Friday, July 31, 2015

Ce

 photo E. ou L. W.

n'est pas
un bout de tissu
mais
une salle de sport


Wednesday, July 29, 2015

Tout

arrive
un jour

mais celle-là
je ne l'ai pas vue venir

cette phrase que m'a dite aujourd'hui une coach
 "vous avez les pieds sur terre!"

j'ai répliqué
"ah ça, on ne me l'a jamais dit!" 

alors elle m'a répété la phrase
pour que je l'entende bien

"vous avez les pieds sur terre!"
je n'en reviens toujours pas...
mais c'est bien !

Saturday, July 25, 2015

Ouille

 photo Sandrine Fraikin

enfin non
pas ouille

ce soir
j'ai pu me goinfrer de fromage
sans me foutre en l'air pour autant

grâce à la boutique végane
qui a ouvert
ici


un truc de ouf
il n'y a pas un microgramme de lactose
dans toute l'épicerie !

par contre
il y a plein de gluten
et là
je dois être prudente

c'est comme un départ en vacances
tout près de chez toi

d'abord tu sors
en short
comme il se doit

par besoin
de digue
de mer
le vent était dingue aujourd'hui ici

et puis là
c'est une autre planète
le frigo plein de glace
devant lequel j'ai appris à me dire "danger !"
n'est pas dangereux du tout
- sauf pour le porte-monnaie ! -

Je peux choisir mon pot de glace
si je veux
sans devoir lire à la loupe
les étiquettes

alors que d'habitude
il y a peut-être
parfois
un producteur de sorbet
qui n'a pas eu l'idée bizarre
d'ajouter du lactose
dans son truc

et donc
je m'acclimate
je découvre
je goûte

entre les bouleversements
énergétiques
qui me font
tourner la tête
- en ce moment
je perds souvent l'équilibre
même quand je suis allongée -

le classement raisonné
de mes toiles
cette semaine

beaucoup de dialogue
intérieur
extérieur

une toile au couteau
aujourd'hui

l'ai-je détruite
ou ensoleillée ?

un jour
je le saurai




Sunday, July 19, 2015

Puisque

j'ai choisi
d'espacer mes posts ici

que dirai-je ?

ah oui
j'ai encore écrit des trucs
ça vient tout seul
ou presque

c'est comme une expérience
qui me rassemble
moi qui fus souvent
si éparpillée

et donc
ça fait du bien
vraiment

ma prof de littérature du Commonwealth
disait toujours
que lorsqu'on est en prison
on écrit des poèmes
et qu'on les retient par coeur

et que c'est ailleurs
que l'on peut s'investir
dans des projets plus conséquents

en ralentissant mes blogs
en m'investissant dans des textes
plus conséquents
je m'autorise
à aller au-delà
de ces créations brèves
ces instantanés

je n'ai pas vécu en prison
certes
sauf mentale
entretenue par moi-même

l'idée est
de m'en libérer

j'ai vécu un événement
qui m'a touchée
et fait comprendre
que je ne peux plus
croiser
mes grands
qui ne me disent pas boujour

je n'arrive plus à sourire
face à ce qui me déchire

j'ai laissé tomber
une cuirasse
que j'avais faite
pour me protéger

c'est qu'il était temps
de la déposer

moi je n'ai rien décidé
mais j'ai vu
qu'elle n'était plus

j'ai fait le point
sur mes projets professionnels
reprécisé mes objectifs
de mon mieux

il est temps pour moi
de faire une thérapie
pour couper avec le négatif

toutes ces idées
dont on m'a aspergée
et dont je suis imprégnée

et qui n'ont
en fait
rien à voir avec moi

l'idée c'est
de croire en moi

que moi
je croie en moi

même si
j'ai foiré
beaucoup de choses

ou même si
je ne rentre pas
dans les cases

et si
je vais bien
quand j'écris
alors
je continuerai


Tuesday, July 14, 2015

Au

bout
de nombreux essais
j'ai quand-même réussi
à faire le modèle
qui me serre dans ses bras
et celui
qui court vite
me chercher
un bout de chocolat
quand je pleure un coup

la chance
de ces modèles-là
c'est que je pleure
beaucoup moins
souvent
qu'avant leur venue
ici-bas

les modèles plus anciens
m'ont connue
en chutes du Niagara
 
que voulez-vous faire
face à ça
avec un morceau de chocolat ?


Tuesday, July 07, 2015

Ami lecteur

tu vas un peu moins
me retrouver ici

j'ai des cahiers qui m'attendent
et des livres qui m'appellent
afin que je les écrive

Sunday, July 05, 2015

Ami végé, ne lis pas ça !

vois-tu
dans ma mémoire
il y a
un tout petit cousin

dont j'adorais m'occuper
lorsque j'étais enfant

et hier
il a fêté ses quarante ans

et en dignes descendants
d'un marchand de bestiaux

les cousins assemblés
ont mangé
un cochon à la broche

dans un immense jardin
à l'ombre d'un majestueux magnolia

dans un village
que j'aime fort

dans une ambiance si paisible
après tant de tempêtes familiales

tandis que les enfants se battaient
à se mouiller

à se jeter des pommes pas mûres
entre deux camps

pour finir par jouer au badminton
dans la nuit noire pour certains

et devant
un bon film
pour d'autres

c'est très bon
de voir
mes cousins des villes

mais j'aime aussi beaucoup
revoir
mes cousins des champs

je ne sais pas
de la planète de qui
je fais partie

mais c'est pas grave
en se rencontrera encore
dans notre galaxie

il y a des conjonctions
interstellaires
qui valent de l'or

Friday, July 03, 2015

Je



ne suis pas un guignol
je ne suis pas un charlot

je n'ai pas que des mots
qui seraient vides

comme il fut parfois
tentant de le croire

ce soir
je suis juste une fille
traversée par un torrent
violent et ce torrent
ne m'appartient pas

j'ai cette capacité
à sortir
les émotions
que d'autres ont

un déversoir
je suis secouée
tranquille
et traversée





Wednesday, July 01, 2015

Le thé



c'est un fait
revient dans ma vie
sous diverses formes

d'abord
j'ai eu
ces derniers mois
pas mal d'occasions
d'apprendre
à mes petits
à se soigner
avec l'huile essentielle
d'arbre à thé

rien à voir avec le thé
peut-être
mis à part le nom

ce produit
qui prend si peu de place
dans ma pharmacie
qui remplace tant de choses
que j'achetais avant
un produit que je trouve en herboristerie

heureuse
je suis
à chaque occasion
de rendre
mes enfants autonomes
en leur enseignant
comment aller mieux
grâce à de petites choses
telles que celle-là

puis
ce soir
une tout autre version
du mot
thé
m'est revenue en mémoire

il fait un temps
à faire du thé
à le mettre au frigo
avec plein de rondelles de citron bio dedans

demain
il sera

gla-cé !

merci
à celle
qui m'apprit
à faire cela

c'est aussi chez elle
que je découvris ce qu'est
un petit déjeuner
avec saucisses, oeufs, toasts  et jus d'orange surgelé dégelé

et c'est chez elle aussi
que je découvris
comment se déguste
le beurre de cacahuète
avec sa confiture
bien évidemment !

ce que je n'ai pas terminé
de faire
loin de là !

Wednesday, June 24, 2015

Deux


photo Sandrine Fraikin

mille photos
dans la tête

et

je jongle


avec des mots
tout autour

pour que ça soit
doux
joli
sensible
et
sensé aussi

Au



vu
des statistiques
que je réalise
sur ma tribu

je constate
que celui qui est entré le plus tard à l'école
en sort aujourd'hui le plus vite
là où la grande majorité des autres a tâtonné
et a doublé

car ils n'étaient pas prêts

ils avaient besoin de
beaucoup
jouer

celui
qui a joué
tout son saoûl
et mis les pieds
à presque 9 ans
pour la première fois
à l'école
sort aujourd'hui du primaire
après avoir royalement passé
quatre ans
de sa vie
sur les bancs de l'école

alors
pourquoi faut-il commencer à 6 ans

ne serait-ce pas tôt
vraiment ?

et est-il plus valorisant
pour un enfant
de faire deux fois la même année
que de faire deux années en une
quand il est prêt ?

tout est possible
chaque chose en son temps


Mein




photo Sandrine Fraikin

 
Mittelpunkt
ist nirgendwo
und überall

mon centre
est
nulle part
et
partout

je ne suis
nulle part

je suis
entre deux

je suis
entre tout

je suis étalée
je suis enfermée

si je m'étale
si je m'enferme

mon centre
c'est
ce qui est
juste

au milieu

mais c'est aussi
ma peau
et tout ce qui fait
que je suis moi

c'est un regard
c'est une voix

c'est ce qui me fait
marcher
respirer

être

c'est

ce qui me meut

Imagine



que tu as deux amis

l'un te dit
"fais pas ça
moi je sais
que c'est
pas bon pour toi"

l'autre te dit
"ah ok
ça m'étonne un peu
beaucoup
mais si tu sens
que c'est bon
pour toi
c'est ok pour moi"

quel ami
tu gardes
dans ta vie ?

Tuesday, June 23, 2015

Aujourd'



hui

je suis allée m'étaler
dans un parc

j'ai pris un bain
de nuages

et complètement
déconnecté

et
c'était bien


Monday, June 22, 2015

Mes



blogs
ont connu
des pics de visites
incroyables
en ce solstice d'été

il est un fait
que je n'ai
actuellement
plus rien
à vendre

sinon mes mots

cela n'empêche
qu'ils soient gratuits ici

je ne vais pas monnayer
chacun d'eux

et donc
je n'ai rien d'autre
à vendre
que mes mots


 là posés

il n'y a aucune commande
dans ce que j'écris

c'est (parfois) rétributeur
a posteriori


ou toujours
en fait
et même ici

car l'Univers

a de multiples manières
de les valoriser

je suis un papillon
de mots
qui vole
lorsque vous me lisez

merci
de l'effeuiller





Thursday, June 18, 2015

Je

voudrais bien comprendre ce que j'écris. Mais je n'y arrive pas. Je transcris ce qui vient en moi, ce qui paraît ou coule fort ou doucement. Je suis dansante à l'intérieur, tout en ayant un air tellement calme. C'est la tempête au dedans, quand les mots se bousculent, que je les récupère tant bien que mal en galopant sur le papier ou le clavier. Je ne sais pas pourquoi je fais cela. Je sais que je le fais. Que c'est bon pour moi. Que cela constitue une part importante de mon équilibre interne. Ecrire. Et pourquoi pas? 

Je n'ai pas d'heure. Pas de rythme. Est-ce mal? 

Je commence à connaître mes sensations de l'intérieur. Il y a des ambiances qui m'aident évidemment. Des présences. 

D'autres ont sur moi un effet tout contraire.

Lâcher prise : j'apprends. 
Me faire confiance : j'apprends aussi.

Je suis en apprentissage permanent de moi-même, de la vie, de la mort, bref du changement.

Et je vais mieux lorsque j'écris. Point. C'est ainsi. 
Et donc, j'écrirai. Ce sera. C'est. Ce fut. Qu'il en soit ainsi. 

Je n'ai pas besoin de comprendre tout ce que j'écris. C'est au-dessus des forces que j'ai. Je suis là pour écrire. Débrouillez-vous avec ce qu'il en reste, ce qu'il en ressort. 

Ce n'est pas la peine de combler les vides de l'existence avec des carabistouilles en tous genres. Etre. Je suis. Est-ce suffisant?

Ah non, il faut produire!
Alors disons que je produis quelques écrits. 
Sera-ce suffisant?
Je ne le sais. 
Je sais juste que je suis celle qui écris ceci. 
Celle qui apprit à lire, à écrire pour écrire ceci.
Rien d'autre ne m'encombre, résolument.
Je suis un réceptacle habile.
Comme on fait des enfants, j'écris.
La grossesse est lente ou rapide : je ne la contrôle pas.
Je vis et je vois: oh ! Ceci est sorti. J'ignorais que ce fût le moment !

Je me souviens de cette naissance troublante, celle de mon septième enfant - une petite fille, mon plus gros bébé. Eh bien, je ne sais pas comment j'ai fait. Je fus tellement calme tout le temps du travail. Je m'étais entraînée à l'auto-hypnose pendant les mois qui avaient précédé la naissance. Je découvris la force de l'auto-suggestion. Pour ensuite comprendre que nous la pratiquons tout le temps. Le risque, en traversant un événement tel que cette naissance, qui n'eut pas lieu dans la pièce de la maison dans laquelle j'étais persuadée qu'elle se déroulerait, c'est de comprendre que nous sommes tout-puissants.

Lorsque je m'exerçais peu avant la naissance, que je fus en travail, à plusieurs reprises, puis je jour j, je fis dérouler dans ma conscience un mantra que je m'étais créé. Il était composé des prénoms de mes six enfants déjà nés. Je m'autocensurai ; je créai mes pensées. Et j'eus ce que je voulais : une naissance paisible, loin des peurs qui déchirent et font que vous vous débattez en hurlant. Sans médicament. Non. Il n'y eut pas de désespoir en moi cette fois-là, chose exceptionnelle. Je ne hurlai pas. Je ne jurai pas. Je fus moi, au-dessus des vagues torrentielles qui déferlaient en moi. J'étais moi et j'étais au dehors de moi, dans cet espace intemporel que l'on dénomme pénombre. Oui, j'étais la pénombre, le calme qui fait place à la tempête et ne s'efface pas. Ce qui est lorsque tout passe. Ce qui est ou restera. 

Le mantra fait le vide des pensées. Par contre, lorsque j'écris, il en est tout autrement. Je ne sais pas comment je fais. C'est un processus en moi. Je respire. J'écoute. Tout se déroule en moi. Le raisonnement est écrit déjà, on dirait. Je suis un scribe. Je suis moi. J'écris les mots en moi. De quelle partie de moi viennent-ils? C'est très difficile à déterminer, tant je ne sais jamais vraiment à l'avance de quoi je vais parler. Je ne sais pas du tout. C'est comme ça. Puis ça vient. Je chope le truc. Je prends. J'écris. Et puis voilà. Comme aujourd'hui. J'avais prévu du temps, un espace pour ça. Je me suis rendue dans un lieu où j'aime écrire. Beaucoup. Depuis peu,mon smartphone a lâché et je ne le remplace pas. Je garde la maîtrise de cet espace en moi que l'on nomme "ma tête". J'ai toute ma tête à moi. Et ce matin, alors que je souhaitais prendre un thé à la terrasse d'un café, j'ai simplement payé sans consommer, m'avouant vaincue : à la radio passaient les informations. Le son était réglé haut. J'ai cru que j'allais péter les plombs. J'ai réglé et ai quitté ce lieu où je ne pouvais m'entendre penser.  Et donc j'écris comme ça, à l'aventure. Sans me soucier de rien. C'est quand je me soucie que cela ne va pas. Quand je me bloque, rien ne va. Et quand j'ouvre la fenêtre d'entrée de l'écriture en moi, alors je respire. De l'air entre. De la plénitude. Quelque chose vient de moi. D'une autre partie de moi.

écrit le 16 juin 2015

Wednesday, June 17, 2015

J'ai


rêvé
oui
j'ai rêvé

pas d'acheter tellement de cornichons
que j'en ai maintenant trois pots à la maison
- il faut que j'ouvre l'oeil et le bon ! -

pas d'entendre mon fils parler allemand
avec un accent français
- je suis responsable de la double transmission, en plus ! -

par contre
oui
j'avoue

j'ai rêvé
d'un livre en quadrichromie
et ça
c'est en passe d'être fait
- dernier shooting demain ! -

et c'est à peine croyable

alors
au rayon des rêves
oui

j'en ai réalisé
pas mal

mais
ce qui est beau
ce sont les surprises
que l'on se fait
au détour du chemin

ces choses
auxquelles on ne s'attend pas
même si on peut les espérer très fort

la vie
c'est encore mieux que dans les rêves

le livre
par exemple
il n'est pas tombé du ciel

il a eu une looooongue gestation

pas à pas
(peau-à-peau)

qui vaut toutes les couv' du monde

yep !
il est joli
le chemin

Sunday, June 14, 2015

Pour


Kitagawa Utamaro
Mère et enfant


mon anniversaire
j'ai reçu
cette année

une image
de Jean-Lou

un bic
en bois
rose
de L.
pour écrire
écrire
et écrire encore
là où l'inspiration
est
douce et fluide

un foulard
d'E.
- qu'elle
va me piquer
c'est sûr -


des tas de messages
doux
pour la plupart


une semaine
un peu folle

et

de la sérénité

qui m'a permis
d'avancer

beaucoup

Friday, June 12, 2015

Depuis

le matin
(enfin hier matin...)
elle joue
sur mon bureau

quand je me suis assise 
pour commencer la journée
elle gambadait sur mon clavier

à présent
elle se balade
sur ma lampe

mon amie
l'araignée

si petite
si belle

symbole fort
(j'en ai marre de croiser des animaux morts)

l'araignée tisse sa toile
elle crée
elle me plaît

sa présence est un cadeau

L'

important
en écriture
n'est pas d'emprunter
un air important

de se donner
un genre

ce serait
une sorte
de simulation

l'important
dans les mots

c'est ce que je ressens
à présent

c'est l'extrême plaisir
la surprise intense
qui traverse mon être

quand je ne lui résiste plus