatre
et son suivant
le cinquième
monsieur Zen

certains prennent vraiment leur temps
pour savourer

moi j'aime



Sunday, September 27, 2015

C'est



une chanson
que j'aimais écouter
il y a longtemps

Marlene
Marylin
dans plusieurs langues
j'aimais beaucoup ça

un texte qui dit
qu'elle craint le bonheur
car
s'il arrivait
le malheur pourrait lui manquer

je me sens loin de ce texte aujourd'hui
et je sais
oui je sais
que j'ai vraiment senti ça
en moi
il y a des années

la crainte
d'être séparée
de tout un tas de tristes idées
qui étaient en moi

le désir
de voir résolues des questions
mais pas trop vite
pas toutes à la fois

c'eût été
m'avait-il semblé
bien trop violent
d'avoir à changer ma façon de penser
trop rapidement

le chemin est long parfois
pour nettoyer sa propre pensée
accepter la joie


j'ai beaucoup aimé cette chanson
c'est sans doute
celle que j'ai le plus aimée

pas la première d'elle que j'ai chantonnée
puisque j'ai connu Lili Marlene
au cours d'allemand au Lycée

celle-ci me croisa lorsque j'avais 20 ans
dans une mise en scène
et cet air s'accompagnait d'un pas de danse
que nous effectuions à plusieurs

nous étions une bande de prisonnières
échappées d'une prison
nous dansions
dans des ruines imaginaires
sur cette chanson

la pièce s'appelait
Lovely Rita
de Thomas Brasch




il y avait aussi
J'ai sauté la barrière hop là
de Johnny Hess

qui définit si bien ce que je vis
aujourd'hui

puisque si la lourdeur s'empare de moi
et m'immobilise parfois de fatigue
mes idées sont
quant à elles
claires
là où elles furent longtemps si brumeuses
concernant mes choix

les choses se téléscopent parfois
j'avais commencé à répéter un spectacle en anglais
Passion, d'Edward Bond
et j'ai finalement d'abord joué dans deux autres spectacles
avant que le premier ne voie le jour

Karl Valentin m'a rattrappée
avec sa lettre d'amour
un monologue que je faisais en début de spectacle
assise en tutu romantique
immobile
sous un projecteur
tandis que les spectateurs entraient dans la salle
quand plus personne ne bougeait ou presque, je m'animais

et je lisais une lettre
incohérente
que j'aurais pu lire plus tard à diverses personnes
- je ne me connaissais pas encore
j'avais 20 ans j'étais petite
mais elle me définissait
sans que j'aie pu le pressentir
fichue lettre ! -

le monologue
c'est moi
si souvent
c'est mon sort

aimer s'exprimer en public
tout en étant timide
écouter les autres pendant des heures
et me retrouver seule pour écrire

tel est mon paradoxe

une scène que j'ai jouée des dizaines de fois
- en français en début de spectacle
en impro en allemand à la fin -
et la dernière fois
il y a 22 ans
avec une toute petite fille nouvellement arrivée
dans mes bras
qui participa aux improvisations
de fin de spectacle

maintenant
mes enfants ne m'écrivent pas
lorsque je leur écris

à leur tour
de me renvoyer du silence
puisque j'ai loupé un coche
puisque j'ai commis des maladresses

puisse cette douleur
s'apaiser
comme toutes les autres
et devenir si légère
et ne plus me mouiller immanquablement les yeux
lorsque j'y pense

ils sont nés de ça
de ces spectacles
éclairages
de ces voyages improbables
en camionnette
à travers l'Europe

il y a encore des barrières à passer
mais faut-il que je cesse d'écrire
pour parvenir à dialoguer ?
l'un exclut-il forcément l'autre ?

comme on se parlait difficilement chez moi
le soir
je m'épanchais dans des cahiers

alors j'ai appris ça
le dialogue sur du papier

ça n'aide pas franchement
dans les situations courantes
et je vois
tout autour de moi
tout plein de gens
qui se sortent admirablement
de situations dont je ne me sors pas

parce que j'ai trouvé refuge
dans des cahiers
à l'âge où l'on apprend l'art du dialogue

je n'ai pas connu l'alcool
ou la drogue

juste des mots
sur une scène
qui me faisaient virevolter

et ces voyages
la vie de troupe
avec parfois des personnes compliquées à supporter
- et vice-versa -
furent une merveilleuse école

oh il n'y a pas de document officiel pour attester de tout cela
de vieux programmes
quelques photos
des phrases qui reviennent parfois

tel pays traversé avant que la guerre n'y éclate
telle ville avant que la terre y trembla
des visages qui ne revinrent pas en festival

pourquoi écrire ça ce soir ?
parce que j'aime profondément les paradoxes






Sunday, September 13, 2015

J'ai



fait
un rêve
cette nuit

j'étais enceinte
et sur le point d'accoucher

je n'étais pas la seule d'ailleurs
mais pour moi
c'était le moment

il allait sortir
ce MOT

car j'accouchais d'un mot
je l'ai compris au réveil

et il n'y avait pas de sage-femmes ici
capables de m'accompagner
pour laisser paraître ce mot
de moi
à la surface

il fallait que j'aille ailleurs
pour cela

il y en avait

voilà ma vérité
les enfants
et les mots

nous les femmes sommes là pour ça

en même temps
je devais tourner une vidéo
mais je pleurais beaucoup

rien n'était en place
et puis ça a tourné quand-même

Wednesday, September 09, 2015

Vivre



“These then are some of my first memories. But of course as an account of my life they are misleading, because the things one does not remember are as important; perhaps they are more important.”
― Virginia Woolf, Moments of Being



voir arriver la mer devant soi
grande
qui vous dépasse

se souvenir
subitement
avoir traversé
des tempêtes
et des plaines

recevoir cette fougue
se mettre en position
pour l'accueillir

accepter
remercier
qu'elle soit là

oui
car cette mer
nettoie
et enlumine
ce qu'elle traverse

j'aime ça

Monday, September 07, 2015

Merci


d'envoyer
de la paix
à tous mes poussins

Journée

photo Florent Sluys
apaisante
où l'on sort toute la cargaison
ou presque
de porte-bébés qui restent
dans ma maison

où tous les duplos roulent sur le tapis
à côté des puzzles
des canards à roulettes
et que 
de leur côté
les Playmobils plongent dans la piscine
en glissant sur le toboggan

journée 
douce
journée normale
au rythme de la sieste
et des tétées d'un tout-petit

journée
pour rire
et pour danser aussi

Saturday, September 05, 2015

Spécial

fête

ce jour

la smala
van den Peereboom
se réunissait
pour fêter l'un des siens
qui a quatre fois vingt ans aujourd'hui

et comme souvent
il a célébré une messe
- puisqu'il est prêtre -
pour nous tous assemblés

tous les cousins n'étaient pas là
mais beaucoup beaucoup

c'est lui qui nous a presque tous baptisés
ou mariés

c'est avec lui que j'aime parler étymologie
car il fut prof de latin-grec

j'ai beaucoup aimé ce moment
dans une grange de Rixensart changée en église
dans laquelle j'ai des souvenirs d'enfant
de messe de minuit
sous la neige épaisse

je ne sais pas ce qui a pris à mon oncle aujourd'hui

j'étais arrivée un peu en retard
avec les petits d'entre mes petits

plein de rôles avaient été répartis
ceux qu'il appelle affectueusement des petits canaris
petits neveux et nièces
l'aidaient chaque fois qu'il le leur demandait

des cousines, mon petit frère avaient des lectures prêtes
des chants et des musiques à interpréter
avec une grande douceur

et voilà qu'arrivé à l'évangile
il demande si quelqu'un a envie de le lire pour lui
et ma main se lève toute seule

j'y vais
je lis
fort
posément
en faisant de nombreuses pauses
comme j'aime

un petit cousin tient un grand cierge à ma gauche
il fait ça très sérieusement 

plus tard
mon oncle me remercie d'avoir fait cette lecture
je réponds : avec plaisir
il me dit : j'ai vu !

oui
c'est un grand plaisir
et j'ai même mangé du gluten à la messe
et je me suis dit zut !

ça m'arrive une fois par an à peu près
je n'éprouve plus le besoin de faire partie d'une assemblée comme il y a longtemps

parce que nous sommes chacun sur notre chemin à bien des moments particuliers
la spiritualité est si personnelle
les textes si nombreux

je n'éprouve plus le besoin d'une organisation
pour le ressenti de mon coeur qui bat
qui sent
qui frémit

mon coeur s'organise tout seul

pourquoi ai-je lu ?
est-ce qu'il faut justifier le plaisir ?

je crois surtout qu'il se partage

j'apprends à recevoir des cadeaux

 

Friday, September 04, 2015

Une

journée
pour prendre l'air
largement

faire le tour des endroits qui me font vraiment du bien
et
en sortant de chez Pêle Mêle
m'éclater
le front et le genou gauche en plein dans la porte vitrée

me retrouver dans les bras d'une dame
les yeux fermés
rire les yeux fermés
l'entendre dire qu'elle croit
que je n'ai rien

je lui dis que
si
j'ai mal
mais je ris

remonter m'affaler dans un fauteuil orange en skaï
recevoir des glaçons d'un gentil libraire
me détendre
et me rappeler que demain
je fais des photos
(et que donc ce sera super !)

je sors
la pharmacie juste à côté a de l'arnica
j'en prends une forte dose

et ce soir
j'ai la bosse au front

le plus drôle c'est que
deux minutes plus tôt
juste avant de passer à la caisse
j'avais visualisé des clous qui s'enfonceraient utilement
tout autour de mes semelles de chaussures
dans le sol
afin de garantir mon contact avec ce sol justement

et paf
voilà mon voeu exaucé
en quelque sorte

je suis restée sur place
un moment

ça ne m'a pas empêchée
ensuite
d'aller faire un tour
de robe-thérapie
dans une rue que j'aime
et où j'en trouve souvent que j'apprécie

de mieux en mieux
de retour dans ma ville
j'ai rencontré mon neveu
pour la toute première fois !

j'ai mangé avec ma maman, mes frères, ma belle-soeur
pendant que mes neveux jouaient

ça n'était arrivé depuis des années
en cette configuration : jamais

j'ai beaucoup aimé cette journée
au cours de laquelle j'ai respiré
donc écrit aussi

il est des jours
où je me rencontre

c'est étrange

et ça me fait du bien que l'on rie de moi
quand les mots dansent
à l'intérieur





Saturday, August 29, 2015

S'


 photo Sandrine Fraikin
il y a
dans la vie
des moments
où l'on se demande
pourquoi tant de haine ?

et d'autres aussi où l'on se demande
pourquoi tant de haine
est sortie
un jour
de moi ?

il y en a d'autres
ou
l'on doit bien se dire
non
ce n'est pas une illusion d'optique
je reçois en ce moment énormément d'amour
et l'entraide est magnifique
qui me soutient actuellement dans ce que je fais

vous êtes-vous déjà demandé
une seule fois
pourquoi tant d'amour ? 

pourquoi tant de gentillesse tout autour ?
pourquoi je reçois tant d'aide
de témoignages
de photos magnifiques ?
oui
pourquoi ?

mais faut-il comprendre
ça ?

parce que la solidarité est grande
et l'amour circule
les astuces circulent
pour qu'elles ne s'enterrent pas
mais que les découvertes et les expériences
puissent servir encore ici ou là
à chacun et à chacune qui en voudra

l'astuce
la découverte
l'expérience
l'ouverture du coeur
que cela demande
de vivre

simplement

tout cela
cela ne s'éteint pas


Thursday, August 27, 2015

Un

enfant
ne comprend pas
pourquoi il est haï
moqué
chaque jour d'école
pendant des années
parce qu'il est né
dans un autre pays

un enfant
ne comprend pas
pourquoi tout le monde trouve cela normal
qu'on se foute de lui
et que personne ne réagisse

un enfant
ne comprend pas
pourquoi on crache sur la voiture
de sa maman
parce que la plaque d'immatriculation de sa voiture
est d'une autre couleur
et n'a pas encore été changée

un enfant
ne comprend pas la haine
la bêtise

un enfant
ne comprend pas

un jour
je me suis barrée
heureusement j'avais le choix
je n'ai toujours pas compris

Tuesday, August 25, 2015

Toujours

j'ai fait avec mes doigts ce que je fais ici avec la voix
parler
parler
parler
n'est-ce pas la même chose ?

soliloque immobile
je gère mes pensées
du mieux que je peux

et je dis au système d'aller à la ligne
et il ne transcrit pas ces mots : aller à la ligne
mais il y va

et moi je gère tout ça, tranquillement
je repose mes doigts

écrire sur papier
est vraiment intéressant

c'est un autre rythme
une autre danse des doigts

je peux scinder les tâches : d'abord composer les phrases
ou plutôt transcrire ce qui me vient à l'esprit

donner aux mots une forme textuelle imprimée est une autre chose
que je laisse à plus tard
et c'est bien reposant ma foi

et si mes brouillons sont régulièrement liquidés
avec mes cahiers
c'est plus délicat

longue vie aux cahiers
aux carnets
aux apostrophes
aux haltes sur le trottoir pour noter une idée

moi qui rêvais de nager dans l'air
me voilà à écrire du bout des lèvres
c'est déjà ça

Sunday, August 23, 2015

Bonheur

du jour
(d'avant)

fiston N°5
est venu demander l'asile informatique

parce que le soir
ça lague
chez son papa

quand ils sont (presque) tous là

Thursday, August 20, 2015

Nènè


photo Sandrine Fraikin

Le premier mot de tous mes enfants
Pour J., cela voulait dire "je veux!"
 et il disait "nènè" face aux choses qu'il désirait atteindre ou recevoir

Wednesday, August 19, 2015

Sur

photo Sandrine Fraikin
le chemin
qui m'apprit
que j'étais
aimable
et que je pouvais m'aimer

- quelle découverte ! -

il y eut
une longue période
où je servais d'en-cas
à toute heure du jour
ou de la nuit
à des petits êtres
sympathiques
et potelés

- je précise ici que je dormais
et qu'ils se servaient sans me réveiller -

oui
j'étais
je suis
hautement
comestible

j'ai appris cela

un chemin comme un autre
pour apprendre
à m'apprécier

tant j'avais appris
littéralement
à douter
de la valeur
de mon être

ceux qui dépendaient de moi
trouvaient
en mon corps
tendresse et chaleur

des tensions
des colères
des torrents de pleurs aussi

qui
au fil des années
furent
nettoyés

les enfants
ces nettoyeurs

Tuesday, August 18, 2015

Aujourd'

 photo Sandrine Fraikin

hui

est un autre jour

en fait
non

aujourd'hui
comme chaque jour
je tourne une page

mais
avant de la tourner
je vérifie les mots
les virgules

que les pages tournent bien...

Thursday, August 13, 2015

Schreiben

 photo Sandrine Fraikin

macht mich wirklich frei

j'avance
pas à pas

merci
à mes proches
pour leur immense patience avec moi


Wednesday, August 05, 2015

Vert


j'ai croisé cette bague
alors que je cheminais
il y a bientôt deux ans
c'était en hiver

l'émeraude ouvre le coeur
le guérit
je crois
c'est ce qu'elle a fait pour moi

j'ai ressenti sa forte connexion
à mon coeur
et je l'ai choisie pour ça

ne pas prendre les événements personnellement
elle m'a aidée à ça

apprécier tout ce qu'il y a de beau dans le moment
qui est présent
et nettoyer
mes erreurs

j'ai recollé mes morceaux
et jeté ceux qui ne servaient pas

j'ai appris à être présente
à moi

je vais bien