Monday, May 20, 2013

Ce soir


nous avons parlé
de licorne

elle jouait aux playmobils
et j'ai ri de voir sa licorne "garée" dans un box
extrêmement classique, ma foi

dans ses playmobils,
il y a des fées, des rois mages,
une sainte famille
le grand saint aussi
parmi les personnages de tous les jours

comme si tous les niveaux vibratoires
s'étaient joyeusement donné rendez-vous dans notre salon

normal, en quelque sorte...

et quand j'ai mentionné l'animal
parqué dans son box,
elle a répondu d'un "c'est ma licorne"
qui m'a fait partir en chansons
tel un chien de Pavlov

j'en fus toute emportée
vers ces mots cent fois écoutés
il y a de nombreuses années

http://www.youtube.com/watch?v=jG0GTJqLGbo

mais aujourd'hui
la licorne
pour moi
ce n'est plus cela

ce sont des visions apaisantes
superbes

grâce auxquelles
je rechante,
du reste






Dans
Acrylique sur toile, mai 2013


ma vie en vrai
je dors un peu

ce matin
je reçois
des messages
en néerlandais
bon, je comprends en gros
l'essence
le contenu

et
je vais
les garder
pour moi

je ne vais pas
en faire
un plat
ou
une vidéo


Saturday, May 18, 2013

L'


arroseur
est
parfois
arrosé

et
l'irradieur
se fait
copieusement
irradier

tout
est dans
la pensée

sa force
m'émeut
infiniment

ce que
tu envoies
tu le réceptionnes
naturellement

l'univers
est ainsi
ordonné

et

c'est
important

Il



fallait
aujourd'hui
que je passe par là

choper sur internet
un truc qui traîne
pour ensuite l'envoyer
vers la Lumière

j'avais besoin
sans doute
d'une rencontre
de plus
en la matière
pour me déterminer
complètement
à me former
au nettoyage
spirituel

après avoir croisé
tant de dépressifs
dans ma vie
comme si j'étais incapable
de vivre sans eux
depuis ma naissance
j'en quittais un
pour en trouver un autre
sur ma route

je sais
que cela est fini
depuis
quelque temps

n'empêche...

croiser et recroiser
une cause possible
de ce grand écart
m'interpelle
m'éveille

je comprends
à présent
le sens
de l'expérience
qui fut
la mienne
pendant
tout ce temps

un sens
de la fréquentation
assidue
durant toute une vie
de personnes en proie
à la difficulté d'être

il y a une clé

je crois


Friday, May 17, 2013

Les



enfants sont charmants
dans leur imitation

l'un de ceux qu naviguent chez moi
avait pour coutume de glisser des écharpes porte-bébé
dans de grandes enveloppes brunes pour les expédier
pour aider son papa

il s'agissait
pour lui
d'une évidence pure

papa le fait
je le fais
voilà !

l'autre jour,
sa petite soeur
me voyant fatiguée
et m'entendant parler du fait
que je devais établir des factures
de droits d'auteur
- démarche que je reportais à...
aujourd'hui -
m'en établit de très jolies
sur des post-it fuschia
"tiens, maman, voilà tes factures Smart!"

c'est de l'amour en barre
voilà !

Je



crois
qu'il faut parfois du temps
pour se trouver
ce n'est pas grave
c'est plutôt enrichissant

Thursday, May 16, 2013

A
jacquard, sergé composé et huile sur toile, octobre 2011

la chasse aux flaques
nous sommes allées
chaussées de nos bottes en caoutchouc
de nos jolis impers
brandissant nos parapluies
et
jusqu'à l'école
avons zigzagué
sautant
dans les flaques
y avait que nous

Sunday, May 12, 2013

Ils


étaient deux
cet après-midi

je rentrais du parc
avec ma petite

elle les a vus
et les a suivis

deux canards sauvages


il y en a un paquet dans le coin
mais c'est la première fois
que j'en vois
se promener
à deux
si près de chez moi

http://www.youtube.com/watch?v=8AEyQgRFkuc

Wednesday, May 08, 2013

Quelqu'
huile sur toile, janvier-février 2013

un
de mal intentionné
m'a dit un jour:
tu ne comprends même pas
ce que tu écris

je crois que c'est possible

en réalité
je ne comprends pas ce que je peins
au moment-même où je le peins
et je suis totalement incapable de mettre une quelconque intention
dans cet acte de peindre
totalement gratuit
à part qu'il me donne la gratification de mettre la paix en moi
de m'aligner
je crois

mais je suis incapable de peindre en pensant à une thématique prédéfinie
incapable d'exécuter une commande
ce n'est pas possible pour moi

quant à l'écriture

il y a des fois où je sens que je dois écrire telle ou telle phrase
qui me dérange même un peu parfois
qui me semble absurde
mais elle vient
alors je laisse sortir ce qui sort

je ne supporte pas les jeux de mots interminables portant sur les sons "in" et "un"
ainsi que les sous-entendus analytiques qu'on y fait passer
pour moi, bien sincèrement, ce sont deux sons totalement distincts
mais je sais qu'il n'en est pas ainsi pour toutes les populations francophones
lorsque nous sommes partis vivre en région parisienne, j'ai compris que les gens confondaient totalement ces sons, un peu comme des "ain", "ein"et "in" sont des homophones
et lorsque j'ai vu que mon petit frère avait en primaire une leçon reprenant les sons "in" et "un" dans le même groupe, j'ai fait un bond
c'était un peu comme si on disait que les fraises et les framboises, c'est quand-même pareil
alors que non
ça ne se cueille pas du tout de la même manière
le geste, la posture, tout est différent
la framboise est un délice qui se dégustait pour moi au fond du jardin de mes grands-parents
les fraises, c'était tout un cérémonial avec ma grand-mère, pas un plaisir que je vivais seule

à confondre les sons et à greffer dessus des élucubrations, il me semble que l'on se tord l'esprit à qui mieux mieux

j'aime l'instantané des sons et des mots et ne pas absolument les contrôler
ne pas croire que je sais avant même de prendre le clavier ou la plume
ce qui va sortir à la fin du paragraphe que j'écris

je n'ai pas de projet sur les mots
ou la raison
de même que je n'en ai aucun sur les couleurs lorsque je peins

que font les mots dans ma vie?
ils passent
je suis
humblement
un filtre
je suppose
qui les trie à sa façon
je les associe selon mon oreille et mon coeur
selon la couleur que je leur trouve

et de même que j'ai cherché pendant des années à inviter des (futurs) parents à descendre dans leur corps et à ne pas être présents qu'avec leur néocortex dans les ateliers que j'animais

je projette de vivre ce qu'il me reste d'instants ici dans une sorte de non-projet du point de vue de la mentalisation

je sais trop bien comment les mots se constituent
je fus abreuvée de néologismes de penseurs
et admire au plus haut point celui, celle qui utilise les mots de tous les jours
pour exprimer ce qu'il ressent
ce qu'il pense
ce qu'il vit
ce qu'il est

Tuesday, May 07, 2013

"Il


faut
des fleurs jaunes"

ai-je perçu
ce matin

et

j'en croisai
plus tard

tiltai

les ramenai
ici

pour orner la table de fête
en préparation


Friday, May 03, 2013

Juste
photo Sandrine Fraikin

comme je comprends que ce livre que je prépare,
ce second bébé de papier,
va être réel et concret bientôt,

je me prends à avoir envie de le mettre en page
et recule l'heure du lever
pour ranger quelques pages en paragraphes propres et nets
dans ce document texte
qui bientôt partira à sa seconde mise en page
après celle du magazine.

Je pense à ma comparse
"photographe et tant d'autres choses à la fois"
grâce à qui tout ce chemin fut possible
et je suis remplie de joie

Et si je cherche
je trouve
des photos prises par elle
dont celle-ci

Voilà !
Je chiale

d'émotion

Merci à toi
d'être dans ma vie
Sandrine
Mes



guides
m'amusent !

Aujourd'hui, ils m'ont fait aller dans une boutique où je traîne de temps en temps.
Ils m'avaient juste dit ceci, hier et encore aujourd'hui :
"une veste rouge".
Puis, ce matin, "va voir S."

J'obtempère et vais voir ma copine S. à sa boutique.
Là, il apparaît qu'on avait des choses à échanger aujourd'hui.

Une bonne soupe bio plus tard, me voilà dans l'autre boutique, celle où mes guides m'avaient dit d'aller pour cette fameuse veste.

Je fouille...
Je cherche...
Et la voilà : une veste imperméable rouge avec un chapeau de lutin qui se redresse quand je mets la capuche. Adoptée illico.

Ensuite, ils ont tenu à ce que j'aille rechercher de la peinture à l'huile, pour que j'achève des toiles en attente depuis deux mois, faute de fournitures. Allez hop, au boulot !

D'accord !!!

Thursday, May 02, 2013

Cinq



mois
quasiment
sans les voir

cinq mois
pour remeubler
réaménager

cinq mois
pour souffler

cinq mois
sans heurts

cinq mois
sans bagarre

cinq mois
de répit

cinq mois
que je vis chez moi
vraiment

cinq mois
que tout ce qui devait partir d'ici
est parti

cinq mois
pour nettoyer
à tous points de vue

cinq mois
pour divorcer

cinq mois
sans eux

cinq mois
qu'ils croient
qu'ils ont choisi
leur papa

cinq mois
avec moi
et mes petits

cinq mois
ce n'est rien

cinq mois
c'est juste
un peu de repos
après la tempête

cinq mois
c'est insuffisant
et beaucoup
à la fois

cinq mois
qu'ils vivent
pas très loin

cinq mois
que je vis

que c'est dur d'expulser
un être de son corps
ou bien de sa vie

physiquement

pour se retrouver soi

que c'est dur
pour des êtres
de saisir
qu'ils sont faits de deux êtres
devenus tellement différents
au fil du temps
et qu'ils sont
eux-mêmes
tout autres
encore
que ces deux-là
et soudés
en fratrie
très très très très soudés
ceux-là

qu'ils ne doivent pas
choisir leur camp

que la cartographie a simplement été complètement changée
lorsqu'une partie de leurs fondations a

un jour
décidé de bouger

qu'elle a le droit de penser
que c'est légitime
un jour
de se respecter soi

et
que
parfois
on ne peut plus avancer
que comme ça



Wednesday, May 01, 2013

Yes !

Déblocage en cours
Alors que je ne voyais pas comment boucler mon second livre, tout s'accélère : je saisis, copie-colle, aligne les lignes de mots en rangs serrés la colonne. Plus qu'une centaine de pages de magazine à reconvertir en pleines pages... Je suis émue, très très émue, d'être allée hier à une conférence de Lilou Macé, qui témoigne avec toute sa spontanéité de son parcours des dernières années. Et comme je la remerciais de tout ce que j'avais reçu à cette conférence, lui disant que je ne lui demandais pas d'autographe, car j'étais ce jour-là fauchée et j'avais emprunté à ma maman de quoi assister à sa conférence, voilà qu'elle m'offre son second livre, Je n'ai pas d'argent de ça me plaît et me le dédicace. Je suis touchée, émue par ce partage d'expérience si spontané, cette ouverture du coeur et la capacité qu'elle développe sans cesse de vivre sur le flôt des événements, selon ses intuitions. Elle confirme au passage, en racontant qu'elle s'enregistre par mémos audio sur son téléphone, ce qu'une amie proche m'a confié un jour auparavant : oui, on peut s'enregistrer sur un téléphone, qui transcrit. J'avoue, je l'ignorais totalement. Je rentre à pied chez moi après la conférence et je réalise que je peux moi aussi m'enregistrer et profiter du printemps et de l'été pour "transcrire" ce que je capte lors de mes balades à l'extérieur. J'y capte tant de choses. La nature et l'air sont tellement propices à l'ouverture et à la réception de messages. La marche aussi.

Et donc

MERCI

Monday, April 29, 2013

Semaine



spéciale
blanc
ou lumière
(c'est comme vous voulez)

où je signale à l'univers
que je suis OK
pour accueillir un tapis
et
que le-dit tapis débarque
sur ma route


où je fais
quelques minutes avant la fermeture
de petites courses express
du dimanche matin
à côté de chez moi
et que je tombe
sur ma cousine
qui venait justement de se dire
"tiens, j'aimerais bien revoir Ingrid un de ces jours..."


mon frère s'est encore reproduit
encore
je m'entends
je suis assez mal placée
pour m'écrier "encore!!!"
lorsque quelqu'un se reproduit
mais c'est techniquement exact
et le résultat est,
ma foi,
très très très joli !

où j'ai appris
que le tapuscrit
que lequel je m'esquintais
non sans mal
en plein burn out
d'hiver
pouvait se résoudre à force
de copier-collers successifs
et d'une remise en page
légère
très très légère
en somme


enfin
je reçois
des photos
qui me font
un bien fou

et


je vibre encore plus fort


Saturday, April 27, 2013

Je

crois qu'il faut
que j'apprenne
à prendre mes responsabilités

Cela veut dire
apprendre à dire
non

Sinon
quand je dis oui
mon oui n'a aucune valeur

Donc
j'apprends à dire
non

Cela m'aide à voir
où je veux aller
à qui
à quoi
je puis dire oui

Cela signifie
que j'apprends à aller à l'encontre
de toute l'éducation
reçue

Être une fille
chez moi
c'était avant tout
être un béni-oui-oui
Être passive
totalement
Faire ce qu'on me disait
quand on me disait
Rien de plus
ou je déplaisais

J'ai longtemps étouffé
J'ai appris la respiration contrôlée
comme celle qu'on veut encore parfois inculquer aux futures-mères-objet
respirez, madame
bloquez, madame
poussez, madame
pas comme ça, madame
taisez-vous, madame
ne criez pas, madame
vous êtes grossière, madame

J'ai entendu
"toi, tu es trop sensible"
"toi, tu gardes tes bébés plus longtemps en toi
parce que tu ne veux pas les lâcher"

Bref, je n'ai pas satisfait
Je pouvais toujours mieux faire
Oui, j'ai beaucoup déçu

Alors oui, je déçois
Je le sais
Je perturbe parce que soudain
j'apprends à penser à moi
Il n'est jamais trop tard, je suppose,
pour accéder à cela
Jamais trop tard pour se donner la priorité à soi
S'aimer soi
Se respecter soi

Dieu que c'est difficile quand on ne compte pas pour soi

Mais je fais des progrès
Cette semaine, j'ai dit NON à quelqu'un qui m'embauchait
car ses conditions ne me convenaient pas
Cette fonction qui me détruisait ne me redétruira pas
Je ne veux plus fonctionner dans un système auquel je ne crois décidément pas
en tous cas pas pour moi

J'ai pris la décision à travers la tempête qui me détruisait,
encore une fois,
souvenir de tant d'autres
"Soyez là à telle heure, préparez ça, ça, ça et ça."
Soyez un bon rouage

Non, je ne sais pas
Je ne suis pas ça
C'est impossible

Lentement
jour après jour
je rejoins mon centre d'équilibre
Je m'étais éloignée
ayant cru
encore une fois
pouvoir satisfaire les attentes extérieures

C'est vrai,
j'ai cherché cela
j'ai posé ma candidature
J'avais cru que maintenant,
j'étais grande

Mais non
Je ne peux pas faire ça
Ca me tue
Car ça n'a absolument plus aucun sens pour moi

Une naissance, c'est souvent violent
J'ai trop de diplômes
Qui qu'en veut?
Pas moi
Je ne suis pas ça

Il faut savoir pourquoi j'ai fait ces études
Pour fuir loin, très loin
pour me mettre à l'abri
Les écoles, collège, lycée et université m'ont servi à moi de refuge
de porte de sortie de l'enfer
Merci pour ça !
Sauf que ça ne donne sur rien
Y travailler, moi ?
Cela n'a aucun sens
On ne peut pas se fuir toute son existence

L'enfer, c'est être transparente
C'est subir des moqueries
C'est être niée émotionnellement
L'enfer, c'est ne pas être reconnue
Être dénigrée toute sa vie durant
L'enfer, c'est faire absolument confiance
à qui ne la mérite absolument pas
c'est un loup déguisé en berger
associé à une bergère attentionnée, passive et qui s'oublie
L'enfer, c'est être sans socle
sans base
c'est hurler de douleur
jusqu'à ce qu'un jour
elle lève enfin les paupières, me voie et me dise
"je te crois
ce que tu me racontes ne m'étonne pas"

Le bonheur, c'est de voir la bergère passive devenir louve
quand mes crocs poussent aussi
Le bonheur, c'est de voir que rien n'est perdu,
même si je ne sais pas pourquoi j'ai traversé tout ça

La faille - ou la chance ? -
c'est que je ne sois pas capable de bosser pour quelqu'un d'autre que moi
car on m'en a trop dit et beaucoup trop fait
et que j'ai tant besoin de m'écouter,
moi que j'ai tant niée,
comme on a fait tout autour de moi

Car si l'école accueille et apporte une reconnaissance,
elle nie abondamment aussi

Rétablir l'équilibre passe par là
Oui, c'est ça, prendre mes responsabilités
vis-à-vis de

moi.

Friday, April 26, 2013

Après


avoir lu
l'autobiographie d'Eileen Caddy
http://www.findhorn.org/2008/10/flight-into-freedom-and-beyond-by-eileen-caddy/#.UXozRqIvnLM

je découvre celle d'une autre fondatrice
de Findhorn

http://www.souffledor.fr/boutique/produits.php?id=2091

très inspirant
ce livre
pour moi

pour comprendre notre lien au tout
et
le dialogue que l'on peut avoir avec chaque élément de ce tout

réapprendre
reprendre
sa
place
dans l'univers
physique et spirituel
que nous avons déchiré
démembré
décomposé arbitrairement
par oubli
de nous





Wednesday, April 24, 2013

De
mars 2013

la
nécessité
intérieure

Friday, April 19, 2013

J'
Acrylique sur papier, nov. 2009

ai écrit
ceci
dans un carnet
élam
couvert de roses noires
qu'un ami acheta pour me l'offrir ensuite
juste avant qu'il ne fût trop tard...

il m'envoya
accompagnant ce carnet
un livre pour enfant
Je suis
et un CD de chants religieux

ce colis arrivé par la poste m'a beaucoup émue
je ne savais pas comment y répondre
alors
j'ai remercié
le coeur bordé de larmes

depuis ce carnet m'accompagne
lors de mes voyages en train

ma cadette adore le livre
j'écoute le CD aussi
quand il fait lumineux
car ces chants vibrent haut
plus haut que la radio que j'écoute souvent

voilà donc
ce carnet
où je parle de lui

il contient désormais son histoire personnelle
les roses noires sont belles
on dirait une tenue de deuil
mais au coeur des roses
il y a la vie
un bouton rouge au centre de chacune

elles sont trente à peu près à couvrir le carnet

ô comme j'aimerais pouvoir raconter cela en vrai
à qui porte un deuil
ou une espérance qui se tapit
de peur de se voir
encore une fois
éteindre

alors j'écris dans ce carnet couvert de roses noires
et je recopie mes mots sur fond noir
je voudrais que s'estompe quelque chose
qui m'empêche de vivre ce que je vis
ou de le vivre de façon pleine

car je le vis déjà de façon fluide
fantômatique
en silence

je ne suis pas douée pour le silence
je ne suis pas douée pour me restreindre
je ne suis pas douée pour ne pas faire
ce que mon être m'invite à faire

dans le silence de ma nuit
j'écris que je suis bien en chair
et pas qu'une ombre qu'on étreint
mon double n'est qu'un très pâle reflet de qui je suis

comme ces lignes sont un pâle reflet de mes notes dans mon carnet
courbes et rondes
guidées par ma main

ceci est le même texte
et pourtant
ce n'est pas le même

comme une reproduction ne peut rendre l'épaisseur des couches de peinture
ou l'éclat brut des couleurs

la copie n'est qu'une copie

un double est un double

une main une main

Friday, April 12, 2013

Journée


suprême

où mon fils
m'a dit "bonjour"
et a accepté
le cadeau
que je lui apportais
pour les 18 ans
qu'il fêtait



dans cette maison
où il vit le jour
au salon
entre canapé et
grand frère
venu le saluer
peu de temps après
grignotant un biscuit
juché sur son vélo

recevoir ce "bonjour"
est tellement énorme

non
il n'a pas dit merci
il ne m'a pas embrassée

mais

il m'a dit "bonjour"
et c'est déjà immense