Tuesday, January 30, 2007
tapisser
je manque d'idées
pour tapisser
les murs de nos WC
je n'ai pas d'emprunts russes
comme ma marraine
qui
lorsque j'étais enfant
en avait tapissé
les murs
du lieu
où l'on trône
grand-papa
aurait dû
en acheter
un peu plus!!!
son mode de vie
envolé
dans un papier peint
longtemps
il a enfilé
un habit
avant de passer à table
restes d'un temps passé
et
tour à tour
se faisait jardinier
faisait pousser
fruits et légumes
pour sa nombreuse famille
homme mystère
pour moi
qui suivis le cortège
suivant son corbillard
lorsque j'avais 7 ans
étudiant dilettante
étudiant à vie
lecteur assoiffé
seigneur en guenilles
dont les photos pâlissent
où je le vois encore
en vacances en famille
port haltier
basanné
petit enfant
qui a dû se débrouiller
pour grandir sans maman
père présent
démuni
mais bien là
dans ses rêves
ses livres
ses prières
à quoi rêvait-il donc?
Monday, January 29, 2007
fête
à la lessive
deux mois
sans machine
et là
une GROSSE machine
8 kg
suivre
accrocher
mais on m'aide
et je retrouve
qui un slip-dinosaure
sur un grand ceintre en bois
qui un essuie de cuisine
(torchon si vous êtes en France)
sur un ceintre en métal
les petites mains
sont les plus secourables
Wednesday, January 17, 2007
déménageons
le bureau à la place du salon
le salon à la place du bureau
le bureau
- enfin - en périphérie
et non plus au centre de la pièce
bureau sur lequel je retrouvais toujours
des sacs de piscine
sacs de gym
peaux de bananes
bols de céréales vides
agendas
bics épars
une montagne de choses urgentes et insignifiantes
exit donc
mon bureau
au bout du rez de chaussée
du coin de l'oeil
je pourrai surveiller
ma couvée
qui déposera désormais
ses trésors
légos en tous genres
ailleurs que sur mon petit territoire à moi
j'aime quand ça déménage
c'est un signe de clarté
parfois
dans ma tête
je bouge quelques meubles
ça fait beaucoup de bien!
et hop
on récupère des meubles
qui prendront ici un nouveau départ
et d'autres s'en iront dans l'atelier
ou je ne sais où encore
ils valsent
ils aiment ça
----
j'ai en mémoire
une rencontre
où j'avais eu la chance
de recevoir
quelques rudiments de feng shui
là, on nous a expliqué
que le premier coup d'oeil compte
ce que le visiteur perçoit en premier
est d'une grande importance
il faut l'épater
le séduire
et le mettre à l'aise
si j'ai bien compris
et cela fait des années que nous vivons
en dehors de toutes règles
au niveau organisation, rangement...
le tumulte de nos esprits savamment mariés
a donné naissance à un espace sauvage
où nous laissons
depuis des années
libre cours à la vie des objets
j'éprouve un besoin
de pouvoir tout avoir à portée de main à tout moment
et que mes enfants puissent, quant à eux,
m'avoir à portée de main quand ils jouent entre eux
ce qui donne depuis longtemps
un espace joyeux
où le visiteur est très vite perdu
où je retrouve à peu près tous mes jeunes
le matériel de bricolage
tout ce qu'il faut pour réparer des vêtements
ou pour faire du courrier
pour répondre au téléphone
ou faire mes mails
c'est un peu comme si je n'avais pas su
mettre de priorités
aller à l'essentiel
je ne pouvais absolument pas
me résoudre à renoncer à l'une ou l'autre chose
je me retrouve nez-à-nez avec
un morceau de jouet de mon enfance?
impossible pour moi de le jeter
je le repousse en haut d'une étagère
---
me voilà
en route
pour remiser mes nombreux poetits tiroirs en carton
recelant mille et un accessoires si pratiques
et qui pourtant me servent si rarement
dans un coin moins perceptible du visiteur entrant
dans la pièce où notre famille vit principalement
on ne pourra les percevoir que de côté
on pourra tout au plus les deviner
et peut-être même qu'un tissu coloré
sera accroché devant
qui sait?
je me tâte
l'espace encombré d'objets que l'on garde
perd de sa liberté
de possibilités
alors???
si j'héberge des meubles
ou des fringues
pour une seconde vie
dans une nouvelle famille
si je n'ai pas trouvé
un amoureux de toute première fraîcheur
qui cependant s'est avéré
un partenaire surprenant
rassurant
parce qu'il m'a permis de quitter une vénération des objets quasi religieuse
pour aller vers une accumulation de livres qul'on ne vénère pas, mais
que l'on lit
triture
lit et relit
reprend là où l'on veut
et laisse tomber
quand on le souhaite aussi
rassurant
peut-être parce qu'avec sa non-carrière
il ne risquait pas d'être muté dans toutes les grandes villes d'Europe
tous les trois ans
et que donc j'ai cru que nousp pourrions vivre tranquilles
avoir des amis le temps que les amitiés dureraient
et pas le temps d'attendre une autre mutation
oui
lui et moi
avons maintes fois déménagé
avec nos parents reslepectifs
à présent
on se contente de déménager sur place
en rond
en long et en travers
un coup j'accouche au rez de chaussée
trois coups au premier
et un à l'entresol
comme en pied de nez
je ne sais pas encore à quel étage je mourrai
pardi
sera-ce dans la maison
ou ailleurs
avant lui
après lui
avec lui
comme les parents des Méganazes
(que je vous conseille, lecture ébourriffante!!!)
rassurant
oui
parce qu'il ne fait pas de carrière
parce que je ne fais pas de carrière non plus
je n'ai jamais été "nommée" dans une école
"voilà, jusqu'au bout, vous enseignerez ici,
c'est écrit ici, là-haut, c'est écrit partout, vous restez chez nous"
non
les carrières me font peur
celles qui vous coupent de tout tous les trois-quatre ans
comme celles qui vous figent au même endroit, tout le temps
non
je crois que j'aime assez
l'image du jocari
ce jeu auquel je jouais, enfant
sur la digue, à la mer
Il y avait un socle en bois
auquel était attaché un élastique
avec, à son bout,
une balle qui rebondissait.
Elle revenait toujours dans son socle.
Mais elle bougeait pas mal
lorsque je jouais.
Je n'aimais vraiment pas lorsque le noeud
de l'élastique se défaisait du crochet attaché de dans le socle.
Je ne pouvais plus jouer.
Alors voilà, je joue, je saute, je bondis,
comme ma balle de jocari.
Nouvelle disposition.
Une nouvelle saison.
Un peu plus de respiration.
Mon petit fouillis un peu plus en retrait
sur le côté quand on entre
histoire de voir plus clair
dans ma tête
ma vie
ma maison
de dégager de l'espace et du temps
pour autre chose que ce travail
envahissant
que je déplace doucement
et je crois que je vais me plaire ici oh oui
Friday, December 29, 2006
Mais comment donc est venue cette idée de non-scolarisation ??
cela fait des années
que je côtoie des personnes
qui instruisent leurs enfants en famille
particulièrement
une famille
avec laquelle je sens
de grands points communs
dans la façon d'accompagner nos petits
au départ dans la vie
proches
certaines personnes
sont une inspiration
douce
le travail se fait
en son temps
aussi
lorsque notre troisième a redoublé une année en primaire
j'étais persuadée que nous pourrions lui donner
toute l'attention dont il avait besoin
en le déscolarisant
mais
nous n'étions pas prêts
en tant que couple
à faire cette démarche
cependant
nous avons changé les enfants
vers une école Freinet
plus proche de nos valeurs
cette école est située
à l'autre bout de la ville
ce n'était pas dans nos valeurs
de faire vivre les embouteillages
matin et soir
aux enfants ou à nous-mêmes
encore moins de couper nos enfants
des enfants du quartier
cependant, il devenait essentiel
de rencontrer plus d'humanité
dans l'organisation globale de l'école
qui les accueillerait
indépendamment
de la bonne volonté
et du savoir faire
de tel ou tel enseignant
travaillant dans l'école
située à quelques dizaines de mètres
de notre maison
nous avons alors procédé à un premier
déménagement
par rapport à une norme
j'ai poursuivi ma déscolarisation
personnelle
dans ma tête
peu à peu
et rencontré les livres de John Holt
ainsi que des jeunes parents
qui soudain
se disaient
intéressés par la question
notre deuxième
âgée de 12 ans
connaissait des moqueries
et des tensions importantes
dans un collège
pourtant réputé pour sa relative
petite taille
et pour l'attention portée aux élèves
par ses éducateurs et ses professeurs
(tout est relatif, dans la vie -
il y a famille nombreuse et famille nombreuse -
petite école ne veut pas dire vie tranquille, hélas -
et il y a des écoles énoooooooooormes)
certes, elle fut accompagnée de façon
humaine par une éducatrice
qui se montra sensible
aux moqueries dont elle faisait l'objet
cette personne remarqua combien
notre enfant était concernée par des sujets
qui volaient haut au-dessus de la tête
de ses camarades
victimes de la mode et du qu'en dira-t-on
après deux ans
où elle s'était formidablement épanouie
à l'école Freinet
notre enfant était en bute
à une esprit grégaire et sectaire
qui ne favorisait pas son épanouissement
personnel ou son apprentissage
elle découvrit avec délectation le Latin
en compagnie d'une prof passionnée
et passionnante
rencontra un enseignement tordu
qui ramenait certaines matières
à des tâches scolaires
qui avaient peu à voir
avec son envie de travailler
de façon autonome
et accompagnée
comme elle l'avait appris
à l'école Freinet
grande décision enfin prise de concert
après le déménagement à l'école Freinet
nous la déscolarisons
elle reprend des couleurs
se détend
cela prend plus de deux mois
pour se remettre d'un tel stress quotidien
notre enfant revit
et repart dans ses apprentissages
son papa, sa maman
et d'autres adultes
à ses côtés
tout simplement
elle a plusieurs activités
avec des personnes
d'âges variés
chaque semaine
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tout comme les bébés ne sont pas vraiment faits pour être posés seuls, dans un berceau, pour une longue nuit
je me demande pourquoi nous voulons faire vivre des journées entières à nos tout petits et plus grands en groupes de quinze, vingt, trente enfants...
cela va-t-il dans le sens de leur épanouissement?
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Notre famille compte sept enfants. Qui savent, dès 9-10 ans, préparer un repas pour la famille entière. Les institutions qui accueillent nos enfants quotidiennement se rendent-elles compte des capacités de débrouillardise, de responsabilités de nos enfants? Je sens que lorsqu'on vient d'une famille où l'on est choyé mais où l'on ne vous coupe pas les ailes en faisant tout à votre place jusqu'à vos vingt ans, on est en décalage avec un système qui entend dicter leur comportement aux enfants.
Les enfants savent bien ce qu'ils ont à faire.
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Nous rendre disponibles pour les enfants, c'est un travail que nous effectuons peu à peu.
Nous aménageons notre horaire de travail en ce sens.
Nous avons laissé tombé la voiture et nous déplaçons en vélo.
Une autre façon de nous sentir avec eux et non de nous placer, sans nous en rendre compte peut-être, en position de force par rapport à eux.
En rue, deux d'entre eux apprennent actuellement à rouler. Ils se placent à droite, nous les suivons de près, légèrement plus à gauche, comme pour les protéger. Afin qu'ils jouent leur rôle sur ce chemin que tous empruntent.
Seront-ils acteurs ou passagers passifs, sur ce chemin?
Prendront-ils des initiatives?
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J'ai grandi dans l'idée que les vélos et les transports en commun étaient faits pour les sous-êtres qui n'étaient pas capables de financer une voiture... Et voilà qu'après quelques années, je dois me rendre à l'évidence: plus moyen de financer , d'entretenir, d'assurer, de faire rouler une voiture. A nous les vélos, donc, et un quotidien dans lequel le corps joue son rôle. Le corps bouge et cela fait tellement de bien. Cela redonne le sourire, des couleurs!!!
Nous ne sommes pas handicapés au point de ne pouvoir nous déplacer qu'en tournant une clé de contact dans une serrure...
Notre liberté, c'est...
nos jambes, pour bouger
notre tête, pour penser
notre bouche, pour parler
nos mains, pour écrire
notre peau, pour toucher
un entourage qui favorise l'écoute du ressenti de chacun
cela fait tant de dégâts de devoir lutter et chercher plusieurs dizaines d'années
avant d'en venir
à vraiment être soi
cohérent
juste
bien
pour soi
pour les autres
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bien avant qu'un enfant me rapporte un bulletin scolaire glorieux
ce qui m'importe
avant toute chose
c'est de sentir profondément
que mon enfant va bien
tous les lauriers du monde ne remplaceront pas cela
Monday, December 11, 2006
imprésisible fleuve
respire
peur posée
au bord du chemin
porter la peur
je ne peux plus
je peux juste
porter
ce qui vit
Wednesday, November 15, 2006
signe avec moi
Je ne sais pas comment elle pige si vite ce que ça donne en trois dimensions et en mouvement !?!
Depuis septembre, j’ai repris l’hygiène naturelle avec Ethel, (après un été qu’elle a passé à courir toute nue...) Je lui ai fait le signe « pipi » et le signe « pot » régulièrement depuis septembre, et cette semaine, Ethel signe « pipi ». Elle adore quand on le fait en même temps. C’est joli, sa petite main !!! Elle rit aux éclats de voir qu’on communique comme ça.
(Je vais demander à sa photographe de marraine de saisir ça au vol ... )
Mon passionné de chiffres et de magma demande des signes depuis deux jours, et voilà ma grande se lance.
Quel plaisir!!!
Wednesday, November 08, 2006
Un joyeux anniversaire
à toi mon homme qui voulais être un papa
et à moi (15 ans d'allaitement, ça se fête, non???)
Un joyeux anniversaire à nous trois, quoi!!!!!
Friday, November 03, 2006
un petit tour
haute comme trois pommes
avec sa petite pelle
petites bottes
anorak
et bonnet à pompons
ma demoiselle découvre la mer
en ce début d'hiver
se régale et creuse même un peu
(cette même semaine,
elle s'est mise à manger
toute seule à la cuiller)
elle aime essayer
les jolis bonnets
les vestes de ses frères
fait mine de se coiffer
elle voudrait bien tenir
ce blog aussi
c'est clair
et
c'est une lutte
de tous les mails
que de garder la main
sur ce clavier
heureusement
il y a alentour maints sujets d'intérêt
et j'avance hardiment
lorsqu'elle tourne le dos
et déjà
la voilà qui revient
ma petite oie cendrée
entre mes bras
Sunday, October 29, 2006
à quoi ça tient
qui peuplent notre lit
se décalent spontanément sur le matelas
dès que je me décale d'un poil
et se relaient
souvent
pour être collés
contre moi
vu qu'ils sont trois
c'est chacun son tour
d'être un peu plus loin de moi
pas tout à fait collé
mais pas hors de portée de bras quand-même
les mamantropes
sont aimantés
et se meuvent en troupeau
parfois
ils s'enlacent aussi
mes nuits sont bien rythmées
quand les mamantropes ont soif!!!
mais ils ne seront pas mamantropes toute leur vie
avançons
jour après jour
nuit après nuit
la plupart du temps
de très bonnes nuits
qui commencent plus tôt en hiver
(surtout qu'on a supprimé la télé, héhé)
j'ai enfin abdiqué, après 38 ans de luttes
acharnées
je ne lutte plus
contre la fatigue
et me détends
allègrement
écoute
laisse descendre
la détente
le soir
quand elle vient
je l'invite même
alors qu'avant
je la craignais
je n'étais pas copine
avec la détente
qui ravit
les lève-tard
pour devenir une lève-tard
il y a encore de la marge
mais je ne suis plus
absolument
une couche-tatd
c'est déjà ça!
j'ai récupéré
mine de rien
un beau paquet d'heures
que je laissais la télé me voler
et je flâne
nous devisons
autour d'un thé
nous lisons
nous apprenons l'art
de ne rien faire
le soir
Sunday, October 22, 2006
ils jouent
à l'école "pas Freinet"
Elle,
qui a passé deux ans dans une école "Freinet"
puis un an dans une école pas Freinet
et qui est à présent instruite en famille
Eux,
Ses quatre petits frères
Dont trois fréquentent la même école "Freinet"
qu'elle a fréquentée
Ensemble,
ils se défoulent
caricaturalement
et jouent au cauchemar
de la négation
de ce que ressentent les enfants
Grande Soeur
crie des consignes
assène des sentences
de privation
de liberté
de mouvements
réclame
des suppléments de paiement
aux enfants
pour obtenir
des boissons à l'école
se fait intrusive
et décide
à la place des enfants
(joués par ses petits frères)
quelle quantité
de boisson
et
de nourriture
ils peuvent recevoir
ça tient un peu de la caricature
je me demande si elle n'a pas lu
un bon petit diable
en cachette
ça les fait rire
un max
ce comptage
permanent
cette communication
remplie de menaces
cette cascade de punitions
toutes ces moqueries
portant sur leur intimité
et reçues en public
et ces étiquettes
collées verbalement
au front de chaque enfant
l'enfermant dans un trait de caractère
figé
et
- du coup -
voilà que je me prends
une collection de factures
de l'école des enfants !!!
au secours!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C'est quand qu'on se réveille de ce cauchemar?
hihi
Wednesday, October 18, 2006
exilés de l'eden
en train de découvrir
ce que d'autres savent
depuis tout le temps?
Ceux qui savent que les petits enfants
ont en eux la sagesse des anciens
et qu'ils se respectent
comme tout un chacun
qu'ils savent
ce qu'ils ont besoin
de boire
de manger
qu'ils savent
quand ils ont froid
ou chaud
s'ils ont sommeil
ou envie de
faire des câlins?
Il nous aura fallu tout ce temps
tout ce chemin
pour revenir
simplement
à un eden
(mais est-il encore temps?))
En ouvrant ce livre,
j'ai eu les larmes aux yeux.
Je vous livre
la raison de mes larmes.
Imaginez l'obscurité du Grand Nord. Non comme un élément dans lequel le voyageur s'aventure avec crainte. Mais, pour les habitants de l'Arctique, comme une origine. Imaginez l'intérieur d'une tente de peau, d'un igloo, ou d'un préfabriqué gouvernemental à loyer modéré. Une nuit, dans ce foyer, une toute petite fille inuit s'éveille. On la prend dans les bras, on la nourrit, on la câline - et on lui parle.
Qu'entend-elle? Les voix de tous ceux qui sont là. La voix de sa mère, qui l'encourage à se nourrir. Des paroles qui répètent au bébé qu'elle peut décider quand manger, et quand arrêter de manger. Des mots d'approbation. Après son repas, le bébé s'assoupit. Avec des mots de bienvenue, sa mère la glisse dans son amautik, la poche formée par le capuchon de sa parka, où le bébé peut se reposer tout contre le dos maternel. Puis elle fait ses besoins. Sa mère, qui l'a sentie bouger, la sort et la maintient au-dessus du sol, tout en murmurant des encouragements. "Unakuluk, annatiakulugit." "Gentil petit bébé, fais un beau petit caca." Elle essuie le derrière de sa fille, en disant: "Kuinijuannu saluittutunai." "Magnifique et dodue, comme tu es belle et propre." Le grand-père maternel s'approche pour voir nettoyer sa petite-fille. Il se penche et, son visage tout près de celui du bébé, lui parle avec douceur: "Nuliakuluga. Nuliagauvit? Ii, nuliaga una." "Gentille petite épouse. Es-tu ma femme? Oui, tu es ma femme." La ère sourit en offrant sa fille à l'adoration de son père, et dit: "Anaanangai. Ii, anaanagauvit." "Mère? oui, tu es ma mère."
Dans ces mots, l'enfant perçoit les sons de l'amour, et elle se sait en sécurité. Sûre non seulement de pouvoir manger et dormir, mais aussi de le faire quand et comme elle l'entend. Car elle est porteuse de l'atiq, l'esprit et le nom, de sa grand-mère. Elle est l'enfant adorée; elle est aussi la mère de sa mère, et l'épouse de son grand-père. Sa grand-mère revit en ce bébé, ce qui signifie que l'enfant, doublement et triplement aimée, doit être traitée avec respect. Pas plus qu'à sa grand-mère, fût-elle encore vivante, on ne saurait lui refuser de la nourriture ou la priver des morceaux de choix, lui ordonner de dormir quand elle veut être éveillée, ou la gronder de s'être salie. C'est que sa grand-mère est vivante - en ce bébé, qui est aussi quelqu'un d'autre. Pour son grand-père elle sera toujours "épouse", et c'est sous ce nom, comme avec tous les mots de tendresse qu'il employait enver sa femme défunte, qu'il s'adressera à elle. Et la mère du bébé l'appellera indifféremment "fille" ou "mère".
Sunday, October 15, 2006
accompagner
ça ne fait pas sérieux
on dirait
à première vue
que je n'éduque pas mes enfants
question de vocabulaire
peut-être
question de manières
de façons de faire
question de distance
ou de non-distance
question de confiance
que l'on peut se faire
et faire à l'enfant
qui boit
ce dont il a besoin
à la source
et s'en va
tranquillement
pour revenir
aussi sec
enfant
qui me prend comme je suis
que je prends comme il est
qui a le droit de pleurer
s'il est triste
de rire s'il est gai
enfant auquel
je ne souhaite pas
cacher les failles
de la vie
les failles des hommes
et mes failles aussi
auquel je veux donner
à goûter
tous les niveaux de langue
les plats rapides et pour gourmets
le lait pas bio
que je lui fais
chaque jour de ma vie
de maman de petit
enfant
que je garde jalousement
mon amie qui a gardé mes aînés
me l'a dit
elle sentait
que je ne voulais pas
faire garder mes bébés
être ailleurs n'avait pas de sens pour moi
et je l'ai fait
m'inventer une activité
où j'emmène mon plus petit
a été ma porte de sortie
surprise
mettre au monde
mettre au monde un enfant
oui
mais à un monde
marrant
un monde
respectueux de son ressenti
de mon ressenti
de son ressenti
un monde qui parle, se parle
un monde qui respire
et qui ne se prenne pas trop
au sérieux
Friday, October 13, 2006
et tu danses
tu danses
du haut de tes trois pommes
ton grand frère grunge
se remue dans tous les sens
au bruit
de ses écouteurs
dans les oreilles
et toi
tu danses
dans ta petite robe
sous ton petit tablier
car
ton grand frère
a ramené
ce soir
un CD
un disque de Reine
avec plein de musiques
que j'ai écoutées
l'année dernière
lorsque je t'attendais
et que tu nous faisais
des fausses alertes
des répétitions
de ta grande arrivée
ma petite Reine Coiffée
à présent
tu observes
deux posters
mosaïques
pleines de photos de bébés portés
l'une sous la main gauche
l'autre sous la main droite
ce poster te passionne
et sans cesse
tu en chipes
dans le tiroir de mon bureau
où je les range
pour les mettre dans le courrier
petit index gauche
pointé sur un papa
portant un petit garçon
au Laos
et petit index droit
pointé sur le même papa
portant le même petit gars
au Laos également
sur le poster de droite
à quatorze mois
tu reconnais les photos
lundi, c'était dans la salle d'attente
du docteur
qui te "suit"
ces photos
qui te parlent
de ce que
chaque jour
tu vis
que tu vas rechercher
toujours
à quatorze mois
bébé
en un instant
l'autre jour
détendue
tout contre ta marraine
qui nous faisait la surprise
de passer par là
ta tête dans son cou
tout ton corps installé
doucement
tout contre elle
mince alors!
tu parles déjà
toutes les langues, toi!
Wednesday, October 11, 2006
allô?
- Ne vous inquiétez pas, madame; tout est en ordre, mais vous savez bien comment ça marche avec la poste...
Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh
En ordre!
Et de une!!! LOL
Friday, October 06, 2006
doigts de fée
depuis quand?
je ne sais plus
mais je sais
que
depuis longtemps
je pleurais souvent
puis
patiemment
doucement
chaudement
presque chaque semaine
pendant plus d'une année
sur moi
ces doigts
se sont promenés
et
je pleure moins souvent
MERCI!
auparavant
les tentatives
de grand ménage
ne passaient
que par mes mots
pas par mon corps
même si
des personnes
qui m'aimaient
avaient la faculté de m'écouter
vraiment
des heures
et
des heures durant
même si
je pleure
en un instant
lorsqu'une occasion
se présente
même si
la source
n'est pas totalement tarie
Niagara
s'est fait
ruisseau
souvent sec
par soleil beau
depuis que j'ai
reçu
des massages
plus qu' "effleurants"
plus qu' "unifiants"
massages
recréés chaque fois
par des doigts
qui connaissaient
parfaitement
les creux endoloris où ils étaient attendus
qui savaient où ils étaient appelés
ce jour-là
pas la veille
ou le lendemain
qui connaissaient leur art
qui m'ont dit
après trois mois
de rencontre hebdomadaire
"on commence à pouvoir
travailler en profondeur
des choses se décoincent"
des doigts savants
qui m'ont fait tant de bien
que l'on a rejetés
parce qu'ils venaient de loin
de trop loin
pour qu'on ait pu comprendre
la paix
qu'ils avaient à partager
et ils sont repartis
exercer leur magie
parce qu'ici
on n'était pas prêt encore
à recevoir
ce que ces doigts-là
pouvaient donner
c'est quelquefois
si pauvre
pauvre et triste à la fois
que de laisser passer
ces armes de la paix
par méfiance
par manque de confiance
lorsqu'elles sont tendues
en toute simplicité
mais qu'importe
ces doigts-là
et la fée qui les porte
sont venus
transiter
du côté de chez moi
assez longtemps
pour me ramener
à bien plus de sérénité
et cela, c'est déjà totalement magique en soi
my baby's grown
tu me dis que tu peux rendre visite à des gens de l'autre côté de la terre je te sens paisible
et je suis heureuse de tentir que tu vas mieux bien mieux quelle chance j'ai le privilège
de te voir dérouler tes projets la musique les bouquins ou les journaux que tu dévores
maintenant que tu en prends le temps
je ne te ferai pas le coup d'angoisser perpétuellement en coulisses tout en affichant
une confiance qui serait encore à construire tu m'as donné confiance je t'en ai donné aussi
on a appris ensemble entre filles mère et fille des choses qui ne se perdent pas Shantala !!!
et je sais que tu sais que tu peux parler sérieusement avec les adultes et certains enfants que certains adultes écoutent sérieusement bienvenue toi qui à 13 ans es plus autonome que je ne l'étais à 18 bienvenue dans un monde où je ne tenterai pas de te faire croire que tu es obligée d'adopter un rythme fou et où tu peux aussi choisir cueillir l'instant le maintenant
respire le temps
pédale
nage
aime
écoute
et, si tu veux, nous ferons une fête
parce que tu vas
des enfants
aux adultes
mais toi, tu n'es pas comme ces grands enfants - dont je fis partie - que l'on conduit chaque matin en voiture sur le pas de l'école et dont on célèbre les engagements à renforts de cérémonies enfants entretenus dans un rôle de personnefaussement autonome j'ignore encore quelle fête nous pourrions fêter ensemble pour dire que tu es sage que tu es grande
que tu vois si souvent juste
tu sais ce qu'est une naissance quand tant d'"adultes" l'ignorent ici
il y a la paix en toi, souvent assez pour que d'autres s'inspirent de toi
ma fille
Wednesday, October 04, 2006
au cas où vous pourriez m'aider...
lorsque je visite les blogs des copines?
Nonobstant le fait que, ce faisant, mes petits tètent...
La convivialité à la maison ET une sorte d'ubiquité par le net
Nous mène-t-elle vers quelque pic particulier
dont nous, mères allaitantes surfeuses, aurions la primeur
la fraîcheur
chaleur
ça repart
je vous laisse
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demain, je fais des torsades
c'est plus rigolo
proudly presenting...
un nouveau concept
dû à une Pat lunaire
le pull à pull se veut convivial, mais pas intime
sécurisant et professionnel
il va débarquer ATTENTION
dans vos crèches
l'accompagnement individualisé
du petit enfant
en fonction des demandes qu'il exprime
le peau à peau
quant à lui
est réservé aux parents
il leur est loisible
de le prendre au mot
et de se défaire
de tout écran
qui ferait obstacle
au contact chaleureux
d'un enfant tout contre son parent
peau à peau
pull à pull
main dans la main
Verfreundungseffekt
redevenir son propre ami
sa propre amie
retrouver un rapport sincère
entre ce que l'on sent
et ce que l'on fait
ce que l'on dit
et ce que l'on est
demande parfois
des détours
par des chemins
qu'on nenous a pas indiqués
explosifs
désertifiants
innondants
dérangeants
violents
saccageants
adoucissants
détours
qui battent vos cartes
à cent à l'heure
et vous laissent
remettre
vos petits papiers
à une plus jolie place
en un temps
improbable
important
négligeable
dissolvant
détours
qui vous dépassent
vous entraînent
en dehors
OUF!
du chemin
motorisé
tracé
nommé
embobiné
consommé
qui vous éloigne de ce
petit truc
que vous véhiculez
au coeur de vous-même
truc vrai
qui bat
tic-tac
je t'aime
tic-tac
je t'aime pas
tic-tac
je t'aime
allez
on est potes
moi et moi?