Wednesday, July 02, 2008
tiédeur
tiédeur
qui fais
que l'air
est difficile à trouver
à six mois de grossesse
je ne sais déjà plus comment me mettre
pour respirer
tiédeur
dans la vie
je te connais
je te fuis
absence d'oxygène
d'élan
quelle que soit la saison
tu n'es pas mon amie
tiédeur
tu me fais autant penser
aux programmes trop remplis
qu'aux programmes vides
trop de tension
de fuite
ou
absence de vision
la lenteur vivante
forte
rythme en-dessous de la moyenne
qui se veut active
n'est pas la tiédeur
qui étouffe
et fait manquer d'air
la vie qui bat vraiment
pleinement
avance
parfois vite
parfois lentement
respire
j'aime
Friday, June 13, 2008
Le jour de l'année qui est fait pour souffler
fatigue
brouillard
affalée
besoin de m'agiter
hier, le jour de mes 40 ans,
j'ai fait du rangement
pour me vider la tête
de trop de temps passé devant l'ordinateur
papiers classés
dans l'armoire de mes 40 ans
bien classés pour redémarrer
un petit peu plus en ordre qu'avant
journée finie autour de gâteaux
et de petits cadeaux
d'une grande carte
avec 9 signatures
(on a un peu aidé certains,
je crois...)
coups de téléphone
d'ici ou là
pour me dire
des choses
parfois très belles
en prenant le temps
journée bouclée
avec le sourire
objectif atteint: ma tête est vidée
je peux redémarrer
parce qu'il y a des mots
qui attendent d'être corrigés
pour partir en mise en page
et qu'ils n'attendent pas
- tout de même ! -
il y a peu, inscription au chômage
et là, le monsieur coche une case: "écrivain"
sur un formulaire et me demande de signer.
Tiens tiens... Il commencerait à y avoir des formulaires
avec des cases dans lesquelles je rentre - un peu?
Thursday, May 15, 2008
les mots justes
mais ceux qui viennent du coeur et du corps
les mots justes
prennent parfois des détours énormes
avant d'arriver à bon port
et de n'être tout simplement plus que des actes
posés dans l'instant présent
surpris monsieur mon mari
en flagrant délit de ne pas protester
lorsque des enfants se mettent
à squatter notre pied de lit (ou pied de matelas)
avec force couettes, coussins en tous genres
et cela depuis quelques jours déjà
le temps change bien les gens
monsieur papa n'aurait pas laissé faire ça
il y a quelques années de cela
il se serait empressé de remballer les intrus
en recherche d'histoires lues sous la couette
et d'endormissements et réveils tout près
de papa et maman
je vais de surprise en surprise
lors de cette discussion nocturne
puisqu'il me dit que je peux tenter l'ief
avec Link, bientôt 6 ans
et qu'il est ouvert à ce que je l'aide à croire
que ce projet est possible pour nous
ici et maintenant
moi, j'avais besoin d'une autorisation,
ne souhaitant plus me placer
en situation de forcing;
je craignais qu'il prenne un nouvel essai
de la chose comme une agression contre lui
en retour il me demande de considérer
école et ief sur le même pied
puisque nos enfants investissent
ces deux domaines actuellement
It's a long way, babe...
La vie à deux, c'est les montagnes russes,
ou les hauteurs ardennaises...
Bientôt vingt ans que l'on tente de s'accorder.
Et que la chanson change, encore et encore.
Le voyage en vaut la chandelle.
Et les mots, c'est juste... lorsque c'est fidèle à soi-même.
Sunday, April 06, 2008
monts et toutes petites merveilles
il y a
en ce moment
une montagne de linge propre
qui attend d'être rangée
et qui a dépassé
en altitude
celle de linge à lessiver
je n'en reviens pas!!!
mes yeux rouges
qui picotent
non pas d'avoir pleuré
mais juste
d'avoir chopé
une conjonctivite
j'aime mieux ça!!!
plus de petites chaussures
rangées
dans leur casier
que de paires
dépareillées
en vadrouille
à travers la maison
je respire un peu...
une montagne de chaussettes
esseulées
qui traverse un système
implacable
et permanent
de tri
et d'appareillage
sans pareil
ça fait des années que j'attendais ça!!!
une penderie
pour les vestes
et les manteaux
dans laquelle mon troupeau
pense enfin à aller chercher
de quoi se vêtir
avant de sortir
on a longtemps survécu sans cela...
et
dans la cour
trois vieilles machines à laver
et mille autres bazars
à envoyer à la ferraille
prochaine jubilation?
qui sait?
Sunday, March 30, 2008
Pirouette
Boucle tordue, fermée
C'est un huit
Une farce
Un petit poisson
locataire pour lequel je vide des boîtes de sardines
(Il m'aura fallu tant de temps pour apprendre à me gaver de petits poissons de haute mer,
de bananes, de citrons... dans de telles circonstances).
Huit petites mailles
Quatre fois
Sur quatre aiguilles
Numéro deux
C'est pas bien gros
C'est pour l'automne
Le temps des fruits
Des fruits bien mûrs
Notre ultime petit
(Monsieur mon Fournisseur a pris sa décision!)
Des chaussettes bariolées
Oui
Envie aussi
De lui en faire
Des noires
Des grises
Et
Faut-il le dire?
Des Framboise
La Couleur
Une boucle se boucle
Pour moi qui avais bien cru
en rester à Sept
Chiffre superbe
Irréductible
Mais qui - on le constate - se complète
parfois en huit
L'année du huit
J'en aurai cinq fois huit
Jetterai-je
aux orties
- enfin -
ce malaise
ce renoncement
cette négation
de ce que je ressens,
cet élan
vers la couleur
à laquelle je souhaitais
consacrer mon âme
et mon temps à 18 ans?
A force de côtoyer
des personnes
douées de l'intelligence du coeur,
personnes qui voient
et qui parlent
juste
et chaudement
me voilà en dedans
- comme un huit -
toute retournée
retrouvée
rassemblée
Dieu qu'il faut du temps
pour distinguer ce qui est raisonnable
de ce qui ne l'est pas
et être
- enfin -
ici et maintenant
et pas hier, pas demain,
ou là où l'on croirait qu'il est bon que je sois.
Dieu qu'il faut du temps
pour s'entendre avec soi,
se parler, s'écouter et vraiment s'aimer.
Sunday, March 23, 2008
Involution
je suis convalescente
je me resserre
me contracte
je retrouve ma place
bien au chaud
entre deux petits
la nuit
tout contre moi serrés
je reprends des forces
comme après une tempête
qui aurait pris quinze ans
à dire "au fait, je m'appelle Dépression, et toi?"
je la salue qui devient petit vent
et nous perturbe encore
juste pour dire encore un peu son nom.
Et moi, quel est mon nom?
Encore à inventer.
Nouvelle peau, nouvelle vie...
Plus centrée
Moins bavarde
Je trouve la terre ferme
Assez confortable
Au final
Elle m'accueille
Elle nous prend
Toi et moi
Un pied devant l'autre
C'était avant
C'est maintenant
Pourvu qu'on danse
Monday, February 25, 2008
Saturday, February 16, 2008
Thursday, February 14, 2008
éponge
j'absorbais
irrémédiablement
j'absorbais
petite ou grande
depuis toujours
j'absorbais
parfois
je réagissais
en colère
sans savoir vraiment
que je sauvais ma vie
ensuite
j'ai fait tampon
imbibé
résolu
tampon de survie
exposée
surexposée
que j'ai été
à un pessimisme
malade
que jamais
nul ne nommait
que je ne pouvais
nommer
dont je ne suis
je crois
qu'une pauvre réaction
allergique
dont les boutons
éclosent
encore et encore
vers l'air
vers le haut
tandis que je suis
tirée vers le bas
par le poids
de l'éponge
imbibée
alourdie
réaction allergique
au morbide
qui se cachait
tapi
dans notre vie
bien-comme-il-fallait
quand j'étais petite
je suis une réaction
qui fait tampon
une fine strate
une petite étape
héritage triste
goût du morbide
respiré toute petite
fascination de la mort
des blessures
et incapacité à être dans le présent
je les connais
je suis leur allergie
je cherche l'atterrissage
ici et maintenant
tout le temps
Wednesday, February 06, 2008
piège
Le problème est que, dans ce souci de perfection, plus personne ne communique ses sentiments et ses pensées réelles. Et le désespoir de l'adolescence n'en est que plus grand.
Extrait de Secrets de famille: mode d'emploi, Quand et comment faut-il en parler?, de Serge Tisseron, Marabout, première édition : Editions Ramsay, Paris, 1996.
pp. 59-60
Saturday, January 26, 2008
vider la maison
nous avions rendez-vous
nous
les petits-enfants
pour vider la maison
de nos grands-parents
j'ai choisi des édredons
sous lesquels j'avais bien dormi
des petits foulards en soie
que j'avais tant vus
au cou de ma grand-mère
une petite sacoche
avec,
dedans
un mouchoir en papier
qui portait encore
la marque de son rouge à lèvres
lorsqu'elle les pinçait
après s'être maquillée
j'avais redouté ce moment
finalement, il fut bon
gai
vivant
chaque chose repartait
reprenait du service
s'en allait en voyage
sur un nouveau chemin
les grandes marmites
dans une famille nombreuse
(on se demande bien laquelle)
et les petites casserolles
dans une famille à deux enfants
j'ai même éclaté de rire
lorsque ma cousine m'a proposé
ces casserolles qui, chez nous,
ne permettraient de cuire que de la sauce
pour notre régiment
tellement elles étaient petites
aussi petites que celles que j'utilisais
dans ma chambre d'étudiante
pour manger seule ou avec quelqu'un
(ah zut, shut! je n'étais pas sensée manger avec quelqu'un
dans cette chambre-là
je sens que je vais décevoir quelqu'un...
mais peut-être qu'il s'y fera
- et il n'a plus le choix! -
quand on a une fille
ce n'est pas pour la maintenir sous cloche!!!)
ah!
vider la maison
vaste projet que celui-là
difficile après un décès, un départ, un arrêt
difficile aussi lorsqu'on est tous bien là
que la vie continue
mais que l'ordre, la raison, l'organisation
défient la raison
vider
quel sens cela a-t-il?
sortir des objets qui mangent de la place
pour les faire rentrer peu de temps après
et avoir l'impression d'avoir accompli un travail
brasser de l'air
c'est tellement important
on se sent bien vivant
mais qu'est-ce que l'on fait?
vider
compter
transférer
redistribuer
soupeser
élaguer
faire du vide autour
ordonner avec soin les outils essentiels
pour la vie quotidienne
nourriture spirituelle
tout ce qui a un sens
pour aller où l'on va
compter les accessoires
en vérifier la liste
les ranger dans les malles
entre deux représentations
panser ses plaies
regarder ce qui bouge
quand il n'y a plus d'action
voir ce qui bouge bien
vraiment bien
ce qui donne envie de bouger
tellement c'est joli quand ça bouge
- et lire les petits mails qui, la nuit, tombent, remplis de lumière !
Friday, January 11, 2008
recherche
informations
comme ici
http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/hippocrate/1025382.html
infos
comme mardi 15 janvier à 21h: soirée Thema sur Arte
détente
et
tension
vont et viennent
traitement radical
contre la crainte du jugement d'autrui
avancer, surtout
avancer
et sortir d'ici
au-delà du bien et du mal
la paix
existe peut-être
l'énergie
est là
voisine
du manque de sommeil
les réponses
aux enfants
me sortent
vives
fortes
là où ils attendent
des câlins
je ferme plus facilement
le bouton
de mes pantalons
avantage
de la perte d'appétit
(s'il en est)
c'est par où la sortie?
un paquet d'aller-simples
s'il vous plaît
de l'air
de l'air
de l'air
Thursday, January 03, 2008
sur le bas-côté
nous nous sommes fait refaire
des lunettes
toi et moi
finies ces années
sans paire
sans rien
vieilles paires cassées
où il n'y avait
pas le temps
ni
la possibilité
de les remplacer
sans voiture
je n'avais plus trop
besoin de lunettes
(mais si, quand-même,
mais la gestion
du manque
passe par de ces argumentations
internes!)
qui m'étaient principalement utiles pour conduire
et lire les plaques
de loin
en chemin
mais en rue
tout de même
mes lunettes me manquaient
alors
au printemps
nous sommes allés
- enfin -
nous faire refaire
des lunettes
depuis...
trois paires me permettent
d'en avoir
en permanence
une localisée
aux branches non brutalisées
par des petites mains
je revois de loin
et
j'en reviens...
à présent
je recule pour voir
là où je suis
car ma vision de près
n'était pas trop au point
comme un peintre recule
besoin de temps
surtout
besoin de coeur
de beaucoup
de patience
pour contempler
qui j'aime
et qui
souffre
tout près de moi
mystère camionette
quelque part
entre chez nous et Paris
notre camionette
nous l'avions achetée il y a deux ans et demi
une réplique de la précédente
une occasion
las!
elle est tombée en panne
après quelques mois seulement
hors frontières
et elle y est toujours
frais de rapatriement
résolument
hors de notre portée
la belle tient-elle encore?
serait-elle réparable?
il nous faut enquêter
et
tirer au clair
cette histoire
Wednesday, January 02, 2008
être voisin
il y a une petite cour
il y a un petit jardin
et derrière le jardin
il y a une annexe
dans laquelle
se rangent
nos rêves
cassés
ou entassés
des livres que l'on aime
des meubles à évacuer
des bouts d'un peu tout
en désordre
à ordonner
boîtes
de prépas
de cours
que je ne donnerai
peut-être plus jamais
textes d'auteurs
allemands
et autres
poèmes
quelques rayons
pondus par des auteurs de théâtre
etcaetera
etcaetera
il y a du rangement
à faire
dans la cour
le jardin
une table de ping-pong
qui a besoin
d'être remontée
du bric-à-brac à évacuer
histoire
que monsieur notre voisin
nous dise
un jour
à nouveau
"bonjour!" en souriant
comme il le faisait autrefois
il y a du rangement à faire
dans l'annexe
pour évacuer
trier
pousser les choses
remettre de la chaleur
préparer un espace
pour un boys band
que je connais bien
et qui veut se mêler
de faire du métal
pour des répétitions
de théâtre
pour des pinceaux
en mal de peinture
peut-être
(qui sait?)
il y a ces livres
en mal de bibliothèque
en mal d'être feuilletés
du fond d'un lit douillet
ou bien sur une plage
il y a cette attente
de nos rêves
qui sont là
un peu oubliés
qui attendent
à moitié endormis
que nous soyons
enfin
prêts
à être clairs avec nous-mêmes
avec monsieur notre voisin
avec les enfants
être notre voisin
n'est pas une histoire simple
on entend des enfants
s'exprimer
tantôt d'une façon relevée
tantôt comme des charretiers
(ils ont développé de vastes compétences!)
sans oublier un écho de naissances
et puis, étonamment, pas beaucoup de pleurs de bébés
bizarre bizarre d'être notre voisin!!!
le tout est de remonter ses manches
de faire un pas, deux pas
de reprendre la route
du dehors
de l'air
ce chemin qui nous sépare
de qui nous sommes
reste à construire de nos mains
une bibliothèque qui dise
aux livres que l'on aime
"venez habiter avec nous, ici
nous avons envie que vous soyez là avec nous
venez vous faire feuilleter par nos enfants
après avoir été feuilletés par nous"
il y a un moment
où l'on peut
peut-être
cesser d'être
juste
à côté de soi-même
pour entrer
finalement
dans le vif du sujet
et être pleinement soi
juste soi
en équilibre
ou dans un état voisin
Monday, December 31, 2007
passagère
sans que j’en aie eu conscience
se niche
sous mon toit
une personne étrange
qui tantôt reste calme
ne se manifeste pas
tantôt s’ingénie à perdre les outils
les papiers
fait des trous dans les murs
et ne les répare pas
démarre mille choses
ne les achève pas
et déboule parfois
en crise que je peux
aujourd’hui qualifier de maniaque
(il y a peu de temps que j’ai ce mot-là)
j’ai vécu très longtemps
dans mon histoire
sans en saisir le fil
ou du moins un des fils qui,
sans cesse,
vient détricoter ce que les autres tissent
cette année-là
j’ai eu l’impression
de dormir à côté d’un mort
c’était indescriptible
comment je suis restée ?
je ne sais pas
accrochée à un rayon
de lumière
j’ai tenu bon
puis
nous avons tâtonné
lentement
cherché
cherché
longtemps
cette personne à nos côtés
passagère clandestine
non identifiée
elle
n’a pas sa chaise à notre table
mais elle est là
qui m’envoie au dehors ou vers des fenêtres comme celle-ci
vers un ailleurs riant et agréable
un ailleurs sans trou et sans déchirure
un ailleurs accueillant, serein
un lieu que je n’ai pas
elle décuple mes forces
m’envoie pas monts, par vaux
dans des lieux insolites
loges, maisons de maître, bureaux, salle de danse, de jeu
lieux garnis de chaises raides, de tapis de mousse bien minces, de grands blocs ramollis,
de matelas garnis
lieux aux accueils divers dont j’ai même eu la clé, quelquefois
elle décuple mes forces et parfois
aussi
elle m’envoie
à mon grand regret
dans des intérieurs douillets
visites
dont il me faut bien du temps
pour me remettre
tant le choc est profond
et je vis sur la corde raide
mon cardiologue met le doigt sur ma difficulté, content :
trop de naissances et trop d’allaitements
mais c’est simplement de sommeil dont je manque
de sérénité
je m’use
ma tête tourne depuis
un ou deux ans
je craque
le sommeil en allé
le sommeil suspendu
la tête qui ne comprend pas
qui cherche dans la nuit
qui vient s’immiscer dans ma vie
semer l’angoisse et l’énergie
l’énergie insatiable
celle qui se nourrit des blessures
son nom est composé
il y a maniaque
il y a dépression aussi
mais on dit bipolaire maintenant
il va encore m’en falloir du temps
pour comprendre mon histoire
notre histoire
entre moi, toi, et ton double
qui te paralyse
t’empêche de parler
et t’enferme dans un tunnel profond
dont je ne peux résolument pas t’aider à te tirer
depuis qu’elle a un nom
(ou plutôt deux)
elle me fait moins peur
déjà je sens
que tu retrouves un tout petit peu
de clarté
de sourire
et parfois
nous rions
je te sens présent
difficile pour toi
d’accepter
que tu vas prendre
ces médicaments
jusqu’au bout
de ta vie
difficile pour moi
de me dire
que toi et moi
c’est avec elle
nécessairement
soulagement de comprendre
que lorsqu’on s’appelait
c’était souvent
un très long silence
un appel
des centaines d’appels
pour se dire
qu’on était là
mais qu’on ne pouvait pas trouver la formule
les mots
sur ce que l’on ne comprenait pas
vie d’angoisse
corde raide
tout le temps
enthousiasme
énergie
usure
et puis il y a le nom, les noms de la passagère
Friday, December 07, 2007
Tuesday, December 04, 2007
mère
mère
sorcière
mangeoire
feu
repos
signifié
signifiant
référent
issue
ouverture
offerte
monture
point de vue
plongeoir
mère
Sunday, November 25, 2007
16 ans
il m'invite
à venir voir
avec lui
la fin d'un feuilleton
je m'étonne
et m'exécute
et j'écoute
les répliques
qu'il souligne
en me les répétant
chapelet de poncifs
qu'égrène cet épisode
d'un feuilleton américain
exclusivement WASP
ou presque
des années cinquante
ou
(c'est lui qui me le dit)
comment voir la vie en
compliqué
et en bons sentiments
je suppose que
dans pas longtemps
il regardera plus
la mise en scène
que l'histoire
les plans où les acteurs
parlent sans rien faire
ou font sans rien dire
est-ce que ça l'énervera
comme ça énerve son papa?
j'aime ce décalage
pas désabusé
amusé
rieur
chez mon fils,
notre fils
à qui nous n'avons pas essayé
de faire gober trop d'évidences
mais bien mieux
de toujours regarder
si les choses simples
ne sont pas, de plus près,
plus complexes qu'elles ne semblent
complexes, belles, changeantes, intéressantes
déjà, il était revenu
riant
d'un voyage
où on lui avait dressé des vues sur la vie
pareilles à des recettes
il m'avait fait son analyse
synthèse fine et circonstanciée
il sait que la vie c'est plus riche que des sentences
que les personnages de la vie sont ronds
pas plats comme des omelettes fades
qui rampent sous les mots.
Friday, November 09, 2007
libération?
qui m'a ouvert les yeux sur cette qualité d'une part,
et sur son acceptabilité d'autre part.
Pleurer dans le genre "chutes du Niagara" ou rire uniquement à gorge déployée
être à peu près totalement incapable de fermer les yeux le jour
(sauf en cas d'épuisement phénoménal ou de grossesse)
ou de faire la grasse matinée sous la couette
toujours être en mouvement, en réaction
travailler le jour
et travailler la nuit
ne pas savoir ce que le terme "pause" veut dire
ou alors "pause forcée"
quand les forces s'en sont allées
une nature intense
la libération pour moi fut qu'une personne m'ait nommé cette condition
que nous partageons...
Depuis, je suis légère.
Je me sens autorisée à être comme je suis.
Je peux comprendre - sans avoir plus envie de poser une foule de questions sur le passé -
que mes proches n'y aient souvent pas compris grand chose.
Depuis, je pense que le sentiment que j'avais eu longtemps de ne pas être pleinement acceptée telle que j'étais devait être légitime. Point.
Ca cicatrise à vitesse grand V, cette légitimation.
Une trop grande sensibilité qui fait que, le soir, au lieu de me coucher, je couchais, je couche des mots dans des cahiers, sur un clavier, ou que je dépensais tout mon argent de poche en pots de peinture - qu'allait-on bien pouvoir faire de moi? Hein?
Feu un de mes grands-pères m'a dit un jour que j'étais trop sensible.
Je me souviens, le jour de son enterrement, j'étais très loin, très loin de là, à donner une formation au portage, pour transmettre quelques gestes, quelques mots qui, à leur tour, voyageraient. C'était bien comme ça.
Ils l'ont enterré, au printemps, sous la neige.
J'aurais été bien incapable d'une oraison funèbre.
Trop tôt pour moi pour prononcer devant une assemblée
(ce que j'avais fait avec joie pour son épouse, ma grand-mère, quelques mois plus tôt)
des mots doux pour parler de non-douceur,
d'amour qui ne sait que taquiner et faire pleurer les femmes.
Il m'a aussi dit un jour que j'étais une bonne laitière, et il m'a fait rire.
Ses bêtes n'avaient pas le temps d'allaiter leurs petits.
Pas le temps pour ces choses, pour l'essentiel...
Chez lui, les heures de biberon des bébés étaient calculés pour que les hommes soient servis à l'heure où ils le voulaient.
Fallait que ça roule. Et ça roulait.
J'ai pourtant le souvenir d'une toute petite fille qui le faisait danser,
grand-père devenu gâteau avec les années.
Qu'ils étaient beaux, tous les deux, en train de faire la ronde.
Les petites filles de deux ans ont tout pour vous faire fondre.
Moi, j'ai eu le tort de le faire grand-père pour la première fois,
puis arrière grand-père pour la première fois,
et il a eu à chaque fois bien du mal à passer le cap.
Il semblerait que je sois un cap difficile à passer...
J'ai perdu cette année-là ma confiance dans le mot "famille".
J'ai vu, une fois de plus, le froid qui se lève sur le nid éparpillé
lorsque la Mère est partie.
Pendant des mois, j'ai eu peur de ce froid qui s'était levé.
J'ai compris, de chaque côté, que lorsque la Mère s'en va, sa tendresse ne reste pas forcément.
La Mère, la Grand-Mère, qui vous aime comme vous êtes, même si elle ne vous comprend pas, même si elle vous passe la main devant les yeux lorsque vous rêvassez, qui vous emmène à la messe à 7h du matin et avec qui vous faites les courses, bras-dessus-bras-dessous, pendant les vacances, cette Grand-Mère qui ne vous demande rien sinon d'être heureuse, parce que ses rêves à elle, elle sait très bien que ce sont les siens,
Grand Mère qui s'émerveille tout simplement devant vos pas, quels qu'ils soient ...
J'ai eu bien froid cette année-là.
La même année, mes poussins ont perdu leur Grand-Papa.
Curieuse année où mes enfants et moi perdons un ou deux de nos grands-parents.
Curieuse année où une petite fille nous est née, en plein été, coiffée, à la maison, après quatre garçons.
Il y a des années,
il y a des mots
qui changent beaucoup
surleur passage.
Sunday, November 04, 2007
Recherches dans le noir
Eh bien, allez y voir...
Spirou m'en a parlé (il est d'ailleurs sorti sur papier recyclé, vous avez vu?) .
Je cesse de googler, je vais désormais blackler sur www.blackle.be .
Puis j'ai reçu mon numéro de Mothering sur papier recyclé, lui aussi...
(Sur www.mothering.com , vous pouvez vous abonner à la version internet, si vous pensez beaucoup aux arbres...) Ce magazine est superbe.
J'ai lu dans un journal imprimé sur papier pas recyclé que mes grands-parents lisaient lorsqu'ils étaient encore de ce monde que la lecture des sept tomes de Mister Harry Potter pouvait constituer une thérapie sur la sortie de l'enfance. Est-ce grâce à la lecture du septième tome en juillet (précédée de celle des six autres, un par un, dans l'ordre, et dans la langue) que je me sens bien à présent? Mystère... et boule de gomme! Aurais-je enfin cessé de chercher dans mon miroir d'Erised ce que j'ai tout au fond de moi: une solide capacité à accepter mon sort, mon jonglage avec l'intensité qui fait vibrer mon quotidien, du rire aux larmes, de la paix à la rage. Me recyclerais-je enfin?
A moi, la nuit, non pas les troubles du paradoxal loup garou gentil, mais plutôt, pour l'instant, les joies de la lecture de Tobie Lolness, hélas en deux volumes seulement!
Et de l'écriture, pour un mag que j'aime, qui est, lui, imprimé sur papier recyclé depuis le début: www.grandirautrement.com .
A nous les joies du recyclage d'une maison (aurons-nous un jour terminé? peut-être lorsque les enfants seront tous grands?) On ne s'improvise pas fourmi quand on est une cigale; on ne s'improvise pas sédentaire lorsqu'on est nomade par essence.
Savez-vous que les nomades ne sont pas ceux que l'on croit? Que les sédentaires sont plus mouvants qu'eux, qu'ils quittent souvent leur région d'habitation pour partir s'établir très loin du lieu qui les a vu naître, tandis que les soi-disant nomades reviennent régulièrement aux mêmes endroits, sur de vastes étendues. Ils ont une foultitude de repères et connaissent les moindres recoins des régions qu'ils arpentent encore et encore. Ils épuisent moins les ressources de la terre.
A nous de nous recycler sans cesse, d'apprendre chaque jour de nouvelles petites choses.
Je me demande juste si ce post a un sens. Je cherche... souvent je tournicote et je cherche encore; la balade vous plaît?
Saturday, October 06, 2007
déjà
14 ans
déjà
qu'une personne
me dit
après que j'eus
lâché
mon plus petit bébé
(3 kilos et demi)
"vous avez bien géré "ça"
sauf les vingt dernières minutes:
vous avez perdu les pédales"
yes
j'avais perdu les pédales
je n'accouche pas
néocortex branché
je dansais
sur la table d'accouchement
et à la fin
la danse s'est faite
toute seule
sans que mon esprit
soit plus consulté
j'ai été emportée
je serais incapable de vous conter
cette naissance
par le détail
désolée
et
quatre années et quatre jours plus tard plus tard
j'ai été heureuse
qu'un autre bébé
attende patiemment
que l'anniversaire de sa grande soeur
soit fêté
avant de pointer
le bout de son nez
enfant
du tournant
avant un grand virage
avec lequel j'ai goûté
aux joies du portage agrippé
vraiment
enfant en écharpe
en Tonga
porté
savouré
allaité
enfant
enfant enfin plus léger
j'ai retrouvé des jambes
retrouvé une liberté
que j'avais oubliée
avec un grand tissu
bien tissé
une folie
que j'ai osée
dix ans de portage
découvertes
rencontres
j'ignorais où cela me mènerait
je l'ignore encore
ce fil pas entièrement déroulé
il court encore
comme cet enfant
Tuesday, October 02, 2007
solidaires?
je voulais revenir
connaître
mon pays
qui me semblait autre
que celui où je vivais
autre parce que moins imprégné de compétition
de concours et de sélection
autre parce que plus serein
avec des mots plus simples
et peut-être
plus simple à vivre au quotidien
pays contradictoire
multilingue
incompréhensible
pour qui n'est pas d'ici
pays où
j'ai
peu à peu
réappris
ce que c'est que le calme
à vivre au jour le jour
et à goûter la vie
www.sauvonslasolidarite.be
Thursday, September 27, 2007
semaine folle
où
votre petit se casse la figure
le tout premier jour
où il devient un baladin
où vous faites face à l'incompréhension
d'une infirmière en pédiatrie
qui vous aperçoit en train de réconfoter
ce petit de 4 ans et demi
au sein
(ouf! une nuit d'observation
et puis plus rien)
j'avais oublié que je n'étais vraiment pas normale
vous retombez sur votre vielle copine
qui vous dépanne
et qui vous rappelle
que dans quelques jours
elle joue au théâtre
vous retrouvez tout à coup le chemin
du théâtre
où vous avez roulé votre bosse
des années
parce que
pour la première fois depuis des lustres
la mystérieuse envie ne vous a pas
encore une fois
joué des tours
autour des deux ans de bébé
vous voilà légère
pour aller au théâtre
encore et encore
suivie d'une rangée de canards à vélo
une fois, deux fois, trois fois
c'est si bon de voir le même spectacle plusieurs fois
et ça repart
quand
votre "petit"
(qui a rasé sa crête jaune
entre festival et examen de passage
- les cheveux verts, ça tourne au jaune, oui...)
est emmené en sortie par sa prof
dans ...
le centre d'information
où vous avez fait SON test de grossesse
quand il était tout mini mini
et que personne autour de vous
sauf son papa et cette amie
ne semblait se rendre compte
que vous étiez adulte ou presque
et depuis longtemps taraudée par une mystérieuse envie ...
où
lâchement abandonnée par les vôtres
vous allez en rendez-vous chez votre psy
avec une demoiselle de deux ans
qui refuse les duplos que la dame lui propose
mais qui finalement se délecte des magazines de la salle d'attente
et vous permet de vider tout de même un peu votre sac
où
c'est stop ou encore
et vous retenez votre souffle
vous ne dormez pas
tellement le tournant est fort
et vous vous réveillez
VIVANTE
pas en bisbrouille avec votre maman (ça fait bizarre, ça fait un bon moment, maintenant!
- coucou maman!)
Monday, September 24, 2007
la solution
est-elle de protester
de trépigner
ou de chanter?
http://fr.youtube.com/watch?v=TSO0fcZp5Ms&mode=related&search=
Friday, September 07, 2007
toc toc
c'est lui
et je l'entends qui chante
des textes de Brassens
avec grande fille
école à la maison avec papa
- avec maman, non, ça ne colle pas -
manger - dormir - chanter
pédaler
qu'y a-t-il de mieux?
et je les vois
vivre ça
sous mes yeux
comme un homme
parfois
souhaite être enceint
et ne le peut pas
je ne peux faire l'école à la maison
les garçons y vont, à l'école
et je reste là
mon désir en berne
mes cahiers entre les jambes
mes rêves au placard
encore une fois
même si je suis là
non, ça ne compte pas
tout est pris en charge
tandis que je reprends mon boulot
boulot que j'aime
me suis bien reposée
ça repart, mon kiki
une année à l'envers
manger pour vivre?
vivre pour manger?
à l'école
j'ai joué cette scène
en face de moi, un garçon bon vivant, rieur
me donnait la réplique
moi, toute à mon angoisse de ne pas faire d'erreur
moi, j'étais avare de moi
je mesurais mes mots, mes mouvements
ma vie
lui, il avait raison, de rire en toute saison
moi, je pensais qu'il était impérieux de ne faire aucun pli,
aucun participe passé mal accordé,
aucune confusion entre infinitif et participe,
quelle folie! (je n'y aurais même pas pensé)
je croyais que l'école me mènerait avec assurance à ...
à quoi?
je n'en savais absolument rien
à une absolue non-confiance en moi
à une suite sans goût de remplacements insensés
qui ont eux-mêmes suscité des remplacements à d'autres intérimaires
non casés
comme moi
quelle mascrade
jolis mots enseignés
vivre - manger
manger - vivre
si j'ai remis quelque chose à l'endroit
mon travail me rend heureuse
je souhaite que mes enfants
reprennent la place de choix
que l'on travaille côte à côte
que l'on apprenne
que l'on explore ensemble
sans eux, j'ai tellement moins d'énergie
c'est comme dans l'allaitement
le contact avec eux suscite ma production
et cet été
lorsqu'ils étaient presque tous partis au camp
j'étais une chose molle
sans énergie
la vie que vous donnez vous donne la vie
Thursday, September 06, 2007
se changer
c'est très fort
il faut qu'elle retire ses vêtements
qu'elle se glisse
nue
sous mon T-shirt
et elle tète
et elle se détend
quelques instants plus tard
je la retrouve devant sa garde-robe
elle redescendra
toute de rouge vêtue
je fais la vaisselle
donc elle la fait
et quand ils sont trempés
les vêtements rouges
elle s'en débarrasse
hop là
la petite culotte aussi
et nous la retrouvons
se lavant
carrément
dans l'évier de vaisselle
pourquoi pas?
épisode suivant
elle a sélectionné
un polo et un pantalon coordonnés
dans les tons de vert
elle veut se rhabiller
elle y parvient
presque toute seule
ma petite a deux ans
et ce soir
je me suis mise en tête
pour une fois
depuis longtemps
de tricoter un truc pas compliqué
un double col tout droit
trou pour sa tête
et
trou pour ma tête
accessoire de portage
rien que pour elle et moi
elle ne comprend pas
mais elle verra ça
mais en attendant
elle est furieuse
longtemps
de voir ces aiguilles
dans mes bras
l'empêchant de pouvoir
venir téter tout son saoul
en tricotant
j'empiète abusivement
sur la liberté
de me toucher
de mon enfant
je le savais
cela faisait longtemps que je ne tricotais pas
sa réaction fut si violente
que je fabrique une chose
pour elle et moi
elle ne le comprend pas
je suis un consommable
toute crue, comme ça
l'attente n'existe pas
elle vit encore
un tout petit instant à la fois
elle signe "flower"
et elle dit "flower"
jeux de mains
pas si vilains que ça!
Tuesday, September 04, 2007
disponibilité
de rentrée
ou
de demi-rentrée
être là avec mes enfants
lorsque l'école me les rend
pas que présente physiquement
agripée au clavier
qui me happe vers un ailleurs
qui me tombe dessus
à tout instant
être disponible
non abrutie
avoir le temps
de faire des rondelles
de carottes
ou d'aller chercher
des banances
chez le petit arabe du coin
(il est très gentil,
je vous le recommande!)
histoire de faire
enfin
un gâteau
à la banane
je n'étalerai
pas ici
des talents culinaires
que je n'ai pas
(hier
la soupe réussie
a atiré un commentaire
disant
textuellement "ce n'est pas comme
la soupe de maman!")
et je ne compte pas
vous innonder
de posts
puisque
cette année
même s'ils vont à l'école
comme on croit souvent que l'on doit
et que j'aspire à davantage
de temps partagé avec eux
je vais tâcher
hors heures scolaires
de ne pas trop faire chauffer le clavier
j'ai longtemps été là
face au clavier
leur tournant le dos
je ne veux plus de ça
il est peut-être temps que j'ose aller vers mes enfants
un peu
Saturday, September 01, 2007
rouge bonheur
tristesse et joie
il faut du temps
pour s'accorder
si je suis prête
il ne l'est pas
en même temps que moi
à ne pas conduire nos enfants à l'école
en cette rentrée scolaire
tristesse tristesse
deuxième rentrée que j'y crois
et que c'est non,
pas encore prêt
oui, mais non
ja-ein
(prononcez en allemand, ja, puis nein, sans dire le premier n de nein)
jein : voilà!
semaine après semaine, j'ai décompté les semaines
avant l'été
c'est reparti pour une année
où je décompte le temps
qui me sépare
de ce temps-là
différent
moins abrutie au boulot
un temps où les choses seraient remises à l'endroit
joie
feuilleton
rouge au soleil de Chine
d'une petite fille qui découvre ses parents
et se détend
s'accroche
s'endort tout contre eux
jour après jour
bien loin de familles et amis
qui suivent
le coeur battant
le blog de la rencontre
papa-maman-bébé
tant attendu
tant aimé
loin et si proches
vous me faites penser
à ce texte http://www.mothering.com/articles/new_baby/bonding/at-rest.html
où le contexte est différent
une mère demande à sa famille de ne pas débarquer trop rapidement
après son accoucement
à la maison
car
elle désire ardemment
se pelotonner doucement
nourrir, toucher, regarder son enfant
et se laisser toucher par elle
autour d'elle, on s'affaire discrètement
pour qu'elle n'ait rien à faire
qu'être là pour ce tout petit enfant
votre voyage
loin de nous
dont vous nous offrez de rayonnants clichés
vous préserve un temps
avant une grande vague de chaleur aimante
(votre famille est grande)
ces nombreuses visites
imposées par la Chine
à votre famille
à l'occasion de cette naissance de vous trois
n'ont rien à voir en apparence avec un lying-in sous la couette
dans une maisonnette où seuls deux-trois familiers pénètrent à pas feutrés
en apparence seulement
car vous nous montrez
jour après jour
des images de vous
l'un photographiant les deux autres
et réciproquement
non, ce n'est pas du lying-in
on pourrait presque dire du marching-in
tellement c'est sportif
et pourtant
c'est un temps
rien qu'à vous
le retour
cette nuit
l'atterrissage
demain matin
au pays
c'est la suite
la venue au monde
après la rencontre intime
avec maman et papa
bon vol
bon vent
et
à demain...
Saturday, August 25, 2007
prête
deux jours déjà qu'au coucher du soleil
le mot "bonheur" résonne étonamment en moi
je ne comprends pas
depuis quelques semaines
je suis dans la "convalescence"
nous sommes convalescents
de maux divers
d'usure
fatigue
ma tension inquiète moins
le médecin
mon sourire rassure
mes parents
j'ai des attentions
pour mon homme
signe que je ne suis
pas dépassée
par les événements
je respire
je suis prête
je désire écrire
des choses
autres
que ce que j'ai pu écrire jusqu'à présent
mots légers
moins souffrants
mais qu'est-ce qui se passe en moi?
je vais bien maintenat
Friday, August 10, 2007
un faune
verts
hérités de ma chère grand-mère
(choisis parmi son bazar
parce qu'ils amuseraient
les mouflards)
telle est la crinière
qui se veut punk
de mon aîné
(au secours, je ne trouve pas de rime en "unk")
il n'a pas l'air de Shrek
certes
son doux minois
est encore là
prêt à faire se pâmer
les jeunes friandes
de belles gueules
aux doux yeux bleus
mais
comment dire?
ça détonne
quelque peu
ça donne un oeil bizarre
à la boulangère
me dit-il
ben tiens...
il fut bleu
le voilà vert
il reste des couleurs
à l'arc-en-ciel
encore
les réserves ne sont pas épuisées
l'avenir est à nous!
il fait rêver ses petits frères
qui voudraient
tout comme lui
se teindre la crinière
mais chaque chose à son heure
on ne se teint pas en vert à 9 ou à 12 ans
du moins, ici, pas pour l'instant
retour?
ou saut en avant?
j'ai encore fait
cette semaine
un voyage
là où mes projets
se prolongent, vivants
et
là où des connaissances
de mon adolescence
poursuivent leur existence
étonnante rencontre
avec une amie d'avant
qui m'a retrouvée
récemment
certaines idées claires en commun
les enfants
les mots
ça fait beaucoup, il me semble
des études
parce que cela se fait
mais des enfants surtout
parce qu'on en a follement envie
et des chemins inventés
au fil du temps
pas de plan
de carrière
un surf à travers la vie
surprenantes retrouvailles
au détour d'un chemin
d'un site
de blogs
au détour d'un même désir
tout simple :
nourrir son enfant au sein
j'avais oublié
ce temps
où nous étions enfants de choeur
où nous n'étions pas très disciplinés
entre deux coups de sonnette
drôle de loisir pour des enfants
garçons et filles
- cela me semble surréaliste d'y penser aujurd'hui -
comme j'aimais sonner à la consécration!!!
j'avais tellement peur de me tromper
et de ne pas sonner au bon moment
je crois que tu m'as écrit au bon moment
maintenant que je tâche
de réapprendre
le temps
de rire
de respirer
il faut du cran
pour annoncer à 18 ans
que l'on souhaite être maman au foyer
je ne voyais pas aussi clair que toi
et me suis laissée embarquée
dans des choses bien compliquées
histoire de me protéger
des projets que l'on faisait pour moi
j'ai donné le change avec un chemin
qui ne satisfaisait personne
ni ceux qui faisaient trop de rêves pour moi
ni moi qui en faisais bien d'autres
dont je ne pouvais pas parler
j'ai donc commu la voie de garage
où je n'ai pas pu me garer
puis tâté
et exploré une mystérieuse voie de secours
au bout de laquelle
je pense maintenant pouvoir respirer
après tant et tant d'apnée
de temps passé à ne pas apprendre à faire des choix
de choix intempestifs
mal gérés
coups dans l'eau
coups mal dosés
et là
j'aspire
au temps
pour et avec mes enfants
au temps respirant
où personne ne joue le premier rôle auprès d'eux
où les cloches peuvent bien sonner
on a tout de même le temps de causer
chanson, économie, social ou poésie concrète...
ce temps va-t-il venir
dans quelques semaines
ou bien le doute
va-t-il gagner
encore
pour une année
celui qui m'accompagne
et qui est tellement doué pour une vie
au hasard des choses et des mots?
aurons-nous confiance?
saurons-nous nous la donner?
les ambiances diffèrent
les systèmes
les pays
quoique mitoyens
sont autant d'univers
les familles aussi
j'aime savoir que ta famille est là
et que ma famille nage dans la même galaxie
pas loin
à la recherche
d'autres sources d'énergie
que le contact peau à peau
avec un nouveau-né
- parce que j'ai déjà eu sept nouveau-nés -
leur présence me remplit de choses
et les regarder vivre
je veux du temps pour ça
Friday, July 27, 2007
est-ce trop?
cette petite fille qui me prend les mains
me fait tourner
danser
m'apprend qu'elle aime
me parler
avec ses mains
aime tant
faire elle-même
sa tartine
comme maman
m'a laissée faire
moi aussi
lorsque j'en ai eu envie
entendu
calmement
sans m'énerver
- stupéfiant pour moi -
une pluie de "tu vas tomber"
de leur grand-mère
qui les laisse pourtant
faire mille cabrioles
dans son salon
je donne beaucoup
d'importance aux mots
souvent trop
je tâche de m'en distancier
du moment que ces
"tu vas tomber"
soient rares
que mes petits
ne tâchent pas trop
de s'y conformer
qu'ils restent
agiles
grimpeurs
volants
enfants
dans leur peau
dans leur chair
dans leur tête
creux de la vague
et pour encore un tout petit temps
nous avons "juste" deux enfants
deux petits
à la maison
les grands sont au camp scout,
scoute, louveteau ou baladin
on se surprend à vivre
sur un sac à dos de courses
pour deux jours
étonnamment
une grande fatigue me surprend
pas de grand rangement
rythme doux
le 7ème tome de Harry Potter est là
un creux de vague
cet après-midi
j'ai même fait une sieste
mon coeur se serait-il apaisé?
la tête qui me tournait depuis des mois
tourne encore
quelquefois
je réapprends les mots et le sommeil
je parviens à me concentrer
je suis ici, après tout
et j'écris ces petits mots
quand le téléphone
me dit
"tu m'as l'air fatiguée"
je reste sans voix
ces mots-là ne me parlent pas
j'aime
les mots légers
un sourire
merci
Friday, July 20, 2007
portrait non disponible
lors des séances photo, nous avions fait des dizaines de clichés
de face
à la demande expresse de l'éditeur
j'étais très mal à l'aise
et je le vois sur les essais que je ne montre pas
mon tout petit bébé ne pouvait figurer sur cette photo
j'étais sensée le poser
et je le gardais en réalité contre moi
je pensais recouper la photo ensuite
ce bébé était décidément trop petit pour que je le décolle...
c'était plus fort que moi
à un moment, je l'ai tout de même passé
à son papa qui me photographiait
mais ça n'a rien donné
je n'y étais pas
être moi sur commande, je ne peux pas
je m'envole, je m'efface, je disparais
et un semblant de moi-même reste là, vide et gêné
je vois sur ces essais gardés
dans la mémoire de mon ordinateur
que je regarde à droite
à gauche
trop haut
trop bas
ou que je suis fatiguée d'être là
allergique à la pose pour des photos de face
il y a des choses
comme ça
qui remontent à la surface
et contre lesquelles on peut très peu de chose
poser de face, pour moi
c'est m'arrêter plusieurs minutes
pour que l'on prenne de moi un instantané qui est déjà passé
si je dois m'arrêter avant que le cliché ne soit pris
le malaise m'envahit
j'espère que
pour une prochaine fois
des amies ou mes enfants seront parvenus à me prendre en photo
sans m'avertir
de devant
et que ce sera réussi
je n'y peux pas grand chose
je n'aime pas prendre la pose
(du moins sérieusement
la pose décalée
c'est autre chose!)
Wednesday, July 04, 2007
être là
la choix est bien là
je choisis d'être là et de faire (un peu)
avec les enfants
je leur réserve désormais le début de chaque jour
un bon moment passé ensemble
sans machine qui fait du bruit tout près de nous
ça, c'est déjà beaucoup pour moi qui, depuis des années, vais directement vers l'ordinateur pour vérifier mes messages professionnels, et cela des dizaines de fois par jour, du lever au coucher
je dois me désintoxiquer
mes enfants vont m'y aider
il faut que nous chassions les livres-remplis-d'exercices-correspondant-aux-programmes
- c'est clair -
en attendant, je savoure les échanges
les disputes
les éclats
les moments de toutes sortes
entre obligation de résultats quotidiens et refus de mettre les enfants dans une situation de stress, d'attente
je ferai donc tampon, encore une fois
les massages hebdomadaires me permettent déjà de me détendre un peu plus
les tensions sont allées se loger un peu partout en moi
elles n'ont qu'à bien se tenir!
nous les débusquerons
jusqu'à la dernière
voilà!
Wednesday, June 27, 2007
lamysterieuseenviedefairel'écoleàlamaisonpourplusieursenfantsàlafois
sans obligation formelle d'être à l'école
pour mes garçons inscrits dans le primaire
depuis le début de l'année
premier jour
où nous ne faisons pas l'école à la maison
(pas envie de faire du copié-collé)
mais où nous défaisons des fils
pour les retricoter légèrement autrement
l'idée est de travailler une heure, une heure trente
tôt le matin
au lever
avant ou après le petit-déjeuner
et moi aussi d'ailleurs
sur les articles qui attendent
d'être bouclés
de faire un brin de ménage ensemble
et puis de sortir... sortir...
( et à nous les vélos . . . s'il fait beau!)
nous commençons par un petit exercice d'écriture libre
(mais appelé quand-même, vu que le papa flippe
rien qu'à l'idée que ses poussins n'aillent bientôt plus à l'école
c'est convenu entre nous: nous prendrons la décision finale à la fin de l'été)
après avoir longuement discuté de divers points
sur lesquels nous devions nous mettre d'accord
(pas de télé quand on se lève, ni de vidéos bruyantes
sur internet, ni d'accès à MON poste de travail
- situé au beau milieu du rez-de-chaussée -
tant que je n'ai pas fait le point sur ce que j'ai à faire
et avoir quelque peu avancé là-dedans de mon côté)
A. se fend d'une présentation écrite
d'un jeu vidéo qu'il affectionne
prose intéressante
terminaisons de passés simples aux voyelles étonnantes
et orthographe venue d'un autre monde
pas de souci :
nous reprendrons le texte à un autre moment
pour le taper
un texte ne se fait pas en trois minutes
il peut le reprendre autant qu'il le souhaite
il peut le peaufiner
le but est qu'il raconte
qu'il soit de lui
inscrit ici et aujourd'hui
N. refuse et s'enfuit à l'étage pendant deux heures :
pas grave
quand je reviendrai des courses avec sa grande soeur
il me lira
un dialogue
dans lequel un personnage explique à un interlocuteur
comment trouver des astuces pour tricher à un jeu vidéo de sa prédilection
J. a refusé aussi, ce matin
il m'a dit qu'il irait à l'école en septembre
il m'a bien fait rire, lui aussi!
il sait que son père et moi ne sommes pas d'accord
et que je compte vivre ces deux mois avec eux "pour de vrai"
comme je souhaite poursuivre le reste de l'année
alors j'y vais à fond - enfin... léger quand-même
un instituteur de leur école ayant refusé des feuilles d'exercices de maths à A. pour travailler à domicile pendant l'été - c'est sympa et ça fait toujours plaisir! - , nous attendrons la semaine prochaine pour aller quérir quelques cahiers d'exercices dans une bonne librairie
pas nécessairement pour les suivre de la première à la dernière page
de façon ordonnée, exhaustive et que je te drille à mort...
autant sauter sur les occasions vivantes qui se présentent
rapporter à la maison les tickets de caisse et vérifier les additions
calculer ensemble la surface d'un mur qu'on s'apprête à peindre ou à plafonner
pour voir de combien de litres de peinture on va avoir besoin
calculer combien de rayonnages on va pouvoir caser sur le grand mur du salon
ou encore... (mais vicieux tout de même, j'en conviens!!!)
aller voir les cahiers d'exercices de maths dans cette excellent librairie du centre ville
et calculer à combien s'élèvera le budget pour 3 garçons du primaire, un autre de 4 ans et demi qui appréciera d'avoir son carnet pour lui aussi, et une série de cahiers en papier recyclé à lignes et à carreaux (pour colorier des mosaïques et faire des tas de dessins géométriques, parce que j'aime tellement ça!)
gageons que la prise des tout premiers repères de ses frères
soutiendra grande soeur
dans son entreprise à elle
ah!
j'ai une petite balade à vélo sur le coin du gaz
et peut-être une recherche internet pour trouver quelques pistes pour les maths
Saturday, May 19, 2007
ma petite folie
IMG_1654
Originally uploaded by Photothèque Peau à Peau.
photo de Sandrine Fraikin , été 2005
ma petite folie est à présent sur pattes
nous nous promenons
main dans la main
chacune arborant
un hamac porte-bébé
en bandoulière
Monday, April 30, 2007
nourriture
qui me nourrit
tandis que je nourris
mes enfants?
qui s'occupe de moi
depuis tout ce temps
passé auprès d'eux
à couver mes poussins?
qui me regarde avec bienveillance
et ne pointe jamais
jamais
jamais
ce qui n'est pas net
ce qui n'est pas fait?
qui m'aime
et me supporte
moi qui ai tant de mal
à me trouver aimable?
me rend belle
- ou presque -
me fait rire
- souvent -
et m'apprend la beauté
qui se cache chez les gens?
qui perçoit les failles d'autrui
sans jamais s'engoufrer dedans
mais qui pose dessus
un regard bon et doux?
qui me donne la force
pour que je
les porte
les embrasse
et réponde
OUI
tant que je peux
afin qu'ils puissent
- si possible -
se sentir acceptés
profondément
force
soutien
que je trouve
auprès de toi
fatigue
fatigue
fatigue
vent frais
et si l'essentiel
le plus gros
le soutien
c'était hier
et s'ils étaient
construits
nos petits?
et si déjà
nous avions
un peu
réussi
à ce qu'ils
s'apprennent
des trucs
les uns aux autres
à ce qu'ils
s'aiment
les uns les autres
une sorte de tribu?
tant de besoins
instants
pressés
tant de petits
tant de moments
où
j'ai attendu
remis à plus tard
la couleur
la demande
de mon enfant
je l'ai faite mienne
passionnément
je serai
continuellement
entre parenthèses
enfants
sans être hors de la vie
pour autant
mais bien baignée dedans
disons que
je pourrai
peut-être (?)
souffler un peu
maintenant
afin qu'ils me portent
de temps en temps
?
et soudain
oui
- surprenant -
à cette idée
je me sens légère
la journée fut bien ronde
pleine
variée comme la terre
juteuse comme une orange
nous nous nourrissons tous
les uns des autres
à présent
Saturday, April 14, 2007
attention...
je vais te faire un enfant
euh
un post sur mon blog
un poème
quelque chose
qui sort
de moi
en respirant
un peu de couleur
ça m'arrive aussi
bref
un truc
qui sourit
si tu n'y prends garde
si tu me fais rire
si tu continues
avec tes jeux de mots
ton sourire
ça risque de sortir
Thursday, April 12, 2007
Flash forward
aux cheveux blancs
Il nous reçoit
elles et moi
comme il se doit
petits gâteaux
café
crème
Nous sommes en Allemagne
Si proches de la maison
C'est incroyable
Comme le paysage ressemble
A celui d'ici
Moins d'une heure de route
Vers un monde
si proche
Vers un monde
qui a tourné bien des pages
dans la thérapie
des hanches des enfants
Je me suis préparée à traduire
et
- surprise -
ce ne sont pas des mots
que je traduis
les notions
par chez-nous
sont déjà vieilles ici
Les traitements ont évolué
Les postures
Pas toujours les mots
en eux-mêmes
Mais on leur fait dire
d'autres choses
désormais
Toute sa vie
Ce monsieur a écrit
proposé des articles
publiés
ou refusés
souvent refusés
Un livre
qui ici m'amène
publicité sabotée
jalousies de collègues
livre précieux
qui au pilon
s'en est allé!
Il n'en garde pas de rancoeur
Certaines choses ont évolué
Dans l'espace où l'on parle l'allemand
Ah! barrières des langues!
Et nous devisons
de sa pratique
ses découvertes
Devant une photo
de portage
sur laquelle
nous désirons
son opinion
je lui dis
"c'est un de mes fils"
Ah?
Me répond-il
Attentif
Pour nous rendre compte
que nous avons
le même
(grand)
nombre d'enfants
un fils de plus de mon côté
et du sien une fille
Il est attentif
Bizarre
comme une rencontre
peut nous projeter
en avant
Accueillies dans
une grande maison
sise dans une prairie
Une maison
aux murs
pleins de photos d'enfants
de dessins
de vivant
Une maison
apaisée
qui
certains jours
doit connaître
grande animation
Il continue
de nous parler
cas cliniques
études
confirmation
changement de pratiques
C'est comme un flash forward
cette visite
Moi qui ai quelques cheveux blancs
qui vois mes grands
devenir
de plus en plus grands
Et cette petite
être
peut-être bien
notre dernière petite
faite à la maison
Qu'il fait bon deviser
avec des personnes
qui fondamentalement
aiment les enfants
Et qui vous accueillent
en toute décontraction
pour des discussions
sérieuses
autour des enfants
et avec une enfant
gambadant
(Et je suis bien contente
que l'étudiante
et son mémoire
qui m'amènent ici
ne parle pas l'allemand
et que j'aie dû plonger
dans le sujet
en immersion
tout simplement)
Wednesday, April 11, 2007
Bon anniversaire
à deux mètres
de l'endroit
qui t'a vu naître
me voici
pour te souhaiter
12 autres années
pleines
qui roulent
et qui s'envolent
que tu ne vas pas
pouvoir
garder pour toi
mais qui
comme
tes longs cheveux
qui suivent le vent
feront
que tu es bien vivant
matière à réponse
au sol
assise
dans l'eau
ou encore
debout
lorsque ton petit corps
s'en va du mien
et que
le mien
tressaille
la réponse
du support
auquel
je confie ce moment
est tout
à peine libérée
des postures
et d'un environnement
formatés
pour vivre
notre séparation
d'amour
j'ai erré
erré
quelques années
dans le no-man's land
moelleux
des canapés et autres
lits immenses
qui ne m'offrent
pas de réponse
lorsque mon corps
contenant ton corps
se tend
se tord
et se distend
lorsqu'il appelle
en moi
et pour toi
et pour moi
une sérénité
que je n'ai pas
je ne peux
la puiser
dans les ressorts
aléatoires
qui me séparent
du sol
miracle
les pieds au sol
il y a cet instant
où
mes jambes
peuvent
jouer leur rôle
me suspendre
en l'air
et te laisser
descendre
et s'ouvre
tel un OUI
mon corps
pour que tu vives
sans me perdre
moi-même
sans me déchirer
sans nier
qui je suis
et sans te détester
dans la colère
sans refuser de vivre
pleinement ce moment
enveloppée du OUI
que m'a dit
un matin de novembre
une femme sage
qui sait
ce qu'ancrage dans le sol
veut dire
ce OUI
me fut offert
par une femme
une mère
et
je l'ai pris
pour moi
oui
pour une fois,
un oui
quelqu'une
me connaissait
faisait signe
me prenait
dans ce moment-là
où je me révoltais
de ne pouvoir
lâcher prise
j'avais faim
d'être prise
regardée en OUI
et lâchée
d'un OUI
OUI
qui me disait
qu'elle m'entendait
me souhaitait
bonne naissance
ma vie
ce jour-là
a tourné
a compté
plus de vie
moins de survie -malaise
un peu plus d'action pour
et moins contre
désormais
elle m'avait dit OUI
et le sol
lui aussi
répondait
Tuesday, April 03, 2007
Prends ton temps
prends ton temps
bébé
ma petite fille
prends ton temps
bébé
mon petit gars
je ne sais pas
ce que tu es
seras
tu es là
c'est assez pour moi
vois
je ne suis pas seule
à t'attendre
écoute
tous ensemble
depuis des semaines
nous le savons:tu peux naître
à toute heure
du jour ou
de la nuit
au coeur de ce mois
chaud
au coeur cet été
on est tous là pour toi
pas d'horaire de fous
à courir tout partout
c'est ton été à toi
au temps mou
élastique
ton papa
près de nous
qui s'occupe de tout
ton grand frère en bas
commence à s'y connaître
en glaçons parfumés
au thé et au jus que j'aime
quand tu me lances
une alerte (pas si fausse que ça)
je me glisse dans l'eau
ils m'apportent des glaçons
un plaisir raffiné
pied de nez aux douleurs
qui sont là pour m'aider
à te laisser
t'en aller de moi
un autre grand frère à toi
me masse
la tête, les épaules
les pieds et les jambes
ta grande soeur
est là
assise près de moi
simplement
et lorsque nous sommes
en silence
dans la salle de bains
nous n'avons pas besoin de mots
je suis heureuse qu'elle puisse
apprendre cela de cette façon-là
le temps passe lentement
en t'attendant
tous ensemble
toi
sens-tu le rythme de leurs pas?
tes trois petits grands frères
font la nouba
près de moi
au son de la musique
que j'aime
dans la pénombre de la salle de bains
salle de naissance-discothèque
snack bar
où bientôt
tu atterriras
(mais cela
je l'ignore lorsque je t'attends
n'ayant pas décidé
formellement
à l'avance
à quel endroit de la maison
tu débarquerais
ensuite, oui
tu as choisi
sans ôter ton chapeau
te voilà
mon bébé de la baignoire
après un bébé du salon
deux bébés de mon lit
et un né au sol, dans ma chambre)
prends ton temps
mon petit
ma petite
qui n'en finis pas
d'attendre pour s'annoncer
au creux de cet été
avant que tout ceci ne s'éparpille
que le temps ne reprenne
sa course
trop rapide
tu m'as fait entrevoir
en venant en cette saison
ce que peut être la vie en famille
tout simplement
la vie où l'on fait plein de choses
en famille, tout simplement
l'horizon avec toi s'est élargi
cet été-là
Wednesday, March 28, 2007
Une tribu fait des petits plats
Petits garçons
et petite fille
oeufs
chocolat
fromage
et p'tits lardons
les quiches d'abord:
à celui qui fera
le plus grand nombre
de picots
à la fourchette
dans sa pâte
avec autant d'application
que Franquin
noircissant un fond noir
à l'encre de chine
tout un art!!!
le gâteau au chocolat ensuite
l'un mélange le chocolat
la crème
sur le feu
l'autre sépare les jaunes des blancs
un petit mélange les jaunes
un grand bat les blancs en neige
le tout se retrouve mêlé
comme par enchantement
et enfourné, vite fait
il faut dire que
mon amoureux
nous a construit
une cuisine sans portes
et c'est un régal
de tout attrapper
en un clin d'oeil
des ciseaux? hop là
de la farine? c'est ici
une petite sauce pour la salade?
pas de problème
jus d'orange
héhé
huile d'olive
sel
moutarde
mon petit gourmand en reprend!
moi qui ai
auprès de mes enfants
la réputation de ne pas savoir cuisiner
mais alors là, pas du tout du tout
je crois
que j'avais besoin
de découvrir
ce plaisir
merci à ma cousine
dont j'ai retrouvé hier
le livre de recettes végétariennes
ultra simple
que je peux enfin mettre en pratique
en tribu
je crois que je l'ai touché
ce soir
la dernière quiche du jour
sort tout juste du four
hmmmmmmmmm
Tuesday, March 20, 2007
youyouyou
ton interprétation
d'un
"I love you"
que ton frère aîné
à voulu enseigner
à Link
l'avant dernier
tes oreilles traînent
traînent
laisse traîner
ma fille
choie ce qui tombe
dans tes oreilles
au creux de l'instant
ici
maintenant
c'est ainsi
que tu peux
le comprendre
Monday, March 19, 2007
Comment j'ai sauté à pieds joints sur un paquet de chips
un grand paquet de chips
qu'il vient d'aller s'acheter
- en douce -
pour lui tout seul
son frère
lui en demande
une fois
deux fois
trois fois
or donc
il dit oui - il dit oui - il dit non
il dit décidément non
mon enfant du milieu
nargue
d'un air innocent
violent
son aîné
du haut
de son paquet tant aimé
déjà
son aîné
énervé,
riposte
il l'a frappé
je n'y tiens plus
je bous
j'attrappe le sachet
je saute dessus à pieds joints
avec la ferme intention
d'en réduire le contenu
en miettes si petites
qu'on ne pourrait espérer
les prendre en main
surprise!
je n'ai pas le temps
de poser
feu le sachet de chips
à la poubelle
que chatouillent mes oreilles
les rires chauds des frères
qui s'ébattent
gaiement
dans un tout autre jeu
Bien m'en prit!
Je tiens à m'excuser auprès
de ces demoiselles
les chips, que j'apprécie
de façon ponctuelle
mais non feinte.
Ca c'est sûr!
Pour une fois
le grand
n'a pas fini en larmes
en me reprochant
de ne pas VOIR
ce que lui faisait son cadet
avec un air suprême
de ne pas y toucher du tout du tout du tout du tout du tout du tout du tout ...
Tuesday, March 13, 2007
Promenons-nous...
dans les bois
pendant que le loup n'y est pas
(le loup est sous la couette)
si le loup y était,
il nous mangerait
mais comme il n'y est pas
il nous mangera pas
Loup y es-tu?
Oui (de dessous la couette)
Que fais-tu?
Je mets ma culotte
Promenons-nous
sous la couette
Soyons enfants
loups à la fois
à tour de rôle
chantant, répondant
Faisons du "tous sous la couette"
Une bande de loulous, c'est chouette
C'est la solution que j'ai trouvée hier soir
Après avoir tenté de leur lire une histoire
tandis qu'ils faisaient du kung fu
sur mon lit
Tentative d'accord
Quelque part
nous nous sommes retrouvés
dans une même histoire
Friday, March 09, 2007
je suis petite, mais je me soigne
ma demoiselle s'est fait mal
de plus, elle a des rougeurs
de couches (trop de couches)
portées ces derniers jours
alors elle se penche vers mon sein
l'attrappe
je crois qu'elle veut téter
mais non
la voilà qui,
de ses 18 mois,
envoie du lait
sur ce qu'elle veut soigner
alors
je l'aide
d'un jet
maternel
plus précis
de mon lait
quelques jets
lui suffisent
se faire du bien
ça a du bon
Thursday, February 22, 2007
au pas, au trot, au gras dos
moi
au pas
moi
au trot
moi
au gras dos
Non,
tu n'es pas
Nid de Koala
Tu es
E.
Tu me fais avancer
telle
un cavalier
sa monture
première fois
première fois
qu'un enfant
me fait aller
vite au pas
vite
en se faisant aller
si longtemps
sur mon dos
tel
un cavalier
en action
réaction
rigolant
les cheveux au vent
et moi
qui partais
faire une prise de sang
je me retrouve
revigorée
par TOI
Wednesday, February 21, 2007
Friday, February 16, 2007
ce soir
se disputent
conflit
d'où cela est-il parti?
il se lancent
quelques mots
quelques jouets aussi
et cela se termine
en
câlin
l'un contre l'autre
serrés
en
"je suis désolé"
et je les regarde
j'allaite leur petite soeur
et peux difficilement
intervenir
est-ce bon ou pas?
parfois j'aimerais
pouvoir bondir
pour les protéger
l'un de l'autre
parfois
je crois que c'est bon
qu'ils puissent
laisser mûrir
ensemble
ce conflit
pour arriver
à la cerise
sur le gâteau
les mots d'amour
qu'ils s'échangent
au final
mots que
je n'ai pas demandés
qu'ils ne sont pas
forcés à prononcer
mots sincères
qui rabibochent
les frères
27 mois
oui 18 mois
que tu es là
et tu en sais
plus long
sur les rapports humains
que moi à 20 ans
ma chérie
car
tu sais
toucher
doucement
fermement
et
les deux à la fois
te laisser
prendre
dans les bras
tout en me prenant
dans les tiens
comme
tu me fais du bien
grande
et
petite
à la fois
et si
je te laisse
me regarder
là
tout au fond des yeux
où tu me regardes
d'un air doux
malicieux
d'un air qui sait
et qui dit
en un rayon
de lumière
je me sens
dans ton regard
bien
regard
qui dit
tellement
sans rien
dire
mais qui sait
tant de choses
que l'on ne dit pas
par ici
où l'art avec lequel
un petit enfant
use de ses muscles
où la façon qu'il a
de vous alpaguer
d'un regard clair
où sa douceur
et sa joie
semblent si peu compter
au profit
d'une autonomie
solitude
qui arrange
ceux qui
ne connaissent pas
la lumière de ces yeux-là
Thursday, February 15, 2007
comme quoi?
sur fond blanc
un ramoneur dans la nuit
ou un Rothko
sur un mur à rayures
je sens ta main
sur la mienne
ou
je sens
en moi
ce que ton frère
doit sentir
lorsque
ta petite main
se déplace
doucement
sur le poignet
de ton frère
tandis que vous tétez
ensemble
côte à côte
à chacun son sein
mâchouillant
goûlument
en lâchant
peu à peu
toute tension
- vous fondez -
et je fonds
moi aussi
vous intégrant
qui accroché
qui affalé
qui en boule
tombé là
chauds
épousant
les formes
l'un de l'autre
et de moi
également
nous voilà
fondus
en un
tout tétant-tété
cet après-midi
heureusement
après
puisqu'il y a un "après"
il me restera tes/vos baisers
pour lesquels
tu mobilises/vous mobilisez votre corps
lorsque tu appuies/vous appuyez
fort
et doucement
à la fois
tes/vos lèvres
un regard
un instant de silence
pour (ne pas) dire "je t'aime"
juste pour l'ex/imprimer
Wednesday, February 14, 2007
peur
nous a séparées
moi
je croyais
que tu me craignais
et
c'était
autre chose
qui te faisait peur
et j'avais peur
de te faire peur
bref:
peur j'avais
on est bon conducteurs!
à se faire peur
mais tu l'as posée
et j'ai senti
un autre regard
moins effrayé
chez toi
chez moi
quelque chose
qui passait
enfin
ouf!
tête blanche
confuse
compliquée
emmêlée
coeur
qui bat trop vite
et qui me dit
de tout ralentir
ralentir
ramollir
le temps fond
se déforme
les mots
n'obéissent pas
quand
je vais
à la pêche
alors
je tente
le coup
un mot par-ci
un mot par-là
histoire de vérifier
qu'ils
ne me laissent
pas
totalement
tomber
tomber
tombent
tombent
les mots
s'il n'est pas
trop tard
tombent
tombent
les mots
si j'ose
dire
écrire
penser
un peu
encore
dans
un
brouillard
si
rose
Tuesday, January 30, 2007
tapisser
je manque d'idées
pour tapisser
les murs de nos WC
je n'ai pas d'emprunts russes
comme ma marraine
qui
lorsque j'étais enfant
en avait tapissé
les murs
du lieu
où l'on trône
grand-papa
aurait dû
en acheter
un peu plus!!!
son mode de vie
envolé
dans un papier peint
longtemps
il a enfilé
un habit
avant de passer à table
restes d'un temps passé
et
tour à tour
se faisait jardinier
faisait pousser
fruits et légumes
pour sa nombreuse famille
homme mystère
pour moi
qui suivis le cortège
suivant son corbillard
lorsque j'avais 7 ans
étudiant dilettante
étudiant à vie
lecteur assoiffé
seigneur en guenilles
dont les photos pâlissent
où je le vois encore
en vacances en famille
port haltier
basanné
petit enfant
qui a dû se débrouiller
pour grandir sans maman
père présent
démuni
mais bien là
dans ses rêves
ses livres
ses prières
à quoi rêvait-il donc?
Monday, January 29, 2007
fête
à la lessive
deux mois
sans machine
et là
une GROSSE machine
8 kg
suivre
accrocher
mais on m'aide
et je retrouve
qui un slip-dinosaure
sur un grand ceintre en bois
qui un essuie de cuisine
(torchon si vous êtes en France)
sur un ceintre en métal
les petites mains
sont les plus secourables
Wednesday, January 17, 2007
déménageons
le bureau à la place du salon
le salon à la place du bureau
le bureau
- enfin - en périphérie
et non plus au centre de la pièce
bureau sur lequel je retrouvais toujours
des sacs de piscine
sacs de gym
peaux de bananes
bols de céréales vides
agendas
bics épars
une montagne de choses urgentes et insignifiantes
exit donc
mon bureau
au bout du rez de chaussée
du coin de l'oeil
je pourrai surveiller
ma couvée
qui déposera désormais
ses trésors
légos en tous genres
ailleurs que sur mon petit territoire à moi
j'aime quand ça déménage
c'est un signe de clarté
parfois
dans ma tête
je bouge quelques meubles
ça fait beaucoup de bien!
et hop
on récupère des meubles
qui prendront ici un nouveau départ
et d'autres s'en iront dans l'atelier
ou je ne sais où encore
ils valsent
ils aiment ça
----
j'ai en mémoire
une rencontre
où j'avais eu la chance
de recevoir
quelques rudiments de feng shui
là, on nous a expliqué
que le premier coup d'oeil compte
ce que le visiteur perçoit en premier
est d'une grande importance
il faut l'épater
le séduire
et le mettre à l'aise
si j'ai bien compris
et cela fait des années que nous vivons
en dehors de toutes règles
au niveau organisation, rangement...
le tumulte de nos esprits savamment mariés
a donné naissance à un espace sauvage
où nous laissons
depuis des années
libre cours à la vie des objets
j'éprouve un besoin
de pouvoir tout avoir à portée de main à tout moment
et que mes enfants puissent, quant à eux,
m'avoir à portée de main quand ils jouent entre eux
ce qui donne depuis longtemps
un espace joyeux
où le visiteur est très vite perdu
où je retrouve à peu près tous mes jeunes
le matériel de bricolage
tout ce qu'il faut pour réparer des vêtements
ou pour faire du courrier
pour répondre au téléphone
ou faire mes mails
c'est un peu comme si je n'avais pas su
mettre de priorités
aller à l'essentiel
je ne pouvais absolument pas
me résoudre à renoncer à l'une ou l'autre chose
je me retrouve nez-à-nez avec
un morceau de jouet de mon enfance?
impossible pour moi de le jeter
je le repousse en haut d'une étagère
---
me voilà
en route
pour remiser mes nombreux poetits tiroirs en carton
recelant mille et un accessoires si pratiques
et qui pourtant me servent si rarement
dans un coin moins perceptible du visiteur entrant
dans la pièce où notre famille vit principalement
on ne pourra les percevoir que de côté
on pourra tout au plus les deviner
et peut-être même qu'un tissu coloré
sera accroché devant
qui sait?
je me tâte
l'espace encombré d'objets que l'on garde
perd de sa liberté
de possibilités
alors???
si j'héberge des meubles
ou des fringues
pour une seconde vie
dans une nouvelle famille
si je n'ai pas trouvé
un amoureux de toute première fraîcheur
qui cependant s'est avéré
un partenaire surprenant
rassurant
parce qu'il m'a permis de quitter une vénération des objets quasi religieuse
pour aller vers une accumulation de livres qul'on ne vénère pas, mais
que l'on lit
triture
lit et relit
reprend là où l'on veut
et laisse tomber
quand on le souhaite aussi
rassurant
peut-être parce qu'avec sa non-carrière
il ne risquait pas d'être muté dans toutes les grandes villes d'Europe
tous les trois ans
et que donc j'ai cru que nousp pourrions vivre tranquilles
avoir des amis le temps que les amitiés dureraient
et pas le temps d'attendre une autre mutation
oui
lui et moi
avons maintes fois déménagé
avec nos parents reslepectifs
à présent
on se contente de déménager sur place
en rond
en long et en travers
un coup j'accouche au rez de chaussée
trois coups au premier
et un à l'entresol
comme en pied de nez
je ne sais pas encore à quel étage je mourrai
pardi
sera-ce dans la maison
ou ailleurs
avant lui
après lui
avec lui
comme les parents des Méganazes
(que je vous conseille, lecture ébourriffante!!!)
rassurant
oui
parce qu'il ne fait pas de carrière
parce que je ne fais pas de carrière non plus
je n'ai jamais été "nommée" dans une école
"voilà, jusqu'au bout, vous enseignerez ici,
c'est écrit ici, là-haut, c'est écrit partout, vous restez chez nous"
non
les carrières me font peur
celles qui vous coupent de tout tous les trois-quatre ans
comme celles qui vous figent au même endroit, tout le temps
non
je crois que j'aime assez
l'image du jocari
ce jeu auquel je jouais, enfant
sur la digue, à la mer
Il y avait un socle en bois
auquel était attaché un élastique
avec, à son bout,
une balle qui rebondissait.
Elle revenait toujours dans son socle.
Mais elle bougeait pas mal
lorsque je jouais.
Je n'aimais vraiment pas lorsque le noeud
de l'élastique se défaisait du crochet attaché de dans le socle.
Je ne pouvais plus jouer.
Alors voilà, je joue, je saute, je bondis,
comme ma balle de jocari.
Nouvelle disposition.
Une nouvelle saison.
Un peu plus de respiration.
Mon petit fouillis un peu plus en retrait
sur le côté quand on entre
histoire de voir plus clair
dans ma tête
ma vie
ma maison
de dégager de l'espace et du temps
pour autre chose que ce travail
envahissant
que je déplace doucement
et je crois que je vais me plaire ici oh oui
Friday, December 29, 2006
Mais comment donc est venue cette idée de non-scolarisation ??
cela fait des années
que je côtoie des personnes
qui instruisent leurs enfants en famille
particulièrement
une famille
avec laquelle je sens
de grands points communs
dans la façon d'accompagner nos petits
au départ dans la vie
proches
certaines personnes
sont une inspiration
douce
le travail se fait
en son temps
aussi
lorsque notre troisième a redoublé une année en primaire
j'étais persuadée que nous pourrions lui donner
toute l'attention dont il avait besoin
en le déscolarisant
mais
nous n'étions pas prêts
en tant que couple
à faire cette démarche
cependant
nous avons changé les enfants
vers une école Freinet
plus proche de nos valeurs
cette école est située
à l'autre bout de la ville
ce n'était pas dans nos valeurs
de faire vivre les embouteillages
matin et soir
aux enfants ou à nous-mêmes
encore moins de couper nos enfants
des enfants du quartier
cependant, il devenait essentiel
de rencontrer plus d'humanité
dans l'organisation globale de l'école
qui les accueillerait
indépendamment
de la bonne volonté
et du savoir faire
de tel ou tel enseignant
travaillant dans l'école
située à quelques dizaines de mètres
de notre maison
nous avons alors procédé à un premier
déménagement
par rapport à une norme
j'ai poursuivi ma déscolarisation
personnelle
dans ma tête
peu à peu
et rencontré les livres de John Holt
ainsi que des jeunes parents
qui soudain
se disaient
intéressés par la question
notre deuxième
âgée de 12 ans
connaissait des moqueries
et des tensions importantes
dans un collège
pourtant réputé pour sa relative
petite taille
et pour l'attention portée aux élèves
par ses éducateurs et ses professeurs
(tout est relatif, dans la vie -
il y a famille nombreuse et famille nombreuse -
petite école ne veut pas dire vie tranquille, hélas -
et il y a des écoles énoooooooooormes)
certes, elle fut accompagnée de façon
humaine par une éducatrice
qui se montra sensible
aux moqueries dont elle faisait l'objet
cette personne remarqua combien
notre enfant était concernée par des sujets
qui volaient haut au-dessus de la tête
de ses camarades
victimes de la mode et du qu'en dira-t-on
après deux ans
où elle s'était formidablement épanouie
à l'école Freinet
notre enfant était en bute
à une esprit grégaire et sectaire
qui ne favorisait pas son épanouissement
personnel ou son apprentissage
elle découvrit avec délectation le Latin
en compagnie d'une prof passionnée
et passionnante
rencontra un enseignement tordu
qui ramenait certaines matières
à des tâches scolaires
qui avaient peu à voir
avec son envie de travailler
de façon autonome
et accompagnée
comme elle l'avait appris
à l'école Freinet
grande décision enfin prise de concert
après le déménagement à l'école Freinet
nous la déscolarisons
elle reprend des couleurs
se détend
cela prend plus de deux mois
pour se remettre d'un tel stress quotidien
notre enfant revit
et repart dans ses apprentissages
son papa, sa maman
et d'autres adultes
à ses côtés
tout simplement
elle a plusieurs activités
avec des personnes
d'âges variés
chaque semaine
-----------------------------
tout comme les bébés ne sont pas vraiment faits pour être posés seuls, dans un berceau, pour une longue nuit
je me demande pourquoi nous voulons faire vivre des journées entières à nos tout petits et plus grands en groupes de quinze, vingt, trente enfants...
cela va-t-il dans le sens de leur épanouissement?
------------------------------
Notre famille compte sept enfants. Qui savent, dès 9-10 ans, préparer un repas pour la famille entière. Les institutions qui accueillent nos enfants quotidiennement se rendent-elles compte des capacités de débrouillardise, de responsabilités de nos enfants? Je sens que lorsqu'on vient d'une famille où l'on est choyé mais où l'on ne vous coupe pas les ailes en faisant tout à votre place jusqu'à vos vingt ans, on est en décalage avec un système qui entend dicter leur comportement aux enfants.
Les enfants savent bien ce qu'ils ont à faire.
------------------------------
Nous rendre disponibles pour les enfants, c'est un travail que nous effectuons peu à peu.
Nous aménageons notre horaire de travail en ce sens.
Nous avons laissé tombé la voiture et nous déplaçons en vélo.
Une autre façon de nous sentir avec eux et non de nous placer, sans nous en rendre compte peut-être, en position de force par rapport à eux.
En rue, deux d'entre eux apprennent actuellement à rouler. Ils se placent à droite, nous les suivons de près, légèrement plus à gauche, comme pour les protéger. Afin qu'ils jouent leur rôle sur ce chemin que tous empruntent.
Seront-ils acteurs ou passagers passifs, sur ce chemin?
Prendront-ils des initiatives?
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J'ai grandi dans l'idée que les vélos et les transports en commun étaient faits pour les sous-êtres qui n'étaient pas capables de financer une voiture... Et voilà qu'après quelques années, je dois me rendre à l'évidence: plus moyen de financer , d'entretenir, d'assurer, de faire rouler une voiture. A nous les vélos, donc, et un quotidien dans lequel le corps joue son rôle. Le corps bouge et cela fait tellement de bien. Cela redonne le sourire, des couleurs!!!
Nous ne sommes pas handicapés au point de ne pouvoir nous déplacer qu'en tournant une clé de contact dans une serrure...
Notre liberté, c'est...
nos jambes, pour bouger
notre tête, pour penser
notre bouche, pour parler
nos mains, pour écrire
notre peau, pour toucher
un entourage qui favorise l'écoute du ressenti de chacun
cela fait tant de dégâts de devoir lutter et chercher plusieurs dizaines d'années
avant d'en venir
à vraiment être soi
cohérent
juste
bien
pour soi
pour les autres
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bien avant qu'un enfant me rapporte un bulletin scolaire glorieux
ce qui m'importe
avant toute chose
c'est de sentir profondément
que mon enfant va bien
tous les lauriers du monde ne remplaceront pas cela
Monday, December 11, 2006
imprésisible fleuve
respire
peur posée
au bord du chemin
porter la peur
je ne peux plus
je peux juste
porter
ce qui vit
Wednesday, November 15, 2006
signe avec moi
Je ne sais pas comment elle pige si vite ce que ça donne en trois dimensions et en mouvement !?!
Depuis septembre, j’ai repris l’hygiène naturelle avec Ethel, (après un été qu’elle a passé à courir toute nue...) Je lui ai fait le signe « pipi » et le signe « pot » régulièrement depuis septembre, et cette semaine, Ethel signe « pipi ». Elle adore quand on le fait en même temps. C’est joli, sa petite main !!! Elle rit aux éclats de voir qu’on communique comme ça.
(Je vais demander à sa photographe de marraine de saisir ça au vol ... )
Mon passionné de chiffres et de magma demande des signes depuis deux jours, et voilà ma grande se lance.
Quel plaisir!!!
Wednesday, November 08, 2006
Un joyeux anniversaire
à toi mon homme qui voulais être un papa
et à moi (15 ans d'allaitement, ça se fête, non???)
Un joyeux anniversaire à nous trois, quoi!!!!!
Friday, November 03, 2006
un petit tour
haute comme trois pommes
avec sa petite pelle
petites bottes
anorak
et bonnet à pompons
ma demoiselle découvre la mer
en ce début d'hiver
se régale et creuse même un peu
(cette même semaine,
elle s'est mise à manger
toute seule à la cuiller)
elle aime essayer
les jolis bonnets
les vestes de ses frères
fait mine de se coiffer
elle voudrait bien tenir
ce blog aussi
c'est clair
et
c'est une lutte
de tous les mails
que de garder la main
sur ce clavier
heureusement
il y a alentour maints sujets d'intérêt
et j'avance hardiment
lorsqu'elle tourne le dos
et déjà
la voilà qui revient
ma petite oie cendrée
entre mes bras