Wednesday, July 01, 2015

Le thé



c'est un fait
revient dans ma vie
sous diverses formes

d'abord
j'ai eu
ces derniers mois
pas mal d'occasions
d'apprendre
à mes petits
à se soigner
avec l'huile essentielle
d'arbre à thé

rien à voir avec le thé
peut-être
mis à part le nom

ce produit
qui prend si peu de place
dans ma pharmacie
qui remplace tant de choses
que j'achetais avant
un produit que je trouve en herboristerie

heureuse
je suis
à chaque occasion
de rendre
mes enfants autonomes
en leur enseignant
comment aller mieux
grâce à de petites choses
telles que celle-là

puis
ce soir
une tout autre version
du mot
thé
m'est revenue en mémoire

il fait un temps
à faire du thé
à le mettre au frigo
avec plein de rondelles de citron bio dedans

demain
il sera

gla-cé !

merci
à celle
qui m'apprit
à faire cela

c'est aussi chez elle
que je découvris ce qu'est
un petit déjeuner
avec saucisses, oeufs, toasts  et jus d'orange surgelé dégelé

et c'est chez elle aussi
que je découvris
comment se déguste
le beurre de cacahuète
avec sa confiture
bien évidemment !

ce que je n'ai pas terminé
de faire
loin de là !

Wednesday, June 24, 2015

Deux


photo Sandrine Fraikin

mille photos
dans la tête

et

je jongle


avec des mots
tout autour

pour que ça soit
doux
joli
sensible
et
sensé aussi

Au



vu
des statistiques
que je réalise
sur ma tribu

je constate
que celui qui est entré le plus tard à l'école
en sort aujourd'hui le plus vite
là où la grande majorité des autres a tâtonné
et a doublé

car ils n'étaient pas prêts

ils avaient besoin de
beaucoup
jouer

celui
qui a joué
tout son saoûl
et mis les pieds
à presque 9 ans
pour la première fois
à l'école
sort aujourd'hui du primaire
après avoir royalement passé
quatre ans
de sa vie
sur les bancs de l'école

alors
pourquoi faut-il commencer à 6 ans

ne serait-ce pas tôt
vraiment ?

et est-il plus valorisant
pour un enfant
de faire deux fois la même année
que de faire deux années en une
quand il est prêt ?

tout est possible
chaque chose en son temps


Mein




photo Sandrine Fraikin

 
Mittelpunkt
ist nirgendwo
und überall

mon centre
est
nulle part
et
partout

je ne suis
nulle part

je suis
entre deux

je suis
entre tout

je suis étalée
je suis enfermée

si je m'étale
si je m'enferme

mon centre
c'est
ce qui est
juste

au milieu

mais c'est aussi
ma peau
et tout ce qui fait
que je suis moi

c'est un regard
c'est une voix

c'est ce qui me fait
marcher
respirer

être

c'est

ce qui me meut

Imagine



que tu as deux amis

l'un te dit
"fais pas ça
moi je sais
que c'est
pas bon pour toi"

l'autre te dit
"ah ok
ça m'étonne un peu
beaucoup
mais si tu sens
que c'est bon
pour toi
c'est ok pour moi"

quel ami
tu gardes
dans ta vie ?

Tuesday, June 23, 2015

Aujourd'



hui

je suis allée m'étaler
dans un parc

j'ai pris un bain
de nuages

et complètement
déconnecté

et
c'était bien


Monday, June 22, 2015

Mes



blogs
ont connu
des pics de visites
incroyables
en ce solstice d'été

il est un fait
que je n'ai
actuellement
plus rien
à vendre

sinon mes mots

cela n'empêche
qu'ils soient gratuits ici

je ne vais pas monnayer
chacun d'eux

et donc
je n'ai rien d'autre
à vendre
que mes mots


 là posés

il n'y a aucune commande
dans ce que j'écris

c'est (parfois) rétributeur
a posteriori


ou toujours
en fait
et même ici

car l'Univers

a de multiples manières
de les valoriser

je suis un papillon
de mots
qui vole
lorsque vous me lisez

merci
de l'effeuiller





Thursday, June 18, 2015

Je

voudrais bien comprendre ce que j'écris. Mais je n'y arrive pas. Je transcris ce qui vient en moi, ce qui paraît ou coule fort ou doucement. Je suis dansante à l'intérieur, tout en ayant un air tellement calme. C'est la tempête au dedans, quand les mots se bousculent, que je les récupère tant bien que mal en galopant sur le papier ou le clavier. Je ne sais pas pourquoi je fais cela. Je sais que je le fais. Que c'est bon pour moi. Que cela constitue une part importante de mon équilibre interne. Ecrire. Et pourquoi pas? 

Je n'ai pas d'heure. Pas de rythme. Est-ce mal? 

Je commence à connaître mes sensations de l'intérieur. Il y a des ambiances qui m'aident évidemment. Des présences. 

D'autres ont sur moi un effet tout contraire.

Lâcher prise : j'apprends. 
Me faire confiance : j'apprends aussi.

Je suis en apprentissage permanent de moi-même, de la vie, de la mort, bref du changement.

Et je vais mieux lorsque j'écris. Point. C'est ainsi. 
Et donc, j'écrirai. Ce sera. C'est. Ce fut. Qu'il en soit ainsi. 

Je n'ai pas besoin de comprendre tout ce que j'écris. C'est au-dessus des forces que j'ai. Je suis là pour écrire. Débrouillez-vous avec ce qu'il en reste, ce qu'il en ressort. 

Ce n'est pas la peine de combler les vides de l'existence avec des carabistouilles en tous genres. Etre. Je suis. Est-ce suffisant?

Ah non, il faut produire!
Alors disons que je produis quelques écrits. 
Sera-ce suffisant?
Je ne le sais. 
Je sais juste que je suis celle qui écris ceci. 
Celle qui apprit à lire, à écrire pour écrire ceci.
Rien d'autre ne m'encombre, résolument.
Je suis un réceptacle habile.
Comme on fait des enfants, j'écris.
La grossesse est lente ou rapide : je ne la contrôle pas.
Je vis et je vois: oh ! Ceci est sorti. J'ignorais que ce fût le moment !

Je me souviens de cette naissance troublante, celle de mon septième enfant - une petite fille, mon plus gros bébé. Eh bien, je ne sais pas comment j'ai fait. Je fus tellement calme tout le temps du travail. Je m'étais entraînée à l'auto-hypnose pendant les mois qui avaient précédé la naissance. Je découvris la force de l'auto-suggestion. Pour ensuite comprendre que nous la pratiquons tout le temps. Le risque, en traversant un événement tel que cette naissance, qui n'eut pas lieu dans la pièce de la maison dans laquelle j'étais persuadée qu'elle se déroulerait, c'est de comprendre que nous sommes tout-puissants.

Lorsque je m'exerçais peu avant la naissance, que je fus en travail, à plusieurs reprises, puis je jour j, je fis dérouler dans ma conscience un mantra que je m'étais créé. Il était composé des prénoms de mes six enfants déjà nés. Je m'autocensurai ; je créai mes pensées. Et j'eus ce que je voulais : une naissance paisible, loin des peurs qui déchirent et font que vous vous débattez en hurlant. Sans médicament. Non. Il n'y eut pas de désespoir en moi cette fois-là, chose exceptionnelle. Je ne hurlai pas. Je ne jurai pas. Je fus moi, au-dessus des vagues torrentielles qui déferlaient en moi. J'étais moi et j'étais au dehors de moi, dans cet espace intemporel que l'on dénomme pénombre. Oui, j'étais la pénombre, le calme qui fait place à la tempête et ne s'efface pas. Ce qui est lorsque tout passe. Ce qui est ou restera. 

Le mantra fait le vide des pensées. Par contre, lorsque j'écris, il en est tout autrement. Je ne sais pas comment je fais. C'est un processus en moi. Je respire. J'écoute. Tout se déroule en moi. Le raisonnement est écrit déjà, on dirait. Je suis un scribe. Je suis moi. J'écris les mots en moi. De quelle partie de moi viennent-ils? C'est très difficile à déterminer, tant je ne sais jamais vraiment à l'avance de quoi je vais parler. Je ne sais pas du tout. C'est comme ça. Puis ça vient. Je chope le truc. Je prends. J'écris. Et puis voilà. Comme aujourd'hui. J'avais prévu du temps, un espace pour ça. Je me suis rendue dans un lieu où j'aime écrire. Beaucoup. Depuis peu,mon smartphone a lâché et je ne le remplace pas. Je garde la maîtrise de cet espace en moi que l'on nomme "ma tête". J'ai toute ma tête à moi. Et ce matin, alors que je souhaitais prendre un thé à la terrasse d'un café, j'ai simplement payé sans consommer, m'avouant vaincue : à la radio passaient les informations. Le son était réglé haut. J'ai cru que j'allais péter les plombs. J'ai réglé et ai quitté ce lieu où je ne pouvais m'entendre penser.  Et donc j'écris comme ça, à l'aventure. Sans me soucier de rien. C'est quand je me soucie que cela ne va pas. Quand je me bloque, rien ne va. Et quand j'ouvre la fenêtre d'entrée de l'écriture en moi, alors je respire. De l'air entre. De la plénitude. Quelque chose vient de moi. D'une autre partie de moi.

écrit le 16 juin 2015

Wednesday, June 17, 2015

J'ai


rêvé
oui
j'ai rêvé

pas d'acheter tellement de cornichons
que j'en ai maintenant trois pots à la maison
- il faut que j'ouvre l'oeil et le bon ! -

pas d'entendre mon fils parler allemand
avec un accent français
- je suis responsable de la double transmission, en plus ! -

par contre
oui
j'avoue

j'ai rêvé
d'un livre en quadrichromie
et ça
c'est en passe d'être fait
- dernier shooting demain ! -

et c'est à peine croyable

alors
au rayon des rêves
oui

j'en ai réalisé
pas mal

mais
ce qui est beau
ce sont les surprises
que l'on se fait
au détour du chemin

ces choses
auxquelles on ne s'attend pas
même si on peut les espérer très fort

la vie
c'est encore mieux que dans les rêves

le livre
par exemple
il n'est pas tombé du ciel

il a eu une looooongue gestation

pas à pas
(peau-à-peau)

qui vaut toutes les couv' du monde

yep !
il est joli
le chemin

Sunday, June 14, 2015

Pour


Kitagawa Utamaro
Mère et enfant


mon anniversaire
j'ai reçu
cette année

une image
de Jean-Lou

un bic
en bois
rose
de L.
pour écrire
écrire
et écrire encore
là où l'inspiration
est
douce et fluide

un foulard
d'E.
- qu'elle
va me piquer
c'est sûr -


des tas de messages
doux
pour la plupart


une semaine
un peu folle

et

de la sérénité

qui m'a permis
d'avancer

beaucoup

Friday, June 12, 2015

Depuis

le matin
(enfin hier matin...)
elle joue
sur mon bureau

quand je me suis assise 
pour commencer la journée
elle gambadait sur mon clavier

à présent
elle se balade
sur ma lampe

mon amie
l'araignée

si petite
si belle

symbole fort
(j'en ai marre de croiser des animaux morts)

l'araignée tisse sa toile
elle crée
elle me plaît

sa présence est un cadeau

L'

important
en écriture
n'est pas d'emprunter
un air important

de se donner
un genre

ce serait
une sorte
de simulation

l'important
dans les mots

c'est ce que je ressens
à présent

c'est l'extrême plaisir
la surprise intense
qui traverse mon être

quand je ne lui résiste plus

Thursday, June 11, 2015

J'aime




quand on me dit bon anniversaire deux jours à l'avance
puis
un jour trop tôt

quand l'on me souhaite bonne chance pour ma grossesse
- j'ai dû avaler du gluten ou du lait sans m'en rendre compte, voilà la source de ce petit miracle ! -

quand j'apprends à un antiquaire britannique qui l'ignorait qu'il a un homonyme qui s'appelle Jarrett - j'aurais aussi pu lui parler de Haring -, tandis qu'il me parlait de Richards, qu'il connaissait ! miracle !

il a fini par me dire que les anglais étaient arriérés
- et moi je n'ai rien dit du tout sur le sujet -

j'aime quand elle fait des photos
et j'aime que l'on a du temps pour se parler

j'aime les gens qui me font hurler de rire
et qui n'ont pas honte d'être à mes côtés quand je lâche mon organe

j'aime l'abstraction lyrique
et les gens qui sont gais
- comme on dit en Belgique -

il faut faire attention tout de même
quand on imite Polnareff
on n'en sort pas indemne

Moulinsart, par contre,
est un petit plaisantin
qui n'a pas fini
de faire rigoler






Wednesday, June 10, 2015

En

ce moment
j'avoue
je traverse
souvent
des moments intenses
où la joie me saisis

et où je me  dis
que j'ai énormément
de chance
de vivre tout ce que je vis

et où je remercie

car rien n'est là
par hasard
ou fatalité
tout ce qui m'arrive
est là
parce que
c'est absolument parfait

j'ai attiré dans ma vie
des tas de choses
parce que j'avais peur qu'elles m'arrivent

et je crois même
que parfois
j'arrive dans un endroit
parce qu'on a craint
que j'y arrive

c'est comme ça
l'énergie

et même
même
si moi
je pensais ne pas y aller
cette force m'a été donnée
c'est ce qui est fou
dans la vie

l'Univers confond totalement commandes et craintes
il exécute
c'est tout

et c'est pareil à ses yeux
au fond






Si

tu crois
que ta famille parle
du fait que tu écris
ce que tu te gourres
fillette
fillette
ce que tu te gourres

et donc
il a fallu
que cette petite cousine
psychologue clinicienne de son état
se dise
qu'il était important pour sa pratique professionnelle
de se former à la transmission du portage
pour apprendre
lors de la dite formation
que tu avais pondu un opus sur le thème

bon bref
je l'interviewe très bientôt moi !


(et je vois passer des bébés élevés dans des tanks
et je vois passer des bébés élévés à même le corps de leurs parents
et je suis zen quand-même )

Tuesday, June 09, 2015



maman
s'en va-t-elle ?

c'est simple

elle s'en va
là où l'inspiration
coule
de source

là où elle peine à suivre
le cours de ses mots
dans sa tête

car ils coulent
coulent
coulent

simplement

Saturday, June 06, 2015

Que

les cendres du corps que mon âme habitait reposent dans la paix. 
Maintenant je sais la genèse de la tristesse dont j'ai hérité. 
Je la dépose, pleine d'amour. 
Je n'ai plus besoin d'être triste. 
Cette tristesse était celle de cette vie-là. 
Et je n'ai plus besoin de la porter. 
Quand on protège un être cher et que personne ne survit à l'autre, 
face à l'incomplétude... 
il reste la vie d'après.

Friday, June 05, 2015

Lorsque

Constantin Brancusi
le commencement du monde
1920


je marche
sur des plumes
et que
juste à côté
je vois
un pigeon mort
toutes ailes déployées
et couché sur le dos

et que je me souviens
avoir croisé
un autre
oiseau mort
tout petit
récemment

je me dis
que c'est bien
que ce qui en moi meurt
laisse place à la vie renouvelée

il y a en moi une prise de conscience
qui me permet d'avancer
et ces signes le disent
à leur façon

lorsque je croise un oiseau
je m'arrête
et observe
ce que son passage
en ma vie
a à m'enseigner


la mort est une grande amie
et les oiseaux aussi






Thursday, June 04, 2015

Donc


lorsque je cherche la paix
qu'est-ce que je fais ?

je trouve le chaos
qui
lorsqu'il se retire
permet alors
de trouver
une grande
très grande paix

le passage par le chaos
permet évidemment
d'apprécier
d'autant plus la paix
une paix plus profonde
que la situation hésitante d'avant
sur tous les plans

et donc oui
le chaos
c'est intéressant
d'une certaine façon
ça fait mal au moment-même
ça permet de voir face à quoi
on est capable d'être zen
résolument
en dépit de tout

la paix qui s'ensuit
permet de voir
à quel point
on a pu être stupide
on a pu aller loin dans la haine
on a pu mettre de l'huile sur le feu
et en laisser mettre aussi

la paix éclaire tout
lorsqu'on est passé par la haine
la belle tentation

tout cela est une sorte de rangement
dans la tête
et dans les faits

et donc
on ne garde que ce qui vaut la peine
on médite sur chaque chose
on pense chaleureusement
à celle et ceux
qui sont loin
suite à la tempête

et on tient debout
un peu mieux qu'avant

les idées éclaircies
le coeur apaisé

ne plus me laisser guider
par des personnes
elles-mêmes guidées
par la tristesse et l'envie

hier
j'ai retrouvé
dans un cahier
un texte que j'avais écrit il y a un mois et demi:

C'est une question d'instants.  C'est pourquoi ton regard se pose sur la vie en riant. Tu es née pour rire et non pour pleurer. Enfin, tu le sais. La décomposition du mot d'ordre est imminente. Tu ne peux pas respirer si l'on t'ordonne quoi que ce soit. Tu es faite pour vivre libre, libérer ce qui est enfermé, tout d'abord en toi. En toi seule nait la libération de tout autre que toi. Rien ne t'est étranger. Tu m'honores en pensant à toi. En ouvrant les coeurs et en respectant aussi ceux qui choisissent d'être temporairement fermés. Il n'y a que le changement qui soit immuable. Tu le sais ! Reçois la joie que tu as voulue. Elle est imminente. Immanente. Elle porte un nom : toi. Car elle ne t'a jamais quittée. Tout résulte d'une équation à nulle autre pareille. Elle se résout tout simplement en explosant les parallèles, qui deviennent des points sécants. Il n'y a pas de monde parallèle. Il faudra juste qu'ils ouvrent les yeux sur cette partie d'eux-mêmes. La normalité, c'est tout ce qui nous compose et explique les choses. Et ce monde parallèle n'existe pas, puisqu'il est immédiat.



Wednesday, June 03, 2015

Trouver

de l'équilibre
là où les yeux
ont mal

quitter l'écran
un peu
car je ne supporte plus
la lumière
et on rit de moi
souvent
parce que je me promène
avec mes lunettes de soleil
sur le nez

par tous les temps

trouver le temps
de n'être pas
à la fenêtre

trouver comment
écrire
dans un cahier
plus qu'actuellement

trouver le temps
de reposer mes yeux
qui tirent

trouver comment
faire ce que je fais
mais différemment

It's



impossible
to believe in yourself
if you don't know yourself.

Believe
and it's ok
if not logical.

That would then be irresistibly illogically clear.

Tuesday, June 02, 2015

Même




photos Sandrine Fraikin



si j'existe, ce n'est pas suffisant. Même si je pense, si je parle, ce n'est pas suffisant non plus. Hé non. Même si je sens, ce n'est pas suffisant. Même si certains me reconnaissent, ce n'est absolument pas suffisant non plus. Même si j'apprends et réitère ce que j'ai appris, ce n'est pas extrêmement important. Hé non. Même si je raconte des choses, ce n'est pas foncièrement essentiel. Non. Ce qui est important, c'est que j'accepte qui je suis vraiment venue incarner et que je fasse ce travail que je suis venue faire ici. Reconnaître, accepter. J'en suis à savoir qui je suis et ce que je suis venue faire ici. Drôle de chemin. Drôles de détournements de voies, sans cesse, jusqu'à plus soif. Jusqu'à hésiter tant et tant. Jusqu'à tergiverser sans arrêt, entre choix pour papa, choix pour moi mais pas vraiment, choix pour les enfants et/ou pour moi, choix pour le monde et puis enfin choix pour... moi. Qui je suis vraiment. Qui sait. Qui observe. Qui attend. Qui apprend. Vient un jour où il n'y a pas de mais et où l'on est soi, simplement. Une fois les obstacles, les blessures sursumés (aufgehoben). Quand on supprime ce qu'on est appelé à supprimer. Quand on conserve ce qu'on est appelé à conserver. Quand il ne reste plus que ce qu'il reste là et que l'on sait. Oui, on sait. On sait que l'on sait depuis bien longtemps, car cela ne nous échappe pas réellement. Après la connaissance vient la nécessaire acceptation. La mise en oeuvre peut alors se faire. Accepter sa voie, c'est s'accepter soi.

Aujourd'hui, j'ai pigé. Aujourd'hui, je me suis acceptée.


Monday, June 01, 2015

Quand

tu apprends, tu ne résistes pas. Tu t'ouvres et comprends - ou pas - ce qui t'arrive vraiment. Tu as compris déjà que tu passes un cap important, car la paix grandit au dedans de toi, au fur et à mesure que tu la réalises à l'extérieur également. Tu as envie d'aller plus loin. Mais en fait, tu apprends à te délecter de l'instant extrêmement présent, qui emporte tout le reste aux oubliettes.

Aujourd'hui, à midi, tu es sortie du métro. La personne devant toi sur l'escalator avait un livre qui dépassait de sa poche. Le titre était: le pouvoir de l'instant présent.

Et tu as vécu chaque instant qui a suivi un à un, en étant tout simplement présente à toi. Toi qui sais sortir de toi, toi qui as survécu grâce à cette force de l'esprit qui consiste à sortir de soi plutôt que de devenir folle. Toi qui as bien failli te taper la tête au mur. Savoure cette paix qui fait que non, tu ne l'es pas devenue. Que non, tu n'es pas séparée du corps qui t'a vue naître, toi, complètement prête à vivre et pourtant flottant, flottant pour échapper parfois au fait d'être, si être c'était ça... Si c'était ne pas avoir le droit d'être soi. Ne pas être entendue, vue pour qui l'on est. Mais si. En fait si. Certains ont vu, entendu et finalement, tu ne t'es pas complètement perdue toi. Tu es entière, recomposée. Tu sors de ton corps quelquefois, mais pour la joie, le plaisir, le bonheur d'être. Pas par ce désespoir dans lequel tu t'étais enfermée dans ce choix, cette vie. Cette incarnation.

Tu es toi et personne ne peut te l'enlever. Personne ne pourra t'extirper de toi. Personne ne peut vraiment comprendre - à part toi - ce que tu fais là. Ce n'est pas grave. La vie n'est pas un drame. La vie est une histoire douloureuse par choix de ce regard que l'on jette sur elle. La douleur n'est qu'un choix. La douleur est vivante si tu prends au sérieux toutes ces incohérences. La douleur est un creux dans lequel tu te loves parfois, lorsque tu te convaincs que tu n'as plus le choix. La douleur est à toi si tu la fais tienne. La douleur est un refrain qui ne se répète pas si tu apprends à employer tes yeux autrement. La douleur, tu te la fais toi - pour un jour comprendre que tu vis tout aussi bien sans elle. La douleur est un spectre invisible auquel tu n'es pas obligée de croire. La douleur est un non-sens culturel, une illusion intemporelle que tu te fabriques toi-même avec des aides qui jouent des rôles dans des scénarii que tu leur demandes de jouer avec toi. 

Tu as déroulé toute la douleur. Tu as repris tes armes, toutes tes larmes. Tu es allée au fond de l'illusion. Tu as repris ton rôle. Tu as compris que tu es forte et que tu ne crois pas à la lumière fausse de ceux qui voudraient te faire croire que tu es mauvaise. Voilà. Tu es toi. Tu t'acceptes. Tu es. Tu as vécu tout ça pour apprendre cela.

Saturday, May 30, 2015

Vu

le rêve que j'ai fait la nuit dernière
la journée s'est pas mal passée

en gros
la nuit dernière
j'étais dans un énorme camp scout
- il faut dire que je suis mère d'une grande partie d'une troupe de scouts -

j'avais posé mon téléphone
mon ordinateur
quelque part
à tout vent
sur le sol

j'étais allée me promener
et ils avaient
à mon retour
disparu
j'ai juste retrouvé mon téléphone

il y avait de la neige
j'étais nue

bref

ce matin
je me dis
tiens
peut-être n'aurai-je plus besoin d'ordinateur
pour être en contact avec mes scouts ?
wait and see

et cet après-midi
à la fancy fair de l'école
des plus jeunes
il était là
cheveux aux vents

de dos, j'ai d'abord cru voir la copine de son père
mais quand j'ai vu les combat shoes
je suis allée voir de face
et j'ai vu

celui de mes grands fils
qui a des cheveux blonds jusqu'aux épaules

et nous avons parlé
sans intermédiaire

Friday, May 29, 2015

Ce

midi
enfin non
à 2 heures
j'ai mangé
quelque chose
de très inspirant

un truc  tout petit
très joli
pris individuellement

qui vous reste
longtemps après
entre les dents

ça vous fait des réserves
presqu'à l'infini

j'ai eu un numéro
et
j'ai refusé
la sauce
aux nicnacs

ça m'a bien inspirée
j'ai écrit
écrit

et puis
j'ai marché
dans le vent








Tuesday, May 26, 2015

Ce


 photo Sandrine Fraikin

qui est clair, c'est que j'ai encore plein de mots dans le ventre qui ont besoin de sortir, un à un, comme ceux qui sont sortis dans un texte de ce livre-là.
Naissance intime à chaque fois.
A la maison, en train ou ailleurs.

Naissance en vol.
Naissance chaque fois, lorsque des mots font le voyage de ma tête, mon corps, mon coeur, mon esprit vers la main qui les transcrit.

Les mots tapent fort, alors les mains tapent fort aussi.

La main n'est que l'outil de transmission moteur qui permet de dactylographier sans heurt ce qui vient du coeur.
Du corps.
J'écris avec mon corps.
Je vis et j'écris.
Dans l'ordre et dans le désordre.

Ecrire les sensations dont mon corps
se tord
se délecte

toujours

Monday, May 25, 2015

Comme

une étincelle
comme
un rayon de soleil
ma relation s'éclaircit
avec mes enfants qui vivent avec moi
la moitié du temps

étonnant ?
j'ai tout éclairci en moi
je suis plus claire avec moi
avec eux, forcément

Sunday, May 24, 2015

Des

photos kitsch circulent pour faire l'éloge de l'allaitement "prolongé". Et ça me fait le même effet que la phrase "vous êtes courageuse!" Vous êtes courageuse pourquoi? Parce que vous donnez à manger à votre enfant quand il a faim de la façon la plus simple qui soit. Celle qui ne donne rien à faire que des câlins. Oui, effectivement, quel courage, lorsque vous avez grandi en manque de toucher - comme plein de gens élevés sur un mode distal - quel courage que de vivre des câlins sains avec ses propres enfants... Décidément, je ne comprends rien aux mots de ce monde. Serait-il de bon ton que je me mette à parler aux personnes qui n'allaitent pas ou peu de leur allaitement "raccourci"?  Oh oui, je vais le faire, juste pour voir leur tête... Non non... Je suis une gentille.

J'ai toujours effrayé et j'ai souvent aimé le faire aussi. J'ai souvent oublié que j'effrayais.
Pourquoi?
Parce que nous ne faisons jamais que comparer. 

"Je vais faire 10 enfants" et j'adore te le dire en face et voir la trouille que ça te fait. (J'avais 17 ans). En fait, je n'avais aucun projet précis, pas de chiffre (non mais!), juste l'envie très claire, ça oui...

Cette norme absurde qui induit des comparaisons dans chaque mot...
Nous nous comparons tout le temps.

Long est une appréciation.
Mais raccourci aussi.

Ah oui, c'est vrai, je ne peux pas imposer mon point de vue à tout le monde.
Non.
Je voudrais juste signaler que tout le monde veut m'imposer que ce qui est pour moi banal serait non seulement LONG mais encore PROLONGE.

A quand REPROLONGE ?
Voire l'allaitement en CDI ?

Ce serait pas mal en fait de parler de durée indéterminée. On aurait la paix.

- Tu comptes l'allaiter combien de temps?
- C'est un contrat à durée indéterminée.
- Ah d'accord...

Et on n'est pas obligé d'associer ça à des photos kitsch. Ou alors donnnez-nous de l'ultrakitsch, qu'on se régale vraiment très consciemment, avec du faux léopard, des fleurs en plastok et des accessoires en mélamine autour. Ah oui, voilà un vrai projet : réaliser des photos d'allaitement ultraprolongé ultrakitsch. Genre : j'allaite ma fille à son mariage. Je n'y avais pas pensé. Purée ! Ca va me faire encore combien d'années à avoir un super argument pour refuser trop de médicaments et me soigner autrement ? Et porter des décolletés ? Eh bien non, je ne suis pas morte d'allaitement ultramégaprolongé. Je vais même bien. Je ne suis pas zà bout. Bien au contraire. Et ma toute petite (qui fait presque du 30 maintenant) s'est endormie plusieurs fois au sein cette semaine dans le salon. Ca faisait des éons que ça n'était pas arrivé et c'était très tendre ma foi. Et pour elle et pour moi. Et c'est, encore une fois, extrêmement banal à l'échelle de l'humanité. Alors ne comparons pas.







Wednesday, May 20, 2015

Quand

la reconstruction de soi prend du temps
et qu'on a tout le temps

pour ça

c'est magique

un effleurement
du réel
puis un autre

pour revenir
les pieds ancrés

avec de tout autres yeux qu'avant
ou presque

quelle chance

de pouvoir
apprendre
à revoir
la vie
en couleurs
et en respirant

librement

à l'abri
et au vent

donné
par les réponses
de la vie

la course est finie
celle qui luttait contre le stress

l'élan est donné de l'apaisement

cela n'en finit pas
cela prend toute ma vie

cependant
j'ai appris
à comprendre

tant de paumés
de la vie
grâce à moi

merci

Monday, May 18, 2015

Prendre

un train
qui va lentement
c'est encore mieux

ça berce
beaucoup plus longtemps

un train par semaine
c'est beaucoup mieux

ça me suffit
vraiment

Déposées

mes angoisses
parce que c'est comme ça que je vis le mieux
vraiment

déposé
tout ce qui ne me convenait pas

et voler
être
ce que je suis venue être


maintenant

me centrer
sur l'optimisme
comme souvent

parce que je n'ai pas le choix
ou plutôt si
je l'ai
et je le fais
ce choix

encore
sans cesse

pour chaque information
à vérifier

chaque texte
à terminer

chaque confirmation
à recevoir

j'aurai
tout
dans les temps
impartis

oui

et c'est un défi
que de m'accrocher
à l'idée
que je vais y arriver

très sereinement



Thursday, May 14, 2015

Je

suis
en thérapie
de pas couple

de post couple
ou couple parental
(pas encore grand-parental !)

et c'est bon
cela fait du bien

de liquéfier
les caillots
qui bloquaient la circulation
la communication

c'est étonnant

chacun dit
pose
ses peurs
ses questions

chacun reprend
ce qui est sien

il reste
les trésors
communs

Sunday, May 10, 2015

Ce


jour
qui me parle de nous

vous qui êtes
uniques
magnifiques

qui me parle de moi
jamais satisfaite
toujours inquiète
de pouvoir faire mieux

toujours me disant
que ce n'est pas assez
ce que je fais

que je ne sais comment je pourrais faire
pour vous écouter
pour vous dire
ce que mon coeur voudrait vous dire

vous faire comprendre
que votre mère
vous a eus très jeune
incomplète
fracassée
qu'elle a fait de son mieux

soucieuse
que vous sachiez
toujours
que vous êtes entièrement aimés
sans condition aucune

comprenez-vous
cette hantise
que j'avais
que vous eussiez pu
ne fût-ce que penser
que j'eus pu vous aimer
de façon conditionnelle
punitive
bac-à-sablienne ?

et que je fais cela
chaque jour
que Dieu fait

même si c'est obscur
incompréhensible
pour vous
peut-être

même si c'est ignoble parfois
ce que j'ai pu commettre
dans une confusion
des sens
une déperdition
de mon être

chaque jour
est un pas
vers
l'espoir d'être digne
d'être
moi
d'être votre mère

et de débarrasser
ma lignée
de ce qui n'a lieu d'être

à commencer
par cette peur
qui m'a longtemps
paralysée

qui m'a fait faire
des choses
qui se font
lorsque l'on cherche
et que l'on est perdu

je n'ai jamais voulu
exprimer des attentes
vis-à-vis de vous
jamais

on en avait eu
de bien trop fortes
à mon endroit

et je vous ai aimés
de toute mon âme
du mieux que j'ai pu

si je suis rescapée
de quelque chose
qui est lent à retirer
vous avez le droit
d'être
chacun
qui vous êtes

entier
dans vos baskets

jamais je n'aurai
d'attentes
emprisonnantes
vis-à-vis de vous

je sais ce que ça fait

qu'est-ce que j'ai
à vous donner alors ?

cela
vous le savez

je fais de mon mieux

pour être
quelqu'un d'autre
qu'une rescapée
de ce qui vous a imposé
de me voir pleurer
des heures durant
pendant votre enfance

vous étiez impuissants
et je croyais que je l'étais également

mais voyez
votre mère grandit
elle fait de son mieux

pour ne plus vivre
ce qui l'empêchait
d'être disponible
vraiment

elle fait tout
pour que personne
parmi vous
n'ait à la surprendre
pleurant
se perdant
dans une tristesse
qui n'a plus lieu d'être maintenant

vous n'avez pas à me réparer
je me répare
vous avez à vivre
et c'est bien

je voulais juste
que vous n'ayez pas
à vivre ce que j'avais vécu

et mes peurs
m'ont faire craindre
que c'était
revenu

mais j'ai chassé
les craintes
infondées

j'ai fait le ménage
en ma tête

et je sais désormais
que mon histoire
ne se répète pas

c'était ma crainte
me pardonnerez-vous
d'avoir eu peur ?

je vous aime

Comment

je n'ai pas appris l'anglais à l'école
mais avant
bien avant
en voyageant
et en écoutant des cassettes assidûment
à dix ans
parce que j'aimais ça
apprendre l'anglais

comment j'aimais pouvoir dire quelques mots
aux visiteurs américains
fraîchement débarqués à Bruxelles
et qui passaient à la maison

et moi j'adorais ça
leur dire quelques mots
en anglais

comment je suis allée acheter
à dix ans
mon tout premier 45 tours
en vélo
sans rien dire
c'était YMCA

je ne comprenais rien à leur texte
évidemment
mais en rentrant de l'école
je mettais le disque à fond
sur le tourne-disque
de mon frère
dans le salon
j'adorais ça

alors
j'ai eu du mal
parfois
à prendre mes profs
d'anglais au sérieux
vraiment

certains ne savaient pas parler l'anglais

et puis quelques voyages plus tard
quelques fonds de jeans usés
sur les bancs
de l'unif

je me suis
moi-même
retrouvée
prof d'anglais

jamais
dans mon parcours
je n'ai dû étudier de grammaire
tous les profs que j'ai rencontrés
ont laissé couler
les notions en moi
sans trop les matraquer
et je les en remercie infiniment

même à l'unif
on n'a pas eu cours de grammaire anglaise
le prof était un peu pompette
et c'était gai

et on faisait semblant d'être au point
et en fait j'ai pu
tout du long
garder cette relation intuitive à l'anglais

me familiariser avec l'accent du Mid West
et l'employer
quand il me vient

et ce que j'aime le plus
c'est la série de profs involontaires
qui m'ont appris à penser
ils s'appellent Scarabées, 
Orchestre de la Lumière Electrique
ou Elton Jean

ceux-là m'ont accompagnée
dans les moindres recoins
de mes lèvres
pour m'enchanter
et me donner à goûter
la prononciation douce
à mon coeur
émerveillé

pour moi
parler cette langue est un plaisir
physique
et gustatif

et c'est
en anglais
que j'ai découvert
le mot
cinnamon
et goûté
la cannelle
que je méconnaissais
avant

donc
je te remercie école
de n'avoir pas cassé
mon amour pour l'anglais

d'abord
ne pas nuire

tu connais
quelquefois

tu respectes
ce qui est




Maman



tu vas encore écrire
sur le mystère d'être une maman ?

oui
 je souris

ce matin
j'ai reçu
deux toiles

une jolie carte
pailletée
avec un papillon
et un livre de recettes du monde

me voilà comblée

c'est la fête
des mères
dans plein d'endroits
aujourd'hui

Thursday, May 07, 2015

Ne




dis
jamais
que ce que tu fais
est

petit




Les didascalies

de mon âme

ragent
pourquoi ?


les voici

tu as les yeux verts
tu fais ce qu'on te dit
tu es tellement gentille
à l'extérieur
toujours
tu souris

tu ouvres les yeux
tu deviens consciente

alors tu fais
ce que t'a transmis
un maître ès humour et philosophie
avec qui tu as passé
vingt ans de ta vie

tu prends la porte
et
un air détaché

tu t'es affranchie
de lui aussi

et tu bats des ailes
un peu plus loin

un papillon
n'est pas une machine de guerre
un papillon
est léger
il est fait pour apparaître
au bon endroit
au bon moment
d'un air léger

personne ne peut t'épingler
dans sa collection
de papillons
crevés

tu es vivante
parmi ceux qui vivent
tu es rescapée

tu es allée
très profondément
chercher une clé

qui ouvre
le labyrinthe
cacophonie mentale
solitude écrasante
illusoire
qui n'a qu'un temps

tu es saine
tu es sauve
vive
oui

et
tu épingles
les sots
qui croient
te déboulonner


et tu leur dis
très sincère

tu sais
un ami m'a dit que j'étais très sincère
et que je ne me rendais pas toujours compte
quand la personne en face de moi ne l'est pas

et tu perces à jour
le glauque

celui qui voulait
te prendre
comme on prend un objet
dans une vitrine

un objet que l'on collectionne

manque de bol
pour lui
tu as lu John Fowles

vole avec qui est léger
et
ris


Tuesday, May 05, 2015

Numéro 5

a exactement
le rire de
Numéro 1

et je sursaute à chaque fois

je cherche
et je le vois

et plein de choses
me traversent

lorsque j'entends ce rire-là

ils se ressemblent bien aussi
Numéro 5 ne fait pas encore 1m98

difficile de prédire ça
et on s'en fout

d'ailleurs

ils ont la mini vague abondante
et ce rire, là ...

qui me manque
qui est là


pas là

mon p'tit gars

Il

se passe
des choses graves ici

Tromboline
et Foulbazar
ont voulu assassiner
le A

 tandis que j'ai mangé
deux morceaux de pizza
au gluten
(chuuut ! on ne le dira pas...)

un petit cycliste a chuté sous la pluie
ce matin
a heurté l'auto
d'une gentille institutrice
qui a été charmante

et ma journée a été chamboulée

pas de séance de speed-coaching
pour moi donc
mais plutôt une journée
de maman
qui détricote les fils emmêlés
par ici
patiemment

il a plu
très fort
puis je suis rentrée sous un soleil battant

et rebelotte
imperméable trempé
et soleil d'or

un peu d'aménagement
ça y est
on y est presque !
l'espace est dégagé

comme ma tête
peut-être

et mes yeux
fatigués

mais
ce que je sais
c'est qu'il y a un temps
pour tout

un temps rythmé par eux
pour eux
un temps pour retrouver
mon chemin à moi

et tout cela s'imbrique
et tout cela va


Monday, May 04, 2015

Ceci

n'a aucune importance
juste quelques mots
parce qu'il le faut
parce qu'on se doit
d'exprimer
parfois
ce qui se dit

mais

ce qui se conçoit
mal
ne s'exprime pas aisément
et
les mots pour le dire
n'arrivent pas
parfois

et donc
chaotiquement

sans rien écrire
sans rien dire

je coule

lentement

sans aller plus avant

Saturday, May 02, 2015

Aujourd'

hui

j'ai décidé de glander
j'avais absolument besoin de ne rien faire

pas de tri de photos
non

rien

pas de rendez-vous

rien

juste me remettre au lit
et somnoler deux-trois heures
en plein milieu de l'après-midi

parce que mon ventre
a besoin de ça

ce truc
irrégulier

ce sang
qui coule là

ce truc
qui me prend
pour me dire

repose-toi
assez

assez
de courir
dans les sens
et les autres

assez
de rire
assez
de pleurer

assez même de marcher

pose-toi là
et souffle bien
voilà !

tu mérites ça

c'est bien d'avoir l'esprit clair
les jambes vivaces
mauves

c'est bien
mais respire


alors
j'ai respiré

et je ne me suis mis aucun objectif pour cette journée
que celui-là


Pourquoi

dit-on
que l'on reçoit
un coup de téléphone ?

parfois

cela ressemble plutôt à un effleurement
voire à une caresse

alors

je n'emploierai plus coup
et je dirai

sonnerie

douce



J'

ai
rasé
la fenêtre

et suis entrée le soir

ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri
avec des amis
j'ai tellement ri !

sans doute une foule de tensions récentes
se sont libérées hier

tous
on avait besoin de rire de tout
et c'était très très bien

et j'écoute Leonard Cohen

il n'y a pas de traitement
pour ce que j'ai

et je vais bien
merci







Friday, May 01, 2015

Être



bien entourée

c'est
magique

Monday, April 27, 2015

Mes



petits yeux piquent
mais soit...

au creux de la couette
j'ai trouvé
si pas le sommeil
la zénitude
en tous cas

miroir
miroir

dis-moi
qui est la plus zen
du royaume

et le miroir
ne répond pas

ce n'est pas un concours
que d'être zen

tu as le droit
de t'éloigner parfois
de cet état

tu l'apprécies d'autant plus
quand tu le retrouves
chaque fois

miroir
miroir

pourquoi mon atelier
me sert-il de gueuloir quelquefois ?

parce que tu te transformes
et que certains pas sont si grands
que tu as besoin de hurler

c'est l'expulsion
tu sais

crier, c'est tellement bon
lorsqu'on rassemble toutes ses forces
pour avancer





Friday, April 24, 2015

Au

lycée

nous avions étudié
avec une prof d'allemand merveilleuse
un texte intitulé
Germania non esiste più

il s'agissait alors de palabrer autour de la question
d'une éventuelle réunification du voisin d'à côté

c'était tellement incertain alors
seul un mystérieux changement
permettrait éventuellement
de rompre l'habitude

quand ce pays fut réunifié
surprise !
le mur était tombé

j'ai compris par la suite
que d'autres choses n'existent plus
ou pas du tout

même si nous fonctionnons avec cette illusion
quasiment tous
quasiment tout le temps

ici je pense au temps
à l'espace
aux apparences

à tout ce qui semble tellement évident
malgré son inexistence

oui
pour moi
le temps
n'existe
plus

même si je conjugue les verbes
pour bien me faire comprendre
évidemment


Dans



ma tête

des portes claquent
parfois

dans ma tête
ça papote


dans ma tête
je respire aussi


je vais chez mon ésthéticien dentiste humoriste libanais
favori

et

sur ma route
au marché Saint-Pholien

je rencontre
ou reçois
un trésor

un bijou
un soleil

un livre
en or



illustré
par Cosey
himself

tout est doux aujourd'hui


Thursday, April 23, 2015

Fatiguée

très fatiguée

contente
de pouvoir sentir se déprogrammer
la peur qui circulait
dans mon corps
depuis tant de temps

désapprentissage salutaire

articulation autre
de mes mots
toujours les mêmes
pour évoquer
cette tension
au coeur de ma vie

la liberté de ne plus paraître
sage
aux yeux de qui
joue
à porter
un masque
de sage
pour diviser et dominer

liberté de ne plus  sembler
pour acheter une paix
pas paisible
au fond

la liberté d'être
moi
hypersensible
avec une turbine dans le ciboulot
et d'aimer
la turbine
qui me rend si heureuse
devant des correspondances esthétiques
fines
que je note
et que j'emporte
avec moi
partout !

moi qui travaille pour m'ancrer
à coup de chaussures

c'est vrai que je les aime

porter des chaussures de toutes les couleurs
c'est comme danser

comme la liberté
récente
que je me suis octroyée

liberté d'écrire
et d'être

liberté de comprendre
ce que peu peuvent comprendre

parce que je vois à travers
et que tout est beau

esprit
je danse aussi

et quand on veut m'acheter
je m'échappe


j'ai pondu
des enfants
qui donneraient leur vie
pour un bon mot


je crois que c'est joli


pas un bon mot
qu'ils feraient
sous mon contrôle
devant la galerie

non

des électrons libres

et

en déprogrammant
cette peur
en moi inscrite
depuis si longtemps
je découvre
ma légitimité

je ne me laisserai plus dire
des horreurs
par des esprits tristes

non

je n'aurai plus de temps pour cela
dans mon agenda

et j'ouvre
à présent
la page
de
la douceur





Tuesday, April 21, 2015

Ce

matin

quelqu'un m'a offert
un immense cadeau

quelqu'un
qui me connaît
depuis toujours

m'a recollé encore un morceau

j'ai dit
avec mes mots

ma féminité
mes longs cheveux 
mon être épanoui
à 16 ans

mes cheveux coupés brutalement
mes vêtements
genre "sac" à 17 ans

elle m'a dit
avoir été choquée
d'avoir observé ma transformation

que c'est bon
d'avoir un morceau en moins
en moins
à présent







Monday, April 20, 2015

C'

est
la paix
en moi

inexplicable
- ce serait long -

indicible
- voilà -

heureuse
je suis

ma vie est celle que j'ai
je la prends comme elle est

c'est dit

Saturday, April 11, 2015

Après


un an de bons et loyaux services
mon ordinateur ira en vacances ce lundi
chez un spécialiste ami qui va le débarrasser
de petits virus ennuyeux

me voilà obligée de faire un back up

et d'écrire
toute la semaine prochaine
dans des cahiers

dont mes filles ont
soigneusement
décoré
l'en-tête

c'est plus léger à emmener
avec moi
d'ailleurs

j'aurai bien entendu mon téléphone
et peut-être un cyber à portée de main


par moments


Friday, April 10, 2015

Ce



matin
je vais à l'enterrement
d'une dame
très douce
qui accompagna
sa soeur veuve
toute sa vie
pour élever ses cinq enfants

il y a des gens
qui donnent
tellement d'amour

ça ne s'explique pas

J'



ai
cru
constater
hier
que je me maquillais les yeux
de la main gauche

alors que je mets de la poudre
de la main droite

en fait non
cela varie

parfois
ma main droite
se lance

c'est approximatif
vu mon peu d'expérience

mais voilà
ma main gauche
manifeste
sa capacité à prendre des initiatives

elle qui écrit rarement
et encore avec la graphie
de mes six ans et demi

je sais qu'elle peint aussi
tout comme sa voisine 

puissent-elles s'accorder
et vivre dans la paix













Thursday, April 09, 2015

Si





mon fils
ne faisait pas
de croissants délicieux
à la confiture de framboise bio

et

si les cloches ne passaient pas

et

avec des si à la pelle




je ne craquerais pas

Merci



de vous
aventurer ici

ceci n'est que mon bloc note
entouré de noir

j'aime ce qui fait resortir les couleurs

mes yeux sont gris-verts et j'ai eu le bonheur cette semaine de me faire traiter de petite fille

je ne reste jamais lorsque l'on veut me posséder, me contrôler
dans ce cas, je m'échappe
après avoir pris tout mon temps pour mesurer la réalité d'une situation

dans quelles situations est-ce que je me sens à ma place?
pas facile

je me suis très souvent sentie comme un cheveu dans la soupe
sans savoir pourquoi

alors je blogue
je ne peux pas faire grand chose à part cela
mes mots sont ce qui me relie à moi
ma vérité








Tuesday, April 07, 2015

Après

la guerre
on a trouvé
que l'on pouvait se parler

on le fait
pour nos enfants
qui sont là
entre nous

un peu perdus

ça nous fait beaucoup de bien
de parler

de ce qui nous fait encore mal
à l'un et à l'autre

sur la façon dont on a agi
et communiqué













Je

désire
ce matin
remercier chaleureusement
toute personne qui m'a un jour jugée

car vous ne savez pas à quel point vous m'avez aidée
à progresser
sur ce chemin

vous ne savez pas à quel point
vous m'avez à chaque fois
aidée
à choisir
ce qui bat à l'intérieur de moi
dans mon coeur

que ce soit maintenant
ou avant
ou n'importe quand
ou à propos de quoi que ce soit

chaque fois
où j'ai été jugée
bonne
excellente
fantastique
ou
exécrable
pas fiable
manipulatrice
intéressée
pas claire

vous m'avez bigrement aidée

à regarder
en moi

à ne pas vous juger

mais à passer ma route
sans doute

à au-delà
de tout cela

au-delà de l'école
qui m'a jugée bonne
et m'a juste foutu la trouille
tout le temps

m'a demandé de compenser
pour être enfin (faussement) reconnue

l'impression d'être transparente
a enfin disparu

peut-être
simplement
parce que
je me suis enfin reconnue

et que je m'aime

alors oui
merci
infiniment
de m'avoir (mal) jugée

ou indiqué ce qu'il fallait que je revoie

ce qu'il fallait que je revoie
eh bien
c'était MOI

je devais apprendre à m'aimer
à m'écouter

à jeter les oeillères à travers lesquelles
on ne me voyait pas

je les avais également en moi
pour être acceptée
je me rejetais

merci
merci
merci
de m'avoir jugée

alors
pardonnez-moi
j'ai autre chose à faire

aujourd'hui
qu'écouter ces discours

j'ai totalement désappris à juger
autrui

et enfin moi-même

et je n'ai que faire
de comparer
les personnes

car chacune est unique
magnifique



j'ai trop de tendresse
pour chacune
et pour moi
pour discourir sur les peurs
les différences
les choix


qui ne viennent pas d'un coeur





Monday, April 06, 2015

Dans



mon souvenir
j'aurais
à chaque fois
souhaité
sauter l'étape douloureuse

être enceinte
j'adorais

être mère
idem

accoucher ?
j'aurais bien aimé éviter
tant l'expulsion me terrifiait

j'ai appris
à chaque fois


à affronter
l'inévitable

à dompter
les signes du corps
et à me sentir libre
dans l'un des événements
où l'on est
je crois
le moins libre
de se barrer
quand il est enclenché

ce serait si chouette
de pouvoir
sauter une étape qui peut sembler si complexe

mais on ne le peut pas

et

c'est bien
je crois

c'est
à chaque fois
un très grand défi

une initiation

comment j'ai grimpé ce col
comment j'ai repris des forces
comment j'ai eu foi en moi

comment j'ai merdé
à tel moment aussi

mais tant pis

l'important
parfois
c'est de passer à gué

même si on crève de mal
à l'idée de le passer

on apprend
à chaque passage
délicat
de ce genre

à s'aimer

non
on n'est pas en papier glacé
photoshopé
non
on n'est pas ça

on a la gueule de traviole
et ça n'a pas d'importance
dans ces moments-là

quand on traverse l'impensable
pour arriver de l'autre côté
quel qu'il soit

là où l'on va

Sunday, April 05, 2015

Mon

photo Sandrine Fraikin

amour
pour mes enfants
est longtemps
longtemps
longtemps
souvent
souvent
souvent

passé par 
mes seins

et

par mon ventre
par mes hanches
par mon dos
et mes mains
et mes yeux
et mes jambes

chaque parcelle de moi

Comprendre


je ne fais que ça
c'est mon sport préféré
on m'a même reproché de trop comprendre
de tout accepter

je ne sais pas pourquoi
mais je suis comme ça

et si récemment j'ai désappris à me laisser marcher sur les pieds
et à être ferme quelquefois

cela ne change rien au fait
que j'adore comprendre qui se présente à moi

au-delà de tout ce que l'on peut imaginer

j'ai un peu de mal parfois
tellement je sais
oui
je sais
des mois avant tous les autres


je comprends
des choses
au-delà du raisonnable
parce que l'on me donne des clés
inimaginables

alors oui
je comprends

j'aime ça, comprendre

on me dit souvent que je cherche trop à comprendre
mais je suis comme ça


Tu quoque ?

Il se peut que l'envie m'assaille de dresser un tableau de chasse. Le mien, tout personnel, reprendra la liste - qui s'allonge ! - des femmes qui considèrent adéquat, après avoir eu amplement le temps de me connaître, de me lancer d'un air moqueur des coups en-dessous de la ceinture, après que j'aie passé des heures et des heures à écouter leurs tracas. Et je crois que désormais, je me réjouirai quand encore cela arrivera. Le ton moqueur indique chez moi la porte de sortie. Le sarcasme ne passe pas par moi. Je n'ai pas de flèches. Cela ne m'intéresse pas. - En tous cas, pas celles-là. -

Quand mes signaux d'alarme s'allument et que je cesse de faire des confidences, on devient curieuse neus.  Et les emmerdes commencent. Est-ce parce que je ne méprise pas et que je crois en l'autre que l'on se permet de se moquer de moi? Je peux comprendre qu'on ne me comprenne pas. Insinuer est un verbe que j'ai entendu dernièrement, parfaitement conjugué, dans la bouche de ma petite. Et je pense qu'elle a raison, à son jeune âge, d'oser demander franchement à l'autre s'il entend signifier ceci ou cela. Je suis émue d'avoir pu être témoin de ça. Elle remballe d'une phrase des propos sous-entendus qui ne lui siéraient pas, en choisissant le degré auquel elle s'exprime.

Rire de ou rire avec, tel est l'océan qui sépare celui qui, empreint d'autodérision ou de sens du partage, rit de son propre sort ou avec celui qui ressent des choses sur lesquelles il souhaite poser un regard léger, même si, parfois, elles ne lui semblent pas si légères que ça, ou précisément pour ça... de celui ou d'icelle qui, dans un élan déplacé, sur un ton qui pique, assène qui une question, qui un commentaire, à une personne incomprise et qui devient tout à coup objet de sarcasme en un millionième de seconde, assaisonné d'un micro-regard aigre signifiant : je me moque de toi; j'ai bien le droit, non? En tous cas, je me l'octroie. 

Les balles à blanc sont des balles tout de même.

J'ai appris qu'on n'éteint pas la femme en insinuant qu'elle vit n'importe quoi. C'est soi-même qu'on éteint en disant cela.

Et je suis désolée que des personnes autour de moi s'éteignent comme ça ou se tirent, sous mes yeux, une balle dans le pied.

Sont-elles une espèce en voie d'apparition? 

J'ai souvenir d'un spectacle au cours duquel deux traitres, Rosencrantz et Guildenstern, se faisaient liquider.

Pour conclure, l'un disait 

now you see me

et on le voyait

now you don't

et le régisseur du spectacle coupait l'éclairage tout net. 




Friday, April 03, 2015

Un

oeuf en chocolat sur le plateau de ma tisane citron rouge
au grand café de la gare

le train d'une amie prend son temps
et m'offre cette pause

le cahier à spirales préalablement glissé dans mon sac
quelques gouttes de pluie sur mon visage en venant à pied

le rouge infuse vite, couleur grenadine
les fruits trempent dans le sac en tissu fin

et l'oeuf emballé de papier doré m'attend
- vais-je craquer ? -

je comprends que je dois
 - et non que je peux -
composer mon existence
selon ce que j'ai appris sur ma vie
et mes capacités
mon outillage personnel

tenir compte absolument
de ce que je peux donner ou non
accepter ou non

quel rythme de vie ?
sachant que j'ai besoin de grandes respirations

peut-être serait-ce une idée de venir, cahier en main, au café
pour échapper à ma connexion
en rangeant mon téléphone, évidemment

il faudrait peut-être que j'aie ce rituel
c'est à méditer

il y a dans les cafés une ambiance qui m'ouvre à l'immédiateté
personne ne me dérange
mon environnement est simple

cela m'aiderait peut-être, oui, à me concentrer
cette douce agitation
rassurante à souhaît
permettant à un être décalé d'errer
tout en conservant l'illusion
d'être partie prenante de cette réalité

la concentration est une question essentielle chez moi
lui apporter des réponses adaptées



Thursday, April 02, 2015

C'



était
une sorte
de
gigantesque
brouillard

avant
de
comprendre

que je suis
hypersensible

que lorsqu'on emploie un mot qui ne convient pas
j'entre quelquefois dans une rage incroyable
et qu'une phrase admirablement tournée
a le singulier pouvoir
de me ravir

que je peux me sentir à l'étroit
en moi
tant la tempête
est forte parfois

et faire des malaises à répétition
comme depuis quelques semaines
parce que les émotions sont gigantesques
de toutes parts autour de moi

que j'ai besoin de souffler
afin de gérer
ce que je perçois
sinon
je me noie


et que les ordres
me font m'enfuir en courant
car
déjà
j'ai du mal à respirer

dès qu'on les pense
et que je les ressens

brouillard
gentil brouillard

tu peux te lever

je comprends si bien à présent le pourquoi
de ce besoin que je ressens à répétition
de m'éloigner de situations toxiques
que je ne peux encaisser
sans me transformer en un torrent de larmes


je ne peux rester durablement
auprès de personnes 
qui me demandent de descendre
dans leurs vibrations basses

au risque de me foutre en l'air

oui parfois
ma joie
très intense
nourrie
de perceptions
intenses également
dérange

oui
voilà
je suis comme ça











Sunday, March 29, 2015

Un

début 2014

garage
qui se porte à merveille

prêt
à servir d'atelier
pour les belles saisons pas trop froides

la vitre d'un smartphone
qui
me fait la tête
quant à elle

depuis une balade
avec une jeune personne
en rollers

un peu de repos
donc


et d'activités
plus équilibrées
peut-être










Thursday, March 26, 2015

Elle

photo Sandrine Fraikin
a mûrement réfléchi

dans un mois et demi

après avoir hésité
entre lion blanc
et
panda

ma blonde a choisi
d'emmener
les porte-poupées de son choix

et d'expliquer
à sa classe
le comment
et
le pourquoi

elle a choisi
dans le tas

les systèmes qu'elle
préfère

soit un sling
et
un porte-bébé chinois

Enfant


j'ai
chopé
la maladie
du crayon


ma blonde
a déclaré
la maladie
de l'eyeliner

c'est peut-être
plus pratique


Tuesday, March 24, 2015

Ce

serait bien
si Diana Ross

acceptait
de sortir

de ma tête
pour la nuit !

Si




je m'écoute
alors

je vais équilibrer

après mes vitamines
et mes acides aminés

je vais équilibrer
mes journées

et

reprendre
le chemin
des pinceaux

mettez au placard
ce qui vous fait vibrer

c'est la meilleure méthode
pour vous rendre compte
de son caractère

essentiel


Monday, March 23, 2015

Mettre

un mot
par-ci

et puis
un autre là

un son qui résonne
avec un autre
qu'on entend
dans la tête
mais qui n'est pas là

revenir en arrière
comme un saut que l'on fait
et mener à comprendre
un autre qui souligne

un sous-entendu
qui crie

voilà
c'est ma méthode
pour ne par mourir folle
le soir

et je hurle
sur mon clavier

si l'on veut bien m'entendre
tout bas
tout bas
très très bas

je n'ai plus l'âge
des extinctions de voix
dans un métier
qui ne me convenait pas

je suis le silence
qui s'expanse

et les yeux
qui disent
sans mots

je suis une larme
quand il faut reprendre le train

et je suis en chemin

Faut

-il

que je leur trouve
à chacun
les Idées Noires ?

pour son anniversaire
il me les réclame
arguant du fait
que son aîné
a mis les siennes
en sécurité
dans son kot !

me voilà donc
en quête...

moi qui ai viré
les miennes
de ma tête

celles-là
seront
plus légères
à transporter





Sunday, March 22, 2015

Heureuse




d'avoir croisé
mon grand brun
et mes deux grands blonds
hier soir

et de les avoir vus sourire


heureuse
d'avoir retrouvé hier dans mon téléphone
cette photo de moi du 27 octobre
jour où je me suis libérée
d'une relation dans laquelle j'étouffais

ou dans laquelle j'avais inconsciemment
choisi de m'étouffer
pour faire un tour
et ressentir la joie d'une libération
qui n'impliquait pas que moi
très très loin de là !


heureuse
de reprendre
doucement
des forces
et d'avoir passé une très douce nuit
(merci au marchand de sable
qui m'a bordée et a visité mes rêves en prime !)


heureuse
oui
ça s'écrit comme ça
et c'est bien

Saturday, March 21, 2015

Tout



doucement

comme une variation
sur un thème
que je connais


je n'arrive pas
vraiment
à faire
tout ce que j'ai à faire


comme
je n'ai pu faire
tout ce que je désirais faire
en ce début de semaine

manque de forces
de temps
et puis manque de bol

ma tête
est dans un état très étrange
je ne parviens pas à me concentrer
comme dans un état de fatigue extrême

je prends soin de
celle qui est devant moi
dans le miroir

oui
je dors

et
à part ça
rien n'a changé










Friday, March 20, 2015

J'

oubliais

événement pour moi !

aujourd'hui
je suis allée chercher deux toiles

et je n'ai pas failli
m'écrouler
chez Schleiper

à Liège
les toiles sont sous le toit
c'est une expédition à chaque fois

à l'inverse du papier
qui est au sous-sol
à Bruxelles

un an passé
sans peindre une toile

tous ces mois
sans écrire

ça suffit
je crois

Je

peux écrire
que la tête me tourne

c'est l'avantage
de cet état

j'ai la sensation
d'être sur un manège

à n'importe quel
instant
de la journée

Wednesday, March 18, 2015

Dire

qu'hier en fin d'après-midi
j'ai vu
que j'avais pris
avec elle
25 métros

pour distribuer une affiche
qui
en fait
est un jeu
des deux zerrreurs


ce n'est pas peu!


Il faut savoir
qu'il y a dix ans
j'aurais eu
des envies de meurtre
pour un exploit de ce genre

et pourtant
ça m'est déjà arrivé
de tirer des affiches
avec une photo imbuvable
ou
une brochure
en trois millions d'exemplaires
en trop...

Et donc
je m'en vais
proposer ce jeu
à placarder
dans une école de langues
comme hier

J'ai un peu
désappris
à me prendre
la tête!

Ce

n'est pas parce que j'écris des modes d'emploi
que je connais celui de la vie.

J'aime le pas à pas.
Après, je prends du recul et j'écris.

Aller de l'avant en reculant gaiement:
un pas étrange pour lequel on devrait peut-être créer un ministère...

Epuisée et heureuse.
Connectée et sans connexion.

Hier, j'ai aimé proposer aux enfants qui avaient terminé leur peinture de s'en éloigner pour mieux la regarder.

L'autre jour, au théâtre, dans une grande salle,
je ne voyais ni n'entendais vraiment.
J'avais oublié mes lunettes pour voir très loin devant.

Ensuite, je suis allée dans une petite salle et j'ai eu de meilleures perceptions.

Pourtant,les distances et le temps n'ont rien à voir avec ce qui se perçoit.
Fallait-il démontrer cela?