Saturday, August 25, 2007
prête
deux jours déjà qu'au coucher du soleil
le mot "bonheur" résonne étonamment en moi
je ne comprends pas
depuis quelques semaines
je suis dans la "convalescence"
nous sommes convalescents
de maux divers
d'usure
fatigue
ma tension inquiète moins
le médecin
mon sourire rassure
mes parents
j'ai des attentions
pour mon homme
signe que je ne suis
pas dépassée
par les événements
je respire
je suis prête
je désire écrire
des choses
autres
que ce que j'ai pu écrire jusqu'à présent
mots légers
moins souffrants
mais qu'est-ce qui se passe en moi?
je vais bien maintenat
Friday, August 10, 2007
un faune
verts
hérités de ma chère grand-mère
(choisis parmi son bazar
parce qu'ils amuseraient
les mouflards)
telle est la crinière
qui se veut punk
de mon aîné
(au secours, je ne trouve pas de rime en "unk")
il n'a pas l'air de Shrek
certes
son doux minois
est encore là
prêt à faire se pâmer
les jeunes friandes
de belles gueules
aux doux yeux bleus
mais
comment dire?
ça détonne
quelque peu
ça donne un oeil bizarre
à la boulangère
me dit-il
ben tiens...
il fut bleu
le voilà vert
il reste des couleurs
à l'arc-en-ciel
encore
les réserves ne sont pas épuisées
l'avenir est à nous!
il fait rêver ses petits frères
qui voudraient
tout comme lui
se teindre la crinière
mais chaque chose à son heure
on ne se teint pas en vert à 9 ou à 12 ans
du moins, ici, pas pour l'instant
retour?
ou saut en avant?
j'ai encore fait
cette semaine
un voyage
là où mes projets
se prolongent, vivants
et
là où des connaissances
de mon adolescence
poursuivent leur existence
étonnante rencontre
avec une amie d'avant
qui m'a retrouvée
récemment
certaines idées claires en commun
les enfants
les mots
ça fait beaucoup, il me semble
des études
parce que cela se fait
mais des enfants surtout
parce qu'on en a follement envie
et des chemins inventés
au fil du temps
pas de plan
de carrière
un surf à travers la vie
surprenantes retrouvailles
au détour d'un chemin
d'un site
de blogs
au détour d'un même désir
tout simple :
nourrir son enfant au sein
j'avais oublié
ce temps
où nous étions enfants de choeur
où nous n'étions pas très disciplinés
entre deux coups de sonnette
drôle de loisir pour des enfants
garçons et filles
- cela me semble surréaliste d'y penser aujurd'hui -
comme j'aimais sonner à la consécration!!!
j'avais tellement peur de me tromper
et de ne pas sonner au bon moment
je crois que tu m'as écrit au bon moment
maintenant que je tâche
de réapprendre
le temps
de rire
de respirer
il faut du cran
pour annoncer à 18 ans
que l'on souhaite être maman au foyer
je ne voyais pas aussi clair que toi
et me suis laissée embarquée
dans des choses bien compliquées
histoire de me protéger
des projets que l'on faisait pour moi
j'ai donné le change avec un chemin
qui ne satisfaisait personne
ni ceux qui faisaient trop de rêves pour moi
ni moi qui en faisais bien d'autres
dont je ne pouvais pas parler
j'ai donc commu la voie de garage
où je n'ai pas pu me garer
puis tâté
et exploré une mystérieuse voie de secours
au bout de laquelle
je pense maintenant pouvoir respirer
après tant et tant d'apnée
de temps passé à ne pas apprendre à faire des choix
de choix intempestifs
mal gérés
coups dans l'eau
coups mal dosés
et là
j'aspire
au temps
pour et avec mes enfants
au temps respirant
où personne ne joue le premier rôle auprès d'eux
où les cloches peuvent bien sonner
on a tout de même le temps de causer
chanson, économie, social ou poésie concrète...
ce temps va-t-il venir
dans quelques semaines
ou bien le doute
va-t-il gagner
encore
pour une année
celui qui m'accompagne
et qui est tellement doué pour une vie
au hasard des choses et des mots?
aurons-nous confiance?
saurons-nous nous la donner?
les ambiances diffèrent
les systèmes
les pays
quoique mitoyens
sont autant d'univers
les familles aussi
j'aime savoir que ta famille est là
et que ma famille nage dans la même galaxie
pas loin
à la recherche
d'autres sources d'énergie
que le contact peau à peau
avec un nouveau-né
- parce que j'ai déjà eu sept nouveau-nés -
leur présence me remplit de choses
et les regarder vivre
je veux du temps pour ça
Friday, July 27, 2007
est-ce trop?
cette petite fille qui me prend les mains
me fait tourner
danser
m'apprend qu'elle aime
me parler
avec ses mains
aime tant
faire elle-même
sa tartine
comme maman
m'a laissée faire
moi aussi
lorsque j'en ai eu envie
entendu
calmement
sans m'énerver
- stupéfiant pour moi -
une pluie de "tu vas tomber"
de leur grand-mère
qui les laisse pourtant
faire mille cabrioles
dans son salon
je donne beaucoup
d'importance aux mots
souvent trop
je tâche de m'en distancier
du moment que ces
"tu vas tomber"
soient rares
que mes petits
ne tâchent pas trop
de s'y conformer
qu'ils restent
agiles
grimpeurs
volants
enfants
dans leur peau
dans leur chair
dans leur tête
creux de la vague
et pour encore un tout petit temps
nous avons "juste" deux enfants
deux petits
à la maison
les grands sont au camp scout,
scoute, louveteau ou baladin
on se surprend à vivre
sur un sac à dos de courses
pour deux jours
étonnamment
une grande fatigue me surprend
pas de grand rangement
rythme doux
le 7ème tome de Harry Potter est là
un creux de vague
cet après-midi
j'ai même fait une sieste
mon coeur se serait-il apaisé?
la tête qui me tournait depuis des mois
tourne encore
quelquefois
je réapprends les mots et le sommeil
je parviens à me concentrer
je suis ici, après tout
et j'écris ces petits mots
quand le téléphone
me dit
"tu m'as l'air fatiguée"
je reste sans voix
ces mots-là ne me parlent pas
j'aime
les mots légers
un sourire
merci
Friday, July 20, 2007
portrait non disponible
lors des séances photo, nous avions fait des dizaines de clichés
de face
à la demande expresse de l'éditeur
j'étais très mal à l'aise
et je le vois sur les essais que je ne montre pas
mon tout petit bébé ne pouvait figurer sur cette photo
j'étais sensée le poser
et je le gardais en réalité contre moi
je pensais recouper la photo ensuite
ce bébé était décidément trop petit pour que je le décolle...
c'était plus fort que moi
à un moment, je l'ai tout de même passé
à son papa qui me photographiait
mais ça n'a rien donné
je n'y étais pas
être moi sur commande, je ne peux pas
je m'envole, je m'efface, je disparais
et un semblant de moi-même reste là, vide et gêné
je vois sur ces essais gardés
dans la mémoire de mon ordinateur
que je regarde à droite
à gauche
trop haut
trop bas
ou que je suis fatiguée d'être là
allergique à la pose pour des photos de face
il y a des choses
comme ça
qui remontent à la surface
et contre lesquelles on peut très peu de chose
poser de face, pour moi
c'est m'arrêter plusieurs minutes
pour que l'on prenne de moi un instantané qui est déjà passé
si je dois m'arrêter avant que le cliché ne soit pris
le malaise m'envahit
j'espère que
pour une prochaine fois
des amies ou mes enfants seront parvenus à me prendre en photo
sans m'avertir
de devant
et que ce sera réussi
je n'y peux pas grand chose
je n'aime pas prendre la pose
(du moins sérieusement
la pose décalée
c'est autre chose!)
Wednesday, July 04, 2007
être là
la choix est bien là
je choisis d'être là et de faire (un peu)
avec les enfants
je leur réserve désormais le début de chaque jour
un bon moment passé ensemble
sans machine qui fait du bruit tout près de nous
ça, c'est déjà beaucoup pour moi qui, depuis des années, vais directement vers l'ordinateur pour vérifier mes messages professionnels, et cela des dizaines de fois par jour, du lever au coucher
je dois me désintoxiquer
mes enfants vont m'y aider
il faut que nous chassions les livres-remplis-d'exercices-correspondant-aux-programmes
- c'est clair -
en attendant, je savoure les échanges
les disputes
les éclats
les moments de toutes sortes
entre obligation de résultats quotidiens et refus de mettre les enfants dans une situation de stress, d'attente
je ferai donc tampon, encore une fois
les massages hebdomadaires me permettent déjà de me détendre un peu plus
les tensions sont allées se loger un peu partout en moi
elles n'ont qu'à bien se tenir!
nous les débusquerons
jusqu'à la dernière
voilà!
Wednesday, June 27, 2007
lamysterieuseenviedefairel'écoleàlamaisonpourplusieursenfantsàlafois
sans obligation formelle d'être à l'école
pour mes garçons inscrits dans le primaire
depuis le début de l'année
premier jour
où nous ne faisons pas l'école à la maison
(pas envie de faire du copié-collé)
mais où nous défaisons des fils
pour les retricoter légèrement autrement
l'idée est de travailler une heure, une heure trente
tôt le matin
au lever
avant ou après le petit-déjeuner
et moi aussi d'ailleurs
sur les articles qui attendent
d'être bouclés
de faire un brin de ménage ensemble
et puis de sortir... sortir...
( et à nous les vélos . . . s'il fait beau!)
nous commençons par un petit exercice d'écriture libre
(mais appelé quand-même, vu que le papa flippe
rien qu'à l'idée que ses poussins n'aillent bientôt plus à l'école
c'est convenu entre nous: nous prendrons la décision finale à la fin de l'été)
après avoir longuement discuté de divers points
sur lesquels nous devions nous mettre d'accord
(pas de télé quand on se lève, ni de vidéos bruyantes
sur internet, ni d'accès à MON poste de travail
- situé au beau milieu du rez-de-chaussée -
tant que je n'ai pas fait le point sur ce que j'ai à faire
et avoir quelque peu avancé là-dedans de mon côté)
A. se fend d'une présentation écrite
d'un jeu vidéo qu'il affectionne
prose intéressante
terminaisons de passés simples aux voyelles étonnantes
et orthographe venue d'un autre monde
pas de souci :
nous reprendrons le texte à un autre moment
pour le taper
un texte ne se fait pas en trois minutes
il peut le reprendre autant qu'il le souhaite
il peut le peaufiner
le but est qu'il raconte
qu'il soit de lui
inscrit ici et aujourd'hui
N. refuse et s'enfuit à l'étage pendant deux heures :
pas grave
quand je reviendrai des courses avec sa grande soeur
il me lira
un dialogue
dans lequel un personnage explique à un interlocuteur
comment trouver des astuces pour tricher à un jeu vidéo de sa prédilection
J. a refusé aussi, ce matin
il m'a dit qu'il irait à l'école en septembre
il m'a bien fait rire, lui aussi!
il sait que son père et moi ne sommes pas d'accord
et que je compte vivre ces deux mois avec eux "pour de vrai"
comme je souhaite poursuivre le reste de l'année
alors j'y vais à fond - enfin... léger quand-même
un instituteur de leur école ayant refusé des feuilles d'exercices de maths à A. pour travailler à domicile pendant l'été - c'est sympa et ça fait toujours plaisir! - , nous attendrons la semaine prochaine pour aller quérir quelques cahiers d'exercices dans une bonne librairie
pas nécessairement pour les suivre de la première à la dernière page
de façon ordonnée, exhaustive et que je te drille à mort...
autant sauter sur les occasions vivantes qui se présentent
rapporter à la maison les tickets de caisse et vérifier les additions
calculer ensemble la surface d'un mur qu'on s'apprête à peindre ou à plafonner
pour voir de combien de litres de peinture on va avoir besoin
calculer combien de rayonnages on va pouvoir caser sur le grand mur du salon
ou encore... (mais vicieux tout de même, j'en conviens!!!)
aller voir les cahiers d'exercices de maths dans cette excellent librairie du centre ville
et calculer à combien s'élèvera le budget pour 3 garçons du primaire, un autre de 4 ans et demi qui appréciera d'avoir son carnet pour lui aussi, et une série de cahiers en papier recyclé à lignes et à carreaux (pour colorier des mosaïques et faire des tas de dessins géométriques, parce que j'aime tellement ça!)
gageons que la prise des tout premiers repères de ses frères
soutiendra grande soeur
dans son entreprise à elle
ah!
j'ai une petite balade à vélo sur le coin du gaz
et peut-être une recherche internet pour trouver quelques pistes pour les maths
Saturday, May 19, 2007
ma petite folie
IMG_1654
Originally uploaded by Photothèque Peau à Peau.
photo de Sandrine Fraikin , été 2005
ma petite folie est à présent sur pattes
nous nous promenons
main dans la main
chacune arborant
un hamac porte-bébé
en bandoulière
Monday, April 30, 2007
nourriture
qui me nourrit
tandis que je nourris
mes enfants?
qui s'occupe de moi
depuis tout ce temps
passé auprès d'eux
à couver mes poussins?
qui me regarde avec bienveillance
et ne pointe jamais
jamais
jamais
ce qui n'est pas net
ce qui n'est pas fait?
qui m'aime
et me supporte
moi qui ai tant de mal
à me trouver aimable?
me rend belle
- ou presque -
me fait rire
- souvent -
et m'apprend la beauté
qui se cache chez les gens?
qui perçoit les failles d'autrui
sans jamais s'engoufrer dedans
mais qui pose dessus
un regard bon et doux?
qui me donne la force
pour que je
les porte
les embrasse
et réponde
OUI
tant que je peux
afin qu'ils puissent
- si possible -
se sentir acceptés
profondément
force
soutien
que je trouve
auprès de toi
fatigue
fatigue
fatigue
vent frais
et si l'essentiel
le plus gros
le soutien
c'était hier
et s'ils étaient
construits
nos petits?
et si déjà
nous avions
un peu
réussi
à ce qu'ils
s'apprennent
des trucs
les uns aux autres
à ce qu'ils
s'aiment
les uns les autres
une sorte de tribu?
tant de besoins
instants
pressés
tant de petits
tant de moments
où
j'ai attendu
remis à plus tard
la couleur
la demande
de mon enfant
je l'ai faite mienne
passionnément
je serai
continuellement
entre parenthèses
enfants
sans être hors de la vie
pour autant
mais bien baignée dedans
disons que
je pourrai
peut-être (?)
souffler un peu
maintenant
afin qu'ils me portent
de temps en temps
?
et soudain
oui
- surprenant -
à cette idée
je me sens légère
la journée fut bien ronde
pleine
variée comme la terre
juteuse comme une orange
nous nous nourrissons tous
les uns des autres
à présent
Saturday, April 14, 2007
attention...
je vais te faire un enfant
euh
un post sur mon blog
un poème
quelque chose
qui sort
de moi
en respirant
un peu de couleur
ça m'arrive aussi
bref
un truc
qui sourit
si tu n'y prends garde
si tu me fais rire
si tu continues
avec tes jeux de mots
ton sourire
ça risque de sortir
Thursday, April 12, 2007
Flash forward
aux cheveux blancs
Il nous reçoit
elles et moi
comme il se doit
petits gâteaux
café
crème
Nous sommes en Allemagne
Si proches de la maison
C'est incroyable
Comme le paysage ressemble
A celui d'ici
Moins d'une heure de route
Vers un monde
si proche
Vers un monde
qui a tourné bien des pages
dans la thérapie
des hanches des enfants
Je me suis préparée à traduire
et
- surprise -
ce ne sont pas des mots
que je traduis
les notions
par chez-nous
sont déjà vieilles ici
Les traitements ont évolué
Les postures
Pas toujours les mots
en eux-mêmes
Mais on leur fait dire
d'autres choses
désormais
Toute sa vie
Ce monsieur a écrit
proposé des articles
publiés
ou refusés
souvent refusés
Un livre
qui ici m'amène
publicité sabotée
jalousies de collègues
livre précieux
qui au pilon
s'en est allé!
Il n'en garde pas de rancoeur
Certaines choses ont évolué
Dans l'espace où l'on parle l'allemand
Ah! barrières des langues!
Et nous devisons
de sa pratique
ses découvertes
Devant une photo
de portage
sur laquelle
nous désirons
son opinion
je lui dis
"c'est un de mes fils"
Ah?
Me répond-il
Attentif
Pour nous rendre compte
que nous avons
le même
(grand)
nombre d'enfants
un fils de plus de mon côté
et du sien une fille
Il est attentif
Bizarre
comme une rencontre
peut nous projeter
en avant
Accueillies dans
une grande maison
sise dans une prairie
Une maison
aux murs
pleins de photos d'enfants
de dessins
de vivant
Une maison
apaisée
qui
certains jours
doit connaître
grande animation
Il continue
de nous parler
cas cliniques
études
confirmation
changement de pratiques
C'est comme un flash forward
cette visite
Moi qui ai quelques cheveux blancs
qui vois mes grands
devenir
de plus en plus grands
Et cette petite
être
peut-être bien
notre dernière petite
faite à la maison
Qu'il fait bon deviser
avec des personnes
qui fondamentalement
aiment les enfants
Et qui vous accueillent
en toute décontraction
pour des discussions
sérieuses
autour des enfants
et avec une enfant
gambadant
(Et je suis bien contente
que l'étudiante
et son mémoire
qui m'amènent ici
ne parle pas l'allemand
et que j'aie dû plonger
dans le sujet
en immersion
tout simplement)
Wednesday, April 11, 2007
Bon anniversaire
à deux mètres
de l'endroit
qui t'a vu naître
me voici
pour te souhaiter
12 autres années
pleines
qui roulent
et qui s'envolent
que tu ne vas pas
pouvoir
garder pour toi
mais qui
comme
tes longs cheveux
qui suivent le vent
feront
que tu es bien vivant
matière à réponse
au sol
assise
dans l'eau
ou encore
debout
lorsque ton petit corps
s'en va du mien
et que
le mien
tressaille
la réponse
du support
auquel
je confie ce moment
est tout
à peine libérée
des postures
et d'un environnement
formatés
pour vivre
notre séparation
d'amour
j'ai erré
erré
quelques années
dans le no-man's land
moelleux
des canapés et autres
lits immenses
qui ne m'offrent
pas de réponse
lorsque mon corps
contenant ton corps
se tend
se tord
et se distend
lorsqu'il appelle
en moi
et pour toi
et pour moi
une sérénité
que je n'ai pas
je ne peux
la puiser
dans les ressorts
aléatoires
qui me séparent
du sol
miracle
les pieds au sol
il y a cet instant
où
mes jambes
peuvent
jouer leur rôle
me suspendre
en l'air
et te laisser
descendre
et s'ouvre
tel un OUI
mon corps
pour que tu vives
sans me perdre
moi-même
sans me déchirer
sans nier
qui je suis
et sans te détester
dans la colère
sans refuser de vivre
pleinement ce moment
enveloppée du OUI
que m'a dit
un matin de novembre
une femme sage
qui sait
ce qu'ancrage dans le sol
veut dire
ce OUI
me fut offert
par une femme
une mère
et
je l'ai pris
pour moi
oui
pour une fois,
un oui
quelqu'une
me connaissait
faisait signe
me prenait
dans ce moment-là
où je me révoltais
de ne pouvoir
lâcher prise
j'avais faim
d'être prise
regardée en OUI
et lâchée
d'un OUI
OUI
qui me disait
qu'elle m'entendait
me souhaitait
bonne naissance
ma vie
ce jour-là
a tourné
a compté
plus de vie
moins de survie -malaise
un peu plus d'action pour
et moins contre
désormais
elle m'avait dit OUI
et le sol
lui aussi
répondait
Tuesday, April 03, 2007
Prends ton temps
prends ton temps
bébé
ma petite fille
prends ton temps
bébé
mon petit gars
je ne sais pas
ce que tu es
seras
tu es là
c'est assez pour moi
vois
je ne suis pas seule
à t'attendre
écoute
tous ensemble
depuis des semaines
nous le savons:tu peux naître
à toute heure
du jour ou
de la nuit
au coeur de ce mois
chaud
au coeur cet été
on est tous là pour toi
pas d'horaire de fous
à courir tout partout
c'est ton été à toi
au temps mou
élastique
ton papa
près de nous
qui s'occupe de tout
ton grand frère en bas
commence à s'y connaître
en glaçons parfumés
au thé et au jus que j'aime
quand tu me lances
une alerte (pas si fausse que ça)
je me glisse dans l'eau
ils m'apportent des glaçons
un plaisir raffiné
pied de nez aux douleurs
qui sont là pour m'aider
à te laisser
t'en aller de moi
un autre grand frère à toi
me masse
la tête, les épaules
les pieds et les jambes
ta grande soeur
est là
assise près de moi
simplement
et lorsque nous sommes
en silence
dans la salle de bains
nous n'avons pas besoin de mots
je suis heureuse qu'elle puisse
apprendre cela de cette façon-là
le temps passe lentement
en t'attendant
tous ensemble
toi
sens-tu le rythme de leurs pas?
tes trois petits grands frères
font la nouba
près de moi
au son de la musique
que j'aime
dans la pénombre de la salle de bains
salle de naissance-discothèque
snack bar
où bientôt
tu atterriras
(mais cela
je l'ignore lorsque je t'attends
n'ayant pas décidé
formellement
à l'avance
à quel endroit de la maison
tu débarquerais
ensuite, oui
tu as choisi
sans ôter ton chapeau
te voilà
mon bébé de la baignoire
après un bébé du salon
deux bébés de mon lit
et un né au sol, dans ma chambre)
prends ton temps
mon petit
ma petite
qui n'en finis pas
d'attendre pour s'annoncer
au creux de cet été
avant que tout ceci ne s'éparpille
que le temps ne reprenne
sa course
trop rapide
tu m'as fait entrevoir
en venant en cette saison
ce que peut être la vie en famille
tout simplement
la vie où l'on fait plein de choses
en famille, tout simplement
l'horizon avec toi s'est élargi
cet été-là
Wednesday, March 28, 2007
Une tribu fait des petits plats
Petits garçons
et petite fille
oeufs
chocolat
fromage
et p'tits lardons
les quiches d'abord:
à celui qui fera
le plus grand nombre
de picots
à la fourchette
dans sa pâte
avec autant d'application
que Franquin
noircissant un fond noir
à l'encre de chine
tout un art!!!
le gâteau au chocolat ensuite
l'un mélange le chocolat
la crème
sur le feu
l'autre sépare les jaunes des blancs
un petit mélange les jaunes
un grand bat les blancs en neige
le tout se retrouve mêlé
comme par enchantement
et enfourné, vite fait
il faut dire que
mon amoureux
nous a construit
une cuisine sans portes
et c'est un régal
de tout attrapper
en un clin d'oeil
des ciseaux? hop là
de la farine? c'est ici
une petite sauce pour la salade?
pas de problème
jus d'orange
héhé
huile d'olive
sel
moutarde
mon petit gourmand en reprend!
moi qui ai
auprès de mes enfants
la réputation de ne pas savoir cuisiner
mais alors là, pas du tout du tout
je crois
que j'avais besoin
de découvrir
ce plaisir
merci à ma cousine
dont j'ai retrouvé hier
le livre de recettes végétariennes
ultra simple
que je peux enfin mettre en pratique
en tribu
je crois que je l'ai touché
ce soir
la dernière quiche du jour
sort tout juste du four
hmmmmmmmmm
Tuesday, March 20, 2007
youyouyou
ton interprétation
d'un
"I love you"
que ton frère aîné
à voulu enseigner
à Link
l'avant dernier
tes oreilles traînent
traînent
laisse traîner
ma fille
choie ce qui tombe
dans tes oreilles
au creux de l'instant
ici
maintenant
c'est ainsi
que tu peux
le comprendre
Monday, March 19, 2007
Comment j'ai sauté à pieds joints sur un paquet de chips
un grand paquet de chips
qu'il vient d'aller s'acheter
- en douce -
pour lui tout seul
son frère
lui en demande
une fois
deux fois
trois fois
or donc
il dit oui - il dit oui - il dit non
il dit décidément non
mon enfant du milieu
nargue
d'un air innocent
violent
son aîné
du haut
de son paquet tant aimé
déjà
son aîné
énervé,
riposte
il l'a frappé
je n'y tiens plus
je bous
j'attrappe le sachet
je saute dessus à pieds joints
avec la ferme intention
d'en réduire le contenu
en miettes si petites
qu'on ne pourrait espérer
les prendre en main
surprise!
je n'ai pas le temps
de poser
feu le sachet de chips
à la poubelle
que chatouillent mes oreilles
les rires chauds des frères
qui s'ébattent
gaiement
dans un tout autre jeu
Bien m'en prit!
Je tiens à m'excuser auprès
de ces demoiselles
les chips, que j'apprécie
de façon ponctuelle
mais non feinte.
Ca c'est sûr!
Pour une fois
le grand
n'a pas fini en larmes
en me reprochant
de ne pas VOIR
ce que lui faisait son cadet
avec un air suprême
de ne pas y toucher du tout du tout du tout du tout du tout du tout du tout ...
Tuesday, March 13, 2007
Promenons-nous...
dans les bois
pendant que le loup n'y est pas
(le loup est sous la couette)
si le loup y était,
il nous mangerait
mais comme il n'y est pas
il nous mangera pas
Loup y es-tu?
Oui (de dessous la couette)
Que fais-tu?
Je mets ma culotte
Promenons-nous
sous la couette
Soyons enfants
loups à la fois
à tour de rôle
chantant, répondant
Faisons du "tous sous la couette"
Une bande de loulous, c'est chouette
C'est la solution que j'ai trouvée hier soir
Après avoir tenté de leur lire une histoire
tandis qu'ils faisaient du kung fu
sur mon lit
Tentative d'accord
Quelque part
nous nous sommes retrouvés
dans une même histoire
Friday, March 09, 2007
je suis petite, mais je me soigne
ma demoiselle s'est fait mal
de plus, elle a des rougeurs
de couches (trop de couches)
portées ces derniers jours
alors elle se penche vers mon sein
l'attrappe
je crois qu'elle veut téter
mais non
la voilà qui,
de ses 18 mois,
envoie du lait
sur ce qu'elle veut soigner
alors
je l'aide
d'un jet
maternel
plus précis
de mon lait
quelques jets
lui suffisent
se faire du bien
ça a du bon