Wednesday, February 21, 2018

Entre cohérence et chaos




j'ai fait et je fais mon chemin
tout doucement
sans crier gare
je fais et je défais
ce qui me fait du bien
jusqu'à ne plus défaire
ce qui me va bien
jusqu'à ne plus tenter
ce qui me démolissait

après tant de vérifications
au hasard méticuleux
qui n'en est pas un

les expériences servent
à descendre en soi
et sur terre lorsque l'on flotte
et à monter dans les airs
lorsque l'on manque d'air

tout est utile
et chacun sa route
sa façon de se déconstruire
pour se reconstruire après
en mieux
on l'espère

en cohérence
interne
externe

et créer une oeuvre
comme l'araignée
patiente
magnifique

une oeuvre qui peut être détruite
en un instant
et qui peut prendre mille ans

et si l'on passe mouche
dans la toile d'autrui
c'est peut-être
pour apprendre aussi

et se laisser manger
est parfois un délice
et parfois un moment abominable
appelant une reconstruction méticuleuse
et longue longue comme un jour sans pain

tout est dans la cohérence
ou le chaos
à chaque fois
que l'on danse

chaque pas
chaque inspir
chaque expir
en cohérence
la renforce
et crée la possibilité
de sa croissance
organique

et si la pensée est puissante
puis-je apprendre ou réapprendre à agir ?
être présente
autrement que par mes mots
m'absenter de mes rêves
ou plutôt les emmener
pour poser le pied
dans ce que l'on appelle la réalité ?

ce que mon inconscient me dit
mot après mot
jour après jour
est une aide
je sais qu'il me guide
me permettant de gérer
une infime parcelle
de ce qu'il y a à accomplir
pour moi
un jour à la fois
sinon
je désespérerais

mais il n'en est rien
j'ai appris à déconstruire les montagnes
et à les transporter
miette par miette
telle une souris



Sunday, February 18, 2018

Les gens disaient

Lilya Corneli

tiens-toi droite
mais je ne savais pas me tenir droite
je me courbais
et regardais le sol
et j'avançais comme ça

quelqu'un m'a réveillée

certains de mes enfants ne me reconnaissent pas
les petits se sont habitués à me voir évoluer

il était important que l'on me réveillât
de ce profond sommeil
dont je m'étire encore parfois

sommeil ou paralysie
peur au ventre
j'ai désappris la peur de l'obscurité
la peur de la solitude

l'énergie de la peur est sortie de moi
et je fais connaissance avec mon énergie
comme c'est étrange de vivre sans celle-là

ne pas avoir connu mon énergie à moi
durant tout ce temps
car j'étais envahie d'une peur immense
intruse
qui me bloquait

enfin je ressens la mienne
et celle qui me ramène à la vie


Appel à témoignages et interviews




Personnellement je fais le lien entre le maternage et la prévention de l’abus sexuel, au sein de la famille notamment. Je veux dire par là que le maternage répare en partie le parent abusé et est l’occasion d’offrir à son enfant tellement mieux que ce qu’on a pu subir. En plus positif qu’une non reproduction des abus subis, ce qui constitue déjà un grand pas. C’est ce que j’ai intégré en terminant Un petit noeud et puis s’en va que vous pouvez découvrir ici, sur le site des Editions l'Instant Présent.. Et je compte bien mettre cela en avant auprès des professionnels en formation. Un enfant qui reçoit un toucher sain par quelqu'intervenant que ce soit sera plus à même de reconnaître un toucher ou un comportement inapproprié, avec qui que ce soit. J'ai la ferme intention de présenter le portage, notamment à des publics professionnels en prévention des abus sexuels,  au-delà de la violence ordinaire. Pour avancer par rapport aux sempiternels préjugés sur le contact professionnel-enfant. Je lance aujourd'hui un appel aux parents pratiquant le maternage proximal et ayant subi l'inceste ou d'autres violences sexuelles et qui seraient prêts à témoigner ou être interviewés par moi, sous leur nom ou sous un pseudonyme. Lorsque je m'embarque dans un processus d'interviews, cela s'écoule sur plusieurs années. Les témoignages et interviews sont revisités en commun un an, puis deux ans après, afin de se donner le temps de la réflexion que ce sujet mérite. N'hésitez pas à diffuser mon appel et à me contacter à cette adresse : ingrid.vdp@gmail.com

Merci

Tuesday, February 13, 2018

Le repositionnement

mai 2013
d'une vie à l'endroit
prend du temps
de la concentration
beaucoup de patience
- énormément -

déconstruire
les peurs
les fausses croyances
les attentes tournées vers l'extérieur
que l'on peut s'adresser à soi

qui étais-je enfant ?
je n'ai pas de réponse à cela
et j'aurais voulu poser la question
à qui le sait
je ne me voyais pas
et l'on me renvoyait du négatif sur moi
pas d'affectif
mais des louanges pour gonfler son ego
j'étais un accessoire
une parure
la question est posée
voilà

je suis là sans racines
ou avec des racines fines
qui pourraient m'aider à être forte

face à moi-même
j'avance
dans les projets
qui sont dans mon cœur

et je sens que c'est important
d'être là
de vivre ce moment
essentiel

à force de déconstruire
ce qui était en toc autour de moi
à force de trouver l'amour au fond de moi
et de reconnecter
doucement
les morceaux
avec une force
et une douceur infinies

le puzzle
se réduit
doucement
et est peut-être un peu moins énigmatique
jour après jour

l'énigme étant :
est-ce que je crois en moi ?
je crois en toi
oui
mais en moi ?

et avancer

Wednesday, February 07, 2018

Déjà


je me recroqueville
dans la seule pièce
où il fait chaud cette semaine
ma chambre
tout comme je m'y réfugie en été
lorsque c'est la seule pièce où il fait  respirable
par temps de canicule
ma grotte
une nouvelle tanière
depuis trois ans maintenant
clarifier ma pensée
et écrire
parce que j'ai cette maladie
cette respiration
c'est comme ça
on a chacun les siennes
ou ses fonctions essentielles
entre faire et être, il y a écrire
un délicieux mélange des deux
car cette action des doigts qui écrivent
sur papier ou sur clavier
laisse le reste de l'être
respirer calmement
la plupart du temps
même si quelquefois
une intense énergie
me traverse
me pousse
et fait que j'y arrive
que ce soit pour achever
une lettre ou un livre
l'énergie me pousse
dans le dos
je la sens quelquefois
importante
gigantesque
me donnant la force d'être
ou de faire
ce que je fais là
la dissolution des angoisses
et le fait de se retrouver à faire
ces gestes
à synthétiser la pensée
à clarifier les idées
cette énergie-là
est une amie
invisible
et donc
je vais passer
une part de cette journée
avec elle


Monday, February 05, 2018

Il y a



des enfants
qui survivent à des guerres invisibles
et ne savent même pas que ces combats sont en eux
qui ne savent pas pourquoi ils vivent ce qu'ils vivent
pourquoi ils pleurent
pourquoi ils sont joyeux
lorsque des éclairs de bonheur tombent sur eux
ils ne savent même pas pourquoi des peurs immenses les atteignent

mon enfant intérieur
je te porte et je t'aime
et je voudrais te donner
toute la reconnaissance que je n'ai pas reçue
je ne parle pas de compliments et de flatteries
de diplômes ou de je ne sais quoi d'autre
je voudrais te dire
et je t'écris ici
car je ne sais pas toujours bien parler en direct
c'est parfois tellement difficile
je te dis que tes cheveux blonds
je ne les ai pas oubliés
que peut-être un jour certains pourront te dire
qui tu étais
car  tes parents ne t'ont pas raconté qui tu étais
à part que tu étais trop ceci et trop cela
extrêmement impatiente
exigeante
ils te disaient que tu faisais du cinéma
que tu jouais la comédie
que tu voulais trop
vivre bien trop de choses
et la lettre de Saint Nicolas qui reste dans l'album photo
te rappelle que tu râlais
que tu n'étais jamais contente
et qu'on te le reprochait
car il fallait que tu te taises
alors tu t'es tue
une fois en vacances
tu t'es même tue pendant une semaine complète
car tu ne voulais pas être là où tu étais forcée d'être
j'aimerais que tu saches que jamais je ne t'enfoncerai l'ongle entre les côtes
pour te faire avancer
pour que tu ne sursautes pas de frayeur
lorsque tes enfants tapotent ton épaule
et que tu n'aies pas besoin de leur dire comment toucher ton épaule
pour ne pas t'effrayer
j'aimerais que tu saches que tu as le droit d'avoir mal
et de pleurer
et que tu ne me déranges pas
que tu n'es pas étrange
que tu es juste blessée
j'aimerais que tu saches que jamais je ne te tiendrai la main avec une main molle qui n'a pas envie de tenir ta main
et que jamais je ne te dirai "tu sais que je t'aime, pas besoin de le tire tout le temps"
je voudrais que tu saches que c'est terminé
et que tu es en sécurité

j'aimerais que d'autres que moi te disent qui tu étais
comment tu te comportais
car ta famille ne t'en a pas vraiment parlé
à tel point que tu ne sais pas si vraiment tu as existé
mis à part le fait que tu as encore des cahiers à l'encre étalée par ton poignet gauche
lorsque tu écrivais en 1ère année

je peux te dire quand chaque fois qu'une personne s'excuse de se confier, je lui dis qu'elle ne devrait pas s'excuser ou se sentir coupable de quoi que ce soit
si un jour tu as cessé d'appeler à l'aide, mon corps s'en est chargé
il sait tout
et nous relie, toi et moi
ce ne sont plus les mêmes cellules qui composent mon corps
à 49 ans
que quand j'avais 18 mois ou 16 ans
mais c'est le même moi
la même âme
vêtue d'un vêtement qui a évolué
en cohérence
au fil du temps

je peux te dire que je veille sur toi
que je pense à qui tu es vraiment
que je t'accepte vraiment
que je t'aime

Saturday, January 27, 2018

Inauguration de moi




en pyjama à la maison, occupée à nettoyer une blessure ancienne qui a été ravivée cette semaine par des mots blessants, alors que je souhaitais inaugurer en ce jour un lieu dans lequel je reprends une activité, ou peut-être une essence. Encore une naissance de moi. 

Une amie me confiait que des personnes avaient mis des mots sur ses blessures en lui disant qu'elle avait manqué de paroles de vie. Une reconnaissance de son vécu. 

Oui, c'est ça. J'ai reçu cette semaine des paroles qui n'étaient absolument pas des paroles de vie, de celle qui me l'a pourtant donnée. Jalouser son enfant. Je n'aurais jamais imaginé cela. Se voir en compétition avec moi. Je m'autorise à rayonner lorsque tu ne rayonnes pas. Là est ma faute, ma très grande faute, je crois. Quelquefois tu m'épargnes et quelquefois tu frappes. Au vogelpik. Si au moins tu harponnais comme Socrate, dans le but de me faire progresser, ce serait intéressant. Et puisque la blessure ravivée date de mes quatorze ans, j'accompagne mes mots d'une photo de moi prise cette année-là. Vise ailleurs, merci. Tu sais, on pourrait rayonner ensemble. Je cite Intimes naissances : choisir d'accoucher à la maison : Je voudrais connaître mon histoire et comprendre ce qui s'est passé. Je me prends à rêver... et je parlais de toi dans cette phrase, maman. Il est des familles où les personnes ne craignent jamais de manquer d'amour. Et où il coule à flots. Tu n'es pas née dans une famille comme celle-là. Je n'en suis nullement responsable. Et je fais de mon mieux pour ne pas imiter cet héritage-là.



Saturday, December 30, 2017

Être




écoutée
entendue
est extrêmement rare

avoir la sensation d'être comprise
n'en parlons pas

entendre un autre mettre des mots
sur une réalité que je ne soupçonnais pas
et qui était là
en moi
le diagnostic bienveillant d'un immense gouffre
qui m'étonne, m'effraie et me fait beaucoup de bien à la fois

parler sur les blessures pour les guérir
laisser couler ce qui doit couler
parler
parler encore
comme si on y était
peu importe l'année
dont on parle

guérir

les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs

merci pour les fenêtres
ouvertes doucement
si doucement parfois

moi
hypersensible
à n'importe quoi

j'aime les mots
que l'on peut poser
ensemble
pour apaiser

je voudrais apaiser
mon capital douleur
longuement amassé
afin qu'un jour il cesse
d'exploser en moi