Wednesday, October 17, 2018

Peur ?

Faut-il avoir peur des journalistes ? J'ai parfois dit non. J'ai aussi dit oui à plusieurs reprises. Ceux-là m'avaient inspiré confiance. Le format proposé me plaisait. Il n'y aurait pas de commentaires autres que les miens, prononcés par moi, sur les images de notre quotidien. J'ai dit oui. J'allaitais deux petites filles de (ohlala!) deux ans pour l'une et 5 ans pour l'autre. Et on hurlait au scandale dans la présentation. J'avais auparavant allaité trois petits gars simultanément, dont deux jusqu'à 7 ans et un autre jusqu'à 5 ans et demi. Et trois autres enfants auparavant : un gars, une fille, un gars, de 3 à 4 ans et demi chacun, avec du co-allaitement à chaque fois en guise de transition. Je bois, tu bois, nous buvons gaiement… A part la présentation loufoque de la speakerine, je me suis vraiment sentie respectée au cours de cette expérience.




Ce soir, je reçois ceci :

Bonjour Ingrid,
En repartageant ton reportage tu m’as remémoré le fait que c’est toi qui m’a fait découvrir l’allaitement non écourté et le portage physiologique, bien avant que j’ai mes enfants, je devais avoir 14/15 ans 😉
Alors merci

Alors réfléchissez bien avant de dire non aux journalistes.
Tous ne sont pas méchants. Certains font même leur boulot très correctement.

Wednesday, October 03, 2018

A la découverte



de moi qui ne serais pas triste, qui ne me projetterais pas ailleurs par la force de la pensée, comme le Snoopy qui me fut offert un jour lorsque j'étais enfant dans un carnet de poésie. Ce fut un cadeau très précieux, qui annonçait une technique que j'utilisai ensuite à maintes reprises pour survivre. Peut-être que finalement je pourrais être ici et maintenant comme je n'ai jamais pu vraiment l'être pour diverses raisons, à diverses époques de ma vie. Ca fait quoi d'être réunie, entière ? Il faut que j'apprenne. Sans les énergies de qui a voulu me gouverner ou de qui m'a refilé ses ennuis par héritage spirituel par accident de transmission. Garder ce qui me réunifie, me pacifie, me répare moi, pas les autres mais moi maintenant - parce que j'étais toute cassée. Et tous les Pourquoi ? que j'ai poussés en levant le bras à l'école ou en dehors reflètent ses Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? désespérés. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Il n'y a pas de haine mais des pleurs qui jaillissent après avoir longtemps stagné. Des pleurs presqu'aussi vieux que moi. Heureuse, bien heureuse d'avoir hérité d'un bagage en héritage qui, s'il est parfois bancal, est dénué de haine, je l'observe. Comme j'observe l'absence de haine en moi. Je posais récemment la question à un ami guérisseur  Pourquoi les hommes qui entrent dans ma vie ont-ils tous telle caractéristique ? Et il m'a répondu : Parce que tu as hérité d'un bagage d'un de tes ancêtres. Cet ancêtre, je l'aime. Comme Snoopy, il a fait la première guerre mondiale et cultiva la vie, les livres, l'art, son jardin et ses nombreux enfants, en leur racontant des histoires. Il y a quelques jours, j'ai expliqué à mes ancêtres que c'était terminé de me faire nettoyer leurs histoires à temps plein comme ça depuis des années. Que je voulais bien encore le faire à temps partiel, mais pas plus, parce que j'ai une vie à vivre.

Tuesday, October 02, 2018

25 ans

aujourd'hui


Sunday, September 16, 2018

...




Thursday, August 30, 2018

Dans ma famille




on se dore la tranche
en bord de mer
avec de tout petits enfants
et un prédateur pour se tenir compagnie

ce n'est pas faute d'avoir été prévenu

et on y emmène d'autres
sans les prévenir

l'enfance
ce n'est pas grave
l'enfance
on réparera
ou on étouffera
plus tard


Tuesday, August 21, 2018

To whom it may concern...


Fauteuil de 
Charles et 
Ray Eames



Je me souviens avoir participé à l'écriture d'une brochure
qui visait à tordre le cou à des mythes concernant l'allaitement.
Voici un autre texte dans le genre :

https://spectredelautisme.com/Blogue/mythes-autisme/


Certains passages me parlent très fort.
Je développerai par la suite.

Saturday, August 11, 2018

Meltdowns




La sonnette de la porte d'entrée sonne trois fois lorsqu'on appuie une seule fois sur le bouton à l'entrée chez moi. Un jour, ma mère est passée me chercher. J'étais déjà anxieuse à l'idée de la voir et de passer du temps avec elle car nous avons beaucoup beaucoup de mal à nous accorder. Il se trouve qu'elle a appuyé deux fois sur le bouton de la sonnette, qui a donc retenti six fois. Et je ne suis pas partie. Je me suis sentie complètement agressée et en panique par cette sonnerie qui retentissait six fois. Je lui ai dit de partir sans moi là où nous avions prévu de nous rendre ensemble ce jour-là, que c'était trop compliqué.

Ce 21 juillet dernier, je conduisais ma  plus jeune fille à son camp louveteau, qui démarrait le jour de la fête des Myrtilles. Après l'avoir conduite au lieu où se déroulait son camp, je m'installai calmement le long de la rue principale pour regarder le cortège de la fête passer. J'apprécie beaucoup cette fête, que je connais depuis plus de vingt ans, et à laquelle je suis venue plusieurs fois. Le cortège était agréable. J'ai apprécié certains intervenants. Mais les dernières du cortège à passer devant moi furent les macralles, ou sorcières en wallon, qui sont les reines de l'événement. L'une d'elles m'a lancé beaucoup de talc sur le corps, mon sac à main et mon sac à dos. Mes jambes, mes pieds et mes sandales étaient couverts de talc, mon T-shirt et mon short aussi. Je n'avais jamais été aspergée les autres fois et n'avais pas vu venir la chose. Après la fin du passage du cortège, terrifiée, je me suis levée en hurlant et suis allée à la gare à pied, pleurant seule, traumatisée par l'événement. Il m'a fallu plus d'une heure pour me calmer.

Un autre jour, j'ai reçu par téléphone un appel qui s'est avéré être une blague. Quelqu'un encode votre numéro de téléphone sur internet, j'imagine, et vous recevez un appel qui consiste en une engueulade. J'étais, au moment où le téléphone a sonné, en train de tenter de récupérer dans le canapé car j'avais un coup de pompe. Je dois tout le temps réfléchir à ce que je vais faire dans la journée pour arriver au bout de la dite journée en ayant de l'énergie pour les choses élémentaires. Entendre cette engueulade au téléphone m'a fait pleurer. J'étais perdue.  A la fin, l'enregistrement signalait qu'il s'agissait d'une blague. Il m'a fallu un bon moment pour me remettre de ça.

Il y a quelques jours, un ami a diffusé une vidéo dans laquelle il a passé une chanson que j'ai écrite il y a 5 ans et qu'il a produite et sortie il y a 2 ans, après en avoir composé lui-même la musique. Toute la soirée, je suis partie en vrille dans une crise de panique, revivant la profonde tristesse qui avait suivi dans ma vie la sortie de cette chanson, dont j'étais si heureuse qu'elle sorte lorsqu'elle est sortie. Le lendemain, des tensions subsistaient dans mon corps, et le soir, c'était rentré dans l'ordre.

J'ai signalé à  une amie proche, qui me comprend bien, qu'il valait mieux qu'elle ne me parle pas du stress qu'elle projette sur ma situation actuelle dans ma vie. Elle l'a très bien pris. Mais c'est une chose que ma famille a souvent refusé d'entendre : comme si s'inquiéter pour quelqu'un et lui dire qu'on s'inquiète pour lui était une façon d'exprimer de l'amour. Moi qui capte les angoisses des autres comme rien, c'est la pire des attentions que l'on puisse me témoigner et je fuis comme la peste les personnes qui pensent qu'il s'agit là de l'expression d'une affection, quelle qu'elle soit. Je ne peux tout simplement pas faire face à cette tension qui se communique à moi comme du feu à du petit bois. Je n'en ai pas la capacité et j'exprime mon amour en donnant de la confiance et non du stress.

Je sais que des personnes qui me connaissent bien pensent que lorsque je suis sujette à des crises de larmes violentes, en général, c'est l'arc-en-ciel une demie heure après. Ce qu'elles méconnaissent, c'est la douleur qui me traverse le corps dans ces moments, les tensions qui paralysent mes jambes pendant des heures et des heures. Me dire que cela passe toujours très vite, c'est méconnaître ou nier la douleur invisible dont je ne parle généralement pas. Prendre plaisir à les déclencher est cruel.

J'ai passé des années à dire, à tenter d'expliquer ce qui me faisait mal, ce qui me blessait à mon entourage, et il a souvent ri. Alors je ne vois plus grand monde.

Ma fille aînée sait très bien que si on m'embrasse sur le front, cela peut déclencher en moi un souvenir glauque que je revis alors.

Mes enfants les plus jeunes savent que si on me tapote l'épaule du bout des doigts, je perds tous mes moyens et que si on passe la main devant mes yeux lorsque je suis rêveuse, cela me replonge dans une situation totalement identique vécue avec ma grand-mère qui a tenté, un jour, de faire atterrir la petite fille que j'étais. J'étais en train de rêver. Mon regard partait dans le vide et j'ai absolument besoin de ça pour vivre. J'adorais la lumière qui entrait dans sa cuisine par une grande fenêtre située juste devant une vaste prairie. Je sais encore quels objets se trouvaient exactement à quel endroit dans cet espace. J'aimais regarder le robinet de la cuisine, à l'envers, à l'endroit, et ouvrir les tiroirs en bois, qui n'avaient pas la même façon de glisser que les tiroirs en verre, dont j'ai hérité. J'aimais particulièrement cet endroit et je me sentais bien auprès d'elle, dans cette lumière. Mais j'avais besoin de rêver. Cet endroit me faisait rêver, je crois.

Alors ne me demandez pas ce que cela me faisait lorsque ma propre mère m'enfonçait sciemment son ongle dans les côtes pour me faire avancer devant elle dans les magasins. Elle l'a encore refait il y a moins de trois ans et ne sait pas pourquoi je ne veux plus la voir. Elle ne sait pas que je suis incapable de lui faire confiance. Il y a des personnes à qui je peux expliquer le problème, qui tentent de comprendre et de s'adapter et puis il y a celles qui m'ont dit que je jouais la comédie et que je devais changer. Je fais énormément d'efforts pour supporter et tenter de comprendre les autres personnes. Depuis toujours. Et parfois, c'est un travail incommensurable que d'encaisser le comportement de l'autre, qui m'épuise, me détruit.

Je ne joue pas la comédie. Je suis vraie. Merci à ceux qui le comprennent.

NB : je suis en attente de diagnostic pour l'autisme Asperger.

Vous arrive-t-il de parler fort ?



De ne pas comprendre les codes qu’on attend que vous respectiez ? Vous a-t-on dit 25000 fois que vous faisiez trop de choses à la fois ? Que vous étiez trop ceci, trop cela ? Ça m’arrive tout le temps. Pourtant je commence à comprendre qui je suis et comment je marche. Comment mon cerveau fonctionne. Je me suis sentie aimée, je me suis sentie humiliée, rejetée. Tout ça m’a amenée à apprendre à m’aimer et me respecter. J’apprends que lorsque j’ai mal, j’ai très mal. Je connais des crises d’angoisse violentes. J’apprends que lorsque je suis heureuse, je suis très heureuse. Je n’ai pas de milieu. Quand on veut m’enfermer dans le milieu, je m’en vais, car je n’y trouve pas d’oxygène. Ce n’est pas m’aimer que d’exiger de moi de rester dans un milieu consensuel. J’évite les personnes malveillantes, car elles peuvent me faire beaucoup de mal. Je donne autant de respect et de bienveillance que je peux aux personnes que je fréquente. Je sens lorsque des personnes font juste semblant de travailler sur elles mais n’ont pas envie de bouger. Je suis en chemin, je guéris les blessures de mon enfant intérieur. Les flashes back glauques font partie de mon quotidien. Si je bosse sur la notion de lien, c’est que j’ai des blessures sur ce terrain. Si j’apprends à avoir confiance en moi pour parler avec mes propres enfants, c’est qu’elle ne fut pas toujours là. Si mon diagnostic de haut potentiel m’a aidée, j’attends celui concernant l’autisme Asperger. Et j’essaie de comprendre chaque pas. En images. En sons. En mots. Certaines choses sont très simples pour moi. D’autres très difficiles. Je suis souvent fatiguée et quelquefois KO. Je ne suis pas un cheval de course dans lequel on investit. Je suis moi, c’est tout.