Friday, February 13, 2009

pour Estelle et Soline

une étoile
ça file

en 24 heures
tout près de nous
l'une
toute petite
s'en est allée
et une autre
plus petite
est arrivée

premier enfant
attendu
tant de temps

l'une envolée
l'autre arrivée

être parent
c'est être prêt à tout
tout le temps

drôle de métier
faiseur
lanceur d'étoiles
sans qui les étoiles ne riraient
ne danseraient
pas autant

on aimerait les voir danser longtemps
tellement longtemps

c'est si bon de couver une petite étoile

Tuesday, February 10, 2009

il n'y a pas d'oeuf sans poule

une mère est plurielle
du soir au matin
et du matin au soir

elle est là
la mère
la multi-bras
les pieds nus dans la terre

ne la montez pas
sur un piédestal

elle n'est pas que mère
avant cela
elle est femme

ne dites pas trop de mots
n'en faites pas trop

gardez-la bien au chaud
au fond de votre coeur
là, elle n'aura pas froid

Sunday, February 08, 2009

araignée

il m'appelle
il est dans son bain

bientôt 9 ans

il a vu une araignée
elle lui fait peur

ou plutôt

il n'en a pas vu
mais
il se dit
qu'il se pourrait
qu'une araignée
descende du plafond

vu qu'il est décoré
de toiles
magnifiques

qui s'accrochent
aux poutres

qui n'ont pas été
camouflées

par un faux plafond

tout d'abord
je lui dis
"mais non,
ce n'est rien"

je ravale ma salive
je pige

"écoute
s'il y en a une
qui arrive
tu m'appelles

et je te défendrai
de toutes mes forces
elle ne pourra rien te faire"

je le laisse patauger
gaiement

j'espère qu'il retiendra
ma seconde réponse
plutôt que la première

réponse automatique
clône de tant de réponses
entendues à mes peurs

à mes insomnies
d'enfant
d'adolescente
terrifiée dans le noir

qu'il sache
qu'il a le droit d'avoir peur
de la dire
d'être accompagné
le temps qu'il lui faudra

qu'on ne s'en moque
SURTOUT pas

qu'il ne sera pas seul
face à cette araignée

qu'elle ne gagne pas
qu'elle n'est pas
appelée
à régner

sous ce toit
où j'ai six fois accouché

pour que partent
en leur temps
des enfants
sereins
de chez moi

Saturday, February 07, 2009

j'ignorais

que mes enfants
ont besoin
que je les prenne dans les bras
chaque jour

peu importe
s'ils marchent
s'ils tètent
s'ils se sont peint le corps en bleu
s'ils rentrent à la maison
le pantalon troué
les chaussures pleines de boue
s'ils se teignent en rouge
ou s'ils se sont fait taxer leur ordinateur portable en rue

j'ignorais
qu'ils ont besoin d'entendre
chaque jour
que je les aime
et
qu'ils ont besoin
que je sois présente
vraiment
dans la vie en vrai

pas toujours entre deux trains
ou deux projets trop lourds
trop fous
ou trop stressants



j'ignorais

qu'on n'a jamais
jamais fini
d'être là pour eux


j'ignorais
mais j'apprends

mais pourquoi comprend-on
les bases
au bout de tant de temps?

Wednesday, February 04, 2009

humeur "j'aime le web!"

je souris

car le net
me rend des amis
que le temps et
les changements de carrière
paternels
avaient emportés
loin
si loin

amies
amis
déclarés
ou discrets

si bons à lire
à rencontrer

lorsqu'ils m'ouvrent
leur porte

aujourd'hui

Tuesday, February 03, 2009

finies les conserves !

je ne fais plus
de conserves

avec les douleurs

je parle
je dis " aïe ! "
si l'on me fait mal


je ne laisse
pas traîner
le désordre
dans ma tête
dans mon corps


je ne suis pas gentille
non
je ne le suis plus


je tente
simplement
d'être
honnête avec moi-même

Friday, January 30, 2009

sans voix

oui
je suis sans voix
et je hurle
en silence
je fais des grimaces énormes
je me tords en tous sens
pour évacuer ma hargne

lorsqu'au téléphone
j'entends
quelqu'un
dont le rôle serait plutôt
de m'entendre lorsque je lui offre
ma confiance

me dire
que mon ressenti
n'est pas intéressant
face à la masse,
toujours face à la masse
LA masse

dieu!

il m'en a fallu du temps
pour comprendre
que l'on pouvait
avoir
un comportement
personnalisé
vis-à-vis de quelqu'un

et que
même!
c'est chose assez normale
en général

et
en particulier
envers son enfant

j'ai longtemps ignoré ce que cela pouvait bien être

et me voilà
encore hier

hurlant en silence
dans le téléphone
sourd
qui me disait
que mon cas
est hautement
inintéressant


ah!
que j'aimerais
être capable
d' oublier
que ce gouffre
existe
tout près de moi
et qu'il s'ouvre
de temps en temps
sans prévenir

pour me dire
que je ne suis
personne de spécial
pour quelqu'un
pour qui je devrais l'être

Wednesday, December 17, 2008

petite réflexion

faire la fête
est un plaisir
et doit
absolument
fondamentalement
intrisèquement
le rester
le devenir
le redevenir
(c'est selon)

la présenter
comme
un devoir
un dû
un enjeu
diplomatique

une source
certaine
de conflits
de luttes
de pouvoir
c'est trop
triste

c'est un peu (beaucoup)
priver l'autre
du plaisir de participer

et c'est parfois
à se demander
si
sous la couette
on n'est pas
plus en paix
qu'endimanché
tendu
crispé
à se surveiller
autour d'une tablée

qui a mis ses coudes où?
qui n'a pas terminé son assiette?

là où on voudrait
on a très envie
on désire
avoir du plaisir
à se réunir
et à partager
un bon petit repas
simplement

Wednesday, December 10, 2008

comprendre

petite, s'il était là
je n'avais pas le droit de pleurer
d'être triste
ou pas d'accord

je DEVAIS être heureuse


plus grande
si je m'éloignais
il me faisait sentir
que je suivais une pente
dangereuse
(laquelle? mystère...)


on lui a carrément laissé
le champ bien libre
on l'a laissé faire
comme s'il me soutenait
tout en cisaillant
discrètement
peureusement
mes ailes



cette alchimie désastreuse
a-t-elle fait de moi
l'enfant ronchonnant
dont on m'a tant parlé
à l'époque?

on me disait
(et même Saint Nicolas m'écrivait)
que si je ronchonnais moins
je serais plus jolie

bref, en plus de râler sec,
je n'étais pas jolie

c'était dit!


je sentais
lentement
monter une colère
qui m'a envahie
et que l'on entretient
encore
quelquefois



je pense
que j'étais triste
et que je sautais
sur toute occasion
d'être gaie
follement gaie
j'avais soif de joie,
de pleurs,
d'avoir le droit de ressentir tout ça


j'avais soif de moments
où l'on ne serait pas
à côté de la plaque
avec moi


tout ça
parce que
les émotions étaient tabou
lorsqu'il était là


je grandissais
comme je pouvais
une vue sur le monde
tronquée à souhaît
vue triste
pas vraie
sur l'origine
vers laquelle je revins

car je voulais comprendre

allez
après cela
comprendre ce qui se passe en vous

en quarante ans
vous ne comprendriez pas

tout est bien emmêlé
ficelé
embobiné
malsain à souhaît

il faut de la patience
de l'amour
tout plein

et rien d'autre, surtout

merci bien!

Tuesday, December 09, 2008

allô?

je suis sur un fil

et l'abîme
m'appelle
et me dit

j'ai tous tes fichiers
tout tout tout
tes archives
tes projets
tes brouillons
la (peut-être ex-) future réédition de ton livre
à refaire

C'est pas grave, hein?
me dit-il

comme ce directeur d'école
qui un jour
m'avait dit

je vous retire 14 heures de cours
ça ne vous dérange pas, hein?

cerise sur le gâteau:
les photos
de tes enfants
que tu n'as pas sauvées sur CD
et que
de crash en crash
tu récupères - ou pas -
ou en partie
et que tu transfères

non, tu ne transfères pas
ton amour les transfère pour toi

miracle: il a porté l'objet du litige
dans un atelier
au lieu de rester sur le qui-vive
plusieurs jours et nuits

là, il ne peut rien
sur ce coup-là
tout semble bien fermé
verrouillé


au secours

Saturday, December 06, 2008

go slow

Hathor l'a écrit et dessiné
http://www.thecowgoddess.com/2008/12/05/go-slow/

Un petit tour en vélo
voire même à pieds

youhouuuuuuuuu!!!

surtout ne pas aller trop vite
le moment en serait gâché

il s'agit d'arriver le dernier
la dernière
mais pas trop tard tout de même

ou juste à temps

mais d'aller lentement

un art que j'apprivoise
lentement

car je suis mal élevée!
et ralentir me prend énormément de temps

Sunday, November 30, 2008

envie

envie de dire merci

tout simplement

parce que

j'ai croisé récemment
la route d'une sage-femme
singulière

qui m'a appris le sens profond de ce mot

tout petit

et si vrai
si l'on y prend garde

merci

parce que personne n'avait jamais touché
massé
mon ventre rond
comme elle l'a fait

personne n'avait jamais
approché
mon ventre avec tact
et douceur
comme elle l'a fait
cet été
cet automne

elle a parlé à mon bébé
elle m'a parlé de lui
enfin, d'elle...
il lui semblait que
nous nous entendions bien
ce bébé et moi-même

je confirme...
entre nous ça colle!!!
tout chaudement
tout doucement

puis

après la naissance
de ma fille

elle m'a encore massée
plusieurs fois

elle a fait résonner
vibrer
mon utérus
avant qu'il ne s'efface
à tout jamais
au coeur
de mon corps

elle a remercié
pour ce ventre
qui a si bien porté
huit bébés
au fil de ces années


enfin,
j'ai rencontré le sens du mot

merci

et ce mot a enfin un sens
au plus profond de moi
autour de moi

j'ai senti
j'ai reçu
tellement de soutien
chaleureux
il n'y avait que cela
autour de moi, de nous
pour accueillir cette petite fille
inespérée


personne pour me dire que je ressentais
ce qu'il ne fallait pas ressentir

juste des personnes justes
vraies
pour faire ce voyage
un peu dingue

celui de la naissance d'un petit

Friday, November 28, 2008

j'ai des ailes, j'ai des ailes, j'ai des ailes...

voilà, c'est dit!

Sunday, November 16, 2008

babygown

vous connaissez?

c'est une robe
longue
pour bébé
ou
un long T-shirt
qui va jusqu'aux chevilles


très pratique pour l'hygiène naturelle
ou simplement les caresses
sur les jambes, le ventre, le dos de bébé


à rayures
à toutes petites fleurs (c'est adorable! merci tout plein, Cécile!!!!)

il y a plein de variantes possibles

mais pourquoi donc n'en ai-je eu que pour mon huitième enfant?
c'est tellement bon...

Saturday, November 15, 2008

pas avec n'importe qui

réveil d'un songe
noyé de pleurs

pour rire de tout
de rien
de presque rien

envie de rire de tout
avec lui

Monday, November 10, 2008

fait!

depuis le temps
que je sentais
sur moi
peser
sans que cela soit dit

le risque
de me rendre coupable
de rendre malheureuse
une personne qui avait
tellement voulu
- m'a-t-elle dit -
ma naissance

j'ai porté
pendant quarante ans
le poids
du risque
que la vie quotidienne
comporte
de rendre
malheureux
un parent
qui demande
d'une façon embrouillée
quelque chose
d'impossible
à une personne
qu'il déclare aimer
mais qu'il ne voit même pas
qu'il regarde en vitesse
car
la vie est tellement pleine de responsabilités
la vie est tellement triste que
son enfant devient invisible
et lui fait un affront
d'oser être
qui il est

après avoir porté
ce fardeau
voilà
je l'ai posé


je ne sais
finalement
pas


si la personne susdite
est enfin
heureuse?
malheureuse?
de ce pas que j'ai pris

je crois que
tout le temps
que j'ai porté cela
elle m'a fait sentir
que je ne la satisfaisais pas
que je la satisferais jamais
elle en était persuadée

j'espère qu'elle est enfin contente
que j'aie donné confirmation à ce
sentiment
indubitable

last but not least

que
moi aussi
je serais une traître
et que je ne me montrerais pas à la hauteur
de ce défi


de malade

et
c'est vrai

je préfère
me choisir mes défis
mes folies

à chacun la sienne!


n'aimant pas les règles du jeu
décrit plus haut

je préfère
de loin
et
puisqu'il me faut
(que c'est bête!)
choisir
vivre
volontairement
liée
à quelqu'un
qui me laisse pleinement libre
et aime tout particulièrement

lorsque ça
bouge
bouge
bouge

Saturday, October 25, 2008

en place

un enfant
remet de l'ordre dans la vie
d'abord en bousculant tout
il se niche en vous
sur invitation
ou au coeur d'un cataclysme
peu lui importe
il est là
bercé

il apprend
à connaître
son environnement
bien avant de voir le jour



bien là
il réinvente
la couleur du présent



le dodo nu en peau à peau
ne coûte rien
sinon juste un peu d'imagination


le peau à peau
le jour
sous les vêtements
sur le ventre
ou
sur le dos

permet de poursuivre
et de préciser
un dialogue
à peine entamé

Saturday, October 18, 2008

chercher


photo Sandrine Fraikin
chercher la lumière

c'est
avant tout
bouger

sentir
écouter

quelle position
permettra
à
petite lumière

d'avancer

encore

bouger

s'arrêter

bouger

s'arrêter

écouter

respirer

écouter

qui est là
près de moi

qui respire
réellement
avec moi

me soutient
me retient
doucement

et m'attire
gentiment

vers cette lumière

chaque jour
je ris, je pleure
en grande fan
de Louise Labbé


mais je souffle enfin

car une douleur
continue
répétée
insupportable
que je supportais
s'est arrêtée

miracle

je ne m'épuise plus
à chercher
à l'éviter
l'expliquer
la contrecarrer


il y a de l'air
il y a de la lumière

ici
accoucher ne permet pas
de mettre au monde que des bébés
on peut renaître
aussi
dans l'aventure
se retrouver

Thursday, October 16, 2008

nue


photo de Sandrine Fraikin
la peau
nous habille
et nous lie
rien ne s'immisce entre nous
prends bien ton temps
sous mon T-shirt
de vivre un peu comme avant
un peu comme bientôt
ton corps contre le mien
ta peau sur ma peau
mon bébé nu

Sunday, October 12, 2008

lux

lumière

c'est toi

LUCIE


le luxe

c'est la douceur
d'un accompagnement
infiniment doux
présent bienveillant
animal

plein d'amour

et rien que ça
autour de cette naissance
pendant quelques petits jours

sur la planète "maison"

bienvenue aux doux
aux souriants
qui passent la porte
le pied léger

bon vent
aux tristes
ceci n'est pas pour eux

Sunday, September 28, 2008

terminée

terminée la grossesse
les petites contractions résonnent dans mon bassin
envie d'un pommeau de douche tout contre
d'eau bien chaude
d'ouvrir le toboggan
pour ce petit dauphin
mais
je ne le peux pas
et j'attends son signal
à lui, à elle
pour nous envoler ensemble

Monday, September 08, 2008

crisis over

le cher petit est désormais un jeune étudiant en famille
qui apprend l'anglais avec l'aide des Monty Pythons
la lecture avec des livres sur la relaxation
et pour les maths
son père s'en charge: la recherche du manuel qui sera digne de son rejeton est lancée ! ...

sa Mimi, directrice d'école à la retraite,
se documente pour rafraîchir ses souvenirs
et l'accompagner dans sa découverte de la lecture
par une méthode syllabique gestuelle qu'elle a autrefois
expérimentée avec un public différent

j'ai trouvé de très grandes pastilles d'aquarelle
qui se déclinent en douze couleurs
et s'emboîtent dans un support sur mesure
facile à manipuler

pastilles
qui me permettent
d'envisager les envies inopinées de peinture de mes petits
sans stress
sans cri

bye bye les grandes bouteilles de gouache qui me faisaient criser
- surtout lorsque mon troupeau les confondait avec
mes grandes bouteilles d'acrylique et abîmait irrémédiablement
ses vêtements


la lessive bio vient parfaitement à bout des taches d'aquarelle
un bain ou deux ont raison des envies intempestives de se peindre
le corps
- vous savez, cette furieuse envie qui prend les peintres en herbe
lorsque vous avez le dos tourné et qu'ils peignent depuis un petit moment ...

ces pastilles sont un charmant médicament, décidément!


j'envoie des pensées douces
à celles et ceux qui m'offrent leur présence
leur tendresse
leur écoute
leur amitié
leur silence affectueux

j'apprends à surtout me connecter à elles et eux

je savoure la conversation
que je pressentais passionnante
d'un petit garçon qui n'a pas sa langue dans sa poche
sa tendresse au vestiaire
son énergie dans les talons

je ne suis pas en reste

une jeune demoiselle
de trois ans
qui adore chanter les voyelles
et nouer son porte-bébé chinois
comme bon lui semble
- je dois apprendre à ne pas intervenir dans sa façon de le nouer!!! -
égaie mes jours


je ne vais pas vous écrire huit romans aujourd'hui
je m'arrête à deux pour ce soir

Sunday, August 31, 2008

1st september crisis

minuit
l'heure du repos?

taille crayons, gommes, sacs à dos sont en place
pour les paires de chaussures, ça devrait coller
mais ce n'est pas sûr

ce qui est sûr
c'est que je me vide de mon eau
par en haut
là où je suis verte et grise à la fois
suivant la lumière

faut-il conduire ce petit
en collectivité
pour qu'il y apprenne
une vie
en grand nombre
au pas cadencé?

je suis déchirée

Wednesday, August 13, 2008

une porte étroite

L'enfant passe
par une porte
étroite

à sa naissance


elle est étroite
la porte
étrange

non pas celle de chair
que lui offre sa mère

mais celle
plus subtile encore
de la confiance

que ses parents
vont
ou ne vont pas
lui faire

au moment de sa naissance

et pour la suite


car il est bien lourd de faire sentir
à son enfant
qu'il doit d'abord mériter cette confiance
et que demain
peut-être
on la lui fera

demain
c'est quand demain?

demain n'arrive jamais
des fois

malentendu
immonde
qui veut
que l'enfant
croie
que c'est sa faute
à lui
si on ne lui
fait pas confiance

si on ne tient pas compte
de son ressenti
tout en lui déclarant
haut et fort
le contraire

lavage de cerveau
permanent
récurent
incessant
à se taper la tête au mur
plus d'une fois

Wednesday, August 06, 2008

attachement

Reçu de Mimi:

Deux personnes avaient adopté un lionceau.
Ils n'ont pu le garder, vu sa taille, et l'ont ramené, une fois adulte,
en Afrique,

afin qu'il y vive une vraie vie de lion.

Ils y sont retournés un an après l'avoir laissé.

On leur avait dit que le lion ne les reconnaîtrait pas....

http://www.cyberthing.net/video-play.php?id=105

Sunday, August 03, 2008

molécule

à quoi ça tient?


à la lecture d'un roman d'Alexandre Jardin
à un changement de médoc qui a subitement rendu son énergie à mon homme
au retour de mes petits-grands de leurs camps dans la verdure
à une rencontre plaisante qui a égayé mon après-midi

à un air de frais dont se pare notre maison
à ma résolution de ne jamais cesser de bousculer la vie
à ma non-demande à mes enfants de s'encombrer d'une responsabilité quant à mon bonheur

à mes changements d'humeur répétitifs
mes hauts
mes bas
et à l'homme qui supporte et apprécie cela - selon les moments - depuis presque 20 ans

à ma rage lorsque l'on me dit que l'on me connait et que l'on se conduit en mort vis-à-vis de moi
que l'on me considère malade
alors que je couve un petit, simplement
que l'on s'enquiert de ma santé
comme si je me résumais à un corps en banqueroute, détraqué, épuisé
comme si l'on n'attendait que ma chute, inéluctable, tant mon chemin déçoit ceux qui attendent je ne sais quoi de moi, depuis tant de temps, de façon, ma foi, touchante de naïveté

comme la petite princesse de Tony Ross,
je ne veux pas être gentille, affectueuse, propre, courageuse, bonne nageuse, intelligente et en bonne santé
je veus être grande
et je le suis déjà
semble-t-il

n'ayons crainte de bousculer gaiement ceux qui nous supplient tacitement depuis quarante années de surtout les ménager, car ils vont mourir bientôt, disent-ils
si c'était pour me demander de poser sans bouger pour des photos convenues, figées,
pourquoi m'avoir tant voulue?
pourquoi encore tenter de me déterminer?

je n'ai pas voulu ce bébé qui arrive avec ma tête
et pourtant, je l'accueille presque chaque jour avec joie
petit invité surprise trouvera sa place à notre table,
on se poussera un peu
j'invente déjà des projets pour lui et moi, pour lui et nous
il est bien là, il nage en paix

une femme sage m'a demandé l'autre jour, alors que je la consultais, comment je me sentais
surprise, je me suis sentie regardée comme une personne et non comme un gros bide
dans tous les sens du terme

alors
elle me toucha le ventre
avec des mains chauffées d'une huile
doucement odorante

après m'en avoir demandé
avec vérité
l'autorisation


dans une douceur qui m'était
jusqu'alors inconnue
dans des mains aguerries
à la discipline médicale

le chemin jusqu'à son petit bureau de consultation
là-bas
dans la campagne
fut bien tortueux, ma foi
bien long en temps
en étapes


pour aboutir
à une rencontre simple

je passai
tant d'années
à ramasser
un à un
des cailloux

telle un petit poucet
largué dans une jungle
parce qu'il faut savoir se battre dans la vie

j'avais eu beau
vouloir fermer mes oreilles
oui, surtout, absolument, les fermer
au secours...
à la philosophie
du darwinisme paternel
qui croyait que quelques mots
régulièrement répétés à mes oreilles

allaient me faire touver des solutions
concrètes
moi, élevée en chambre à la froide mamelle des Gaffiot, Larousse et autres Langenscheidt
pâles représentants de ce qu'ils sont sensés vous donner à goûter
comme le son d'une cloche fait saliver des chiens
conditionnés à associer
tintement et morceau de viande
oui, j'avais le tintement
je n'avais pas la viande
heureusement qu'un jour, elle m'a trouvée,
pleine de synapses
de neurotransmetteurs
d'hormones
et de chaleur

moi
prête à jouer ma huitième et ultime représentation de
"la baleine"
mon metteur en scène désirant changer
non de distribution
mais de dramaturgie

prête à lancer encore quelques années
de jets
si plaisants à laisser s'écouler

prête encore à servir de perchoir,
de jambes
pour un tout-petit
qu'il se sente grand

et même disponible
si des petits enfants
un jour
veulent user de mes jambes pour marcher
gaiement
de mes genoux
pour sauter en l'air
ou s'arrondir
doucement

à quoi ça tient?

Sunday, July 27, 2008

Comme une fleur



photo Sandrine Fraikin






sérénité

plaisir

temps qui passe doucement

été à la maison

- comme d'habitude -

et

joie

d'apprendre

à considérer

certaines manifestations

de la présence

de ce petit (grand)

en moi

autrement


contraction

mise sous tension (terme belge, apparemment)

envisagée sous l'angle du plaisir

donné à moi

par ce petit

qui fait toc,toc

à la porte

de la vie à l'air



choix


de considérer

ce temps

de contraction

non pour me contracter

mais

au contraire

pour jouir d'un moment

de détente sereine



après avoir visualisé

maintes et maintes fois

que la tête de l'enfant que j'attendais

passerait comme une fleur

eh bien

elle est passée

mon plus gros bébé

avec une immense douceur

à tel point que je n'ai pas réalisé

qu'elle passait


alors

me dis-je

pourquoi ne visualiserais-je pas

celui ou celle-ci

- nous ne lui avons pas demandé de nous dévoiler son intimité,

on a le temps pour ça -

comme petit amour

qui me fait et me fera du bien

tout simplement?

Quand dans la vie
on se borne à éviter
douleur ou problèmes
on risque tout bonnement
de passer
à côté du meilleur -
qui ne demande qu'à être imaginé.
Weltanschauung
pas si abstraite que ça
tu composes chaque particule de nos vies.
Tant qu'à rejeter pessimisme
fatalisme
et collier au cou,
autant plonger dans plaisir et joie.

Wednesday, July 02, 2008

tiédeur

je te hais

tiédeur
qui fais
que l'air
est difficile à trouver

à six mois de grossesse

je ne sais déjà plus comment me mettre
pour respirer

tiédeur
dans la vie

je te connais
je te fuis

absence d'oxygène
d'élan
quelle que soit la saison

tu n'es pas mon amie

tiédeur

tu me fais autant penser
aux programmes trop remplis
qu'aux programmes vides

trop de tension
de fuite
ou
absence de vision

la lenteur vivante
forte
rythme en-dessous de la moyenne
qui se veut active

n'est pas la tiédeur
qui étouffe
et fait manquer d'air

la vie qui bat vraiment
pleinement

avance

parfois vite
parfois lentement

respire

j'aime

Friday, June 13, 2008

Le jour de l'année qui est fait pour souffler

journée caffard
fatigue
brouillard
affalée
besoin de m'agiter

hier, le jour de mes 40 ans,
j'ai fait du rangement
pour me vider la tête
de trop de temps passé devant l'ordinateur

papiers classés
dans l'armoire de mes 40 ans
bien classés pour redémarrer
un petit peu plus en ordre qu'avant

journée finie autour de gâteaux
et de petits cadeaux
d'une grande carte
avec 9 signatures
(on a un peu aidé certains,
je crois...)

coups de téléphone
d'ici ou là
pour me dire
des choses
parfois très belles
en prenant le temps

journée bouclée
avec le sourire

objectif atteint: ma tête est vidée
je peux redémarrer

parce qu'il y a des mots
qui attendent d'être corrigés
pour partir en mise en page
et qu'ils n'attendent pas
- tout de même ! -

il y a peu, inscription au chômage
et là, le monsieur coche une case: "écrivain"
sur un formulaire et me demande de signer.

Tiens tiens... Il commencerait à y avoir des formulaires
avec des cases dans lesquelles je rentre - un peu?

Thursday, May 15, 2008

les mots justes

ne sont pas ceux qui viennent de la tête
mais ceux qui viennent du coeur et du corps

les mots justes

prennent parfois des détours énormes
avant d'arriver à bon port

et de n'être tout simplement plus que des actes
posés dans l'instant présent

surpris monsieur mon mari
en flagrant délit de ne pas protester
lorsque des enfants se mettent
à squatter notre pied de lit (ou pied de matelas)
avec force couettes, coussins en tous genres
et cela depuis quelques jours déjà

le temps change bien les gens
monsieur papa n'aurait pas laissé faire ça
il y a quelques années de cela
il se serait empressé de remballer les intrus
en recherche d'histoires lues sous la couette
et d'endormissements et réveils tout près
de papa et maman

je vais de surprise en surprise
lors de cette discussion nocturne

puisqu'il me dit que je peux tenter l'ief
avec Link, bientôt 6 ans
et qu'il est ouvert à ce que je l'aide à croire
que ce projet est possible pour nous
ici et maintenant

moi, j'avais besoin d'une autorisation,
ne souhaitant plus me placer
en situation de forcing;
je craignais qu'il prenne un nouvel essai
de la chose comme une agression contre lui



en retour il me demande de considérer
école et ief sur le même pied
puisque nos enfants investissent
ces deux domaines actuellement

It's a long way, babe...
La vie à deux, c'est les montagnes russes,
ou les hauteurs ardennaises...
Bientôt vingt ans que l'on tente de s'accorder.
Et que la chanson change, encore et encore.
Le voyage en vaut la chandelle.

Et les mots, c'est juste... lorsque c'est fidèle à soi-même.

Sunday, April 06, 2008

monts et toutes petites merveilles

chez nous
il y a
en ce moment

une montagne de linge propre
qui attend d'être rangée
et qui a dépassé
en altitude
celle de linge à lessiver

je n'en reviens pas!!!

mes yeux rouges
qui picotent
non pas d'avoir pleuré
mais juste
d'avoir chopé
une conjonctivite

j'aime mieux ça!!!

plus de petites chaussures
rangées
dans leur casier
que de paires
dépareillées
en vadrouille
à travers la maison

je respire un peu...

une montagne de chaussettes
esseulées
qui traverse un système
implacable
et permanent
de tri
et d'appareillage
sans pareil

ça fait des années que j'attendais ça!!!

une penderie
pour les vestes
et les manteaux
dans laquelle mon troupeau
pense enfin à aller chercher
de quoi se vêtir
avant de sortir

on a longtemps survécu sans cela...

et
dans la cour
trois vieilles machines à laver
et mille autres bazars
à envoyer à la ferraille

prochaine jubilation?
qui sait?

Sunday, March 30, 2008

Pirouette

Cacahuète
Boucle tordue, fermée
C'est un huit
Une farce

Un petit poisson
locataire pour lequel je vide des boîtes de sardines
(Il m'aura fallu tant de temps pour apprendre à me gaver de petits poissons de haute mer,
de bananes, de citrons... dans de telles circonstances).

Huit petites mailles
Quatre fois
Sur quatre aiguilles
Numéro deux
C'est pas bien gros
C'est pour l'automne
Le temps des fruits
Des fruits bien mûrs

Notre ultime petit

(Monsieur mon Fournisseur a pris sa décision!)


Des chaussettes bariolées
Oui
Envie aussi
De lui en faire
Des noires
Des grises
Et
Faut-il le dire?
Des Framboise

La Couleur



Une boucle se boucle
Pour moi qui avais bien cru
en rester à Sept

Chiffre superbe
Irréductible
Mais qui - on le constate - se complète
parfois en huit


L'année du huit
J'en aurai cinq fois huit


Jetterai-je
aux orties
- enfin -
ce malaise
ce renoncement
cette négation
de ce que je ressens,
cet élan
vers la couleur
à laquelle je souhaitais
consacrer mon âme
et mon temps à 18 ans?


A force de côtoyer
des personnes
douées de l'intelligence du coeur,
personnes qui voient
et qui parlent
juste
et chaudement

me voilà en dedans
- comme un huit -
toute retournée
retrouvée
rassemblée

Dieu qu'il faut du temps
pour distinguer ce qui est raisonnable
de ce qui ne l'est pas
et être
- enfin -
ici et maintenant
et pas hier, pas demain,
ou là où l'on croirait qu'il est bon que je sois.

Dieu qu'il faut du temps
pour s'entendre avec soi,
se parler, s'écouter et vraiment s'aimer.

Sunday, March 23, 2008

Involution

Comme juste après une naissance
je suis convalescente

je me resserre
me contracte
je retrouve ma place

bien au chaud
entre deux petits
la nuit
tout contre moi serrés
je reprends des forces

comme après une tempête
qui aurait pris quinze ans
à dire "au fait, je m'appelle Dépression, et toi?"
je la salue qui devient petit vent
et nous perturbe encore
juste pour dire encore un peu son nom.

Et moi, quel est mon nom?
Encore à inventer.
Nouvelle peau, nouvelle vie...
Plus centrée
Moins bavarde

Je trouve la terre ferme
Assez confortable
Au final

Elle m'accueille
Elle nous prend
Toi et moi

Un pied devant l'autre
C'était avant
C'est maintenant

Pourvu qu'on danse

Thursday, February 14, 2008

éponge

J'absorbais
j'absorbais
irrémédiablement
j'absorbais
petite ou grande
depuis toujours
j'absorbais

parfois
je réagissais
en colère
sans savoir vraiment
que je sauvais ma vie

ensuite
j'ai fait tampon
imbibé
résolu
tampon de survie

exposée
surexposée
que j'ai été
à un pessimisme
malade
que jamais
nul ne nommait
que je ne pouvais
nommer


dont je ne suis
je crois
qu'une pauvre réaction
allergique
dont les boutons
éclosent
encore et encore
vers l'air
vers le haut
tandis que je suis
tirée vers le bas
par le poids
de l'éponge
imbibée
alourdie

réaction allergique
au morbide
qui se cachait
tapi
dans notre vie
bien-comme-il-fallait
quand j'étais petite

je suis une réaction
qui fait tampon
une fine strate
une petite étape

héritage triste
goût du morbide
respiré toute petite
fascination de la mort
des blessures
et incapacité à être dans le présent
je les connais

je suis leur allergie

je cherche l'atterrissage
ici et maintenant
tout le temps

Wednesday, February 06, 2008

piège

Beaucoup d'événements deviennent des secrets parce que ceux qui les ont vécus pensent qu'il serait indigne d'en parler à leurs proches, en particulier à leurs enfants, et que s'ils le faisaient, ils risqueraient de perdre le respect de leurs enfants. Ils ont peur que leurs confidences dégradent la bonne image qu'ils pensent nécessaire que leurs enfants aient d'eux: l'image de parents parfaits et ne commettant aucune erreur. Souvent, l'existence du secret est ainsi motivée par l'idée que nous nous faisons de ce que doit être un père, une mère, une famille, ... c'est-à-dire un père, une mère ou une famille parfaits. Or de tels comportements ne sont pas seulement générateurs de secrets. Ils enferment également les enfants dans le carcan d'un idéal pesant, auquel ceux-ci éprouveront plus tard la nécessité de se conformer en toutes circonstances. Ainsi, vouloir cacher à ses enfants les erreurs qu'on a pu commettre contribue non seulement à les exclure d'une partie de notre vie, mais aussi à les emprisonner dans la nécessité de se conformer à des idéaux excessifs. Cet emprisonnement provoque fatalement chez eux une tendance à cacher à leurs parents leurs erreurs et leurs questions. Ils veulent ainsi correspondre à l'image d'eux qu'ils pensent souhaitée par leurs parents, image calquée sur le modèle de celle que leurs parents leur ont imposée d'eux : des êtres parfaits...



Le problème est que, dans ce souci de perfection, plus personne ne communique ses sentiments et ses pensées réelles. Et le désespoir de l'adolescence n'en est que plus grand.


Extrait de Secrets de famille: mode d'emploi, Quand et comment faut-il en parler?, de Serge Tisseron, Marabout, première édition : Editions Ramsay, Paris, 1996.
pp. 59-60

Saturday, January 26, 2008

vider la maison

c'était il y a deux ans

nous avions rendez-vous
nous
les petits-enfants

pour vider la maison
de nos grands-parents

j'ai choisi des édredons
sous lesquels j'avais bien dormi

des petits foulards en soie
que j'avais tant vus
au cou de ma grand-mère

une petite sacoche
avec,
dedans
un mouchoir en papier
qui portait encore
la marque de son rouge à lèvres
lorsqu'elle les pinçait
après s'être maquillée

j'avais redouté ce moment
finalement, il fut bon
gai
vivant

chaque chose repartait
reprenait du service
s'en allait en voyage
sur un nouveau chemin

les grandes marmites
dans une famille nombreuse
(on se demande bien laquelle)
et les petites casserolles
dans une famille à deux enfants

j'ai même éclaté de rire
lorsque ma cousine m'a proposé
ces casserolles qui, chez nous,
ne permettraient de cuire que de la sauce
pour notre régiment
tellement elles étaient petites
aussi petites que celles que j'utilisais
dans ma chambre d'étudiante
pour manger seule ou avec quelqu'un

(ah zut, shut! je n'étais pas sensée manger avec quelqu'un
dans cette chambre-là
je sens que je vais décevoir quelqu'un...
mais peut-être qu'il s'y fera
- et il n'a plus le choix! -
quand on a une fille
ce n'est pas pour la maintenir sous cloche!!!)

ah!
vider la maison

vaste projet que celui-là
difficile après un décès, un départ, un arrêt
difficile aussi lorsqu'on est tous bien là
que la vie continue
mais que l'ordre, la raison, l'organisation
défient la raison


vider
quel sens cela a-t-il?
sortir des objets qui mangent de la place
pour les faire rentrer peu de temps après
et avoir l'impression d'avoir accompli un travail
brasser de l'air
c'est tellement important
on se sent bien vivant
mais qu'est-ce que l'on fait?

vider
compter
transférer
redistribuer
soupeser
élaguer

faire du vide autour
ordonner avec soin les outils essentiels
pour la vie quotidienne
nourriture spirituelle
tout ce qui a un sens
pour aller où l'on va


compter les accessoires
en vérifier la liste
les ranger dans les malles
entre deux représentations

panser ses plaies
regarder ce qui bouge
quand il n'y a plus d'action

voir ce qui bouge bien
vraiment bien
ce qui donne envie de bouger
tellement c'est joli quand ça bouge

- et lire les petits mails qui, la nuit, tombent, remplis de lumière !

Friday, January 11, 2008

recherche

pistes
informations
comme ici
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1025382.html
infos
comme mardi 15 janvier à 21h: soirée Thema sur Arte

détente
et
tension


vont et viennent

traitement radical
contre la crainte du jugement d'autrui
avancer, surtout
avancer
et sortir d'ici

au-delà du bien et du mal
la paix
existe peut-être

l'énergie
est là
voisine
du manque de sommeil

les réponses
aux enfants
me sortent
vives
fortes

là où ils attendent
des câlins

je ferme plus facilement
le bouton
de mes pantalons
avantage
de la perte d'appétit
(s'il en est)


c'est par où la sortie?
un paquet d'aller-simples
s'il vous plaît


de l'air

de l'air

de l'air

Thursday, January 03, 2008

sur le bas-côté

au printemps
nous nous sommes fait refaire
des lunettes
toi et moi

finies ces années
sans paire
sans rien
vieilles paires cassées
où il n'y avait
pas le temps
ni
la possibilité
de les remplacer

sans voiture
je n'avais plus trop
besoin de lunettes

(mais si, quand-même,
mais la gestion
du manque
passe par de ces argumentations
internes!)

qui m'étaient principalement utiles pour conduire
et lire les plaques
de loin
en chemin

mais en rue
tout de même
mes lunettes me manquaient

alors
au printemps
nous sommes allés
- enfin -
nous faire refaire
des lunettes

depuis...
trois paires me permettent
d'en avoir
en permanence
une localisée
aux branches non brutalisées
par des petites mains

je revois de loin
et
j'en reviens...

à présent
je recule pour voir
là où je suis
car ma vision de près
n'était pas trop au point
comme un peintre recule

besoin de temps
surtout
besoin de coeur
de beaucoup
de patience
pour contempler
qui j'aime
et qui
souffre
tout près de moi

mystère camionette

il y a
quelque part
entre chez nous et Paris

notre camionette

nous l'avions achetée il y a deux ans et demi
une réplique de la précédente
une occasion

las!
elle est tombée en panne
après quelques mois seulement
hors frontières
et elle y est toujours

frais de rapatriement
résolument
hors de notre portée

la belle tient-elle encore?
serait-elle réparable?

il nous faut enquêter
et
tirer au clair
cette histoire

Wednesday, January 02, 2008

être voisin

derrière notre maison
il y a une petite cour
il y a un petit jardin
et derrière le jardin
il y a une annexe

dans laquelle
se rangent
nos rêves
cassés
ou entassés

des livres que l'on aime
des meubles à évacuer

des bouts d'un peu tout
en désordre
à ordonner

boîtes
de prépas
de cours
que je ne donnerai
peut-être plus jamais

textes d'auteurs
allemands
et autres
poèmes
quelques rayons
pondus par des auteurs de théâtre
etcaetera
etcaetera

il y a du rangement
à faire
dans la cour
le jardin

une table de ping-pong
qui a besoin
d'être remontée

du bric-à-brac à évacuer
histoire
que monsieur notre voisin
nous dise
un jour
à nouveau
"bonjour!" en souriant
comme il le faisait autrefois

il y a du rangement à faire
dans l'annexe

pour évacuer
trier
pousser les choses
remettre de la chaleur
préparer un espace
pour un boys band
que je connais bien
et qui veut se mêler
de faire du métal

pour des répétitions
de théâtre

pour des pinceaux
en mal de peinture
peut-être
(qui sait?)

il y a ces livres
en mal de bibliothèque
en mal d'être feuilletés
du fond d'un lit douillet
ou bien sur une plage

il y a cette attente
de nos rêves
qui sont là
un peu oubliés
qui attendent
à moitié endormis
que nous soyons
enfin
prêts

à être clairs avec nous-mêmes
avec monsieur notre voisin
avec les enfants

être notre voisin
n'est pas une histoire simple
on entend des enfants
s'exprimer
tantôt d'une façon relevée
tantôt comme des charretiers
(ils ont développé de vastes compétences!)
sans oublier un écho de naissances
et puis, étonamment, pas beaucoup de pleurs de bébés
bizarre bizarre d'être notre voisin!!!

le tout est de remonter ses manches
de faire un pas, deux pas
de reprendre la route
du dehors
de l'air

ce chemin qui nous sépare
de qui nous sommes

reste à construire de nos mains
une bibliothèque qui dise
aux livres que l'on aime
"venez habiter avec nous, ici
nous avons envie que vous soyez là avec nous
venez vous faire feuilleter par nos enfants
après avoir été feuilletés par nous"

il y a un moment
où l'on peut
peut-être
cesser d'être
juste
à côté de soi-même

pour entrer
finalement
dans le vif du sujet
et être pleinement soi

juste soi
en équilibre
ou dans un état voisin

Monday, December 31, 2007

passagère

depuis longtemps
sans que j’en aie eu conscience
se niche
sous mon toit
une personne étrange

qui tantôt reste calme
ne se manifeste pas
tantôt s’ingénie à perdre les outils
les papiers
fait des trous dans les murs
et ne les répare pas
démarre mille choses
ne les achève pas
et déboule parfois
en crise que je peux
aujourd’hui qualifier de maniaque

(il y a peu de temps que j’ai ce mot-là)

j’ai vécu très longtemps
dans mon histoire
sans en saisir le fil
ou du moins un des fils qui,
sans cesse,
vient détricoter ce que les autres tissent

cette année-là
j’ai eu l’impression
de dormir à côté d’un mort
c’était indescriptible

comment je suis restée ?
je ne sais pas

accrochée à un rayon
de lumière
j’ai tenu bon

puis

nous avons tâtonné
lentement
cherché
cherché
longtemps

cette personne à nos côtés
passagère clandestine
non identifiée

elle
n’a pas sa chaise à notre table
mais elle est là
qui m’envoie au dehors ou vers des fenêtres comme celle-ci
vers un ailleurs riant et agréable
un ailleurs sans trou et sans déchirure
un ailleurs accueillant, serein
un lieu que je n’ai pas

elle décuple mes forces
m’envoie pas monts, par vaux
dans des lieux insolites
loges, maisons de maître, bureaux, salle de danse, de jeu
lieux garnis de chaises raides, de tapis de mousse bien minces, de grands blocs ramollis,
de matelas garnis
lieux aux accueils divers dont j’ai même eu la clé, quelquefois

elle décuple mes forces et parfois
aussi
elle m’envoie
à mon grand regret
dans des intérieurs douillets
visites
dont il me faut bien du temps
pour me remettre
tant le choc est profond
elle décourage
ceux qui,
autrefois,
nous rendaient visite

et je vis sur la corde raide

mon cardiologue met le doigt sur ma difficulté, content :
trop de naissances et trop d’allaitements
mais c’est simplement de sommeil dont je manque
de sérénité
je m’use
ma tête tourne depuis
un ou deux ans
je craque

le sommeil en allé
le sommeil suspendu
la tête qui ne comprend pas
qui cherche dans la nuit
qui vient s’immiscer dans ma vie
semer l’angoisse et l’énergie
l’énergie insatiable
celle qui se nourrit des blessures

son nom est composé
il y a maniaque
il y a dépression aussi
mais on dit bipolaire maintenant

il va encore m’en falloir du temps
pour comprendre mon histoire
notre histoire
entre moi, toi, et ton double
qui te paralyse
t’empêche de parler
et t’enferme dans un tunnel profond
dont je ne peux résolument pas t’aider à te tirer

depuis qu’elle a un nom
(ou plutôt deux)
elle me fait moins peur

déjà je sens
que tu retrouves un tout petit peu
de clarté
de sourire
et parfois
nous rions

je te sens présent

difficile pour toi
d’accepter
que tu vas prendre
ces médicaments
jusqu’au bout
de ta vie

difficile pour moi
de me dire
que toi et moi
c’est avec elle
nécessairement

soulagement de comprendre
que lorsqu’on s’appelait
c’était souvent
un très long silence
un appel

des centaines d’appels
pour se dire
qu’on était là
au bout du fil

mais qu’on ne pouvait pas trouver la formule
les mots
sur ce que l’on ne comprenait pas

vie d’angoisse
corde raide
tout le temps

enthousiasme
énergie
usure

et puis il y a le nom, les noms de la passagère
alors
à nouveau
un avenir ouvert



Friday, December 07, 2007

Tuesday, December 04, 2007

mère

http://www.bluffton.edu/womenartists/ch10(20c)/modersohnnursing.jpg

mère
sorcière

mangeoire
feu
repos

signifié
signifiant
référent

issue
ouverture
offerte

monture
point de vue
plongeoir

mère

Sunday, November 25, 2007

16 ans

il éclate de rire
il m'invite
à venir voir
avec lui
la fin d'un feuilleton

je m'étonne
et m'exécute

et j'écoute
les répliques
qu'il souligne
en me les répétant

chapelet de poncifs
qu'égrène cet épisode
d'un feuilleton américain
exclusivement WASP
ou presque
des années cinquante

ou

(c'est lui qui me le dit)
comment voir la vie en
compliqué
et en bons sentiments


je suppose que
dans pas longtemps
il regardera plus
la mise en scène
que l'histoire

les plans où les acteurs
parlent sans rien faire
ou font sans rien dire

est-ce que ça l'énervera
comme ça énerve son papa?

j'aime ce décalage
pas désabusé
amusé
rieur
chez mon fils,
notre fils

à qui nous n'avons pas essayé
de faire gober trop d'évidences
mais bien mieux
de toujours regarder
si les choses simples
ne sont pas, de plus près,
plus complexes qu'elles ne semblent

complexes, belles, changeantes, intéressantes

déjà, il était revenu
riant
d'un voyage
où on lui avait dressé des vues sur la vie
pareilles à des recettes
il m'avait fait son analyse
synthèse fine et circonstanciée

il sait que la vie c'est plus riche que des sentences

que les personnages de la vie sont ronds
pas plats comme des omelettes fades
qui rampent sous les mots.

Friday, November 09, 2007

libération?

Merci Cécile pour ce mot juste et merci à une "adulte intense"
qui m'a ouvert les yeux sur cette qualité d'une part,
et sur son acceptabilité d'autre part.

Pleurer dans le genre "chutes du Niagara" ou rire uniquement à gorge déployée
être à peu près totalement incapable de fermer les yeux le jour
(sauf en cas d'épuisement phénoménal ou de grossesse)
ou de faire la grasse matinée sous la couette
toujours être en mouvement, en réaction

travailler le jour
et travailler la nuit

ne pas savoir ce que le terme "pause" veut dire
ou alors "pause forcée"
quand les forces s'en sont allées

une nature intense

la libération pour moi fut qu'une personne m'ait nommé cette condition
que nous partageons...

Depuis, je suis légère.
Je me sens autorisée à être comme je suis.
Je peux comprendre - sans avoir plus envie de poser une foule de questions sur le passé -
que mes proches n'y aient souvent pas compris grand chose.
Depuis, je pense que le sentiment que j'avais eu longtemps de ne pas être pleinement acceptée telle que j'étais devait être légitime. Point.

Ca cicatrise à vitesse grand V, cette légitimation.


Une trop grande sensibilité qui fait que, le soir, au lieu de me coucher, je couchais, je couche des mots dans des cahiers, sur un clavier, ou que je dépensais tout mon argent de poche en pots de peinture - qu'allait-on bien pouvoir faire de moi? Hein?

Feu un de mes grands-pères m'a dit un jour que j'étais trop sensible.
Je me souviens, le jour de son enterrement, j'étais très loin, très loin de là, à donner une formation au portage, pour transmettre quelques gestes, quelques mots qui, à leur tour, voyageraient. C'était bien comme ça.

Ils l'ont enterré, au printemps, sous la neige.

J'aurais été bien incapable d'une oraison funèbre.
Trop tôt pour moi pour prononcer devant une assemblée
(ce que j'avais fait avec joie pour son épouse, ma grand-mère, quelques mois plus tôt)
des mots doux pour parler de non-douceur,
d'amour qui ne sait que taquiner et faire pleurer les femmes.
Il m'a aussi dit un jour que j'étais une bonne laitière, et il m'a fait rire.
Ses bêtes n'avaient pas le temps d'allaiter leurs petits.
Pas le temps pour ces choses, pour l'essentiel...
Chez lui, les heures de biberon des bébés étaient calculés pour que les hommes soient servis à l'heure où ils le voulaient.
Fallait que ça roule. Et ça roulait.
J'ai pourtant le souvenir d'une toute petite fille qui le faisait danser,
grand-père devenu gâteau avec les années.
Qu'ils étaient beaux, tous les deux, en train de faire la ronde.
Les petites filles de deux ans ont tout pour vous faire fondre.

Moi, j'ai eu le tort de le faire grand-père pour la première fois,
puis arrière grand-père pour la première fois,
et il a eu à chaque fois bien du mal à passer le cap.
Il semblerait que je sois un cap difficile à passer...


J'ai perdu cette année-là ma confiance dans le mot "famille".
J'ai vu, une fois de plus, le froid qui se lève sur le nid éparpillé
lorsque la Mère est partie.
Pendant des mois, j'ai eu peur de ce froid qui s'était levé.

J'ai compris, de chaque côté, que lorsque la Mère s'en va, sa tendresse ne reste pas forcément.
La Mère, la Grand-Mère, qui vous aime comme vous êtes, même si elle ne vous comprend pas, même si elle vous passe la main devant les yeux lorsque vous rêvassez, qui vous emmène à la messe à 7h du matin et avec qui vous faites les courses, bras-dessus-bras-dessous, pendant les vacances, cette Grand-Mère qui ne vous demande rien sinon d'être heureuse, parce que ses rêves à elle, elle sait très bien que ce sont les siens,
Grand Mère qui s'émerveille tout simplement devant vos pas, quels qu'ils soient ...

J'ai eu bien froid cette année-là.
La même année, mes poussins ont perdu leur Grand-Papa.
Curieuse année où mes enfants et moi perdons un ou deux de nos grands-parents.

Curieuse année où une petite fille nous est née, en plein été, coiffée, à la maison, après quatre garçons.

Il y a des années,
il y a des mots
qui changent beaucoup
surleur passage.

Sunday, November 04, 2007

Recherches dans le noir

Auriez-vous l'idée de faire des recherches dans le noir pour faire des économies d'électricité?
Eh bien, allez y voir...
Spirou m'en a parlé (il est d'ailleurs sorti sur papier recyclé, vous avez vu?) .
Je cesse de googler, je vais désormais blackler sur www.blackle.be .
Puis j'ai reçu mon numéro de Mothering sur papier recyclé, lui aussi...
(Sur www.mothering.com , vous pouvez vous abonner à la version internet, si vous pensez beaucoup aux arbres...) Ce magazine est superbe.
J'ai lu dans un journal imprimé sur papier pas recyclé que mes grands-parents lisaient lorsqu'ils étaient encore de ce monde que la lecture des sept tomes de Mister Harry Potter pouvait constituer une thérapie sur la sortie de l'enfance. Est-ce grâce à la lecture du septième tome en juillet (précédée de celle des six autres, un par un, dans l'ordre, et dans la langue) que je me sens bien à présent? Mystère... et boule de gomme! Aurais-je enfin cessé de chercher dans mon miroir d'Erised ce que j'ai tout au fond de moi: une solide capacité à accepter mon sort, mon jonglage avec l'intensité qui fait vibrer mon quotidien, du rire aux larmes, de la paix à la rage. Me recyclerais-je enfin?

A moi, la nuit, non pas les troubles du paradoxal loup garou gentil, mais plutôt, pour l'instant, les joies de la lecture de Tobie Lolness, hélas en deux volumes seulement!

Et de l'écriture, pour un mag que j'aime, qui est, lui, imprimé sur papier recyclé depuis le début: www.grandirautrement.com .

A nous les joies du recyclage d'une maison (aurons-nous un jour terminé? peut-être lorsque les enfants seront tous grands?) On ne s'improvise pas fourmi quand on est une cigale; on ne s'improvise pas sédentaire lorsqu'on est nomade par essence.

Savez-vous que les nomades ne sont pas ceux que l'on croit? Que les sédentaires sont plus mouvants qu'eux, qu'ils quittent souvent leur région d'habitation pour partir s'établir très loin du lieu qui les a vu naître, tandis que les soi-disant nomades reviennent régulièrement aux mêmes endroits, sur de vastes étendues. Ils ont une foultitude de repères et connaissent les moindres recoins des régions qu'ils arpentent encore et encore. Ils épuisent moins les ressources de la terre.

A nous de nous recycler sans cesse, d'apprendre chaque jour de nouvelles petites choses.
Je me demande juste si ce post a un sens. Je cherche... souvent je tournicote et je cherche encore; la balade vous plaît?

Saturday, October 06, 2007

déjà

ça fait cette semaine
14 ans
déjà

qu'une personne
me dit

après que j'eus
lâché
mon plus petit bébé
(3 kilos et demi)

"vous avez bien géré "ça"
sauf les vingt dernières minutes:
vous avez perdu les pédales"

yes
j'avais perdu les pédales
je n'accouche pas
néocortex branché
je dansais
sur la table d'accouchement
et à la fin
la danse s'est faite
toute seule
sans que mon esprit
soit plus consulté

j'ai été emportée
je serais incapable de vous conter
cette naissance
par le détail

désolée

et

quatre années et quatre jours plus tard plus tard
j'ai été heureuse

qu'un autre bébé
attende patiemment
que l'anniversaire de sa grande soeur
soit fêté
avant de pointer
le bout de son nez

enfant
du tournant
avant un grand virage

avec lequel j'ai goûté
aux joies du portage agrippé
vraiment

enfant en écharpe
en Tonga
porté
savouré
allaité

enfant
enfant enfin plus léger

j'ai retrouvé des jambes
retrouvé une liberté
que j'avais oubliée

avec un grand tissu
bien tissé
une folie
que j'ai osée

dix ans de portage
découvertes
rencontres

j'ignorais où cela me mènerait

je l'ignore encore
ce fil pas entièrement déroulé

il court encore
comme cet enfant

Tuesday, October 02, 2007

solidaires?

lorsque je vivais loin d'ici
je voulais revenir

connaître
mon pays

qui me semblait autre
que celui où je vivais

autre parce que moins imprégné de compétition
de concours et de sélection

autre parce que plus serein
avec des mots plus simples
et peut-être
plus simple à vivre au quotidien

pays contradictoire
multilingue
incompréhensible
pour qui n'est pas d'ici

pays où
j'ai
peu à peu
réappris
ce que c'est que le calme

à vivre au jour le jour
et à goûter la vie


www.sauvonslasolidarite.be

Thursday, September 27, 2007

semaine folle

il y a des semaines



votre petit se casse la figure
le tout premier jour
où il devient un baladin
où vous faites face à l'incompréhension
d'une infirmière en pédiatrie
qui vous aperçoit en train de réconfoter
ce petit de 4 ans et demi
au sein
(ouf! une nuit d'observation
et puis plus rien)
j'avais oublié que je n'étais vraiment pas normale


vous retombez sur votre vielle copine
qui vous dépanne
et qui vous rappelle
que dans quelques jours
elle joue au théâtre

vous retrouvez tout à coup le chemin
du théâtre
où vous avez roulé votre bosse
des années
parce que
pour la première fois depuis des lustres
la mystérieuse envie ne vous a pas
encore une fois
joué des tours
autour des deux ans de bébé
vous voilà légère
pour aller au théâtre
encore et encore
suivie d'une rangée de canards à vélo
une fois, deux fois, trois fois
c'est si bon de voir le même spectacle plusieurs fois

et ça repart
quand

votre "petit"
(qui a rasé sa crête jaune
entre festival et examen de passage
- les cheveux verts, ça tourne au jaune, oui...)
est emmené en sortie par sa prof
dans ...
le centre d'information
où vous avez fait SON test de grossesse
quand il était tout mini mini
et que personne autour de vous
sauf son papa et cette amie
ne semblait se rendre compte
que vous étiez adulte ou presque
et depuis longtemps taraudée par une mystérieuse envie ...



lâchement abandonnée par les vôtres
vous allez en rendez-vous chez votre psy
avec une demoiselle de deux ans
qui refuse les duplos que la dame lui propose
mais qui finalement se délecte des magazines de la salle d'attente
et vous permet de vider tout de même un peu votre sac




c'est stop ou encore
et vous retenez votre souffle
vous ne dormez pas
tellement le tournant est fort

et vous vous réveillez

VIVANTE

pas en bisbrouille avec votre maman (ça fait bizarre, ça fait un bon moment, maintenant!
- coucou maman!)

Monday, September 24, 2007

la solution

la solution
est-elle de protester
de trépigner

ou de chanter?

http://fr.youtube.com/watch?v=TSO0fcZp5Ms&mode=related&search=

Friday, September 07, 2007

toc toc

c'est qui?

c'est lui

et je l'entends qui chante
des textes de Brassens
avec grande fille
école à la maison avec papa
- avec maman, non, ça ne colle pas -

manger - dormir - chanter
pédaler
qu'y a-t-il de mieux?

et je les vois
vivre ça
sous mes yeux

comme un homme
parfois
souhaite être enceint
et ne le peut pas

je ne peux faire l'école à la maison
les garçons y vont, à l'école
et je reste là

mon désir en berne
mes cahiers entre les jambes
mes rêves au placard
encore une fois

même si je suis là
non, ça ne compte pas

tout est pris en charge
tandis que je reprends mon boulot
boulot que j'aime

me suis bien reposée
ça repart, mon kiki
une année à l'envers

manger pour vivre?
vivre pour manger?

à l'école
j'ai joué cette scène
en face de moi, un garçon bon vivant, rieur
me donnait la réplique

moi, toute à mon angoisse de ne pas faire d'erreur
moi, j'étais avare de moi
je mesurais mes mots, mes mouvements
ma vie

lui, il avait raison, de rire en toute saison

moi, je pensais qu'il était impérieux de ne faire aucun pli,
aucun participe passé mal accordé,
aucune confusion entre infinitif et participe,
quelle folie! (je n'y aurais même pas pensé)

je croyais que l'école me mènerait avec assurance à ...
à quoi?
je n'en savais absolument rien
à une absolue non-confiance en moi
à une suite sans goût de remplacements insensés
qui ont eux-mêmes suscité des remplacements à d'autres intérimaires
non casés
comme moi

quelle mascrade
jolis mots enseignés
vivre - manger
manger - vivre

si j'ai remis quelque chose à l'endroit
mon travail me rend heureuse
je souhaite que mes enfants
reprennent la place de choix

que l'on travaille côte à côte
que l'on apprenne
que l'on explore ensemble

sans eux, j'ai tellement moins d'énergie
c'est comme dans l'allaitement
le contact avec eux suscite ma production

et cet été
lorsqu'ils étaient presque tous partis au camp
j'étais une chose molle
sans énergie

la vie que vous donnez vous donne la vie

Thursday, September 06, 2007

se changer

tout à coup
c'est très fort

il faut qu'elle retire ses vêtements
qu'elle se glisse
nue
sous mon T-shirt
et elle tète
et elle se détend

quelques instants plus tard
je la retrouve devant sa garde-robe

elle redescendra
toute de rouge vêtue

je fais la vaisselle
donc elle la fait

et quand ils sont trempés
les vêtements rouges
elle s'en débarrasse
hop là
la petite culotte aussi

et nous la retrouvons
se lavant
carrément
dans l'évier de vaisselle

pourquoi pas?

épisode suivant

elle a sélectionné
un polo et un pantalon coordonnés
dans les tons de vert
elle veut se rhabiller

elle y parvient
presque toute seule

ma petite a deux ans

et ce soir
je me suis mise en tête
pour une fois
depuis longtemps
de tricoter un truc pas compliqué
un double col tout droit
trou pour sa tête
et
trou pour ma tête

accessoire de portage
rien que pour elle et moi

elle ne comprend pas
mais elle verra ça

mais en attendant
elle est furieuse
longtemps
de voir ces aiguilles
dans mes bras
l'empêchant de pouvoir
venir téter tout son saoul

en tricotant
j'empiète abusivement
sur la liberté
de me toucher
de mon enfant

je le savais
cela faisait longtemps que je ne tricotais pas
sa réaction fut si violente

que je fabrique une chose
pour elle et moi
elle ne le comprend pas

je suis un consommable
toute crue, comme ça
l'attente n'existe pas
elle vit encore
un tout petit instant à la fois

elle signe "flower"
et elle dit "flower"

jeux de mains
pas si vilains que ça!

Tuesday, September 04, 2007

disponibilité

résolution
de rentrée

ou

de demi-rentrée

être là avec mes enfants
lorsque l'école me les rend

pas que présente physiquement
agripée au clavier
qui me happe vers un ailleurs
qui me tombe dessus
à tout instant

être disponible
non abrutie

avoir le temps

de faire des rondelles
de carottes

ou d'aller chercher
des banances
chez le petit arabe du coin
(il est très gentil,
je vous le recommande!)

histoire de faire
enfin
un gâteau
à la banane

je n'étalerai
pas ici
des talents culinaires
que je n'ai pas

(hier
la soupe réussie
a atiré un commentaire
disant
textuellement "ce n'est pas comme
la soupe de maman!")

et je ne compte pas
vous innonder
de posts

puisque
cette année
même s'ils vont à l'école
comme on croit souvent que l'on doit

et que j'aspire à davantage
de temps partagé avec eux

je vais tâcher
hors heures scolaires
de ne pas trop faire chauffer le clavier

j'ai longtemps été là
face au clavier
leur tournant le dos
je ne veux plus de ça

il est peut-être temps que j'ose aller vers mes enfants
un peu

Saturday, September 01, 2007

rouge bonheur

semaine tempête
tristesse et joie

il faut du temps
pour s'accorder

si je suis prête
il ne l'est pas
en même temps que moi
à ne pas conduire nos enfants à l'école
en cette rentrée scolaire

tristesse tristesse
deuxième rentrée que j'y crois
et que c'est non,
pas encore prêt
oui, mais non
ja-ein
(prononcez en allemand, ja, puis nein, sans dire le premier n de nein)
jein : voilà!

semaine après semaine, j'ai décompté les semaines
avant l'été
c'est reparti pour une année
où je décompte le temps
qui me sépare
de ce temps-là
différent
moins abrutie au boulot
un temps où les choses seraient remises à l'endroit

joie
feuilleton
rouge au soleil de Chine
d'une petite fille qui découvre ses parents
et se détend
s'accroche
s'endort tout contre eux
jour après jour

bien loin de familles et amis
qui suivent
le coeur battant
le blog de la rencontre
papa-maman-bébé
tant attendu
tant aimé

loin et si proches
vous me faites penser
à ce texte http://www.mothering.com/articles/new_baby/bonding/at-rest.html
où le contexte est différent
une mère demande à sa famille de ne pas débarquer trop rapidement
après son accoucement
à la maison
car
elle désire ardemment
se pelotonner doucement
nourrir, toucher, regarder son enfant
et se laisser toucher par elle

autour d'elle, on s'affaire discrètement
pour qu'elle n'ait rien à faire
qu'être là pour ce tout petit enfant

votre voyage
loin de nous
dont vous nous offrez de rayonnants clichés
vous préserve un temps
avant une grande vague de chaleur aimante
(votre famille est grande)

ces nombreuses visites
imposées par la Chine
à votre famille
à l'occasion de cette naissance de vous trois
n'ont rien à voir en apparence avec un lying-in sous la couette
dans une maisonnette où seuls deux-trois familiers pénètrent à pas feutrés

en apparence seulement

car vous nous montrez
jour après jour
des images de vous
l'un photographiant les deux autres
et réciproquement

non, ce n'est pas du lying-in
on pourrait presque dire du marching-in
tellement c'est sportif

et pourtant

c'est un temps
rien qu'à vous

le retour
cette nuit
l'atterrissage
demain matin
au pays

c'est la suite
la venue au monde
après la rencontre intime
avec maman et papa

bon vol
bon vent
et
à demain...

Saturday, August 25, 2007

prête

je suis prête
deux jours déjà qu'au coucher du soleil
le mot "bonheur" résonne étonamment en moi

je ne comprends pas

depuis quelques semaines
je suis dans la "convalescence"

nous sommes convalescents
de maux divers
d'usure
fatigue

ma tension inquiète moins
le médecin

mon sourire rassure
mes parents

j'ai des attentions
pour mon homme

signe que je ne suis
pas dépassée
par les événements

je respire
je suis prête

je désire écrire
des choses

autres

que ce que j'ai pu écrire jusqu'à présent

mots légers
moins souffrants

mais qu'est-ce qui se passe en moi?
je vais bien maintenat

Friday, August 10, 2007

un faune

assorti aux couvre-lits synthétiques
verts
hérités de ma chère grand-mère

(choisis parmi son bazar
parce qu'ils amuseraient
les mouflards)

telle est la crinière
qui se veut punk
de mon aîné
(au secours, je ne trouve pas de rime en "unk")

il n'a pas l'air de Shrek
certes
son doux minois
est encore là
prêt à faire se pâmer
les jeunes friandes
de belles gueules
aux doux yeux bleus

mais
comment dire?
ça détonne
quelque peu

ça donne un oeil bizarre
à la boulangère
me dit-il
ben tiens...

il fut bleu
le voilà vert
il reste des couleurs
à l'arc-en-ciel
encore

les réserves ne sont pas épuisées
l'avenir est à nous!

il fait rêver ses petits frères
qui voudraient
tout comme lui
se teindre la crinière

mais chaque chose à son heure

on ne se teint pas en vert à 9 ou à 12 ans
du moins, ici, pas pour l'instant

retour?

retour en arrière
ou saut en avant?

j'ai encore fait
cette semaine
un voyage
là où mes projets
se prolongent, vivants
et
là où des connaissances
de mon adolescence
poursuivent leur existence

étonnante rencontre
avec une amie d'avant
qui m'a retrouvée
récemment

certaines idées claires en commun
les enfants
les mots
ça fait beaucoup, il me semble

des études
parce que cela se fait
mais des enfants surtout
parce qu'on en a follement envie

et des chemins inventés
au fil du temps
pas de plan
de carrière

un surf à travers la vie

surprenantes retrouvailles
au détour d'un chemin
d'un site
de blogs

au détour d'un même désir
tout simple :
nourrir son enfant au sein

j'avais oublié
ce temps
où nous étions enfants de choeur
où nous n'étions pas très disciplinés
entre deux coups de sonnette

drôle de loisir pour des enfants
garçons et filles
- cela me semble surréaliste d'y penser aujurd'hui -
comme j'aimais sonner à la consécration!!!
j'avais tellement peur de me tromper
et de ne pas sonner au bon moment

je crois que tu m'as écrit au bon moment
maintenant que je tâche
de réapprendre
le temps
de rire
de respirer

il faut du cran
pour annoncer à 18 ans
que l'on souhaite être maman au foyer

je ne voyais pas aussi clair que toi
et me suis laissée embarquée
dans des choses bien compliquées

histoire de me protéger
des projets que l'on faisait pour moi
j'ai donné le change avec un chemin
qui ne satisfaisait personne
ni ceux qui faisaient trop de rêves pour moi
ni moi qui en faisais bien d'autres
dont je ne pouvais pas parler

j'ai donc commu la voie de garage
où je n'ai pas pu me garer
puis tâté
et exploré une mystérieuse voie de secours
au bout de laquelle
je pense maintenant pouvoir respirer

après tant et tant d'apnée
de temps passé à ne pas apprendre à faire des choix
de choix intempestifs
mal gérés
coups dans l'eau
coups mal dosés

et là
j'aspire
au temps
pour et avec mes enfants
au temps respirant
où personne ne joue le premier rôle auprès d'eux

où les cloches peuvent bien sonner
on a tout de même le temps de causer
chanson, économie, social ou poésie concrète...

ce temps va-t-il venir
dans quelques semaines
ou bien le doute
va-t-il gagner
encore
pour une année
celui qui m'accompagne
et qui est tellement doué pour une vie
au hasard des choses et des mots?

aurons-nous confiance?
saurons-nous nous la donner?

les ambiances diffèrent
les systèmes
les pays
quoique mitoyens
sont autant d'univers

les familles aussi

j'aime savoir que ta famille est là
et que ma famille nage dans la même galaxie
pas loin

à la recherche
d'autres sources d'énergie
que le contact peau à peau
avec un nouveau-né
- parce que j'ai déjà eu sept nouveau-nés -


leur présence me remplit de choses
et les regarder vivre
je veux du temps pour ça

Friday, July 27, 2007

est-ce trop?

est-ce trop?
cette petite fille qui me prend les mains
me fait tourner
danser

m'apprend qu'elle aime
me parler
avec ses mains

aime tant
faire elle-même
sa tartine
comme maman
m'a laissée faire
moi aussi
lorsque j'en ai eu envie

entendu
calmement
sans m'énerver
- stupéfiant pour moi -
une pluie de "tu vas tomber"
de leur grand-mère

qui les laisse pourtant
faire mille cabrioles
dans son salon

je donne beaucoup
d'importance aux mots

souvent trop

je tâche de m'en distancier

du moment que ces
"tu vas tomber"
soient rares

que mes petits
ne tâchent pas trop
de s'y conformer

qu'ils restent
agiles
grimpeurs
volants
enfants

dans leur peau
dans leur chair
dans leur tête

creux de la vague

depuis quelques jours
et pour encore un tout petit temps

nous avons "juste" deux enfants
deux petits
à la maison

les grands sont au camp scout,
scoute, louveteau ou baladin

on se surprend à vivre
sur un sac à dos de courses
pour deux jours

étonnamment
une grande fatigue me surprend

pas de grand rangement
rythme doux
le 7ème tome de Harry Potter est là

un creux de vague
cet après-midi
j'ai même fait une sieste

mon coeur se serait-il apaisé?
la tête qui me tournait depuis des mois
tourne encore
quelquefois
je réapprends les mots et le sommeil

je parviens à me concentrer
je suis ici, après tout
et j'écris ces petits mots

quand le téléphone
me dit
"tu m'as l'air fatiguée"
je reste sans voix
ces mots-là ne me parlent pas


j'aime
les mots légers
un sourire
merci

Friday, July 20, 2007

portrait non disponible

il faut m'excuser si la photo à l'arrière de mon livre n'est pas très réussie
lors des séances photo, nous avions fait des dizaines de clichés
de face
à la demande expresse de l'éditeur

j'étais très mal à l'aise
et je le vois sur les essais que je ne montre pas

mon tout petit bébé ne pouvait figurer sur cette photo
j'étais sensée le poser
et je le gardais en réalité contre moi
je pensais recouper la photo ensuite
ce bébé était décidément trop petit pour que je le décolle...
c'était plus fort que moi

à un moment, je l'ai tout de même passé
à son papa qui me photographiait
mais ça n'a rien donné
je n'y étais pas
être moi sur commande, je ne peux pas
je m'envole, je m'efface, je disparais
et un semblant de moi-même reste là, vide et gêné

je vois sur ces essais gardés
dans la mémoire de mon ordinateur
que je regarde à droite
à gauche
trop haut
trop bas
ou que je suis fatiguée d'être là

allergique à la pose pour des photos de face

il y a des choses
comme ça
qui remontent à la surface
et contre lesquelles on peut très peu de chose

poser de face, pour moi
c'est m'arrêter plusieurs minutes
pour que l'on prenne de moi un instantané qui est déjà passé

si je dois m'arrêter avant que le cliché ne soit pris
le malaise m'envahit

j'espère que
pour une prochaine fois
des amies ou mes enfants seront parvenus à me prendre en photo
sans m'avertir
de devant
et que ce sera réussi

je n'y peux pas grand chose
je n'aime pas prendre la pose

(du moins sérieusement

la pose décalée
c'est autre chose!)

Wednesday, July 04, 2007

être là

être ou faire?
la choix est bien là

je choisis d'être là et de faire (un peu)
avec les enfants

je leur réserve désormais le début de chaque jour
un bon moment passé ensemble
sans machine qui fait du bruit tout près de nous

ça, c'est déjà beaucoup pour moi qui, depuis des années, vais directement vers l'ordinateur pour vérifier mes messages professionnels, et cela des dizaines de fois par jour, du lever au coucher
je dois me désintoxiquer

mes enfants vont m'y aider

il faut que nous chassions les livres-remplis-d'exercices-correspondant-aux-programmes

- c'est clair -

en attendant, je savoure les échanges
les disputes
les éclats

les moments de toutes sortes

entre obligation de résultats quotidiens et refus de mettre les enfants dans une situation de stress, d'attente
je ferai donc tampon, encore une fois

les massages hebdomadaires me permettent déjà de me détendre un peu plus
les tensions sont allées se loger un peu partout en moi
elles n'ont qu'à bien se tenir!
nous les débusquerons
jusqu'à la dernière

voilà!